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A. — L'ENSEIGNEMENT AGRICOLE SUPÉRIEUR

Importance, personnel, subside.

Les États-Unis possèdent 65 établissements d'enseignement supérieur, parmi lesquels 63 ont inscrit les études agronomiques en tête du programme. Ces écoles, dites Agricultural colleges, existent maintenant dans tous les États, sauf ceux d’Alaska, d'Hawaï et de Porto Rico.

Pour 21 États, les écoles supérieures d'agriculture constituent des facultés dans les universités de l'État. Deux États seulement, le Massachussets et le Connecticut, possèdent des Collèges s'occupant exclusivement d'enseignement agricole. Presque partout ces établissements s’occupent aussi bien de l'enseignement industriel que de l'enseignement agricole. Des institutions spéciales pour étudiants nègres ont été créées dans les régions méridionales par 16 États différents.

Lors de leur fondation, chaque collège reçut 30,000 acres de terre par député faisant partie du Congrès. Les États respectifs ajoutèrent à cette dotation de l’Union fédérale les subsides nécessaires pour la bonne organisation de l'enseignement. La plupart des écoles possèdent des dotations de particuhers. En 1890, le gouvernement fédéral décida d’allouer encore annuellement, à chaque collège de l’Union, un subside de 25,000 dollars.

En 1903, le corps professoral comptait 2,461 membres et le nombre d'élèves s'élevait à 52,489, dont 3,146 faisaient des études agricoles complètes d'une durée de quatre ans et 7,550 des études moins longues d'agriculture, de laiterie, d'horticulture ou de science vétérinaire.

Parmi ces élèves, se trouvent beaucoup de jeunes filles, surtout dans les établissements des États de l'Ouest.

La valeur mobilière et immobilière des collèges dotés par l'État (land grant Colleges) est évaluée officiellement à 69,778,463.95 dollars, et pendant la seule année 1905 cette valeur fut augmentée de 2,743,683.38 dollars. Pendant la même année. les revenus, non compris les subsides du gouvernement de Washington pour les stations expérimentales annexées aux collèges, s’élevèrent à 9,248,378.40 dollars.

Pour faire ressortir l'importance des subsides alloués, nous citerons les chiffres qui nous ont été fournis à l'école de Champaign (Iinois).

A. Subsides pour l’enseignement :

Du gouvernement des États-Unis. . 27,500 dollars. De létatde lL{llinois RON Ne 500007 En plus pour l'extension des bâtiments . 6,000 — — pour réparations . . . . . 5,000 — Total" 20 88,900 dollars.

B. Subsides pour les expériences :

Du gouvernement des États-Unis. . . 15,000 dollars. De l’État de l'Illinois :

Pour les expériences relatives aux sols. 25,000 dollars. — zootechniques . 25,000 — — ÉMAUCTIENEENNE 15,000 — — d'horticulture . 10,000 — En de culture du maïs 10,000 — Totale eau 100,000 dollars.

Les subsides sont répartis entre les divers départements :

Agronomie; zootechnie ; laiterie; horticulture, science vétérinaire ; science domestique.

Chacun de ces services émarge aux budgets À et B.

Avec des subsides aussi importants et les produits des propriétés et des fondations que possèdent les collèges agricoles, il n'est pas étonnant qu'ils soient merveilleusement outillés et que l’enseignement soit gratuit dans tous les établissements.

Enseignement général.

Les universités américaines ne constituent pas seulement des établissements d'enseignement technique spécial, mais également des établissements d'éducation, accessibles aux personnes de toutes les classes et de toutes les professions. En d'autre termes, chacun peut y trouver à s'instruire et dans n'importe quelle branche. |

La caractéristique des universités américaines est de considérer de plus en plus l’agriculture et l'industrie comme les branches les plus importantes de l'activité humaine, ayant par conséquent droit à tous les égards et au secours puissant de la science, de telle sorte que, bien guidées, elles marchent dans la voie du progrès. Ces hautes institutions érigent en principe qu'un enseignement, ayant pour base l'étude des sciences relatives à l'agriculture, est mieux à même de former des hommes intelligents, des observateurs, des champions de la civilisation, que l’ancien enseignement de la philosophie et de la science pure.

