URUGUAY
Races, — Les indiens Charma, Yaros, Boanes, Ghana, que les Espagnols rencontrèrent à leur arrivée dans le pays, étaient tous en guerre les uns avec les autres. G'est à peine si l'on sait quelque chose sur leur compte.
La coutume de recouvrir les morts d'une couche d'ocre et de graisse étant commune aux Guarani et aux Ghana, peut-on en déduire une affinité ethnique entre ces deux races ?
L'usage des boleadoras, identique chez les aborigènes de l'Uruguay et ceux de Patagonia, permet-il de donner à ces deux peuples une communauté d'origine?
On a peu de renseignements sur les Batomes qui jadis peuplèrent le département de Soriano. A quoi servait l'objet de diorite à figure humaine signalé page 10 du « Calalogo de la republica del Uruguay en la Exposicion historico-americana » de Madrid 1892?
A qui attribuer l'oiseau en actinolite cité même page du même ouvrage, trouvé dans le paradero de cabo Polonio ? Sa ressemblance avec les objets trouvés dans les sambaquis de Santa-Gatalina (Brésil) paraît indiquer des affinités des indigènes uruguayiens qui formèrent ces tertres avec les Guarani et les tribus qui peuplèrent le département maritime de Rocha.
Archéologie. — On ne sait à qui attribuer la construction en plaine des tertres nombreux de San Luis, près de la partie occidentale du lac Merin ou
Mirim. Que signifie le fait de n'avoir trouvé à leur intérieur aucuns restes d'animaux ? Quant aux tertres del Vizcaino et Sorîano, quelques archéologues croient pouvoir les attribuer aux Indiens Ghana ; mais d'autres leur donnent une origine plus récente, se basant sur des verroteries de fabrication vénitienne trouvées dans ces tertres. On signale aussi les petits tertres des tles du rio Uruguay attribués à la période néolithique. II serait à souhaiter que l'on pût découvrir l'origine de leurs constructeurs, d'après les os humains et les produits de Tindustrie qu'on en a retirés.
Ethnographie. — L'Uruguay avait exposé à Madrid en 1892, comme provenant des paraderos et alluvions modernes, de nombreuses boules arrondies en pierre ayant servi d'armes de jet, les « boleadoras », contre les ennemis, et les « bolas perdidas » contre les animaux. La boleadora étant encore en usage chez les Patagons pour chasser l'autruche, que conclure de l'emploi commun de cette arme chez les deux tribus ?
Les indigènes précolombiens de l'Uruguay se servaient aussi de pierres munies de petits trous. Ces trous sont parfaitement polis, ont la forme hémisphérique et le même diamètre ; on les trouve distribués sur diverses roches. Ces objets sont très abondants et seulement dans le paradero de Valizas et dans d'autres, voisins des Palmarès de Castillos.
Leur usage est incertain. On a suggéré l'idée que ces pierres peuvent avoir servi pour casser les cocos du fruit du butia (cocus cespitata Mart.). Cette question devrait être étudiée davantage.