‹ Notes sur le Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 4 sur 66 · ARS · texte numérisé non relu

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de succéder au prince de Condé, accompagné de sa femme, * d’un certain nombre de ses parents et de trois Récollets. La Compagnie de Monts persistant à ne tenir aucun compte de ses engagements envers [a colonie, le duc de Montmorency en prit occasion pour la remplacer, en 1620, par une autre dont il confia la direction à MA. Guillaume et Emery de Caen ; mais cette nouvelle société ne remplit pas plus que les autres les obligations qu'elle avait prises.

Cest en 1625 que les premiers Jésuites se Sixèrent à la Nouvelle-France, à la demzade des Récollets qui les reçurent à leur arrivée et leur offrirent l'hospitalité, en attendant qu'ils eussent le temps de se préparer un établissement convenabie. M. de Ventadour, qui avait remplacé le duc de Montmorency, était alors vice-roi de la Nouvelle-France.

Le cardinal de Richelieu, alors ministre tout puissant du roi Louis XIIT, afin de couper court à tous les abus dont s'étaient rendiies coupables les d'fférentes compagnies qui avaient exploité jusque-là les possessions françaises de l'Amérique du Nord, annula les chartes qui leur avaient éié octroyées et concéda à une seule société, dont le contrat fut signé le 29 avril 1627, et qui

*# Madame de Champlain qui était alors âgée de 22 ans, arriva au Canada en juillet 1620 et en répartit, pour n’y plus revenir, le 15 août 1624,

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prit le nom de « Compagnie des cent Associés, » des priviléges exclusifs qui devaient durer pendant quinze ans à dater du premier janvier 1628, pour le trafic des pelleteries sur toute l'étendue des territoires de la Nouvelle-France et de la Floride. En retour, cette compagnie s’engagait à trans. porter au Canada, dans les vingt ans qui devaient suivre, quatre mille colons français et catholiques.

Cette nouvelle tentative de colonisation ne réussit guère mieux que les précédentes, car la guerre ayant éclaté sur ces entrefaites, entre la France et l'Angleterre, l’envahissement du Canada qui en fut la conséquence, la perte des vaisseaux venant ravitailler la colonie capturés par la flotte anglaise, la prise de Québec réduite à la famine, par l'amiral anglais Kertk qui s’ensuivit, le 19 juillet 1629, furent autant de causes qui entravèrent les progrès de la colonie naissante,

À la suite de la capitulation de Québec, Cham. plain fut emmené prisonnier en Angleterre, et la plupart des colons français retournèrent en France. Il ne resta que cinq familles de cultivateurs, au nombre desquelles se trouvait celle d'Hébert-le premier qui s'établit à Québec.

Pendant que ie cardinal de Richelieu fesait des préparatifs d'armement considérables pour rentrer en possession de la Nouvelle-France, le traité de Saint-Germain-en-Laye fut signé entre la Franceet l'Angleterre le 29 mai 1632, P4. ce traité l'Angleterre s'engageait à restituer à la France

tout ce qu’elle lui avait pris en Amérique. En l'absence de Champlain, Québec fut alors remis, le 13 juillet 1632, à Emery de Caen, commandant: général de la flotte et de toute la colonie.

Revenant au Canada, en mai 1633, avec le titre de gouverneur-général de la Nouvelle-France, Champlain tenta de nouvelles démarches dans le but de coloniser le pays. A son appel, un certain nombre de families françaises étaient déjà venues se fixer sur les bords du Saint-Laurent ; un mouvement d'émigration assez accentué vers le Canada commençait à se manifester en France, Robert Giffard.arrivait au mois de juin 10634, avec un assez grand nombre de cultivateurs, et d’artisans de tous les métiers qu’il établissait à Beauport; M. de la Violette jetait, le 4 juillet de la même année, les fondements de la ville des Trois-Rivières; enfin, une ère de prospérité sem: blait vouloir s'ouvrir pour la colonie naissante, quand le fondateur de ia nationalité fran.

çaise en Amérique mourait, le 25 décembre 1635, avant d’avoir eu le temps de consolider son œuvre.

Alors, comme le prouvent les sta'istiques du temps, la population d’origine européenne au Canada ne dépassait pas deux cents âmes.

