Grès calcareux, gris bleu
9. — Grés plus calcareux, plus cohérent, plus foncé. (Os de tortue.)
10. — Grés calcareux jaunâtre. (Os de tortue, débris de conifère.)
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11. — Argiles noires cohérentes, micacées. (Vertèbre de poissons, os de mammifères.)
Les échantillons de la falaise de Landana, déposés par M. Diderrich au Musée de Tervueren, sont les suivants.
La plupart peuvent être rapportés facilement à la coupe ci-dessus.
a. — Grès à grain très fin, argileux, très calcareux, gris jaunâtre, semblant altéré.
h. — Calcaire sableux ou grès calcareux, à grain fin, jaunâtre, fossilifère.
c. — Même roche, fossilifère. {Lucina ?)
d. — Grès un peu argileux, très calcareux, ressemblant à a.
e. — Argile schistoïde micacée (mica noir).
f. — Grès très fin, calcareux, gris jaune clair, un peu micacé.
g. — Grès un peu plus grossier, calcareux, légèrement micacé, gris jaune ou gris bleu.
h. — Grés calcareux très fin, gris bleu clair et gris rose, un peu micacé.
Les échantillons f, g et h étaient accompagnés de fossiles.
i. — Grès calcareux très fin, gris bleu, fossilifère.
;'. — Roche analogue, à structure feuilletée.
k. — Silex noir de poix, fossilifère, paraissant entièrement formé de fossiles siliciflés. Indiqué comme enclavé dans le grès a.
L — Roche siliceuse blanche, altérée, fossilifère, traversée de minces veines de calcédoine. Enclavée dans le grès a.
m. — Echantillon analogue à k, mais moins imprégné de silice, rempli de coupes de fossiles silicifiés.
Les échantillons silicifiés k, l et m ont été recueillis par M. Diderrich au pied de la falaise.
L'étude des fossiles recueillis par M. Diderrich à Landana et à Malemba, a été confiée, par la direction du Musée de Tervueren, à M. E. Vincent. Cette étude n'est pas terminée,
mais notre éminent paléontologue croit pouvoir, dès à présent, considérer la faune de Landana comme éocène.
C'est à Landana que le Schiloango se jette dans la mer. Grâce à MM. Diderrich et Kostka, nous possédons quelques données sur les dépôts tertiaires traversés par ce fleuve entre la zone cristalline et la mer.
A Magna na Matali, un peu en amont d'Insono, à environ 16 ou 17 kilomètres de l'embouchure, M. Diderrich a observé des grés blanc jaunâtre calcareux, peu cohérents, analogues à ceux de la falaise de Landana, Ils sont en couches inclinées à 35°vers Nord-Nord-Ouest. On y trouve des silex, des géodes de calcédoine et des roches siliceuses oolithiques. Ils renferment des fossiles indéterminables. D'après M. Diderrich, les collines voisines d'Insono sont formées de ces grés calcareux.
En mai 1904, M. R. Kostka, se trouvant à Luali, au cours de son voyage d'études minières, profita de quelques jours de loisir pour faire une reconnaissance géologique dans le bas Schiloango, sur le territoire de l'enclave portugaise de Cabinda. Il est parvenu ainsi jusque Chinfimbo, à 12 kilomètres à vol d'oiseau de Malemba, sur la côte, et à 4 1/2 kilomètres en amont d'Insono.
Il a recueilli en ce point, sur la rive gauche du fleuve, un calcaire blanc, pétri de fossiles, très cohérent et renfermant de petits nodules bruns de phosphate de chaux qui restent en saillie sur les surfaces corrodées des affleurements. Parmi les fossiles, les coquilles d'huitres dominent et constituent une notable partie de la roche. Mais celle-ci est trop cohérente pour permettre le dégagement des fossiles (échantillon n°5).
En amont, à Manja Lima, près de Bitomba, M. Kostka a observé un affleurement d'un grès à grain fin légèrement
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calcareux, un peu micacé, jaune clair ou blanc, tâché de jaune. La roche est disposée en bancs légèrement inclinés vey^s l'Ouest (échantillon n° 5).
Plus haut encore, au « Mont Cacongo », sur la rive droite du fleuve, le voyageur signale un affleurement d'une « roche décomposée, jaunâtre, ressemblant à du calcaire » ; il ajoute qu'on trouve aussi par endroits, en aval de Ghimbete, une " terre blanchâtre que les indigènes emploient comme engrais dans leurs plantations » et il se demande si ce n'est pas du phosphate de chaux.
C'est un peu en aval de Ghimbete que le Loango passe de la zone cristalline archéenne, à la zone littorale. Cependant, en amont de ce point, comme, en général, à l'Est de la limite occidentale de la zone cristalline, on rencontre des vestiges de l'ancienne extension des dépôts de la zone littorale. Nous rangeons parmi ces témoins le conglomé7^at du ruisseau Situ Néné, près de Dingi, dont il a été question plus haut, les cherts que roule la rivière Libolo, près de Kondé Sanga, et les silex signalés non loin de là, par M. Kostka, sur la route de Sungu à Kutu, de même que les cherts, agates avec améthystes, etc. que l'on rencontre épars tout le long du chemin de fer du Mayombe, entre Boma et la Lukula. Nous en possédons (série de M. Malis) venant de Boma même (route de Chikengé) et des kilomètres 12, 28, 71, 73 du chemin de fer. Il faut y ajouter le conglomérat siliceux trouvé par M. Diderrich à PoiizéKwamo, un poudingue à grain fin que M. Cabra a récolté entre Dingi et Boma Niali,et un silex calcédonieux rapporté par le mêmevoyageur de Sinate Kassuma près Schimbanza.
