‹ Notes sur l'interprétation de Molière. Tradition et tradition; Le sens second dans Molière; La pluralité des décors; La mise en scène de "L'avare"; avec deux dessins de Léo DevredChapitre 26 sur 45 · ÉLISE, HARPAGON, MARIANE, FROSINE · texte numérisé non relu

ÉLISE, HARPAGON, MARIANE, FROSINE

Mariane. — Je m'acquitte bien tard. Madame, d'une telle visite.

Élise. — Vous avez fait, Madame, ce que je devois faire, et c'étoit à moi de vous prévenir.

Harpagon. — Vous voyez qu'elle est grande ; mais mauvaise herbe croît toujours.

Mariane, bas, à Frosine. — 0 ! l'homme déplaisant !

pagner des sourires mielleux habituels à cette race de gens à pourboire. Élise et Cléante viennent, comme Harpagon, de la droite.

Scène vu. — Cette scène, une des plus amusantes de la pièce, d'un mouvement un peu haletant, est presque toujours bien enlevée. On y observe, dans les couplets de Cléante surtout, cette cadence, ce rythme particuliers qui paraissent ^^ s'imposer à Molière chaque fois qu'il fait parleiyj

Harpagon. — Que dit la belle?

Frosine. — Qu'elle vous trouve admirable.

Harpagon. — C'est trop d'honneur que vous me faites, adorable mignonne.

Mariane, à part. — Quel animal !

Harpagon. — Je vous suis trop obligé de ces sentiments.

Mariane, à part. — Je n'y puis plus tenir.

Harpagon. — Voici mon fils aussi qui vient vous faire la révérence.

Mariane, à part, à Frosine. — Ah ! Frosine, quelle rencontre ! C'est justement celui dont je t'ai parlé.

Frosine, à Mariane. — L'aventure est merveilleuse.

Harpagon. — Je vois que vous vous étonnez de me voir de si grands enfants ; mais je serai bientôt défait et de l'un et de l'autre.

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