Dans les diverses écoles, l'éducation, dans sa plus large acception, est placée au premier rang de l’enseignement ; on exerce l'élève à observer les faits, à les discerner et à les juger sainement. On développe surtout chez eux l'esprit d'observation et de recherche et on les initie à la pratique dans les différentes matières.

Ces écoles possèdent de nombreux et vastes laboratoires pour l’enseignement de toutes les sciences; les élèves y font beaucoup d'applications et rendent ultérieurement compte des travaux qu'ils y ont effectués.

Les élèves ne sortent pas de l’école uniquement bourrés de théories, car le caractère essentiellement utilitaire de l’enseignement est des plus féconds; aussi en quittant l'école, les élèves ne sont dépassés nulle part et savent, comme on dit, mettre la main à la pâte.

Les cours sont répartis différemment suivant les écoles. Dans la plupart cependant, la durée des études est de quatre années, comprenant deux années de sciences préparatoires et d'enseignement général et deux années d'études scientifiques et techniques plus approfondies. À la fin des études, les élèves peuvent obtenir le diplôme de bachelier en sciences agronomiques.

Un programme-type pour les collèges agricoles a été arrêté, en 1897, par l'Association de ces institutions.

: Ce programme comporte, par semaine, quinze heures de leçons théoriques et dix heures de travaux de laboratoire et d'exercices pratiques, y compris l'exercice militaire et la gymnastique.

Le nombre d'heures assignées à chacune des branches pendant les quatre années est réparti approximativement comme suit :

Branches yénérales.

ÉTROBPO Se" era RE RME 2 ln re 15 heures.

GéDMEÉITIERS EL 2: , L'ATERRRE QUE 40 — ÉPOUSER REV" ARS Ne 40 — RAY ORCN LOUE A Ale NT ap AT Li AU 2 19 Le Physique (travaux de laboratoire) . . Ma 15 — PILIO CONS ROUE Ce, ANT RS AS A es RE 15 — AUTRE CI DOPAIDIre) RENE OR STE EN OT DIN ET Un 15 — RATE RD ISIN LE MEL | RARE AREAS 200 — LHUD US AMOUGTHESZ "MEN" Cr 340 — D DO EE Re PUR a nee Pitié ri 6U — SÉRIE PRET CES MO VE TT 40 — Économie politique. . . . FPE RE RON AS GUESS CNE PONT OPEL PAP NAN LEE CORRUS Pie 80 — LIFONMÉQHERTOTIONNElNE NET US Le A AE Du. 0 RES

Fotale re mms285 heures.

LPS AE Branches spéciales.

A OTONO M RER AE ASE PCT OR EE 132 heures.

LODEL ESS OR UE RS PRET UP NE 162 — Industries "agricoles" 01e ORNE EAU EE 172 — GÉMBTATALS NE EAN CO ANS Se e EE 2 2 RES EL CP EE 60 — Hconpmie rurale. 6 MEUNIER art 60.11 Horhculture:et sylviculture re ANR A POI e 180 — Science vétérinaire (y compris l'anatomie) . . . . . . 190: + Chimie aSPICOIe BEN PARC CET PANNE MEN Re Te 180 — Botanique 51,7 Pa RTS SR ET RER NE SES Zoologie y compris l'entomologie) . . . Ar ge ace 120 — Physiologie animale . SALES Mr Re mt 180 — (réolagre bp ea PSS EN et HN 120 — Météorologie . . + SRE NE PEL 60 — DÉSSINALTE) de dl NT OR AR En MN NE 60: —

Total:12%0700 MTA0C heure

Travaux manuels. — Une particularité d'un grand nombre d’établisse-

ments d'instruction américains, est constituée par les travaux manuels qu'on impose aux élèves, non seulement à ceux qui étudient l’agriculture mais encore à ceux des autres facultés.

Outre les exercices de laboratoire se rattachant directement à l'enseigne ment, les élèves apprennent à manier les divers instruments qui servent au travail de la terre, et s’exercent à divers métiers.

Pendant que les jeunes gens travaillent à l'atelier de menuiserie ou à la forge, les jeunes filles s'occupent de couture, de cuisine ou delaiterie.

Les élèves sont souvent occupés à la ferme.

Si quelques établissements seulement peuvent allouer des bourses d’études, tous paient les heures de travail des élèves, et comme ceux-ci n'ont qu’à pourvoir à leur entretien personnel, ils peuvent, en fréquentant assidûment les ateliers, gagner assez d'argent pour qu'en fin de compte, les études ne leur coûtent rien.

