‹ Notes sur l'agriculture aux états-unisChapitre 32 sur 61 · HUGUES · texte numérisé non relu

HUGUES

A l’école de l'État du Wisconsin, par exemple, dans une leçon d'extérieur, après avoir donné la théorie, le professeur se rend aux étables. fait sortir les animaux et les fait juger l’un après l’autre par les élèves, le carnet à la main

et d’après une échelle de points systématiquement arrangée. Après l'esçai

de l'élève, il corrige les erreurs de son travail, toujours en faisant la démonstration sur l'animal. Après les avoir habitués à juger chaque animal

individuellement, à l’aide de l'échelle de points, on procède à la comparaison :

des divers individus, et chaque élève essaie de les classer d'après leur mérite en donnant ses arguments qui sont discutés avec soin. Telle était aussi la méthode suivie dans ses démonstrations anx concours de bétail à Saint-Louis, par M. Plumb, le savant professeur de zootechnie de l'école d'agriculture de Columbus, Ohio.

De mêwe, les cours de laiterie sont accompagnés d'exercices pratiques du travail du lait, de la maturation de la crème, du barattage, etc. Il n’y a pas de lecon théorique qui ne soit suivie de toutes les applications pratiques nécessaires.

Les résultats obtenus par ces procédés sont beaucoup plus importants qu'on pourrait le croire et cela parce que les professeurs ne se contentent pas d'imposer aux élèves un amas d'idées qui s’évanouissent bientôt.

Un autre procédé fort employé sont les «lectures » proprement dites. On utilise dans ce but un bon livre dont on lit des extraits à haute voix. Tous les élèves vont ensuite appliquer pratiquement ce qu'ils ont entendu, soit aux champs, soit dans les étables, soit dans les jardins.

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M. Davenport, directeur du collège de Champaign (Illinois), nous confirme que, partout en Amérique, on adrnet que les recherches scientifiques et l'enseignement doivent être confiés à la même personne. Un professeur, pour donner un enseignement fructueux, doit être en même temps un expérimentateur.

D'un autre côté, nous n’exigeons pas, dit-1l, que la majeure partie du temps de nos hommes de science soit consacrée à l'enseignement. Les chefs de nos divers départements ne donnent qu'un seul cours pendant un semestre. Le nombre de cours proprement dits est aussi réduit que possible. Les manipulations et les travaux de laboratoire occupent la première place. Les élèves font des travaux personnels sous la direction de leurs maîtres.

Les divers établissements ont des bibliothèques très riches et les élèves sont astreints à s’y rendre ; ils y lisent les bons ouvrages d'agriculture et les meilleures publications périodiques. En outre, ils doivent fournir fréquemment des dissertations par écrit et donner des conférences.

Pendant toute la durée des études, les professeurs s’attachent surtout à former des élèves qui sachent observer et faire des recherches ; ils leur montrent les causes qui motivent telle ou telle méthode agricole, ils leur appren-

nent à appliquer la science à la pratique, ils leur indiquent comment ils doivent utiliser les sources des connaissances agronomiques ; bref ils les aident à devenir des savants intelligents, des champions du progrès, des hommes pratiques. | |

Le nombre d’élèves qui font des études complètes n'est pas très considérable.

Cependant les écoles cherchent à aller au-devant de toutes les exigences, en organisant des cours temporaires dont la durée varie de huit jours à un ou deux ans.

Ces cours temporaires ou ces écoles spéciales d'agriculture, de zootechnie, d’horticulture, de laiterie, etc., ont pour but de donner un complément d’instruction professionnelle aux fermiers ou à leurs fils qui n'ont pas le temps de suivre des cours plus développés. Il ont également pour but de permettre aux instituteurs d'enseigner les sciences naturelles et les principes de l’agriculture rationnelle aux élèves des écoles primaires. |

Le besoin d'organiser des établissements d'instruction agricole pour jeunes filles ne se fait pas sentir, puisqu'elles fréquentent les écoles supérieures, dont plusieurs ont institué des cours spéciaux pour « ladies ».

En somme, l'enseignement agricole supérieur aux États-Unis est fort bien organisé et admirablement outillé. C'est grâce à l’indépendance qui leur est laissée et aux ressources financières dont elles disposent que les écoles arnéricaines doivent leur merveilleux développement.

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