‹ Notes sur l'interprétation de MolièreChapitre 7 sur 57 · TARTUFFE · texte numérisé non relu

TARTUFFE

Tartuffe ne peut se jouer dans un décor, sous peine de faire violence au texte et au sens commun.

Comment?

L'admirable acte d'exposition est tout en allées et venues de gens qu'on « voit entrer » ou qu'on « voit sortir », disent les personnages ; il est, par suite, indispensable de donner au public l'impression qu'ils ne sont pas encore entrés ou pas encore sortis (1). Il faut donc, de nécessité, que nous

(1) Vers 1 : madame pernelle

Allons, Flipote, allons, que d'eux je me délivre. Vers 2 : elmire

Vous marchez d'un tel pas qu'on a peine à vous suivre.

Vers 171-172 : cléante

...Je n'y veux point aller, De peur qu'elle ne vînt encor me quereller.

Vers 211-215: elmire

Vous êtes bien heureux de n'être point venu Au discours qu'à la porte elle nous a tenu. Mais j ai vu mon mari : comme il ne m'a point vue, Je veux aller là-haut attendre sa venue.

cléante Moi, je l'attends ici pour moins d'amusement.

les « voyions » passer sans invraisemblance. Or, un lieu de passage, ce sera, par exemple, une antichambre ; mais si l'on fait choix d'un tel cadre, il faut se résigner à l'abandonner, aux actes suivants, où il est question d'une « salle basse » (1), d'un petit endroit « propre pour surprendre » (2;, où les entretiens confidentiels, les rendez-vous sont multipliés, où enfin Elmire risque la dangereuse partie de confondre Tartuffe en s'offrant à lui : toutes situations qui jurent, on en conviendra, avec le caractère quasi public d'un hall d'entrée : le vestibule d'une maison prolonge en quelque sorte la rue, et le public, en le considérant, ne saurait évoquer un foyer, une pièce habitée, où une famille vit de la vie de tous les jours.

De plus, l'arrivée de Tartuffe, au troisième acte, longtemps attendue et soigneusement préparée, ne se peut faire sans quelque apprêt. Or, rien de plus impersonnel, de plus banal qu'une antichambre, appartement bête s'il en fut ; l'auditeur

Vers 223-224 : dorine

...Il entre.

OHGON

Ah ! mon frère, bonjour.

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