Un certain nombre de maisons d'éducation et d'institutions charitables furent aussi fondées vers la même époque, En 1635, le père de Brohant, fils du marquis de Gamache, établis-

sait à Québec le premier collège de jésuites au Canada. Mme la duchesse d’Aiguillon dotait en 1639 l'hôpital de l'Hôtel-Dien de Québec, dirigé par des religieuses hospitalières de Dieppe; la même année, une maison d'éducation pour les jeunes filles, le couvent des Ursulines de Québec, ouvrait ses portes, grâce aux dons généreux de Mme de la Peltrie; à Montréal, fondé le 17 mars 1642 par M. de Maisonneuve, Mlle Mance coustruisait dès 1644 un hôpital sur lemplacement où, en 1657, fut bâti l’'Hôtel-Dieu ; enfin la sœur Bourgeois, religieuse inconnue et d’une naissance obscure, trouvait dans les seules ressources que lui fournissait son incomparable charité, les moyens suffisants pour établir une école qui est devenue depuis le couvent de la Congrégation de Notre Dame. Toutes ces institutions existent encore et la plupart possèdent même de nombreuses et prospères succursales.

Les gouverneurs de Montmagny, d’Aillebout, de Lauzon, d'Argenson, de Saffray de Mézy, qui succédèrent au marquis de Champlain, ne crurent pas à la nécessité d'intervenir dans les guerres que continuaient à se faire entre elles les différentes tribus sauvages. Les Hurons, privés des secours sur lesquels ils croyaient avoir droit de compter de la part des Français, réduits à leurs propres forces, devaient bientôt subir les conséquences de cette abstention. Une bataille décisive qu’ils perdirent, en 1649, sousl’administration de M. d’Aille-

bout, à qui M. de Montmagny avait cédé les rênes du gouvernement en 1648, les mit complètement à la merci de leurs redoutables ennemis.

La colonie française ne devait pas tarder à ressentir le contre-coup de la défaite de ses alliés, car les [roquois, qui n'avaient pas oublié les échecs que Champlain leur avait fait essuyer, se répandirent alors sur le territoire de la Nouvelle. France, ravageant les nouveaux établissements, massacrant sans merci, sous les murs même de Québec, et en dépit des traités, des familles entières de colons, sans défense. Mais, en 1662, grâce aux mesures énergiques qui furent prises par M. Voyer d’Argenson, alors gouverneur du Canada, cette tribu guerrière se vit obligée de rentrer dans ses limites, y avoir signé un traité de paix.

Eu 1663, la Compagnie dés Gent-Associés fut dissoute.

Les administrations civiles et militaires, compiétement concentrées jusque là entre les mains des gouverneurs, en dépit de certaines modifications qui avaient été faites en 1647 dans le mode du gouvernement, mais dont ils n’avaient jamais tenu compte, subirent alors des change. ments importants,

Une nouvelle constitution, de à l'initiative de Colbert, ministre de Louis XIV, établissait un conseil souverain composé : du gouverneur, du titulaire ecclésiastique le plus élevé du pays, de

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l'intendant et de cinq conseillers, Ce conseil revêtu des mêmes pouvoirs que la Cour souveraine, en France, à cette époque, avait, en sa qualité administrative, le droit de disposer des deniers publics et de faire tous les règlements relatifs au commerce intérieur et, en sa qualité judiciaire, les pouvoirs les plus étendus qui pouvaient être conférés à un tribunal colonial.

Le gouverneur avait la direction des affaires extérieures, le commandement des forces militaires et représentait l'autorité royale. A l’intendant était dévolue la haute surveillance sur toutes les questions se rattachant à la justice, à la polices aux finances et aux travaux publics. Les Conseillers jugeaient les procès de peu d'importance et veillaient à l'exécution des décisions du conseil. Les Coutumes de Paris firent loi devant les tribunaux civils qui furent établis à Québec, Montréal et Trois-Rivières.

De son côté, l'administration ecclésiastique subissait de très notables changements. Mgr. de Laval-Montmorency, évêque de Pétrée, futenvoyé au Canada pour y remplir la charge de vicaire apostolique. Il arriva le 16 juin 1659 et fixa à Québec son siège épiscopal. Les membres du clergé qui, étant considérés jusqu'alors comme missionnaires, n'étaient soumis à aucun règlement particulier, furent astreints à des règles plus uniformes. Enfin, des paroisses furent établies et des curés furent nommés pour les desservir,

Dès 1663, Mgr de Laval fondait le Séminaire de Québec auquel il adjoignit, cinq ans après, un | petit séminaire. Cette maison a donné naissance, | près de deux siècles plus tard, à l'Université Laval, 1 considérée à juste titre comme une des institutious d'instruction supérieure les plus importantes i | du continent américain. La mème année, les Sulpiciens, établis à Montréal depuis déjà six ans, devinrent, en vertu d’une charte qui leur fut con. férée par le roi de France, les adiministrateurs et les suzerains de l'ile de Montréal.

