‹ Notes sur l'IndeChapitre 29 sur 142 · CUS · texte numérisé non relu

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Prendre pendant trois jours, le malin, de la racine de rhubarbe.

4° Contre la morsure du Dendrophis pictus! :

a) Prendre pendant trois jours, le malin, du Cissus quadrangularis.

b) Méler du poivre en poudre au suc des feuilles de Momordica charantia et avaler.

c) Pulvériser des racines de Curculigo orchioïdes, délayer dans l’eau el avaler.

D° Contre la morsure de vipère :

a) Broyer l'écorce de Mimosa flexuosa Jusqu'à en extraire le suc, mêler ce suc à du beurre de vache et à du curry el manger pendant la nuit.

b) Boire un huitième de litre d'huile de margoster.

c) Broyer des racines de Dracontium sauvage et de Dolichos gladiatus jusqu'à pulvérisation; mêler la poudre avec du sel el enfer-

1. Ce serpent appartient au groupe des dendrophidés ; il est très mince et a un museau arrondi; il n'est pas venimeux quoi qu'en pensent les Hindous.

mer le mélange dans un pot de lerre avec une vipère morle. ÆEnterrer pendant quarante jours; puis délerrer, délayer le contenu du pot dans de l’eau tiède et faire boire.

6° Contre la morsure de daboiïa elegans:

a) Si du sang s'écoule de la plaie ou st le malade est secoué de frissons faire manger un coco bien mûr.

b) St le malade se plaint de démangeaisons par tout le corps, broyer de la salseparerlle dans du lait et faire boire pendant trois jours le matin. |

c) Si le malade se plaint d’être engourdi, lui faire avaler le matin, pendant trois Jours, gros comme une noix de cissampelos pulcherrima.

7° Contre la morsure du serpent noir (?):

Broyer ensemble des racines de curculigo orchioïdes et d’'asclepias microphylla el faire manger.

8° Contre la morsure du serpent de l’oreille (?) :

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Manger huit jours de suile de la bouillie mêlée avec de l'huile.

J’ai tenu à citer les remèdes les plus usités, quoique l’énumération en soit quelque peu fastidieuse, parce qu'il s'en dégage cerlaines réflexions intéressantes sur l'esprit thérapeutique des Hindous.

Lorsque les Hindous prescrivent contre l’'envenimalion de la rhubarbe ou de Fhuile de ricin, du poivre, du bétel, du gingembre ou des vomiquiers et de l’alcool, ils obéissent certainement à des considérations empiriques de réelle valeur ; or, les médecins européens qui exercent dans l'Inde disent volontiers aux Hindous avec mépris : « Votre médecine est empirique et ne vaut rien. » Ces médecins ne réfléchissent pas que les sciences médicales ne peuvent avoir d'autre substratum que lempirisme et que l'empirisme est synonyme d'observation. En ce qui concerne l’envenimation les Hindous ont remarqué que la rhubarbe, l'huile de ricin, le poivre, le bétel, le gingembre, les vomiquiers et l'alcool amé-

liorent l’état des malades et 1ls en pres-

crivent ; ils ont raison et leur façon de procéder est d'accord avec toutes les règles scienüfiques. Il est très possible que la rhubarbe et l'huile de ricin, qui sont purgatifs, arrivent, en amenant une élimination de sérosités, à débarrasser l'organisme d'une partie du venin qu'il contient el procurent quelque amélioration ; moi-même, en me préparant à saigner la pseudo-envenimée dont j'ai parlé précédemment, ne voulais pas faire autre chose que purger l'organisme d’une partie du venin qu'il était censé contenir ; la lancette avait simplement sur l'huile de ricin ou la rhubarbe l'avantage d'agir plus vite. Il est très possible aussi que le poivre, le bétel, le gingembre et les strychniées agissent comme énervants, comme toniques, comme excitants du système nerveux et le fassent résister davantage à l’action sidérante du venin ; il y a lieu de remarquer que, contre le venin, les Chinois et les Indiens d'Amérique prescrivent eux aussi de la strychnine ou des plantes à alcaloïdes analogues et que les médecins européens se sont bien trouvés d'appliquer cette méthode en remplaçant toutefois l’ingestion par l’injec-

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lion hypodermique, laquelle agit plus sûrement et plus rapidement.

En ce qui regarde la prescription d'alcool jusqu’à profonde ivresse elle me paraît tout à fait fondée. J'ai publié dans la Presse médicale du 13 septembre 1905 une étude technique sur ce sujet; jy ai montré que de nombreux peuples anciens et modernes reconnaissalent à l'alcool pris en grande quantité des propriétés antivenimeuses et que ces propriétés trouvaient dans la science une explication tout à fait satisfaisante ; j'ai d’ailleurs au cours de cet article relaté des expériences personnelles pratiquées sur un grand nombre de poulets, par lesquelles j'ai établi que l'alcool, donné dans certaines conditions à des animaux envenimés, retarde ou empêche l'action du venin.

En dehors des considérations empiriques, les Hindous mettent aussi, à la base de leur thérapeutique antivenimeuse, des considéraions d'ordre purement rationnel ; ils ont des théories pathologiques qui leur suggèrent l'emploi de certains corps comme médica-

ments ; el cela prouve que la médecine hin-

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