NE
RE TR RM ORE àe 2 parce que la teinture dont les Hindous ont le secret tient mieux que toute autre; 1ls la reconnaissent à son odeur, qui est caractéristique, et n’acceptent que les pièces en coton rouge qui retient mieux la teinture.
Cette exigence des populations africaines a sauvé de la ruine complète les indigotiers hindous qui étaient autrefois une fortune pour le pays. Les filatures pondichériennes sont au nombre de quatre ayant respectivement 40,000, 17,000, 4,200 et 3,631 broches: la première, la filature Rodier, quoique inaugurée par un gouverneur français et portant le nom de ce gouverneur, est anglaise, les trois autres sont francaises: l’usine anglaise parait assez prospère, les usines françaises ont une vitalité médiocre; deux au moins ne se maintiennent que grâce aux prêts que leur consent la banque d’Indo-Chine sur hypothèques, sur répondants solvables (effets es-
1. Les teinturiers hindous font passer les cotonnades à teindre par cinq bains successifs et contenant des proportions croissantes d'indigo ; ensuite les pièces sont battues et séchées ; il existe trois qualités de teinture qui coûtent respectivement 60, 80 et 90 roupies pour 100 pièces de 15 mètres.
L'AGRICULTURE ET L'INDUSTRIE 351 Dr D M RER LE comptés à deux signatures) ou sur quelque autre garantie sérieuse (commande importante par exemple); les effets sont renouvelés tous les trois mois à la condition que l'intérêt (7 à 11 0/0) soit payé, et parfois, quand un amortissement sérieux a suffisamment diminué la dette, ils sont prorogés de plusieurs années ; il est regrettable, en présence surtout de la concurrence anglaise qui est venue nous poursuivre jusque sur notre territoire, que les filateurs français ne se soient pas associés. Les frais généraux de trois usines sont trop considérables pour les petits bénélices qu'elles peuvent procurer; la main-d'œuvre ést-certes très bon marché, puisque l’ouvrier de ces filatures gagne, en moyenne, 8 sous par jour pour onze heures de travail et que les ouvriers les mieux payés atteignent seulement 20 ou 24 sous par jour; mais le coton de Cocanada coûte relativement cher : 179 fr. le candi de 250 kilogrammes et donne des déchets relativement grands : 15 0/0 et souvent jusqu’à 30 0/0. En outre, et c'est là une des plus lourdes charges, le combustible manque:
des essais de mélange de charbon gras d'Eu-
rope et de charbon maigre du nord de l'Inde!
n'ont pas donné de bons résultats. Les usines
françaises, trop pauvres, parce qu'isolées, sont obligées de brûler des galettes de bouse de vache mélangée avec du poussier de houille et de l'écorce de coco et surtout du filao? ; 1l existe d’abondantes plantations de
cet arbre sur les terrains sablonneux qui bor-
dent la portion sud de la côte de Coromandel. Les filaos, quand les conditions climatériques sont bonnes, quand le sol sablonneux recoit suffisamment d'eau, quand les chèvres ne les endommagent pas trop au début, peuvent être coupés entre cinq et huit ans d'âge. La tonne se vend, livrée en filature, de 4 à 5 roupies (6 fr. 50 à 8 francs) ; trois tonnes de bois vert de filao équivalent à une tonne de houille.
Le filao coupé ne repousse généralement pas; après la coupe des arbres, les souches sont arrachées et l’on fait de nouvelles plantations un an après l’époque de la coupe.
1. Il existe du côté de Ranecgunge, dans les hauts plateaux du Bengale, des mines de houille excessivement abondantes ; elles s’exploitent en général à ciel ouvert;
le Charbon en est maigre.