IT CURÉS, ETC
1° Révérend Messire J. M. Verreau.
Avec le Révérend Messire Jean- Marie Verreau, commence la liste des Curés, ou plutôt des desservants, parceque à cette époque, de même qu'il n’y avait point, dans la Beauce et même ailleurs, de paroisses régulièrement organisées, il n’y avait point de curés proprement dits ; maïs pour nous conformer à la manière de parler du temps, nous conserverons les dénominations de paroisses et de curés.
Messire J. M. Verreau était né le
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22 mars 1740 au Chateau-Richer, du légitime mariage de François Verreau et de Elisabeth Gagnon. Il avait reçu la prêtrise le 25 mars 1766, et cette même année il apparait dans la Beauce.
Dans les régistres de St-François, il s'intitule curé des trois paroisses de la Beauce. Il résida à St-Joseph jusqu’en
À St-François, il a signé onze actes de baptêmes, marïrages et sépultures, parmi lesquels-on remarque les sépultures de quelques sauvages abénaquis, qu’il dit être du ‘‘ Village de St- François.”
Comment ces sauvages Albénaquis qui originairement habitaient le Maine, le New-Hampshire, le Nouveau-Brunswick et une partie des côtes de la Nouvelle-Ecosse, se trouvaient-ils transportés dans la Beauce ?
L'abbé Maurrault, dans son histoire
des Abénaquis, nous l’apprend. Vers
1640, la nation Abénaquise fit un traité avec la nation Algonqui:e qui résidait au N' ? de Québec et des Trois-Rivières « depuis, on vit toujours ceux deux nations unies pour combattre soit contre lies Iroquois, soit contre les Anglais. Leur voie de communication était la rivière Chaudière et la rivière Kennebec.
En 1679, les Abénaquis vaincus par les Anglais sur la rivière Kennebec, furent obligésc 1ettre bas les armes.
Quelques-uns se soumirent aux Anglais ; d'autres se réfugièrent vers leurs frères de l’Acadie ; maïs la plupart émigrèrent en Canada par la rivière Chaudière. Voilà pourquoi on les voit apparaître en grand nombre dans la “ Nouvelle Beauce ” ou pays de “ Santigan ”, vers la fin du 17ième siècle. Ils étaient échelonnés par groupes plus ou moins considérables depuis le lac Mégantic
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(Damisokantik) jusqu’à l'embouchure de la rivière Chaudière. Une mission Abénaquise, sous le vocable de St-Franço:s de Sales, fut d’abord étailie par les Jésuites en 1683 au Saut de la Chaudière, non loin de son embouchure, puis transférée en 1700 à St-Françoi: du Lac, en haut de Trois- Rivières. Après l'établissement de cette dernière mission, beaucoup dé sauvages Abénaquis étaient encore demeurés dans le haut de la rivière Chaudière, où ils avaient une mission connue sous le noïn de Damisokantik (Lac Mégantic). M. de Vaudreuil conçut le projet de réunir ces sauvages à Bécancour, afin d’y former, comme à St-François du Lac, une digue contre les Iroquois, et il obtint à cet effet, en 1708, une concession du Baron de Portneuf, seigneur de Bécancour.
Cela n’empêcha pas un certain
nombre de Sauvages Abénaquis de demeurer le long de la rivière Chaudière, au moins pendant un certain nombre d’années. Ils devaient disparaître peu à peu, avec le temps, devant les colon: blancs qui commençaient à peupler les seigneuries et qui arrivaient, plus nombreux avec la hache et la pioche pour ouvrir les terres. Aimant la vie nomade, ayant peu de goût pour la culture, vivant de chasse et de pêche, ces sauvages senfonçaient dans la forêt à l’approche de l'hiver, et au printemps les habitants de la Beauce les voyaient descendre, dans leurs canots d’écorce, sur les eaux de la Chaudière et camper ça et là, dans lesiles et sur les bords de la rivière.
