‹ Notes sur la géologie du Mayombe occidentalChapitre 1 sur 14 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le but principal de ces notes est de faire connaître les observations géologiques faites au Mayombe par M. l'ingénieur R. Kostka pendant l'année 1904, au cours d'un voyage d'études minières qui lui a fait visiter des régions déjà explorées, mais sur la géologie desquelles nous n'avions que des renseignements peu précis.

Déjà préparé par des travaux antérieurs à l'observation géologique soignée et habitué aux aspects des roches schistocristallines, M. Kostka est le premier qui ait pu nous rapporter des données nettes sur la constitution de ces régions si intéressantes, qui forment la limite occidentale de la zone cristalline du Bas-Congo.

Aux observations de M. Kostka, j'ai joint les renseignements que j'ai pu tirer de l'étude des échantillons de roches rapportés des mêmes régions par divers voyageurs. La

'i NOTES SUR LA GEOLOGIE

plupart de ces échantillons, notamment ceux de MM. Diderrich et Cabra, sont au Musée de l'État indépendant du Congo, à Tervueren ; d'autres font partie de mes collections personnelles ou de celles de l'École des Mines du Hainaut.

Jusqu'ici, aucun travail spécial n'a été publié sur la géologie du Mayombe congolais, et les régions limitrophes portugaises et françaises ne sont guère plus favorisées. A part quelques observations éparses sur la région littorale et sur les rives du Congo, dues à MM. Dupont, Pechuel- Loesche, etc., la littérature géologique originale des régions intérieures du Mayombe ne comprend que quelques données très peu détaillées dues à des voyageurs français et dont voici le résumé. •

Nous devons à MM. Cholet et Thollon quelques renseignements sur la route des caravanes de Loango à Brazzaville ' . Voici les données concernant les régions géologiques qui nous intéressent ici. Elles sont des plus brèves. «« La route des caravanes traverse d'abord une plaine de sable au milieu de laquelle s'élèvent quelques collines rougeâtres formées de sable ou de cette terre rouge peu cohérente, fossilifère, signalée à Loango par M. Pechuel-Loesche *. A 40 kilomètres de la ville, commence le Mayombe, région de montagnes et de forêts, au sol glissant, dangereux pour les porteurs. Cette bande, large d'environ 50 kilomètres, présente d'abord des grès blancs et rouges assez durs: c'est la continuation

' Voir M. Barrât. Sur la Géologie du Congo français. (Annales des Mines, avril 1905, page 72 du tiré à part.)

Sur la Géologie du Congo français. (G. R., 29 octobre 1894, page 6 du tiré à part.)

* Pkchuel-Loesche. Loango und die Loangokilste. (Mittheil. d. Ver. f. Erdk. zu Leipzig, 1876, p. 15.)

DU MAYOMBE OCCIDENTAL 5

des couches largement ondulées aperçues par M. Dupont*. Puis viennent des leptynolites blanches, des schistes micacés, des microgt^anites et enfin des schistes plissés plus ou moins métamorphiques dirigés vers le N-W,

formant les monts Kaba et Bamba Gomme dans l'Ogooué,

ajoute M. Barrât, il n'y a pas de gneiss ni de micaschiste franc. »

Dans ces leptynolites blanches, je crois reconnaître des roches que j'ai signalées le long du chemin de fer de Matadi au Stanley-Pool et classées dans les Couches de Palabala de la formation archéenne du Bas-Congo ; elles sont visibles notamment près de la station de Palabala et au ravin du Sommeil '. Il semble donc que par suite de la direction N-\V des plis de la zone cristalline, la partie occidentale en soit, sur la route de Loango à Brazzaville, cachée par les dépôts plus récents et que les couches de Palabala, qui sont, sur le Congo, à la paitie moyenne de la zone, en forment au Nord la bordure externe. Cependant, je n'ai pas retrouvé les leptynolites en question dans les échantillons rapportés du Mayombe congolais.

Plus récemment, la section française de la Commission de délimitation de la frontière entre le Congo français et l'enclave portugaise de Cabinda, a rapporté quelques données sur la géologie de la région que traverse la limite nouvelle, entre Massabé, sur la côte, et M'Bamba, sur le Schiloango '.

* Il s'agit des grés entrevus par E. Dupont, prés de Senjàmbi. (Voir plus loin, p. 26.)

* J. CoRNBT. Études sur la Géologie du Congo occidental, pp. 325-

' M. Chesnkau. La zone frontière Loango-Cabinda, d'après les travaux de la Commission franco-portugaise de délimitation. (La Géographie, t. vu, n" 1, 15 janvier 1903.)

G. Rkgklspergkr. La frontière entre le Congo français et l'enclave portugaise de Cnhinda {Revue générale des Sciences, 15 mars 1903.)

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