‹ Notes sur l'Histoire de l'ObésitéChapitre 31 sur 40 · EXPOSÉ DE TITRES SCIENTIFIQUES (1919) OBÉSITÉ · texte numérisé non relu

EXPOSÉ DE TITRES SCIENTIFIQUES (1919) OBÉSITÉ

« L’obésité est le cas le plus simple dans les troubles de la nutrition. Je l’ai étudiée dans sa symptomatologie, dans son étiologie et sa pathogénie, et je me suis efforcé de mettre en lumière les causes du déséquilibre énergétique qui mène à l’accumulation de la graisse, ramenant à des proportions modérées le rôle des glandes vasculaires sanguines. J’ai distingué deux types cliniques : l’obésité simple et l'obésité compliquée, dans laquelle les troubles rénaux prennent une importance considérable. Jusqu'ici on avait surtout étudié les troubles cardiaques des obèses; j'ai montré que la sclérose rénale est la complication la plus fréquente et la plus redoutable; avant l'âge de 50 ans, la proportion des néphrites est de 22 % chez les obèses, après 50 ans elle est de 77 %.

« Avec L. Furet, j’ai suivi jour par jour les éliminations urinaires pendant une cure d’obésité et j'ai montré l'influence du régime de l’ingestion de sel, du corps thyroïde, des bains de vapeur. Avec M. Weiss, j'ai étudié les échanges respiratoires chez les obèses et leurs modifications sous l'influence du corps thyroïde. Ces recherches m'ont servi de base précise pour instituer une cure rationnelle de l’obésité fondée sur le régime et l’exercice; cette cure peut être chez les insuffisants cardiaques, aidée par la gymnastique électrique, dont j'ai observé avec Laquerrière et Delherm les excellents effets; elle permet de gué-

rir des obésités que l’on avait jusque-là pu croire irréductibles, »

Depuis cette date, 1919, le professeur Marcel Labbé a publié différents travaux relatifs à l’obésité.

L'autorité de l’auteur dans les maladies de la nutrition nous fait un devoir de ne pas nous en tenir à l'exposé trop succinct du relevé de ses travaux scientifiques.

Au point de vue pathogénique, le professeur Marcel Labbé s’en tient à la conception classique :

Excédent de recettes, défaut de dépenses.

Pour lui, la pathogénie de l’obésité banale par suralimentation et sédentarité se conçoit facilement : les recettes dépassent les dépenses. L'organisme met en réserve l’excédent, or la seule forme chimique avec laquelle nous sommes susceptibles de faire des réserves, c’est précisément la graisse; aussi comprend-on que celle-ci s’accumule dans les tissus.

Au point de vue étiologique, le professeur Marcel Labbé admet avant tout l’obésité du gros mangeur et du sédentaire.

Par rapport à ces obésités, le champ des obésités endocriniennes doit être assez limité.

Le professeur Marcel Labbé les discute toutes.

a) Obésité thyroïdienne, la mieux établie; la petite et la grande insuffisance thyroïdienne sont susceptibles de déterminer certaines obésités.

b) Obésité hypophysaire déjà plus discutable et plus restreinte. Au cours des tumeurs malignes de Phypophyse, il n’est pas absolument démontré que l'obésité relève, en pareil cas, de l'abolition de la sécrétion glandulaire et non plutôt de la compression du territoire adjacent infundibulo-tubérien, de la base du cerveau.

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