Ces sauvages étaient catholiques et dans les régistres de St-François, on voit des noms de sauvages apparaître jusqu’en 1820 et même au delà, *
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Messire Verreau, comme nous l’avons dit, desservait les trois paroisses de la Beauce. Mais en 1767, il cessa de tenir régistre à St-François, tout en continuant d’y aller dire la messe sur semaine. Ilen donne la raison dans ure note inscrite par lui-mên'e dans les régistres de St-François. ‘ A mon arrivée ici, écrit-il, je n'ai point trouvé d’autres régistres que ceux-ci commencés par le père Théodore, mon prédécesseur, sur lesquels j'ai continué d’y inscrire les mariages baptêmes et enterrements jusqu’au 20 juin 1767, Monseigneur l’Evêque m'ayant alors defendu de faire dans cette église aucune des fonctions curiales, excepté d’y dire la messe un jour de semainé, voulant que St- Joseph et St-François ne fissent plus qu'une même paroisse. Les régistres de St-Joseph ont servi pour les eux paroisses depuis ce temps là. En foi
de quoi, j'ai signé à St-Joseph le 3ième jour de juillet 1767.
(Signé) VERREAU, Ptre.
On était alors au lendemain de la conquête et le nombre des prêtres était assez peu considérable. D’ailleurs l’Evêaque était fort mécontent des habitants de St-François parcequ'ils ne mettaient point à exécution les ordonnances faites par lui au sujet de la chapelle de la paroisse. Les habitants auraient aimé à avoir un curé résidant parmi eux, où au moins, deux curés résidant dans la Beauce, et de plus il était question de changer le site de l’église pour la placer au centre de la seigneurie, à l’avantage du plus grand nombre. De là des misères, des menaces, des promesses qui n'étaient point mises à exécution, a tel point que l’Evêque écrivit à M. Verreau, en 1772, que celte poignée de monde à St-François
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ce,
faisait plus de bruit et de menaces que.
tout le diocèse ensemble. ÿ
Les choses devaient rester ainsi jusqu’en 1783.
Il ne nous appartient pas de raconter au long l'expédition d’Arnold, en 1775, pendant l’administration de Messire Verreau ; ce récit est du domaine de l’histoire du Canada. D'ailleurs, à St-François, nous ne voyons aucun incident de cette expédition qui mérite mention spéciale. Parti de Boston le 13 septembre, il arriva à Ste-Marie le 5 novembre, et les soldats y firent bombances aux frais du seigneur Gabriel Elz'ar Taschereau. Il dut passer à St François à la fin d'octobre. La troupe était réduite aux dernières extrémités par le froid, la fatigue ; les chemins étaient nouveaux et presque impraticables, surtout à cette saison de l’année. Souvent les soldats
durent passer dans l’eau jusqu’à la ceinture. Mais les journaux tenus par lesofficiers déclarent qu’ils étaient tous heureux d'arriver au premier établissement français ; là au moins ils pouvaient trouver quelque chose à manger. Dans la traversée des montagnes, ces pauvres Bostonnais avaient été obligés de se confectionner un potage avec un gros terreneuve appartenant au capitaine Dearborn : potage et bouillon, entrailles y comprises, tout fut dévoré avec avidité. On avait prétendu que c’est de la chair d’ours, vû que le potage avait une teinte verdâtre. Les volailles et les porcs de la Beauce contribuèrent au soutien de ces désintéressés patriotes.
C’est à la suite de cette expédition que fut construit à St-François, à environ un mille de l’église actuelle,
au nord-est de la rivière, un fort
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assez considérable en bois, destiné (paraït-:1) à prevenir le retour d’une semblable invasion, ou bien encore à arrêter les déserteurs qui se sauvaient au delà des lignes.
