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c) Obésité ovarienne très discutable. L’aménorrhée, la stérilité concomitante, sur lesquelles on s'appuie pour la démontrer, n’est probablement qu’une conséquence de l'obésité, Elles disparaissent par le traitement.
On met en avant l’engraissement après la ménopause, après castration, mais les statistiques ne sont pas assez fermes pour être convaincantes,; beaucoup de jeunes femmes castrées, beaucoup de femmes ménopausiques n’engraissent pas.
Dans l’obésité de la grossesse, beaucoup d'éléments rentrent en ligne de compte (rétention d’eau, fœtus, développement des glandes mammaires), et bien des femmes gravides se -suralimentent.
Quant à l'obésité de la lactation, il est fréquent que les nourrices soient suralimentées.
d) Obésité testiculaire. — Elle peut se rattacher à la suralimentation, les eunuques travaillant et mangeant modérément, gardent un poids normal.
e) Obésité épiphysaire. — Elle se voit surtout chez les petits garçons au cours des tumeurs de l’épiphyse, mais l’obésité n’est pas un symptôme obligatoire des tumeurs épiphysaires et rien ne dit que comme l’obésité hypophysaire elles ne dépendraient pas plutôt de la compression de la région infundibulo-tubérienne,
f) Obésité surrénale. — Elle s’observe surtout chez les petites filles, liée à une tumeur maligne de l'écorce de la surrénale, elle ne constitue qu’une manifestation inconstante de la maladie.
g) Obésité pluriglandulaire. — A rapprocher des cas ci-dessus exposés.
h) Obésité nerveuse. —— Elle s’observe dans les
tumeurs du troisième ventricule, on en a rapproché les obésités hypophysaires et épiphysaires. Ce ne sont que des exceptions.
Somme toute, les obésités endocriniennes et nerveuses sont l’exception, non la règle, leur intégrité est, de plus, bien souvent, discutable.
Ici, pour bien comprendre cette opinion actuelle du professeur Marcel Labbé sur les abésités nerveuses hypophysaires et épiphysaires, nous devons continuer lhistoire de l’obésité hypophysaire et épiphysaire au point où nous l’avons laissée, mais nous verrons comment la variation des doctrines et la difficulté d’en tirer une conclusion justifient en quelque sorte l’attitude du professeur Marcel Labbé.
En 1920, les travaux de Camus et de Roussy d’une part, d'autre part certains faits observés pendant l'épidémie de névraxite de 1920 devaient jeter des doutes sur les rapports entre le syndrome adiposogénital et les lésions hypophysaires, D& plus, en 1921, une observation princeps de Lereboullet, Cathala et Mouzon, devait-elle aussi fortement ébranler le dogme hypophysaire.
Camus et Roussy lésèrent le fuber cinereum en respectant l’hypophyse.
« Nombre de chiens, auxquels avait été faite une lésion expérimentale du fuber cinéreum, l’hypophyse étant complètement respectée, ont présenté un syndrome adipose génitale typique, chez quelques-uns l'augmentation de poids s’est produite avec une rapidité surprenante, … Chez ces animaux, l’autopsie montrait cependant un pannicule adipeux très infltré de graisse. En même temps que l'obésité on observe souvent d'importantes modifications du côté des organes génitaux : arrêt de développement s’il s’agit d'animaux jeunes, régression s'il s'agit d'adultes. »
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A la même époque, au cours de l'épidémie de névraxite, de nombreux observateurs constataient des cas d’obésité chez Jes malades atteints d’encéphalite léthargique.
Ces obésités revêtaient soit une forme banale, soit dans quelques cas, l’aspect du syndrome adiposogénital.
Ces obésités donnaient lieu à de nombreuses discussions.
Certains les attribuaient à l’atteinte généralisée des glandes à sécrétion interne au cours de l’injection.
Pour d’autres, le processus infectieux se localisait dans ce cas sur l’hypophyse.
Pour d’autres encore, l’obésité devait être attribuée à la localisation du processus infectieux sur les noyaux gris électivement frappés au cours de la névraxite épidémique.
En 1921, dans la revue neurologique, Lereboullet, Lathala et Mouzon publiaient leur observation princeps : « Infantilisme dit hypophysaire du % ventricule. Intégrité de l'hypophyse. »
On apprenait que les tumeurs primitives de la base du cerveau, du 3 ventricule en particulier, pouvaient déterminer le syndrome adiposo-génital en dehors de toute atteinte hypophysaire.
Il va sans dire qu’à cette époque, devant ces faits troublants, certains manifestaient une réaction violente. Il paraissait logique de conclure que lorsque l'obésité apparaissait chez un sujet porteur d’une tumeur hypophysaire, elle était due à une compression des noyaux gris mésencéphaliques voisins et non à un trouble des fonctions de l’hypophyse. On en vint même à soutenir que la glande pituitaire n’était qu’un organe régressif dépourvu d'activité endocrine.
Il était cependant difficile de croire qu’un organe aussi bien protégé dans sa selle osseuse, aussi cons-
tant dans la série animale, aussi précocement développé au cours de l’'embryogénèse, puisse être dépourvu de toute fonction physiologique.
Cushing et ses élèves eurent le grand mérite de savoir résister à cette phase de scepticisme et de toujours considérer l’hypophyse comme une glande jouant un rôle capital dans l’économie.
A partir de 1927 les expériences de Smith et Engle, Ascheim et Zondeck sur les corrélations hypophysogénitales devaient remettre en lumière les fonctions endocrines de l’hypophyse et donner raison à Cushing et à ses élèves. « Depuis cette date, les études physiologiques se sont multipliées à l'infini, les relations de l’hypophyse et du mésencéphale se sont précisées: un nombre réellement prodigieux de fonctions très diverses ont été reconnues à cette glande. »
L’hypophyse semble être « la glande maîtresse », « le levier de commande du système endocrinien ».
Nous ne pouvons exposer, même succinctement ici, toutes les corrélations anatomiques et fonctionnelles qui, d’après les travaux récents unissent l’hypophyse au mésencéphale, sachons qu’à l’heure actuelle on admet un complexe neuro-endocrinien qui concilie à la fois les découvertes des premiers observateurs et celles plus récentes de 1920-1921.
Il est curieux de citer comment en 1695 s’exprimait le neurologiste anglais Fridley : « Du moment qu’il existe une relation si intime entre le rete mirabile et lhypophyse d’une part l’hypophyse et l’infundibulum (qui est si proche et qui communique directement avec lui); d’autre part il semble illogique et en quelque sorte antiscientifique de s’occuper de chacun de ces organes indépendamment. »
Il a fallu près de trois siècles pour vérifier l’assertion du neurologiste anglais.
Nous avons vu également les premières observa-