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NOTES sun LA NORVEGE.
Iraire, d'eviler toute conclusion dogmatique. Son but sera alteint si, luie fois lo iivre forme, Ic Icclour entre en reverie et si, tandis qu'il so demandc : « Qu'cslce done que cet hommc a vouiu dire? »,ild6couvre la verile pour lui-m6me.
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Tel est le profit que je souhailerais qu'un lecteur latin tirat de ces notes de voyage.
Quclques heures avant mon depart de Christiania, jc m'altardais dans une derniere causerie avec deux amis qui m'ont airectucusement assisle dans moii enquete. L'un d'cux m'avait accompagn6 aux rendez-vous d'lbsen. Ensemble nous revivions Ics impressions de ces entretiens : nous disculions la conclusion de Solness.
On dit :
— Au fond, la morale du « vieil homme » dcmeure purement eslhelique. La science lui a dit a roroillc une parole qu'il n'ose pas repeter. Nous serons plus courageux. Ce mot d'afTranchissement que Ic monde attend pour se remellre en route, un jour prochain, laNorvege le prononcera.
J'avais le coeur touche de la tristesse du depart ; je sentais remonter en moi, h cctte minute, le souvenir de tout ce que j'ai vu de grand dans ce pays et dans ce peuple. J'oubliais les disparates, les con-
TENDANCES
tradictions, les miseres. Je n'apercevais plus que la bonne volonle immense, I'audace heroique dc CCS fatalistes liommes d'action et je dis avec melancolie :
— Prenez garde qu'Ibscn n'ail pas ecrit Sobwss seulement pourlui-meme, mais pour voustous, pour celte chere Norvege que vous m'avez appris a aimer. Imprudemment, elle a promis a la generation nouvelle qu'elle lui batirail un chateau en Espague. A cette heure, les yeux son fixes sur elle; elle veut tenir sa promesse, coute que coute. Elle croit que sou honneur est engage. Jele sais, elle monlera au faite de la lour. Mais elle n'a pas, nul pcuplc au monde n'a le coeur assez pur, la conscience assez robusle, pour prononcer les paroles qui affranchiront riiumanite des affres du devoir et des angoisses du divin. Si, pour I'amour des generations, si, par passion de la gloire, la Norvege prononce la supreme parole, le vertige la saisira comme I'autre, elle fmira dans I'abime.
Ceux qui, au moment de ces adieux, m'avaient parte de mon pays de fagon a m'arraclier des larmes, savaient bien que moi-meme je me sentais, pour une heure, citoyen de leur patrie.
II y eut un silence; puis, un de mes compagnons conclut :
— Si tel est le destin du peuple norvegien, il
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NOTES SUH LA NOUVfiGE.
s'accoraplira inalgre nous. Esperons seulemcnt que, lo jour oil il aura fail sou sacrifice, ceux tie ciiez vous. ceux du mondc so souviendront pour lo louer do la parole de Hildc: « N'importe! II avail alleinl le sommet. »