‹ Notes sur l'éducation publiqueChapitre 15 sur 24 · LE SPORT A TRW ERS LES AGES · texte numérisé non relu

LE SPORT A TRW ERS LES AGES

éducateurs anglais, donnait la formule précise du triple rôle de Tatlilétisme dans la pédagogie : son rôle physique qui est d'équilibrer le corps, de fortifier les muscles, d'apaiser les sens et l'imagination — son rôle moral qui est de mettre dans la vie du collégien un intérêt immédiat, d'offrir un but tangible à ses efforts, de développer par là son expérience personnelle, de lui apprendre la valeur de l'entraîner ment, la relation fatale de cause à effet, la loi

de la responsabilité individuelle , son rôle

social enfin qui est de préparer la jeunesse, enlui remettant la direction et l'administration de ses jeux, au fonctionnement des rouages sociaux.

Tout cela, Arnold ne l'a pas dit ; il a fait mieux, il l'a mis en j)ra tique. L'œuvre de quatorze années qu'il poursuivit comme headmaster du collège de Rugby, et à laquelle mit fin sa mort prématurée eut, pour le peuple anglais, le caractère d'une grande leçon de choses. Une génération absolument transformée sortit de Rugby et bientôt des autres public schools auxquels Rugby servit de modèle. Son influence sur les destinées de l'empire britannique fut décisive. Dans tous les services publics comme dans toutes les manifestations de l'initiative privée, son action s'est

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fait sentir. Que des circonstances ultérieures aient aflaibli la portée de ces résultats, que des exagérations aient paru compromettre le principe même de la réforme accomplie, cela n'infirme en rien ce fait que quiconque voudra dans Tavenir analyser le Victorian Era, devra chercher dans l'œuvre d'Arnold le principal ressort de cette grande époque.

Par cette œuvre le sport fut en peu de temps si bien identifié avec l'Angleterre que les autres peuples se prirent à voir là une particularité héréditaire de la race anglo-saxonne — particularité que l'esprit d'imitation ou le culte des élégances exotiques parviennent seuls à implanter chez les autres races. C'est là un point de vue absolument fantaisiste. L'histoire nous montre combien l'esprit d'imitation s'est trouvé jadis impuissant à faire vivre le sport hors du monde grec. D'autre part, les gazettes d'outre-Manche, vieilles seulement de 60 à 7o ans, nous apprennent à quel point les Anglais d'alors l'avaient délaissé. Enfin il est aisé de constater qu'aujourd'hui le sport est entré dans les mœurs de toute une jeunesse qui ne s'avise nullement, qu'en pratiquant ses exercices favoris, elle puisse accomplir un acte quelconque d'anglomanie ou de snobisme.

LE SPORT A TRAVERS LES AGES l^f)

J'ai déjà signalé ce mouvement il y a plusieurs années * ; il gagne chaque jour en importance et en extension.

Ses progrès sont surtout remarquables en Allemagne et en Suède, où ils sembleraient devoir être entravés par les systèmes de gymnastique en vogue dans ces deux pays. Or il n'en est rien. D'une tournée récente à travers l'Europe me reste, entr 'autres, le souvenir des Ruder-Clubs de la Sprée, nombreux et prospères. La rivière dont la réputation maussade n'est pas méritée leur ofifre, entre ses rives verdoyantes, un champ de courses large et paisible. L'un d'eux — il est bon de le noter en passant — est de fondation impériale : pour le construire, Guillaume II a tiré 35 ooo marks de sa cassette particulière et il Ta offert ensuite aux (( potaches » de sa capitale. Les rameurs de tous ces clubs montent des bateaux de construction allemande et lisent des feui\les sportives rédigées en allemand. Leur quartier général est à Hambourg et non à Ilenley. On pourrait faire des remarques analogues à propos des clubs de foot-ball qui se multiplient autour de Berlin .

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