‹ Notes sur l'interprétation de MolièreChapitre 50 sur 57 · MAITRE JACQUES, HARPAGON, LE COMMISSAIRE, SON CLERC · texte numérisé non relu

MAITRE JACQUES, HARPAGON, LE COMMISSAIRE, SON CLERC

Maître Jacques, au bout du théâtre, en se retournant du

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LA MISE EN SCÈNE DE « L'AVARE » 367

plus haut, que Maître Jacques entrât dans le salon. On l'entendra à la cantonade, et Harpagon, se précipitant de ce côté, l'amènera violemment en

côté dont il sort.) — Je m'en vais revenir. Qu'on me l'égorgé tout à l'heure ; qu'on me lui fasse griller les pieds, qu'on me le mette dans l'eau bouillante, et qu'on me le pende au plancher.

Harpagon. — Qui? celui qui m'a dérobé? Maître Jacques. — Je parle d'un cochon de lait que votre intendant me vient d'envoyer, et je veux vous l'accommoder à ma fantaisie.

Harpagon. — Il n'est pas question de cela ; et voilà Monsieur, à qui il faut parler d'autre chose.

Le Commissaire. — Ne vous épouvantez point. Je suis homme à ne vous point scandaliser, et les choses iront dans la douceur.

Maître Jacques. — Monsieur est de votre soupe? Le Commissaire. — Il faut ici, mon cher ami, ne rien cacher à votre maître.

nonne.

Harpagon. — Traître, il s'agit d'autre chose que de souper ) et je veux que tu me dises des nouvelles de l'argent qu'on m'a pris.

Maître Jacques. — On vous a pris de l'argent?

Harpagon. — Oui, coquin ; et je m'en vais te faire pendre, si tu ne me le rends.

Le Commissaire. — Mon Dieu ! ne le maltraitez point. Je vois à sa mine qu'il est honnête homme, et que sans se faire mettre en prison, il vous découvrira ce que vous voulez savoir. Oui, mon ami, si vous nous confessez la chose, il ne

Maître Jacques. — Ma foi! Monsieur, je montrerai tout ce que je sais faire, et je vous traiterai du mieux qu'il me sera possible.

Harpagon. — Ce n'est pas là l'affaire.

Maître Jacques. — Si je ne vous fais pas aussi bonne chère que je voudrois, c'est la faute de Monsieur notre intendant, qui m'a rogné les ailes avec les ciseaux de son éco-

scène. Le dialogue sur la cassette amuse toujours le public ; le « C'est elle, assurément » par lequel Harpagon conclut une conversation où il n'a

vous sera fait aucun mal, et vous serez récompensé comme il faut par votre maître. On lui a pris aujourd'hui son argent, et il n'est pas que vous ne sachiez quelques nouvelles de cette afîaire.

Maître Jacques, à part. — Voici justement ce qu'il me faut pour me. venger de notre intendant : depuis qu'il est entré céans, il est le favori, on n'écoute que ses conseils^ et j'ai aussi sur le cœur les coups de bâton de tantôt.

Harpagon. — Qu'as-tu à ruminer?

Le Commissaire. — Laissez-le faire : il se prépare à vous contenter, et je~vous ai bien dit qu'il étoit honnête homme.

Maître Jacques. — Monsieur, si vous voulez que je vous ~ dise les choses, je crois que c'est Monsieur votre cher intendant j

qui a fait le -coup.

Harpagon. — Valère?

Maître Jacques. — Oui.

Harpagon. — Lui, qui me paroît sL fidèle?

Maître Jacques. — Lui-même. Je crois que c'est lui qui vous a dérobé.

Harpagon. — Et sur quoi le crois-tu?

Maître Jacques. — Sur quoi?

Harpagon. — Oui.

Maître Jacques. — Je le crois... sur ce que je le crois.

Le Commissaire. — Mais il est nécessaire de dire les indices que vous avez.

Harpagon. — L'as-tu vu rôder autour du lieu où j'avois mis mon argent?

Maître Jacques. — Oui, vraiment. Où étoit-il votre argent?

Harpagon. — Dans le jardin.

Maître Jacques. — Justement : je l'ai vu rôder dans le jardin. Et dans quoi est-ce que cet argent étoit?

Harpagon. — Dans une cassette.

Maître Jacques. — Voilà l'affaire : je lui ai vu une cassette.

LA MISE EN SCÈNE DE t L'AVARE »

recueilli que des réponses négatives, atteste son complet déséquilibre.

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