‹ Notes sur l'histoire générale des sciencesChapitre 3 sur 32 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Ceci n'est pas un traité complet d'Histoire générale des Sciences; c'est seulement un ensemble de notes sur le sujet.

J'ai çoulu rassembler ici les réflexions faites et les indications données par moi dans des travaux antérieurs. Quand cela m'a paru nécessaire, je les ai éclairées à la lumière de réflexions venues de savants auteurs.

Dans un traité complet — qui contiendrait un nombre de pages suffisant pour qu'on pût faire cela — il y aurait, à côté des faits généraux ou des lois énoncés, un nombre d'exemples beaucoup plus grand que celui qu'on a pu donner ici.

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La Science, THistoire des Sciences et TEsprit scientifique.

La Science prévoit l'avenir.

L'Histoire des Sciences montre le passé. L'Esprit scientifique ou la Méthode scientique fait l'avenir an moyen du passé.

La Science veut prévoir Tavenir et y pourvoir.

L'Histoire noii!& montre ie passé dont l'avenir sortira'. L'Histoire des Sciences nous montre le passé de la Science, le passé de l'esprit humain cherchant la vérité, le passé de l'Esprit scientifique.

L'Esprit sdenlifîque, cherchant la vérité scientifique et appliquant la Méthode scientifique, est montré à l'œuvre ou mis «a lumière par l'Histoire des Sciences. Et l'Histoire des Sciences est éclairée elle-même et meux comprise, quand on sait ce qu'est TEsppit scientifique.

Nous voulons être maîtres ^d^ la aature.

• Or, « on ne peut commander à la nature qu'en lui obéissant )»4(Bac6ii), qu'en connaissant les lois qu'elle impose et prévoyant les effets que les lois nécessitent. Il faut <« sav^Âr pcmr prévoir, afin de pourvoir ».

Ce qui nous importe, c'est l'avenir, l'avenir qu'on peut prévoir et sur lequel on peut agir avant qu'il naiâse. Mai« l'avenir n'existe pas encore : et nous ne pouvons le saisir directement, ni même le connaître directement. Il faut user d'artifice pour Im airadier

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son secret et le vaincre ou le dominer. L'artifice te voici : nous regardons l'avenir dans le passé (i), dans le passé qui lui ressemble. Nous étudions Tavenir, reflet du passé, dans le miroir qui le reflète, d^s rhistoire.

Si la nature ne varie pas, si les lois naturelles restent les mêmes, si dans des conditions semblables les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets, la connaissance des lois et des faits du passé nous donnera la connaissance de ceux de l'avenir, et aussi le moyen de commander à l'avenir.

La connaissance ou l'étude du passé, c'est l'histoire. Le passé du monde, c'est l'histoire du monde. Le passé de l'homme, c'est l'histoire de l'homme, ou de l'humanité, ou de la civilisation, ou — comme on dît encore — c'est « l'histoire » tout court.

L'homme est un être qui pense et qui agit. L'étude de son passé comporte donc l'étude de l'action et celle de la pensée humaines. Pensée et action sont toujours corrélatives ; mais il est certaines manifestatations dans lesquelles c'est la pensée qui est le plus apparente, et d'autres dans lesquelles c'est l'action.

Les manifestations dans lesquelles c'est la pensée qui apparaît le plus, sont : les sciences (scientifiques et littéraires), les arts, les philosophies et les religions, les législations. Ces diverses manifestations de la pensée se tiennent de très près, s'éclairent mutuellement; et l'on ne peut comprendre vraiment l'histoire de l'une des formes de la pensée, si l'on néglige entièrement de faire appel aux autres.

L'histoire des manifestations de la pensée humaine

(i) On peut dire encore que nous cherchons l'avenir en considérant aussile présent ouïe temps actuel. Mais ce que nous appelons « le présent » est si vite évanoui que, au moment où nous rétudions, il es déjà entré dans le passé.

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