Enseignement de la mécanique. — L'enseignement de la mécanique est un important sujet de préoccupations, parce que l’on a constaté que les cultivateurs, forcés de plus en plus d'employer des engins mécaniques, en achètent beaucoup, mais les utilisent mal, sans intelligence et sans soin; les écoles se sont chargées de remédier à cette situation.

Les constructeurs hésitants et un imstant mécontents de la voie où l’on s’engageait, finirent par seconder les efforts des écoles et firent tout leur possible pour leur venir en aide : ils envoyèrent non seulement des spécimens de leurs machines, mais encore des experts chargés d'expliquer leur fonctionnement et de donner des leçons sur leur emploi.

Il y a notamment à citer les efforts faits dans cette voie par les États d'Iowa, de l'Illinois, de Wisconsin, etc.

Ce dernier État possède une université dont la division agricole exploite une culture d’une étendue de 140 hectares. Sa laiterie, qui a coûté 250,000 francs, travaille annuellement au delà de 1,500,000 kilogrammes de lait en vue de la fabrication du beurre et du fromage.

Depuis quelques années, cette école a organisé un enseignement pratique de la mécanique agricole. On y apprend aux élèves à river, à souder, à couper et à assembler des tubes, etc.; ils font des plans et des devis de construc- . tions agricoles. Des moissonneuses, des moteurs à pétrole, etc., servent à l'instruction; les élèves savent les conduire, comme aussi les générateurs et machines à vapeur; ils savent comment on installe un arbre de transmission, des poulies, des transmissions de mouvement, etc.

Non seulement 1ls connaissent les divers matériaux qui entrent dans les constructions et leur nature, mais chacun d'eux doit exécuter un petit travail afin d'acquérir de la pratique.

L'école possède des moulins à vent qui servent à l'instruction pratique ; les élèves y calculent, de diverses manières, la force développée.

Les jeunes gens qui apprécient fortement les efforts que l'on fait pour leur instruction professionnelle se prêtent volontiers aux manipulations diverses que l'on demande d'eux, telles que celles de menuiserie, de forge, etc.

Ils savent que s'ils n’ont pas plus tard à se livrer pratiquement à ces travaux, il faut quand même les connaître, pour les diriger et les surveiller.

Les moteurs à gazoline vont faire l'objet d'études plus approfondies en vue de leur propagation prochaine dans les exploitations ; on étudiera, pratiquement, les divers systèmes connus.

On peut dire que des cours de mécanique ainsi donnés et suivis constituent de véritables stations d’essai des diverses machines employées en agriculture.

Celles-ci, en effet, étudiées en détail par les professeurs et les élèves, sont soumises à des essais et les rapports en sont publiés.

Le collège agricole de Champaign.

A titre d'exemple citons l’école d'agriculture de Champaign. Gette école constitue une faculté de l’université de l’État d'Illinois. (est, parmi les écoles supérieures, une des mieux organisées et des plus réputées des États-Unis. Nous l’avons visitée en détail, piloté par son aimable directeur, M. E. Davenport.

But de l'enseignement. — L'école d'agriculture de l’université d'Ilinois a organisé son enseignement dans le but de former, non seulement des RUES teurs de mérite, mais aussi des citoyens éclairés et instruits.

Le temps consacré à la formation lechnique comprend environ la moitié du travail total des élèves ; l'étude des sciences en exige environ un quart, tandis que l’autre quart est consacré à l'étude des langues, de la littérature et des

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branches choisies librement par les étudiants dans le programme de l'université.

L'école possède aussi une section d'économie domestique, spécialement adaptée à l’éducalion scientifique et littéraire des jeunes filles.

Méthodes. — Parmi les vingt-quatre professeurs des branches techniques, vingt et un s'occupent exclusivement d'agriculture. L'étudiant touche de près et manipule toutes les matières formant l'objet des divers cours. Il exécute des nivellements, pose des drains, examine le développement radiculaire des plantes, détermine la fertilité du sol et l'influence des récoltes et des rotations sur cette productivité. Il exécute l'écussonnage, le greffage, la formation et la taille des arbres et s'exerce à l’architecture des jardins. Il fait le contrôle du lait, conduit les écrémeuses, fabrique du beurre et du fromage et apprend à juger ces produits. Il étudie la coupe des animaux de boucherie, détermine la valeur d'un grand nombre d'animaux domestiques et s'exerce à diagnostiquer et à traiter leurs maladies.

