LE SPORT A TRAVERS LES AGES
Richard II. Deux siècles plus tard au contraire, le roi Jacques P' jugeait nécessaire d'encourager chez ses sujets le goût des exercices physiqueS; par une proclamation connue sous le nom de King'sBook of Sports et que Charles I*' renouvela en iC33. Du reste il s'agissait là d'un athlétisme rudimentaire qui n'allait pas beaucoup au delà des quilles, des boules ou du mât de cocagne. Au début du xix^ siècle, rien assurément n'indiquait que l'Angleterre fût prédestinée à devenir le foyer d'une renaissance athlétique. Ni le Squire dans son comté, ni le collégien dans son public school n'avaient su s'éprendre du sport. Chez l'un comme chez l'autre, il y avait bien un besoin d'expansion animale, mais qui se traduisait par une brutalité trop prompte à se donner carrière et par une tendance trop fréquente vers les cartes et l'alcool. Si je ne l'avais recueilli de la bouche même de M. Gladstone, je tiendrais pour exagéré et poussé au noir le récit de ce qu'étaient, en son enfance, le collège d'Eton et les universités.
Les débuts du relèvement furent modestes et, pai: une coïncidence assez étrange, ils se trouvèrent placés sous le patronage de la religion. Les premiers ouvriers de ce grand labeur furent
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quelques jeunes gens groupés autour du chanoine Kingsley. On les appelait des « muscular cliristians » non qu'ils mêlassent à leurs exercices le moindre signe d'un culte quelconque, mais parce que, très carrément, ils proclamaient Faction moralisatrice du sport, la noblesse de la force physique et T utilité pour Tâme d'être servie par des chairs fermes et des muscles durs. Ils s'inquiétaient moin^ de faire école que de se procurer à eux-mêmes de saines jouissances. Ils voyaient loin cependant. Une certaine lueur philosophique les environnait : des rcssouvenirs de la Grèce, le respect des traditions stoïciennes et une conception assez nette des services que le sport pouvait rendre au monde moderne, ne tardèrent pas à attirer l'attention sur eux. On se moqua d'eux, mais le ridicule ne les découragea point. Quand le mouvement prit de la consistance, ils furent attaqués furieusement, avec rage, par la parole et surtout parla presse. Mais déjà leur œuvre était hors d'atteinte ; les universités d'Oxford et de Cambridge s'y étaient associées. Elles devaient y trouver le germe d'un magnifique relèvement, d'une véritable purification. En même temps ce grand citoyen, Thomas Arnold, le chef et le type des