V. ISTHME CENTRE-AMERICAIN
Généralités. Géologie. — Les études géologiques permettent-elles de dire que l'Amérique centrale formait à l'époque tertiaire ou quaternaire un archipel séparé des deux parties nord et sud du continent américain ?
Grottes. — Pour ce qui est des desiderata de ces cavernes nombreuses et intéressantes de l'Amérique centrale, consulter traduction suédoise, troisième et quatrième cahier de la revue Imer (Stockholm, 1889), d'un résumé de mes communications Sur les grottes de V Amérique centrale au Congrès Int. d'Anthropologie et d'Archéologie Préhistoriques de Paris, 1889.
Paléontologie^ etc. — Pour les hypothèses que peuvent soulever les débris des races américaines précolombiennes, consulter mon petit article du Journal officiel de la République Française, de juin 1889, intitulé: Paléonlologiey Ethnographie et Archéologie de V Amérique centrale à V Exposition Universelle de i889.
Influence des vents alizés. — L'Amérique centrale est sujette à ceux du nord-est, qui au printemps soufflent avec une persistance fatale pour Tagriculture, par la sécheresse qu'ils produisent. Quant aux vents alizés du sud-est, en hiver (tropical) ils soufflent dans la direction de l'Ecuador au pôle nord et amènent avec eux des pluies abondantes. 11 s'agirait d'étudier l'influence que ces vents ont pu exercer sur la végétation de ces belles régions depuis les époques les plus reculées. La population autochtone réglait-elle les semis de ses plantations agricoles rudimentaires sur la venue de tel vent ou de tel autre? Dans les relations maritimes entre les diverses tribus précolombiennes tenait-on compte de la direction de ces vents en sens contraire?
Migrations successives des races précolombiennes. — J'ai cru, d'après des indices archéologiques, onomatologiques et autres, devoir classer ces migrations (voir mes Considérations sur quelques noms indigènes des localités de risthme centre^méricainj pp. 564 et 584 du compte-rendu du Congrès Inter. des Amer, de Paris, 1890 et mon Essai de localisation des habita7its précolombieîis de l* Amérique centrale, résumé d'une communication au Congrès Intern. des Sciences Ethnographiques de Paris, 1889, 3® vol. des Archives intern. d'ethnographie de Leyde, 1890). Mais ces classifications ont besoin d'être confirmées et discutées par de nouveaux documents et arguments ; j'appelle la discussion des américanistes sur ces classifications, assimilations et migrations de races que je reproduis ici sommairement :
L — La branche orientale ou atlantique, venue du nord-est, comprenant d'une façon générale les constructeurs de tertres (mound builders) du Mississipi, ceux des terramares yucatèques et des grandes levées de terres, funéraires ou défensives, des rives de TUtzumacinta (Mexique et Guatemala), de la plaine basse de Zapotitlan et de San Andres, de l'île del Cajete, de Tehuacan, etc. (Salvador), des plaines centrales du Honduras (Tenampua, etc.) et des vallées de Chontales (Nicaragua). Cette branche orientale se décomposerait elle-même : 1® en précurseurs des Maya. Ceux-ci seraient de race Talamanca, Misskito, Ulua, Caribe, Maïpoure, Cofachite, ou autre d'affiliation caraïbe Baloué-Bonon. Cette dernière, dont les vestiges se retrouveraient à Pensacola (dans l'Etat du Mississipi et au Nicaragua), aurait suivi la région golfière des États-Unis, la côte orientale de l'Amérique centrale et de la Colombia, remonté le rio Magdalena, parcouru la Colombia et l'Ecuador, et descendu les divers affluents de rive gauche de l'Amazonas. Arrivée à ce grand fleuve, une partie de cette race caribe en aurait remonté quelques
NOTES SUR l'américanisme 6S
affluents de rive droite, le Tocantins et autres, pour aller s'installer dans le centre du Brésil. L'autre partie aurait descendu le cours de TAmazonas et, s'aidant du courant maritime de direction nord-ouest, aurait côtoyé les Guyanes et serait venue se disperser dans les diverses Antilles.
2*^ Les Maya, qu'ils appartinssent aux tribus Chorti, Kakchikel ou K'kitché ; on en retrouverait les traces dans les monuments de Quirigua (Guatemala), Copan (Honduras), dans le nom de la ferme de Mayapan au Nicaragua, dans les affinités linguistiques de certaines races précolombiennes de TEcuador (voir Historia del Ecuador, par l'abbé F. Gonzalez Suarez, Quito, 1890 et dans celles reconnues dans la langue k'kilchoua par M. Léon Douay, de Nice, et le D' Santiago Barberena de San Salvador.
IL — La branche que j'appelle occidentale ou pacifique venant du nordouest et qui peut avoir assimilé les épaves de races asiatiques ou australiennes amenées par les divers courants maritimes de l'Océan Pacifique. Je comprends dans cette classification :
l** Les Falaisiers ou ClifFdwellers de Florida, du Farw^est (California, Colorado, Arizona, New Mexico) du Mexique (Sonora, Chihuahua) et du Pérou ;
2** Les Lenca (Amerrisques, Chaparristiques et autres) du Honduras, du Salvador et du Nicaragua et les Cuna du Darien (Colombia) ;
3* Les Mangues, Mazateca, Chapaneca du Mexique, Mankeme, Gûetar, Orotiûa, Diria, Choluteca ou Chorotega du Honduras, du Nicaragua et du Costa Rica, les Chibcha (Guaymi, Choco et Timote) de Colombia;
4** Les Nahua (du Mexique) avec branche Signa (du Guatemala), Pipil (du Salvador), Nicarao ou Nikiran (du Nicaragua).