‹ Notes sur l'IndeChapitre 92 sur 142 · Voir EsquIERr, Traité des castes · texte numérisé non relu

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ES EE NES CDR RS SON RE PEROU son mari, elle est considérée par ses auteurs comme une étrangère et, chez eux, mange dans une assiette végétale. D'ailleurs, lorsqu une Jeune fille se marie, elle recoit de ses parents une assielte dite AXumi, en plomb ou en argent; ce présent est symbolique et signifie : « Aïe ton assiette particulière; car, si tu partages l’assiette de ton époux, tu n’auras plus le privilège de manger dans la vaisselle paternelle. »

Lorsque le repas est terminé, on récite quelques prières ; les assiettes sont enlevées par les domestiques ou, dans l'intimité, par les femmes de la maison; quelquefois, chaque convive enlève soi-même son assiette et va la jeter. I faut attendre pour se lever que les plus âgés donnent le signal; chacun se rend à un bassin plein d'eau, se lave les mains et la bouche; puis, le maître offre du bétel et les accessoires (chaux, noix d’arec) ou — s'il s’agit d'un repas funèbre — du tabac à chiquer; et chacun s’en retourne chez soi.

Alors, la salle à manger est balayée et arrosée d’une dilution aqueuse de bouse de vache; et les femmes vont pouvoir manger.

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Manou dit : « Le maître de la maison, s’il est dans une position aisée, doit faire préparer de la nourriture pour tout ce qui a besoin et tout ce qui souffre, même pour les méchantes gens et les athées, sans cependant que sa famille soit obligée de se priver. » Les plus riches invitent quelquefois des centaines de parents et d'amis pauvres à partager la nourriture. On fait alors entrer dans la maison autant de personnes qu'elle peut en contenir: on les place en rangs serrés sur de longues nattes, larges seulement de cinquante centimètres ; on donne à chacun une assiette végétale et le repas s'écoule comme il a été dit plus haut. Lorsque le repas est terminé, les gens s’en vont ; on balaye la salle à manser, on l’arrose de bouse de vache et d’autres invités viennent s'installer ; il arrive que quatre ou cinq fournées se succèdent.

Les lois de l'hospitalité sont donc très larges chez les Hindous; on doit donner copieusement à manger aux invités ; les péni-

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198 NOTES SUR L INDE tents toutefois, puisqu'ils ont fait vœu de pauvreté et de privalions, reçoivent peu. Un

passant, fût-1l étranger, füt-il inconnu, a droit

à l'hospitalité ; l'hôte étranger doit être reçu comme serait reçu le dieu Brahma. Celui qui repousse un étranger prend à son compte tous les péchés de l'étranger mais donne à celui-ci toutes ses actions vertueuses ; au contraire, celui qui accueille l'étranger sans avarice et sans regrets voit entrer dans sa demeure les dieux, le soleil et la prospérité.

Selon Tirouvallar, célèbre médecin de l’antiquité hindoue, le secret de la santé est de manger avec modération et discernement :

manger avec modération, c'est-à-dire n'emplir l'estomac qu'aux trois quarts, ce qui facilite la digestion ; « le brahme qui est dans l’aisance doit se nourrir sobrement en prenant cependant tout ce qui lui est nécessaire », dit \anou. Avec discernement, c’est-à-dire consommer les mets qui conviennent au tempérament par leur force et par leur goût. Ceux, notamment, qui connaissent les qualités intrinsèques des mets sont sûrs d'échapper aux maladies, d’avoir un corps solide comme un

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roc,une vie longue et une abondante postérité.

Il est recommandé de manger des choses douces au début des repas, acides au milieu.

âcres el salées à la fin. La quantité d'aliments ingérés à chaque repas se partage en quatre parts : la première est destinée aux vers; la deuxième entretient la chaleur de l'estomac : la troisième se transforme en chair ; la quatrième est rejetée. La digestion produit du chyle ; le premier jour, le chyle humecte les conduits des humeurs ; le deuxième jour, il refoule le chyle de la veille dans les vaisseaux sanguins et en prend la place; le troisième jour, il entre à son tour dans les vaisseaux : le quatrième, il entre dans la moelle : le cinquième, dans les os ; le sixième, dans la peau et le septième, 1k est complètement assimilé et donne au corps de la vigueur.

1. Les vers intestinaux sont tellement fréquents chez l'Hindou, qu'ils sont regardés comme des hôtes indispen-

sables; c'est pourquoi les meilleurs médecins de l'Inde abandonnent à ces parasites un quart de la nourriture.

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