‹ Notes sur l'histoire générale des sciencesChapitre 25 sur 32 · LE DOMAINE DE LA SCIENCE · texte numérisé non relu

LE DOMAINE DE LA SCIENCE

on veut agir. La physiologie et la pathologie — aussi bien intellectuelles et morales que physiques — nous permettront d'établir une hygiène et une thérapeutique correspondantes. En particulier, l'étude scientifique de la suggestion — entendue dans le sens le plus large du mot — , importante déjà au point de vue théorique, sera plus importante encore au point de vue pratique : car elle mettra — et met déjà — entre nos mains un instrument d'une grande puissance.

On se rapprochera d'autant plus de l'âge d'or ou de l'âge du bonheur commun (qui correspondra au perfectionnement physique, intellectuel et moral de l'homme) qu'on connaîtra, mieux en quoi consistent le bonheur et les moyens de l'atteindre. L'étude purement scientifique (surtout physiologique et psychologique) du bonheur est à faire. Elle sera faite bientôt.

Le Domaine de la Science

L'histoire de la sciçnce nous montre où l'évolution conduit celle-ci, à quoi la science touche, à quels problèmes elle s'attaque.

La science, la science positive, étend de plus en plus son domaine.

« La conception rationnelle prétend tout éclairer et tout comprendre ; elle s'efforce de donner de toute chose une explication positive et logique, et elle étend son déterminisme fatal jusqu'au monde moral. Je ne sais si les déductions impératives de la raison scientifique réaliseront un jour cette prescience divine, qui a soulevé autrefois tant de discussions et

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que Ton n'a jamais réussi à concilier avec le sentiment non moins impératif de la liberté humaine. En tout cas, l'univers matériel entier est revendiqué par la science. » (Berthelot, Science et Philosophie^ p. i5i.)

« La science, envisagée sous ses formes multiples, qui comprennent le domaine entier de l'esprit humain, dans l'ordre moral, intellectuel et artistique, aussi bien que dans l'ordre matériel. » (Berthelot : Discours à l'Association philotechnique. — Reçue scientifique, 1 8 novembre 1899, p. 641.)

D'abord la science positive a porté son effort sur la connaissance du monde. Elle tend de plus en plus à le faire porter en même temps sur la connaissance ou la science de l'homme, de l'esprit humain et des manifestations ou produits de l'esprit humain. En effet, les sciences philologiques et historiques deviennent des sciences positives (où l'on recherche les faits, les causes prochaines ou les conditions d'existence, et les lois), La psyciiologie devient scientifique. Les disciplines philosophiques dans leur ensemble, la métaphysique y comprise, veulent se rapprocher de la science.

Quand une discipline (la psychologie, par exemple) consent à se laisser influencer ou pénétrer par la science positive, l'action peut se produire sans qu'il y ait à abandonner un pouce de terrain ou une parcelle du domaine primitif. Mais, quand la discipline ancienne refuse de se laisser pénétrer (comme la religion, parfois) par la science positive, il faut qu'elle recule devant une force qu'elle ne peut dompter, devant un courant qu'elle ne peut arrêter.

Le domaine de la science positive se confondra un jour, à la limite — ou tend à se confondre de plus en plus — , avec celui de la pensée et de l'action humaine tout entières. La méthode scientifique ira jusqu'à pénétrer les choses de la vie courante. (Et l'on peut

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