Matériel d'intuition. — Le collège tient en dépôt des charrues, des extirpateurs, des semoirs, des coupe-racines, des hache-paille et hache-fourrage, des broyeurs, des concasseurs, des faucheuses, des moissonneuses-lieuses, des moteurs, etc., envoyés par les fabricants et dont la valeur s'élève à plusieurs milliers de dollars. Il possède d'immenses collections de plantes, de graines et de produits et des laboratoires largement outillés. Les terres appartenant à l’université et les cultures de la station expérimentale sont constamment à la disposition des professeurs et des élèves. Des collections choisies de tableaux et des modèles nombreux de fleurs et de fruits servent à l’enseignement de la botanique. Le cabinet d'entomologie contient, à côté des insectes utiles et nuisibles, le matériel pour l'étude de leurs mœurs et des dégâts occasionnés par eux. Des microscopes, des dessins, des cartes, des modèles démontables d'animaux domestiques et de nombreux clichés pour la projection facilitent la méthode intuitive. Le bétail, appartenant aux diverses races, de mème que tout l'outillage de la ferme constituent un enseignement visuel constant. Une collection très variée de journaux agricoles, les publications nombreuses des stations expérimentales et la bibliothèque sont à la disposition des étudiants.

Section d'économie domestique. — Cette section a été créée pour répondre aux besoins de l'éducation féminine. Les cours sont réglés de façon à satisfaire deux catégories d’étudiantes : celles qui suivent les cours dans les diverses facultés de l’université et désirent se mettre au courant des principes de l'économie domestique et celles qui font une étude spéciale et approfondie de la science du ménage. Les cours et les exercices de la section sont essentiellement scientifiques Les étudiantes sont obligées de suivre plusieurs cours de sciences dans les facultés, Quoique les études soient avant tout scientifiques et techniques, on ne perd pas de vue l'importance d’une éducation artistique

et littéraire pour les dames. Aussi requiert-on des élèves la connaissance du dessin, de la littérature anglaise, de l’histoire et des langues modernes. En outre, elles peuvent toujours compléter leur éducation littéraire, scientifique ou technique en suivant d’autres cours de l’université, à condition que le choix de ces cours soit approuvé par le directeur de l'institut.

La station expérimentale est pour ainsi dire confondue avec l’école d'agriculture, tous les travaux d'expérimentation servent à l'enseignement; il n'y a somme toute qu'une subdivision de budget : le budget des expériences et le budget de l’enseignement.

Publications. — Le personnel de l'école et de la station expérimentale à publié plus de 60 travaux et brochures (1). Les publications sont envoyées régulièrement à 17,000 adresses. La correspondance se chiffre par plus de 5,000 lettres par an.

Méthodes d'enseignement.

Les méthodes d'enseignement sont en général très pratiques; s'il y a encore de rares professeurs qui font apprendre les leçons de mémoire, d'autres en revanche, pourraient servir de modèles.

Débarrassés des anciennes erreurs des humanités, ils excellent dans la méthode intuitive et apprennent ainsi aux élèves beaucoup plus de matières en moins de temps.

Prenons comme exemple le collège de Fort-Collins. Pour le cours de zoologie, on met à la disposition de chaque étudiant une collection de formes types des différentes familles et espèces du règne animal. Pendant la lecon l'élève étudie soigneusement ces échantillons et acquiert ainsi des connaissances pratiques de la structure et de la classification des animaux. Il trouve à sa disposition des microscopes et tous les appareils de dissection nécessaires pour les exercices de laboratoire.

J'ai pu apprécier cette méthode au collège de Lexington (Kentucky), de Lincoln (Nebraska) et de Champaign (Illinois).

(!) Parmi les publications les plus récentes de la station d’Illinois, nous avons annoté :

C.-G. HoPxkiss, L.-H. Smirx and E.-M. East, The structure of the Corn Kernel and the composition of its different parts.

C.-G. Hopkins, Nitrogen bacteria and legumes. - C.-G. Hopkins, Soil treatment for peaty swamp lands, including reference to sand and alhkali soils.

C.-G. Hopxins, Soil treatment for wheat in rotation with special reference to Southern Illinois soils.

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