Scène iv. — Nouvel éclat cl'Harpagon avec une
Valère. — Dame Claude, Monsieur, sait la vérité de cette aventure, et elle vous peut rendre témoignage...
Harpagon. — Quoi? ma servante est complice de l'affaire?
Valère. — Oui, Monsieur, elle a été témoin de notre engagement ; et c'est après avoir connu l'honnêteté de ma flamme, qu'elle m'a aidé à persuader votre fille de me donner sa foi, et recevoir la mienne.
Harpagon. — Eh? Est-ce que la peur de la justice le fait extravaguer? Que nous brouilles-tu ici de ma fille?
Valère. — Je dis, Monsieur, que j'ai eu toutes les peines du monde à faire consentir sa pudeur à ce que vouloit mon amour.
Harpagon. — La pudeur de qui?
Valère. — De votre fille ; et c'est seulement depuis hier qu'elle a pu se résoudre à nous signer mutuellement une promesse de mariage.
Harpagon. — Ma fille t'a signé une promesse de mariage !
Valère. — Oui, Monsieur, comme de ma part je lui en ai signé une.
Harpagon. — 0 Ciel ! autre disgrâce !
Maître Jacques. — Ecrivez, monsieur, écrivez.
Harpagon. — Rengagement de mal ! surcroît de désespoir ! Allons, Monsieur, faites le dû de votre charge, et dressezlui-moi son procès, comme larron, et comme suborneur.
Valère. — Ce sont des noms qui ne me sont point dus ; et quand on saura qui je suis...