Tous ces indices sont intéressants au point de vue de l'histoire de cette partie de l'Afrique. Ils nous font soupçonner l'importance des dénudations qui ont remis à nu des
parties de la zone cristalline jadis recouvertes par un revêtement discordant.
Beaucoup de ces roches siliceuses éparses appartiennent, semble-t-il, aux couches dont je vais parler.
Nous venons d'exposer ce que l'on connait des terrains tertiaires marins de la zone littorale, au pourtour du Mayombe occidental, le long de la rive nord du Congo entre Boma et Banana, sur le littoral de Banana à Landana, puis sur la rive du Schiloango et du Loango jusque vers Schimbété.
Grâce à M. Cabra, nous possédons en outre quelques données sur l'existence de ces terrains dans l'intérieur du pays.
Il existe, au Musée de Tervueren, huit caisses d'échantillons rapportés par M. Cabra, de sa première mission au Mayombe et entrés au Musée en février 1901. La plupart de ces échantillons sont dépourvus d'étiquette ; quelques-uns sont indiqués comme venant des « mamelons de Siala- Schintwala », d'autres de Tali, rives de la Lukunga. Comme le contenu de ces caisses est très uniforme, nous croyons pouvoir en rapporter l'ensemble à ces localités, dont nous allons indiquer la position.
Un coup d'œil jeté sur la carte montre que l'enclave portugaise de Cabinda se trouve, à l'Est, sur une longueur de 62 1/2 kilomètres, séparée du territoire de l'État indépendant par une ligne dirigée exactement Nord-Sud, à peu près suivant le méridien du confluent delà Lukula avec le Loango. Cette ligne est jalonnée par une série de bornes. Exactement au milieu de la ligne, se trouve la Borne de Siala, et à environ 4 kilomètres plus au Sud, la Borne de Schintwala. C'est entre ces deux points qu'ont été recueillis les échantillons étiquetés Siala-Schintwala .
Si, à 8750 mètres au Nord de la Borne de Siala, on élève vers l'Est une perpendiculaire sur la ligne frontière, on
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rencontre, à 2500 mètres du pied, la localité de Tali. Elle est située sur la Lukunga, affluent de la Lemba, qui se jette dans la Lukula à la localité de Lemba.
Il faut distinguer, parmi les échantillons provenant de ces points, les roches proprement dites et certaines productions accessoires qui paraissent avoir surtout attiré l'attention.
Les échantillons désignés comme venant de Siala-Schintwala sont :
a. — Grès d'une extrême finesse, très finement micacés, très tendres à la rayure, poreux, happant à la langue, non calcareux, de teinte jaune clair ou blanc jaunâtre, ayant l'aspect de certains tripolis ' .
Ces roches sont traversées de veines de calcédoine, les unes fines, capillaires, d'autres plus épaisses et passant alors à l'agate ; les parois des creux sont revêtues de calcédoine ou ils sont remplis par des zones concentriques d'agate avec quartz au centre.
b. — Une grande quantité d'amandes d'agate libérées de leur gangue, mais auxquelles adhèrent souvent des traces de la roche a ; des calcédoines, des sortes de silex ou de che^^ts et des roches siliceuses imprégnées de silice secondaire, d'aspect très varié rappelant ce que j'ai appelé grès polymorphes * .
Toutes ces productions sont évidemment subordonnées aux grès précédents. Certaines calcédoines enfumées ayant l'aspect de silex noir brunâtre, des silex gris bleu, etc., rappellent beaucoup les roches siliceuses recueillies par M. Diderrich à Landana.
c. — Roche blanche, plus ou moins jaunâtre par place, assez cohérente, mais tendre à la rayure, calcarifère, parsemée de gros grains de quartz sub-hyalin, fossilifère. Cette
* On n'y voit au microscope aucune trace d'organismes. - Les caisses renferment plusieurs pierres taillées faites de ces roches,
roche rappelle un échantillon recueilli pajr M. Diderrich à Malela. vanuAuA
d. — Calcaire impur, argileux, à grain très fin, très finement arénacé, un peu micacé, gris clair, renfermant de nombreux débris de fossiles en creux, non déterminables.
e. — Roche à grain très fin, très compacte mais peu dense, non calcaire, gris jaune un peu verdâtre, à arêtes vives mais non coupantes, rappelant une argile durcie, cuite. L'étiquette porte : « Mamelons de Schintwala-Siala, argilite, sommet des mamelons et fond des vallées ».
f. — Poudingue formé de cailloux miliaires à sub-avellanaires de quartz laiteux ou sub-hyalin, avec pâte kaolineuse assez cohérente, non calcareuse, blanche. Ce poudingue ressemble fort à celui que M. Diderrich a recueilli à Malela.
De yaZi semblent provenir, d'après les indications d'une étiquette, des échantillons analogues ka eXkb, et, d'après une autre indication manuscrite, un calcaire gris concrétionné, sorte de travertin.
Enfin, dans les mêmes caisses, on trouve sans aucune indication d'origine, de gros blocs d'un grès à grain moyen, micacé, très friable, non calcareux, gris un peu jaunâtre, rappelant beaucoup les grès du Lubilache tels qu'.ijs.^se présentent au Stanley-Pool, etc. - y,^j\,v<oix-
Je dois beaucoup de reconnaissance à M. N. Diderrich pour les renseignements manuscrits et Içs explications orales qu'il a bien voulu me fournir sur ses explorations sur la côte et dans l'intérieur du Mayombe. Je remercie aussi très vivement M. Coart, Conservateur du Musée de Tervueren, pour l'aimable obligeance avec laquelle il m'a facilité l'étude de la partie géologique des riches collections dont il a l'administration. Le soin avec lequel sont classés et catalogués les échantillons minéraux du Musée m'en a rendu l'examen très agréable.
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