NOUVEAU-BRUNSWICK
Dispositions générales. —Quoique les catholiques comptent pour environ un tiers dans la population du Nouveau-Brunswick, la loi d'éducation de 1872 leur a enlevé le privilège d'avoir des écoles séparées comme dans les autres provinces.
En vertu de cette loi, tout enseignement religieux est aboli dans les écoles soumises au contrôle du gouvernement, par les clauses suivantes :
" Toutes les écoles seront non-confessionnelles " (non sectariari)"
.. " Aucuns symboles ou emblèmes particuliers à " aucune société nationale ou à aucune organi- " sation religieuse ne seront montrés ou employés " dans l'école, soit dans l'installation de l'école ou
I dans les leçons qui y seront données, soit sur la I personne d'aucun instituteur ou élève."
Afin de suppléer jusqu'à un certain point au défaut d'enseignement religieux dans les écoles, les instituteurs sont tenus de donner à leurs élèves des leçons de morale et de leur faire des dissertations sur les vertus et les vices.
Néanmoins, depuis la mise en vigueur de la nouvelle loi scolaire, les catholiques font tous leurs efforts pour entretenir des écoles indépendantes.
Système scolaire.— Le département de l'instruction publique se compose d'un surintendant et d'un conseil d'éducation, dont font partie le Lieutenant- Gouverneur, les membres du Conseil exécutif, le président de " l'Université du Nouveau-Brunswick," et le Surintendant, qui en est le secrétaire.
La distribution des pouvoirs respectifs du Conseil d'éducation et du Surintendant est, à peu de chose près, la même que dans les provinces, d'Ontario et de Québec, si ce n'est que l'initiative laissée à ce dernier y est plus limitée.
La province est divisée en districts scolaires qui doivent contenir au moins cinquante enfants en âge de fréquenter l'école.
Les écoles sont sous la direction de syndics élus pour chaque district ; elles sont gratuites et entretenues au moyen d'une subvention du gouverne-
meut et des cotisations locales, perçues, les uues, sur tout le comté, et les autres, sur le district scolaire seulement.
L'année scolaire qui finit le 30 avril, se partage en deux termes : le terme d'hiver et le terme d'été ; chacun d'eux représentant un certain nombre de jours d'école déterminés par le Conseil d'éducation.
" UmversitéduNouveau-Brmiswick." L'"Uni versité du Nouveau-Brunswick," établie en 1800 par charte provinciale, sous le nom de " Collège du Nouveau-Brunswick," et plus tard, en 1828, par charte royale, sous le nom de " King's Collège," est la maison de haute éducation la plus importante du Nouveau-Brunswick. On y délivre des degrés de maître-ès-arts, de bachelier-ès-sciences, de bachelier, de docteur-ès-loi et de docteur en philosophie. Cette institution, qui est considérée aussi comme école de grammaire du comté d'York, est dirigée par un bureau d'administration composé de douze membres.
Ecoles publiques. Les écoles sous le contrôle du gouvernement sont les écoles de grammaire, et les écoles primaires supérieures et élémentaires.
Ecoles de grammaire. — Il y a une école de grammaire par comté. Elles sont au nombre de 14, On y étudie l'histoire universelle, l'histoire
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du Canada et l'histoire d'Angleterre, la composition anglaise, le latin, le greG, le français, l'algèbre, la géométrie, la chimie, le dessin industriel, etc.
Il y avait 618 élèves, 14 principaux et 38 professeurs pendant le terme d'été, et §89 élèves, 14 principaux et 36 professeurs pendant le terme d'hiver, en 1880-81.
Ecoles primaires supérieures. — Dans les écoles primaires supérieures on enseigne, à peu d'exceptions près, les mêmes matières que dans les écoles de grammaire. Il ne peut y en avoir qu'une seule par paroisse.
Pendant l'année 1880-81, cinquante-trois de ces écoles étaient en opération et comptaient 2,430 élèves et 67 professeurs.
Ecoles élémentaires. — Le nombre des écoles élémentaires en opération pendant le terme d'été 1880, était de 1,368 avec 52,739 élèves (26,280 garçons et 26,459 filles), et 1,410 instituteurs ou institutrices, et pendant le terme d'hiver 1881, de 1,297 avec 49,550 élèves (27,195 garçons et 22,355 filles), et 1,356 instituteurs et institutrices. On évalue à 65,631 le nombre des élèves qui ont suivi ces écoles pendant l'année scolaire 1880-81.
Ecole normale. Le Nouveau-Brunswick possède à Frédéricton, une école normale et une école modèle annexe. On y est admis, après avoir
passé un examen, et les diplômes qui s'y délivrent1 sont de trois degrés différents,
Pendant l'année 1880-81, les cours de l'école normale furent suivis par 81 élèves maîtres et 181 élèves maîtresses. L'école modèle fut fréquentée par 73 garçons et 121 filles, pendant le terme d'été : 1880, et par 78 garçons et 110 filles, pendant ie terme d'hiver 1881.
Instituteurs.— Voici la moyenne du traitement annuel des instituteurs et institutrices qui étaient au nombre de 1410 en 1881; 479 instituteurs et 932 institutrices.
Classes. Instituteurs. Institutrices.
1ère $523 $352
Les instituteurs n'ont point de retraite, quoique le Surintendant ait appelé à diverses reprises l'attention du gouvernement sur l'importance de cette mesure.
Inspecteurs d'Ecoles.— Il n'y a que 14 inspecteurs.
Pour être nommé, le candidat à la charge d'inspecteur d'écoles doit préalablement obtenir un certificat de professeur d'école de grammaire et avoir enseigné au moins pendant trois ans. Puis, après sa nomination, il est tenu de suivre, pendant un terme, les cours de l'Ecole normale.
Institutions catholiques. Le collège de St- Joseph de Memramcock, fondé depuis une quinzaine d'années par les pères de l'ordre de Ste-Croix, dont la maison-mère au Canada est à St- Laurent, près Montréal, compte dix professeurs et 200 élèves au moins. Cette maison d'éducation est appelée à faire le plus grand bien parmi la population française catholique du Nouveau-Bruns- "wiek.
Il y a aussi des académies classiques et commerciales florissantes à St-Jean, Chatham et St- Louis, où l'enseignement se fait en langue française ; puis, treize couvents enseignants tenus par des religieuses de différents ordres.
Bibliothèques publiques. Le gouvernement encourage aussi l'établissement des bibliothèques publiques, et accorde à chaque district une somme égale à celle qui y est levée pour ces fins, jusqu'à concurrence de $20 par année.
Proportion des élèves sur la population. La proportion des élèves sur le chiffre de la population était, en 1881, de 54,99 pour cent.