‹ Notes sur le Canada. Ed. nouv., rev. et corrChapitre 31 sur 53 · TD · texte numérisé non relu

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et lustitutrices.

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Nouveau -Brunswick

Nouvelle-Ecosse

IlecliiPiiuce-Edouanl

Mauitoba (2)

Colombie Auglaise...

(1) Moins les territoires du Nord-Ouest.

(2) L'Etat scolaire de cette province est pris sur les rapports de 1879.

Ce tableau dans lequel nous avons mis le chiffre de la population de 1881, en regard du nombre des institutions scolaires et des élèves des différentes provinces, donne, comme on le voit, une moyenne générale assez satisfaisante

Par beaucoup de personnes l'émigration est considérée comme une cause d'appauvrissement pour les peuples de qui elle vient, tandis qu'au contraire des statistiques certaines établissent qu'elle est le plus souvent aussi profitable au pays qui la fournit qu'à celui qui la reçoit.

L'excédant des populations qui, se trouvant trop à l'étroit dans certaines contrées de l'Europe, s'écoule vers les territoires peu habités de l'Amérique, y prépare les voies à un commerce d'exportation et d'importation qui atteint des proportions plus ou moins considérables, selon que le pays d'où il sort a plus ou moins d'extension industrielle.

Pour la Grande-Bretagne, l'émigration, tout en

étant une soupape de sûreté au moyen de laquelle le trop plein d'une population trop compacte échappe tous les ans aux horreurs du paupérisme, est cause aussi, en grande partie, de la suprématie commerciale incontestable que cette puissance a acquise sur toutes les autres en Europe.

A l'encontre de certains agents recruteurs intéressés, nous dirons d'abord. que le Canada est loin d'être un pays de Cocagne, où les ouvriers fainéanta et incapables gagnent, en arrivant, des salaires considérables qui leur permettent, tout en ne faisant rien, d'amasser en peu d'années des fortunes prodigieuses. Loin de là. Ce pays offre, il est vrai, de grandes ressources à l'émigration étrangère, et le gouvernement fait d'immenses sacrifices pour y attirer les cultivateurs et les ouvriers européens ; mais ceux qui viendront s'y établir ne doivent s'attendre à y réussir qu'en tant que, travailleurs infatigables, ils sauront de plus se soumettre aux lois et aux coutumes qui y sont en vigueur.

Il y a dans toutes les émigrations du monde deux classes bien distinctes : l'une respectable et utile, et l'autre préjudiciale aux pays vers lesquels elle se dirige. La première se recrute parmi les travailleurs honnêtes et laborieux qu'une ' louable ambition pousse, et qui ne craignent pas de détendre les liens qui les attachent au sol natal

pour aller chercher en pays -étranger l'aisance et quelquefois la fortune pour leur famille ; l'autre se compose de déclassés, ouvriers inaptes à quoi que ce soit, après s'être dits bons à toutes choses ; beaux parleurs pour la plupart, qui partent avec l'idée fixe de faire des dupes et de vivre aux dépens des habitants des pays où ils émigrent, tout en heurtant leurs sentiments les plus chers et traitant même leurs convictions traditionnelles de préjugés ridicules.

Aux bons cultivateurs, aux honnêtes et habiles artisans qui se sentent l'énergie suffisante pour aller demander à un pays lointain une aisance relative qu'ils ne peuvent acquérir chez eux, nous pouvons assurer sans crainte qu'au Canada ils trouveront, pour les y recevoir, une population bienveillante et amie.

Mais à ceux que nous venons de qualifier de déclassés, nous pouvons dire sans hésiter : restez chez vous, car au Canada vous végéteriez comme vous avez toujours végété dans votre pays ; et, dans votre misère, vous reprocheriez au peuple qui vous aurait accueillis cette pauvreté, conséquence naturelle de votre propre incurie.

Ceci posé, abordons maintenant le côté statistique de la question,

Personne n'ignore que l'émigration européenne

est le plus puissant des moteurs qui ont poussé les Etats-Unis à cette immense prospérité matérielle dont ils jouissent aujourd'hui. Les relevés officiels que nous avons consultés sur le chiffre des émigrants, venus de toutes les contrées d'Europe apporter à la grande république américaine le contingent de leur travail et de leur industrie, nous permettent d'avancer que le nombre en a été de plus de dix millions sept cent mille, del820à 1881.

Il est vrai de dire que l'émigration au Canada est loin d'avoir opéré encore sur des bases aussi larges ; mais il est juste de faire remarquer qu'avant 1870, rien ou peu de chose avait été tenté pour attirer vers ce pays l'élément étranger auquel est dû l'accroissement rapide de la population des états voisins.

En jetant un coup d'œïl sur les chiffres suivants, on se formera une idée de l'émigration étrangère au Canada pendant les cinq dernières années. Il n'y est question que des émigrants qui s'y sont fixés.

Emi-

grants.*

En raison de la crise commerciale qui a sévi sur le Canada, pendant ces dernières années, l'émigration qui lui donnait 41,079 habitants nouveaux en

* Emigrants qui se sont fixés au Canada.

1873, et n'en fournissait plus que 14,499 en 1876, s'est considérablement ralentie. Cependant elle tend à se relever depuis 1878.

D'après les relevés qui ont été faits, on estime que le contingent fourni par chacun des différents peuples de l'Europe, respectivement dans le montant annuel de l'émigration au Canada, peut se chiffrer ainsi :

Angleterre 48 %

Suède et Norvège . . . . 26 "

Ecosse ' . . 10 "

Irlande . 12 "

Autres pays 4 "

Il est incontestable que le Canada présente autant, sinon plus, d'avantages à l'émigration agricole, qu'aucun pays du monde.