Messire Verreau abandonna en 1783 le soin des paroisses de St- Joseph et St-François à un autre curé et il devint alors- premier curé résidant de Ste-Marie. En 1785, il fut nommé curé de St-Thomas de Montmagny où il mourût le 19 août 1817, à l’âge de 78 ans. M. de Gaspé, dans les anciens Canadiens, dit de lui qu’il était d’un zèle inextinguible, aussi indulgent pour les autres qu’il était sévère pour lui-même (page
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2° Révérend M. J. M. Jean.
En 1783, avec le nouveau desservant, le Æévérend Messire Joseph- Maurice Jean, nommé curé de St-Joseph et de St-François, tout commence à apparaitre sous un jour nouveau à St- François.
M. Jean était né à Québec, le 29 décembre 1753, fils de Maurice Jean et de Marie-Marthe Bussières ; il était prêtre depuis trois ans quand il arriva dans la Beauce. Ilse mit à l’œuvre et bientôt l’on vit s'élever à St-François, une nouvelle cAapelle en bois assez grande pour contenir ia population alors existante.
On sent partout à la lecture des documents du temps qu’un réveil sérieux se fait. Les habitants semblent dis-
posés ei, sous la direction du Sieur Joseph Gaspard Chaussegros de Léry, leur seigneur, qui-est en même temps prodigué de son zèle et de sa générosité, ils veulent procurer la gloire de Dieu, d’une manière digne d’euxmêmes dans leur paroïsse. La nouvelle chapelle est pourvue de bancs, d'une chaire, de chandeliers, d’ornements pour les autels, du linge, en un mot, de tous les objets nécessaires au culte. Les comptes du marguiller en exercice de cette année, François Mathieu, le premier qui parait avoir rendu des comptes, portent le chiffre de la dépense a 1958 livres de vingt sols. Le dit marguiller avait un déficit de 382 livres!
Parmi les dons faits à la paroisse, à cette époque, nous aimons à signaler ceux qui sont dus à la générosité du Rév. Père Cazot, Jésuite de Québec, en outres, un ornement noir complet,
deu vanons d’autel, un devant d'autel à double face, une boîte à hostie, une nappe et du linge d'autel, un voile de taffetas rose pour saluts, un chandelier argenté, etc., le tout obtenu par l’entremise du seigneur.
La nouvelle chapelle n’était pas bâtie à la même place que l’ancienne.
Le 5 septembre 1782, les marguillers avaient acheté d’un sauvage Abénaquis nommé Pierre Athanase Makatagondo, une terre de trois arpents de largeur sur quarante de profondeur gituée au sud-ouest de la rivière Chaudière, à peu près au centre de la seigneurie, là ou se trouve l’église actuelle.
Elle avait d’abord été concédée par billet en date du 3 juin 1777, à un nommé Pierre Guillon dit St- Eloye, puis vendu pour 720 livres, en 1781, à Pierre Athanase Makatawondo.. Enfin cette terre avec l’ile
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aux hiboux ou kokokasso, passait le 5 octobre 1782 entre les mains de la Fabrique de St-François, pour la somme de 1320 livres, d’après un papier dressé et écrit par Joseph- Augusiün Belle-Isle, chirurgien, et signé par lui, comme agent du seigneur de Rigaud-V'audreuil.
Au sujet de cette terre, le Sieur Joseph-Gaspard Chaussegros de Léry; seigneur de Rigaud-V'audreuil a écrit .
lui-même dans un cahier dont il fit présent à la Fabrique pour les comptes de recette de dépense, ce qui suit, à la date du 20 septembre 1783 :
‘ Donné par le même (Joseph-Gaspard Chaussegros de Léry) le montant des lots et ventes de treize cent vingt livres sur une terre dite de St-Eloye que la Fabrique a acquise au sudouest de la rivière—qui a trois arpents de front sur quarante de profondeur, pour y placer l’église, presbytère, etc.,
etc. qu’ils ont gardé, et l’Isle-aux-Hiboux qu’ils ont vendu ; dont remise du tiers leur a été faite.
