‹ Notes sur la NorvègeChapitre 30 sur 32 · Broch, Etal moral · texte numérisé non relu

Broch, Etal moral

encore, « pour les husmœnd et les ouvriers, il n'y en avait pas moins de cinquante pour cent, et dans quelques endroits même, desoixante-cinq pour cent^»

Je sais bien que cette légèreté de mœurs trouve son excuse dans la naïveté des usages. Les domestiques des deux sexes font souvent chambre commune; les vachères couchent aux étables; en été, elles restent des mois de suite dans la solitude; les jeunes gens se réunissent le samedi soir pour faire pendant la nuit des parties amoureuses. Je ne cite donc pas ces statistiques pour en triompher, mais simplement pour remettre au point cette prétention que les Norvégiens affichent d'avoir dompté la nature. J'ai entendu qualifier de « chienneries «, par un Norvégien qui connaît toutes les nuances du français, les épisodes qui égayent les fêtes de la Saint- Jean. On multiplie, pour les filles honnêtes, l'avis qu'il est dangereux, ce jour-là, de circuler dans les rues. La brute humaine est la môme en tous lieux du monde; mais la brute Scandinave traîne un si dur collier de misères, que, le jour où on la lâche, elle va plus loin dans l'excès.

L'institution si belle, si paternelle dés Maisons de Marins est un aveu de l'énormité de ces débauches. J'en ai visité plusieurs au Havre, à Hon-

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