Des milliers d'acres de forêts vierges dans les provinces de Québec, d'Ontario, du Nouveau- Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse offrent des profits immédiats aux colons qui viendront les exploiter, et. les immenses prairies du Manitoba et du Nord-Ouest ne demandent qu'à être déchirées par le soc de la charrue pour produire les moissons vraiment extraordinaires dont il a été question dans un précédant chapitre.

Les avantages incontestés qu'offrent particulièrement à la colonisation ces territoires qui bientôt

seront traversés par le Pacifique Canadien, voie ferrée gigantesque qui reliera l'Atlantique au Pacifique, viennent à peine de se révéler que déjà une émigration considérable,* sans précédents peut-être, se porte vers ces régions lointaines et se dispute chaque pied de ces vastes terrains qui, il n'y a pas bien longtemps encore, étaient regardés comme une charge inutile pour les autres provinces de la Confédération.

Tous ceux qui, depuis quelque temps, ont visité le Nord-Ouest, depuis les gouverneurs du Canada jusqu'aux plus infimes reporters, en ont parlé dans les termes les plus enthousiastes.

Voici même ce qu'en disait dernièrement un écrivain influent, dans la Tribune de Chicago, journal que l'on prend rarement en flagrant délit de compliments exagérés sur le compte du Canada.

Après avoir parlé des progrès prodigieux de Winnipeg f qui, naguères encore, était une bourgade sans importance, il continue ainsi :

" La raison de ces progrès est la prodigieuse fertilité du sol, fertilité bien supérieure à celle de la vallée de la rivière Kouge, dans le Dakota. Cette région susceptible de développements sans bornes,

* On porte à 25,300 le nombre des émigrants qni se sont rendus au Manitoba et au Nord-Ouest du 1er janvier au 30 avril 1882.

t La population de Winnipeg qui, lors du recensement de 1881, était de 7r985 habitants, est évaluée aujourd'hui (mai 1882) à environ 16, .00». âmes ~i

inconnue pendant longtemps et que l'ou supposait généralement couverte déglaces, est plus productive que les plus riches pays agricoles de l' Amérique du Nord."

Puis, plus loin :

" La production du' blé an Manitoba et dans les territoires qui s'étendent au nord et à l'ouest de Wiunipeg, prouve lespropriétés éminemment productives de ces contrées. J'ai devant les yeux les rapports de quatre années des récoltes du blé dans cent cinquante localités, qui donnent les moyennes suivantes : 1877, 26f minots ; 1853, 26| minotsj 1879, 26| minots ; 1880, 29^ minots. Ces chiffres sont très satisfaisants, si on les compare à ceux fournis par la culture de cette céréale, dans les Etats de l'Union les plus propres à cette-culture, qui donnent par acre : Minnessota, 17 minots ; Wiscousiu, 14; Peusylvauie, 15 ; Massachussetts, 16."

Il semble hors de doute qu'en raison des relations commerciales que le Canada noue depuis quelque temps avec les autres pays, une émigration étrangère saine, qui prendra, d'ici à peu d'années, des proportions plus considérables, ne tardera pas à s'y porter. Nous sommes persuadé, en outre, que les peuples qui prendront part à ce mouvement dans les limites raisonnables, trouveront toujours dans l'extension de leur commerce, provoquée par la résidence de leurs nationaux chez nous, une compensation plus que suffisante pour un dépeuplement partiel et sans importance.

Les rapports des chemins de fer du Canada établissent que 7,595 milles (12,224 kil.) de voies ferrées y étaient en exploitation en 1881. Il y avait aussi 2,910 milles (4,683 kil.) de lignes en construction qui, reliant celles déjà existantes, Procureront de nouveaux débouchés au commerce et à l'industrie du pays.

La longueur du Grand Tronc, le plus important de ces chemins de fer, est de 1,388 milles (2,233 kil.) dont 228 (366 kil.) sont sur le territoire des Etats-Unis.

Le Great Western et l'Inter colonial, qui vien-

nent ensuite, ont, le premier, 902 milles (1,451 kil.)etle second, 840 milles (1,352 kil.) d'étendue.

Le Québec, Montréal, Otta v: i et Occidental, plus particulièrement connu sous le nom de " Chemin de fer du Nord, " relie Québefc à Ottawa par une ligne de 284 milles (457 kil.) Il longue la rive nord du Saint-Laurent jusqu'à Montréal, d'où il se dirige vers la capitale du Canada. Il parcourt 339 milles (546, kil.), y compris les embranchements. Il fut jusqu'au printemps de 1882 la propriété du gouvernement de la province de Québec, qui vendit la partie Ouest — de Montréal à Ottawa — à la Compagnie du Pacifique Canadien, et la partie Est — de Montréal à Québec — à une société composée de capitalistes canadiens.

La longueur du chemin de fer Pacifique Canadien, actuellement en voie de construction, sera de 2,850 milles (4,585 kil.) de Montréal à Burrard Inlet, son terminus, situé à l'embouchure de la rivière Fraser (Colombie britannique). Actuellement, environ 600 milles (966 kil.) de cette voie ferrée sont déjà en opération.

Le tableau ci-dessous établit que le Canada vient en septième ordre, pour la longueur des chemins de fer en exploitation.

Pays. Milles exploité».

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