ÉLISE, HARPAGON, MARIANE, FROSINE
Mariane. — Je m'acquitte bien tard. Madame, d'une telle visite.
Élise. — Vous avez fait, Madame, ce que je devois faire, et c'étoit à moi de vous prévenir.
Harpagon. — Vous voyez qu'elle est grande ; mais mauvaise herbe croît toujours.
Mariane, bas, à Frosine. — 0 ! l'homme déplaisant !
pagner des sourires mielleux habituels à cette race de gens à pourboire. Élise et Cléante viennent, comme Harpagon, de la droite.
Scène vu. — Cette scène, une des plus amusantes de la pièce, d'un mouvement un peu haletant, est presque toujours bien enlevée. On y observe, dans les couplets de Cléante surtout, cette cadence, ce rythme particuliers qui paraissent ^^ s'imposer à Molière chaque fois qu'il fait parleiyj
Harpagon. — Que dit la belle?
Frosine. — Qu'elle vous trouve admirable.
Harpagon. — C'est trop d'honneur que vous me faites, adorable mignonne.
Mariane, à part. — Quel animal !
Harpagon. — Je vous suis trop obligé de ces sentiments.
Mariane, à part. — Je n'y puis plus tenir.
Harpagon. — Voici mon fils aussi qui vient vous faire la révérence.
Mariane, à part, à Frosine. — Ah ! Frosine, quelle rencontre ! C'est justement celui dont je t'ai parlé.
Frosine, à Mariane. — L'aventure est merveilleuse.
Harpagon. — Je vois que vous vous étonnez de me voir de si grands enfants ; mais je serai bientôt défait et de l'un et de l'autre.