‹ Notes sur le Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 14 sur 66 · SET · texte numérisé non relu

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84 POPULATION lures et quelques féroces ours gris jouent des rôles plus ou moins fantastiques, sur une scène couverte de neiges éternelles.

Si, d'un cêté, on exagère les progrès qui se manifestent aux Etats-Unis, on se montre injuste, de l’autre, en faisant fi de ceux qui s’opèrent dans le pays voisin, dignes aussi, à tous égards. d’attirer l'attention et d’éveiller la sympathie.

Ce Canada, que l’on ne connaît guère et dont on parle peu, qui, en 1763, comptait tout au plus une soixantaine de mille âmes sur son vaste territoire, s’est développé tout doucement sans avoir recours à la trompette de la publicité pour attirer l’émigration étrangère sur ses plages hospitalières ; réduit presque à sa simple force d’expansion, il à vu sa population grossir dans les mêmes proportions que celle de son orgueilleuse voisine,

Afin de donner à cette paradoxale prétention le degré de crédibilité qu’elle mérite, nous l’appuirons par des chiffres d'autant plus inattaquables qu'ils émanent des statistiques officielles des deux pays.

Mais nous ne ferons entrer en ligne de compte, dans le parallèle que nous allons établir entre les Etats-Unis et le Canada pour prouver notre assertion, que les provinces de Québec et d'Ontario constituant le Canada-Uni, avant l’annexion du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Ecosse, du territoire du Nord-Ouest, de la Colombie anglaise

et de l’Ile-du-Prince-Edouard, qui se sont unis à elles en vertu de la Constitution de 1867 et forment maintenant ensemble la Confédération canadienne.

Des recensements ont lieu tous les dix ans, tant aux Etats-Unis qu’au Canada.

En remontant à l’année 1850, nous constatons que les chiffres de la population des deux pays étaient, respectivement :

Etats-Unis ,,.,, 24.191.876 âmes.

Canada CRC | 1.842.266 mm”

Ce qui prouve qu'à cette époque la population des Etats-Unis était environ treize fois plus considérable que celle du Canada.

Jusqu'en 1860, cette proportion n’a pas varié d’une manière appréciable, puisque les dénombrements faits en cette année donnent :

Aux Etats-Unis . . 31.443.221 âmes.

Au Canada ,,.,.,. 2.506.775 —

On obtient aussi pour l’année 1870, à peu de choses près, les mêmes résultats, la population étant alors :

Pour les Etats-Unis, de 38.513.955 âmes.

Pour le Canada, de, . 2.822.367 —

Si l’on considère maintenant, comme il est racile de le prouver par les rapports du: bureau d’émigration de Washington, que (9,665,920) neuf millions six cent soixante-cinq mille neuf cent

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vingt Européens sont venus s'établir aux Etats- Unis, de 1820 à 1870, et que, pendant le même laps de temps, l’'émigration n’a donné au Canada que (300,000) trois cent mille habitants tout au plus, en grande partie d’origine anglaise, on arrivera à la conclusion que dans la population de la grande république il est entré directement plus d’un quart d'éléments étrangers qui ne figurent que pour environ un neuvième dans celle des provinces canadiennes.

A l'encontre des Etats-Unis, dont la population s’est recrutée chez toutes les nations du globe, le Canada n’est peuplé que par les représentants de deux grandes nationalités. La multiplication des Canadiens d’origine française qui, lors de la cession du Canada à l'Angleterre, ne comptaient guère que (60,000) soixante mille membres, tient réellement du prodige.

En face de telles preuves, viendra-t-on dire encore, comme quelques écrivains l’ont prétendu, que la race française est üupropre à la colonisation ?

Si on tient compte de la progression qui s’est produite dans la population des différentes provinces, depuis un certain nombre d’années, il est permis de supposer qu'elle a atteint le résultat suivant :

Stats.

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Population d’a- Population pro- Provinces. près le recense- bable en 1880.

ment de 1371,

Ontario . . . . + « . 1.620 851 1.845.000 Québec. . . . . .« .« + 1.191.516 1.270.000 Nouvelle-Écosse. . . . « 387.800 442.000 Nouveau-Brunswick. , . 285.594 309.000 Ile-du-Prince-Édouard . 94021 107.000

Colombie britannique , . 42.000 43.000 Manitoba . . . . . . . 11.963 22.000 Territoires du Nord-Ouest, 85.000 91.000

De RE es = ———————

Totaux . . . 3.718.745 4.129,000

Par déduction, on peut donc évaluer à environ 1,680,000 le nombre des catholiques et à 1,200,000 les membres de la race française répandus actuellement sur le territoire de ‘a confédération canadienne. Le reste de la population totale appartient à différentes origines et à diverses religions.

Comme il est facile de le constater, la race anglo-saxonne et le protestantisme représenté par un assez grand nombre de sectes, dominent cependant.

La province de Québec est presque toute française et catholique.

Par contre, la nationalité britannique et le protestantisme sont en grande majorité dans les autres provinces de la Confédération ; dans Ontario surtout, où les catholiques comptent à peine pour un contre sept dans le chiffre total de la population.

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