‹ Notes sur l'Histoire de l'ObésitéChapitre 7 sur 40 · vie siècle avant J.-C. et d'existence problématique · texte numérisé non relu

vie siècle avant J.-C. et d'existence problématique

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qui formait les athlètes grecs et qui avait pour buüt d'empêcher l’embonpoint, comprenait l’abstinénce des boissons?

L’obésité, à Athènes, devait apparaître comte ridicule, si l’on en croit Aristophané, dans sa pièce Lés Grenouilles, qui, après avoir déplôré un certain état d’esprit qui détourne les Jeunes gens du stadé, nous montre un obèse s’essayant à la course : « . Je pensais mourir de rire en voyant courir un petit homme gras, tout courbé, blanc, bien en arrière des autres et qui se donnait un mal affreux:

« Arrivé aux portes du Céramique, ceux qui se trouvèrent là le fouettèrent sur les reins, sur le ventre, sur les côtes, sur les fesses, au point qu’il courut avec son flambeau éteint par un vent qui lui échappe, »

Si Cornélius Népos nous apprend, dans son Alcibiade, que les Béotiens les plus inéprisés des Grecs étaient gras et replets, des Grecs célèbres payèrent cependant leur tribut à l’obésité,

Epaminondas fut un des hommes les plus gras.

Trois homifies pouvaient à peine embrasser son Corps?.

Les auteurs rapportent que Platon était très gras.

A Sparte, où la vie était avant tout réglée dans un but militaire, l’obèse était considéré avec le plus grand mépris et les lois de Lycürgüe s’efforçaient d'obtenir la sobriété.

Plutarque, dans la vie dé Lÿcurgüe, hoùus rapporte : « Il obligea les citoyens de manger tous ensemble et de se nourrir des mêmes viandes réglées par la loi. Il leur défendit de prendre chez eux leurs repas sur des lits somptueux et suür des tables magnifiques; dé sé faire sérvir par des Cuisinières et des

2. Read Geoffroy, causes et traitements de l’obésité : Thèse de

Paris, 1886.

2. Cité par Worthington, « De l’Obésité », Thèse de Paris, 1875.

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officiers habiles, pour s’engraisser dans les ténèbres comme des animaux gloutons et corrompre à la fin et l'esprit et le corps, en s’abandonnant à toutes sortes de sensualité et de débauches qui, comme de véritables maladies, obligent ensuite à de longs sommeils, à des bains chauds, à un repos fréquent et à des remèdes continuels. »

Du reste, les Ephores faisaient comparaître chaque mois devant eux les jeunes gens tout nus et lorsque certains d’entre eux semblaient montrer quelque propension à la rotondité, ils les soumettaient à des exercices et à un régime qui avaient bientôt raison de cette menace d’embonpoint.

On cite aussi l'exemple d’un certain Nauclide qui, étant devenu très corpulent, fut amené devant lassemblée du peuple où Lysandre lui reprocha de trop se complaire aux plaisirs de la table, le menaçant de l’expulser de la ville s’il persistait dans sa faiblesse.

En Italie et spécialement à Rome, les médecins se sont également préoccupés de l’obésité.

Celse, médecin célèbre du siècle d’Auguste qui suivait la doctrine d’Hippocrate et qui est renommé pour la pureté de son style, écrit :

« On doit s'attacher sur toutes choses à bien connaître son tempérament. Il est des personnes maigres, il en est de grasses. un homme maigre doit observer un régime très nourrissant, celui qui est gras doit en observer un tout contraire. »

Et plus loin :

« Les choses qui procurent de l’embonpoint sont l'exercice modéré, le repos fréquent, l’onction, le bain pris après le diner, la constipation, le froid modéré en hiver, un sommeil paisible, mais pas trop long, un lit mollet; la tranquillité d’âme, des boissons et des

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aliments doux et gras, des repos fréquents et aussi copieux que l’estomac peut les digérer.

« Les choses qui font maigrir sont :

« L’immersion dans l’eau chaude, surtout si élle est salée; l’ardeur du soleil et toute sorte de chaleur; les soucis, les veilles; le sommeil ou trop court ou trop long; l’habitude de coucher sur la terre en été; un lit dur en hiver; la course, la marche prolongée, tout exercice violent; le vomissement, la purgation; les substances acides et austères; l’habitude de ne faire qu’un repas par jour et de boire à jeun du vin qui ne soit pas froid. »

Il assure, d’autre part, que les polysarques sont su- Jets aux maladies aiguës, aux dyspnées, à la mort subite.

Au sujet de la friction, Celse répète Hippocrate, et il en donne plus loin la manière d’agir :

« Car on ne resserre une chose qu’en ôtant ce qui la rendait lâche, on n’en ramollit une autre qu’en retranchant ce qui en faisait la dureté; on engraisse non pas par la friction, mais par la nourriture qui pénètre jusqu’à la peau qu’on a relâchée et comme décollée auparavant par ce moyen. »

Caelius Aurelianus crée le terme de polysarcie souvent employé, actuellement, comme équivalent de l’obésité; ce même médecin rapproche l’obésité de la cachexie.

Cité par Maccary Caeluis, Aurelianus ordonnait contre l’obésité le coït avant le dîner, après le bain, voulant que ce même jour on se nourrisse assez mal, qu’on joue à l’escarpolette, que l’eau pure soit la seule boisson, qu’on prenne un vomitif après lequel il permet le soir un peu de vin.

Les naturalistes romains ont fait des remarques intéressantes sur les animaux.

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Pline!, nous a appris que les animaux très gras sont privés de sentiment et qu’ils peuvent être impunément piqués,

Varon (116-127), avant J.-C, rapporte une observation analogue à celle de Pline.

Il nous parle d’un porc qui, à cause de l’énormité de sa masse, non seulement ne pouvait se dresser sur terre, mais encore, dit-il, il ne quittait pas sa litière et son insensibilité était telle que les rats se nourrissaient de sa chair.

Un naturaliste romain raconte, écrit J. P. Franck, « que des médecins enlevèrent de la graisse avec l'instrument tranchant, au fils d’Apronius, pour diminuer le poids de son corps. »

L'obésité était aussi peu appréciée à Rome qu’en Grèce, tant pour les hommes que pour les femmes,

S'il faut en croire le poète Lucilius, il semble qu’une heureuse sveltesse fit à Rome partie de l’esthétique féminine.

Parlant du choix d’une femme, Lucilius s'exprime ainsi :

« On la choisit parce qu'elle est svelte et agile, parce qu'elle a la poitrine blanche, parce qu’elle ressemble à un enfant. »

Aussi, les Romains faisaient ieur possible pour lutter contre les méfaits de l'obésité.

Dancel, dans sa thèse, nous apprend que les dames romaines qui avaient les seins trop développés, faisaient l'application d’un cataplasme composé de terre de Lemnos, d’un peu de chaux, de suc de persil et de blanc d'œuf. É a

Te livre 2, Hist nat, cap. XXXVWII.

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