CHAPITRE V
Les associations agricoles.
Les associations d'intérêt agricole existant aux États-Unis peuvent se ramener, comme en Belgique, à deux grands groupes : les sociétés officielles et les sociétés libres.
Les premières comprennent les associations d'agriculture des États et celles des Comtés.
La Société fédérale officielle à été dissoute, il y a quelques années, à cause des difficultés que présentait son administration et de l'impossibilité d'exercer une action efficace sur toute l'étendue de son immense circonscription.
Les sociétés libres s'occupent, le plus souvent, d'une branche spéciale de l'agriculture et étendent parfois leur sphère d'action sur plusieurs États de l'Union.
Associations d'agriculture des Etats.
Dans la plupart des États, il existe une société dont la mission a un caractère officiel comme celle de nos sociétés provinciales d'agriculture. Son conseil d'administration remplit souvent auprès de l’État un rôle analogue à celui d’un département de l'agriculture.
Pour nous faire une idée de l’organisation de ces sociétés, prenons comme exemple la société officielle de l'État de Kansas.
Elle a un président, un vice-président, un secrétaire et un trésorier, lesquels forment avec douze membres, dont le gouverneur et le secrétaire de l'État, le comité d'administration (State Board of Agriculture).
Le recrutement du comité administratif varie d’un Etat à l’autre. D'ordinaire, ce sont les membres qui désignent, par voie d'élection, les personnes devant occuper les diverses fonctions.
Presque toujours, le comité exécutif s’adjoint divers spécialistes qui touchent des appointements. C’est ainsi que celui du Kansas a deux géologues, deux entomologistes, deux météorologistes, deux botanistes et deux chimistes.
La société d'agriculture qui a presque toujours son siège dans les bàtiments de l’État reçoit du gouvernement des subsides considérables. Ses devoirs et ses droits sont alors déterminés exactement par la loi. Le comité exécutif est chargé de prendre les diverses mesures qu'il juge utiles pour l’agriculture; 1l doit organiser les expositions, publier des circulaires et des statistiques sur les récoltes, et, à la fin de l'année, dresser un rapport sur sa gestion et le remettre à l'assemblée législative de l’État ou bien au gouverneur.
Chaque année, ordinairement au mois de janvier, la société d'agriculture de l'Etat tient une session qui dure plusieurs jours.
Les secrétaires des diverses sociétés de comté rendent compte des travaux accomplis pendant l'année écoulée, on écoute des discours, on entend des conférences ; le trésorier expose l'état de la caisse.
Le secrétaire est chargé de dresser le procès-verbal des séances et de linsérer dans le rapport annuel. Remarquons que ce dernier contient une foule de faits scientifiques d'une grande uütlité pratique. Nous savons, en effet, que les diverses sociétés engagent des spécialistes qui forment des commissions techniques, lesquelles fournissent, lors de la réunion annuelle, des comptes rendus qui doivent faire partie du rapport.
En dehors de ce rapport, la société publie un grand nombre de brochures, distribuées aux membres.
Associations de comté.
Les sociétés de comté ont, comme les sociétés d’État, une mission officielle, le plus souvent déterminée par la loi. Elles jouent d'ailleurs le même rôle dans leurs circonscriptions respectives. Les sociétés de comté s'étendent d'ordinaire à tout un comté, à moins que la population de ce dernier ne soit trop faible, auquel cas, on le réunit à un autre.
A la tête de chacune de ces associations se trouve un comité exécutif (County Board of Agriculture), composé du président, du vice-président, du secrétaire et du trésorier. El doit fournir, chaque année, au président de la société d'agriculture de l'État, un rapport sur sa gestion. Autorisé à faire des publications, 1l use souvent largement de ce privilège. Les membres de ces sociétés paient une cotisation peu élevée, l'État fournissant, chaque année, des subsides variant généralement de 200 à 600 dollars par association.
A l'instar des sociétés d'agriculture, il existe aussi dans les comtés des sociétés d’horticulture ayant le plus souvent une organisation officielle.
Associations agricoles libres.
Outre les associations qui ont des attaches officielles, il y a une série de groupements qui visent à relever la profession des cultivateurs, des éleveurs de chevaux et de bétail, des horticulteurs, des arboriculteurs, des apiculteurs et des aviculteurs, tantôt au moyen de la diffusion des procédés scientifiques nouveaux, tantôt par la coopération et la mutualité.
Citons parmi les principales sociétés libres : la Farmers’ Alliance et les Granges, dont le nombre dépasse 20,000. Ce sont des groupements locaux fondés dans un but de fraternité et d'éducation professionnelles. Accessoirement, elles s'occupent de l'achat en commun de matières premières nécessaires à l'agriculture, d'ustensiles de bois et de paniers d'emballage, d'articles de ménage, etc., et aussi de la vente de beurre et d’œufs provenant des membres.