‘6 Restant soixante et treize livres, dix sols, huit deniers que les dits tenanciers mettront au tronc de leur paroisse pour être employé aux ornements les plus nécessaires à leur église.” L’Isle-aux-Hiboux dont il est fait mention, était située au pied du rapide, et a été vendu à un nommé Joseph Veilleux.
Et le onze janvier 1784, dans une assemblée des habitants de la paroisse réunis pour donner leur avis touchant la terre susdite, il a été déclaré, en présence de Louis Miray, notaire, que “ leur intention avait toujours été et était que la dite terre resterait aux Curés desservant la dite paroisse pour en jouir comme bon leur semblera.”
La chapelle construite en bois comme nous l’avons dit, était bâtie dans le bas du cimetière actuel, sur un terrain legèrement élevé au sudouest du chemin royal. Le cimetière était au sud-ouest de la chapelle. Il n'est pas fait mention de presbytère avant 1804. Le Curé de St-Joseph et de St-François,résidant à St-Joseph, devait loger, dans ses voyages à St- François, chez quelque particulier dans les environs de l’église.
Ici, au sujet du changement du site de l’église à St-François en 1783, nous ne pouvons nous empêcher de faire, en passant, une remarque faite d’ailleurs par plusieurs. En changeant le site de l’église, sans doute que l’on faisait pour le mieux dans le temps, puisque l’on fixait l’église dans le centre de la séigneurie, pour le plus grand avantage des habitants alors établis et disséminés sur les
points principaux de la dite seigneurie. Peut-être même qu’il était diff- ‘cile, vû les circonstances, d'agir autrement. Mais aujourd’hui, après un laps de temps de plus d’un siècle, en considérant l’étendue de la parcisse avec ses 4000 âmes, on est porté à déplorer ce changement. “Si l’église était restée là où primitivement elle était construite, une autre aurait déjà surgie, du dessus du rapide à Yendroit appelé “ Touffe de pin ”’,en attendant une troisième dans les concessions du sud-ouest de la rivière et peutêtre même une quatrième, avec le temps, dans les concessions du Nord- Est. Et on ne peut nier que la position de l’église au centre de la seigneurie, rendra toujours difficile la subdivision de la paroisse. Maintenant le fait est accompli; nous n’avons qu’à laisser la Divine Providence arranger les choses pour sa plus grande
gloire et le bien moral et religieux.
des fidèles.
Le Révérend M. Jean ne demeura que deux ans à St-Joseph et St-Françgois.. En 1785 il devint Curé dé Ste- Marie, puis successivement il desservit les Ecureuils, Contre Cœur, Ste-Geneviève, les Grondines et finalement Lotbinière où ii mourut le 2 juillet 1811, à l’âge de 68 ans.
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3° Révérend M. Antoine Lamothe.
Le Révérend Messire Antoine Lamothe,. était lui aussi Curé de S$t- François et de St-Joseph, avec résidence à St-Joseph. Il a desservi St- François pendant vingt-cinq ans, seul ou avec l’aide des RR. MM. Louis Bédard (1795-96),(qui cependant s’intitule Curé de St-Frangois,) François
Robin (1798-1802) et Louis Parent, (1803).
Né à Québec le 23 novembre 1759, il était fils d'Antoine Lamothe et de Marie-Touise Drolet et avait été fait prêtre le 15 août 1734. Il desservit
Beaumont pendant un an avant de.
monter dans la Beauce.
La tradition nous le représente comme un homme d’une grande activité pour remplir les fonctions qu'il avait à exercer. Doué d’un caractère souple et ferme, actif, entreprenant, plein d’affabilité dans ses rapports avec les gens avec lesquels 1il se mêlait volontiers dans leurs fêtes intimes, Mr Lamothe a laissé un pro fond souvenir à St-François où il a
beaucoup fait. L'éducation, à cette époque (en 1800), était peu répandue et ceux qui savaient signerleur nom pouvaient facilement se compter. Mr Lamothe était le curé de tous ; mais