‹ Notes sur l'IndeChapitre 81 sur 142 · AS DE OR POUR GE · texte numérisé non relu

AS DE OR POUR GE

En obstétrique normale, dès que l'enfant a élé expulsé, on coupe le cordon ombilical entre deux ligatures faites avec une ficelle, l’une à deux pouces du ventre de l'enfant, la seconde à deux pouces de la première; quelquefois, quand l'enfant, trop au large dans la matrice, a pu y saubiller et s’est entortillé dans le cordon, on trouve, à la naissance. le cordon roulé soit autour du corps, soit autour du cou; on dit que l'enfant naît enguirlandé, ce qui est un mauvais présage pour sa destinée,

51 le nouveau-né reste immobile et sans pleurer, dans un état de mort apparente, on lui applique quelques chiquenaudes sur le dos, ou de l'eau fraîche sur le visage jusqu’à ce qu'il vagisse, ou bien on dépose sur sa langue un peu de civelte et de bézoard d’éléphant broyés ensemble.

Cependant, on délivre la mère et on lui donne à boire quelques gorgées d’une boisson chaude, du lait chaud par exemple; puis après lui avoir laissé un peu de repos, on frictionne son ventre à l'huile de sésame; ensuite, l'ayant mise debout, on roule autour de son

ventre, en serrant fort, une bande de toile qui

a pour but d'arrêter l'écoulement de sang, de refouler les organes dans leur position normale et de restituer aux parois abdominales leur fermeté d'avant la grossesse. La femme est alors recouchée et recouverte d’une étoffe blanche ; on lui fait avaler trois grosses pilules à base d’assa fœtida grillé et manger du Jjagre de palmier‘. Pendant trois Jours, à raison de trois fois par jour, la nouvelle accouchée prendra comme nourriture exclusive du Jjagre et trois pilules. Cet usage du jagre est tout à fait intéressant : par les contractions de son utérus, la parturiente a fait une dépense énorme d'énergie musculaire; or, il est scientifiquement établi que le muscle a besoin de sucre pour produire son énergie et que, après les travaux musculaires prolongés, l'organisme est vidé de sucre; l’ingestion de jagre

1. On appelle jagre le résidu d'évaporation du callou : le callou est la sève soit du cocotier, soit du palmier ; les cocotiers et les palmiers sont exploités en grande quantité pour cette sève à cause des 15 p. 100 de sucre qu'elle contient; le résidu d'évaporation du callou ou jJagre est du sucre presque pur. Il est partiellement livré à la consommation tel quel, et partiellement mis en fermentation ;

on recueille alors l'alcool du cocotier ou du palmier, en tamoul arack.

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4, L] N an 166 NOTES SUR L'INDE | Hi] vient donc à point pour réparer les pertes en pi sucre de l'économie et il est curieux que Îles | Hindous, par l'empirisme, soient arrivés à une pratique digne de nos savants et que ceux-ci, malgré leurs connaissances techni- | ques, nont pas introduite dans les malerll | nités.

| L'enfant convenablement lavé et essuyé est immédiatement mis au sein, la mère toutefois | ayant été traile pour que le petit n'ingère pas LE. | les premières sécrélions lactées lesquelles BL | passent pour pe rnicieuses et capables d’ame- | ner des vomissements et diverses maladies | du système respiratoire. À mesure que l’enl fant tette, la matrice de la mère se resserre | et l'écoulement de sang se tarit.

À Le troisième jour, l'accouchée est lavée | avec soin depuis les pieds jusqu'aux hanches; | on nettoie surtout les parties gémitales el | généralement avec une infusion tiède de feuilles de margosier et de tamarimier; ces fl ablutions génitales seront répétées tous les PET jours, une fois par Jour; Si la vulve est écorchée, on met sur les plaies un mélange | d'huile de sésame ct de safran.

Le quatrième et le cinquième Jour, l’accouchée, si elle se porte bien, prend un repas composé d'un curry fait avec des aubergines, des crevettes, de l'ail et de l'huile de riCIn ; comme boisson, elle recoit de l’eau dans laquelle on a jeté trois morceaux de brique rougis au feu’.

À partir du sixième jour, on permet deux repas par jour comprenant du curry, des poissons et des légumes.

Tous les linges qui ont servi à l’accouchement el tous les pagnes des femmes qui ont assisté la parturiente sont considérés comme souillés; le blanchisseur vient les chercher le troisième jour et les remplace provisoirement par des linges et des pagnes appartenant à quelque autre client: il les rapporte nettoyés le neuvième jour ; ce neuvième Jour, l’accouchée prend un bain à l’eau tiède: elle se frictionne énergiquement avec le fruit dit styakkat qui mousse au contact de l'eau (mimosa abstergens); le ventre est particulièrement frotté avec le siyakkai d’abord et

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