‹ Notes sur le Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 13 sur 66 · OUPJU · texte numérisé non relu

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La population de la partie occidentale du Canada conmence à prendre, vers 1790, une extension rapide, alimentée par les réfugiés dits loyalists, qui, s'étant prononcés pour la métropole pendant la guerre Ge l'indépendance américaine, avaient cru prudent de quitter le territoire de la nouvelle république après la retraite des troupes anglaises. et par un courant assez considérable d’émigrants anglais attirés par la grande fertilité de ces contrées. Vers cette époque, on évaluait déjà à 15,000 au moins le nombre des colons de nationalité britannique, établis, pour la plupart, aux alentours du lac Ontario,

C'est aussi entre 1784 et 1790 que la population de Montréal dépasse celle de Québec. La première de ces deux villes comptait alors 18,000 habitants, tandis qu'il n’y en avait que 14,000 à peine dans la seconde.

En 1791, le Canada fut divisé en deux provinces ; la partie occidentale prenant le nom de Haut Canada, et la partie est celui de Bas-Canada. Dès lors, la population du Haut Canada, relativement peu considérable encore, augmenta beaucoup plus rapidement que celle de sa pro: vince sœur. Par la comparaison, il est aisé d'établir, en mettant en regard les relevés faits dans les deux provinces aux mêmes époques, la progression qui s’est opérée dans chacune d'elles :

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Années Bas- ‘ann ia Haut-Canada

Il était déjà facile de prévoir, lors de ce dernier recensement, que la population du Haut-Canada ne tarderait pas à égaler et à dépasser celle du Bas-Canada.

C’est effectivement ce qui avait lieu, neuf ou dix ans après la réunion des deux provinces canadiennes qui furent de nouveau régies par une même constitution, en vertu de la loi du 23 juillet 1840, comme le prouvent les chiffres qui suivent :

Années Bas-Canada Haut-Canada 1844. . . . , . . 697.084 500.000 1852. . . . . . . 890.211 952.000 1861, . . . . . . 1.111.560 1 396.000

On remarque que le virement qui s'est effectué en faveur du Haut-Canada, s’est produit entre 1844 et 1852, vers l’année 1850 probablement.

Pendant !:s quinze dernières années qui se sont écoulées sous ce dernier régime gouvernemental, qui prit fin avec une nouvelle constitution, le ler juillet 1867, le Haut-Canada, presque exclusivement anglais et protestant, se prévalant de la supériorité du nombre, réclama avec instance la représentation législative basée sur la

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population, qui l’aurait mis à même de contrôler l'élément français et catholique en grande majorité dans l’autre province. De là des débats très passionnés au Parlement entre les représentants des deux origines, qui faisaient désirer, de de part et d'autre, une séparation prochaine.

L’Acte de Confédération de 1867 vint mettre fin à toutes ces luttes. Aujourd'hui le Haut et le Bas-Canada, tout en étant unis, pour certaines fins, par les lois communes qui régissent les provinces britanniques de l'Amérique du Nord, sont indépendants l’un de l’autre pour tout ce qui se rattache aux questions d'administration localé.

En Europe, on connait généralement peu l'Amérique, et le peu qu’on en suit se réduit le plus souvent à quelques données plus ou moins exactes sur les Etats-Unis.

Pour ceux qui trouvent trop lourd le servage auquel les assujétit la constitution du pays qu'ils habitent, la grande république de l'Amérique du Nord est le pays où fleurissent, au souffle de la liberté la plus illimitée, les idées de leurs rêves ; pour tout le monde, c’est le lieu des fortunes ra: pides, et on parle avec admiration de l'accroissement prodigieux d’une population que l'émigration étrangère vient grossir tous les jours.

Quant au Canada, les souvenirs les plus précis de la plupart de ceux qui savent qu'il existe, se résument à quelques effrayantes histoires où des coureurs des bois, des sauvages avides de cheve-

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