Les dissensions qui éclatèrent bientôt parmi les ‘4 membres du Conseil souverain, nécessitèrent de À | nouvelles modifications dans le mode du gou- À vernement.

En 1665, on dut remplacer le Conseil souverain, 4 tel que constitué, par un autre se composant d'un à gouverneur-général de toutes les possessions françaises en Amérique, portant le titre de vice-roi, d’un gouverneur pour chaque province et d’un intendant général. Ce nouveau système adini- l# nistratif fut inauguré avec M. de Tracy comme 1

ice-roi, M. de Courcelles comme gouverneur de la Nouvelle-France, et M. Talon comme intendantgénéral.

Sous l'administration de M. de Tracy, le seul des vice-rois qui ait visité la Nouvelle-France, où il débarquait le 30 juin 1666, La colonie naissante fit des progrès rélativement rapides. I! fut puissamment aidé par Talon qui fut le mieux inten-

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RÉSUMÉ HISTORIQUE 33 re de : tionné et le plus remarquable, sous le rapport s, un administratif, de tous les intendants qu'a eus le 4 ince, Canada et qui tourna tous ses efforts vers le dé- h aval, L veloppement de l’agriculture et de l’industrie. LR titu- M Le nouveau viode-roi était accompagné de vingt- ( unies | quatre compagnies du régiment de Carignan, qui dl Sul- À revenait de Hongrie où il s'était fort distingué ÿ s, de- | pendant la guerre contre les Turcs. Il emmenait

con. ! | aussi avec lui un certain nombre de bœufs et de

rset moutons et les premiers chevaux qu'on eut en-

Æ core vus au Canada. ‘| iles Dès que Mr. de Tracy se fut rendu un compte : it de | exact de la situation, il décida de pousser avec | gou- È vigueur la guerre contre les Iroquois qui con- 1

® tinuaient leurs déprédations. Il fit construire 4 rain, À un certain nombre de petits fortins pour mettre un 1d d'un obstacle aux incursions des sauvages et servir à il fran. À l'occasion de refuge aux colons. Puis, à la tête (l e-roi, ! de forces relativernent imposantes, il marcha à la d'un É rencontre des Iroquois qui, après avoir vainement dini- 4 tenté de lui résister, se virent bientôt dans la 1 mme 4 nécessité de signer un nouveau traité, le seul qui ci ir de UN eut quelque durée, puisqu'il donna seize années L lant- 4 de paix à la colonie,

4 La petite vérole, qui fit plus pour la destruc. seul tion des races aborigènes de l'Amérique du Nord >, où 4 que ne l’auraient pu faire toutes les armées du ; sante | roi de France réunies, sévit d’une manière par- d puis | ticulièrement rigoureuse vers cette époque. Dans

aten- M} l’espace de quelques années, en 1670 spéciale-

34 RÉSUMÉ HISTORIQUE ment, des tribus entières disparurent frappées par le fléau terrible qui dépeupla, presque complètement, la partie nord du Canada.

Sous l'administration de M. de la Barre, marin habile mais administrateur médiocre, nommé, en 1682, gouverneur de la Nouvelle-France, les Iroquois menacèrent de nouveau lexistence de la colonie. Poussés en sous main par les émis. saires de l'Angleterre, ils devinrent plus audacieux qu'ils ne l’avaient jamais été, et le plus souvent cependant leurs déprédations restaient impunies, Il n’y avait qu'une voix dans la colonie pour blâmer la mollesse de ce gouverneur, qui dut bientôt se retirer devant le mécontentement général.

Malheureusement, son successeur, M. de Denonville, ne se montra guère plus énergique et ne sut pas profiter des avantages assez considérables qu'il avait remportés, quelque temps après son arrivée, sur ses sauvages ennemis.

Il s’endormit dans une fausse sécurité, trompé par là tranquillité apparente que lui avaient gagnée les succès de son expédition.

Ce fut sous l'administration de ce gouverneur qu'eut lieu un des épisodes les plus sanglants de ces époques de guerres sans merci. Dans la nuit du 5 août 1689, nuit terrible qui a fait donner à cette année le nom d'année du massacre, quatorze cents guerriers Iroquois traversent le fleuve Saint-Laurent pendant un orage etfroyable

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qui favorise leurs projets, débarquent en silence sur l’île de Montréal, cernent les maisons des colons sans défiance, et à un signal donné com. mencent leur œuvre de carnage. Rien ne fut épargné ; hommes, femmes et enfants furent impitoyablement égorgés à la lueur de leurs maisons en flammes. Puis, ces hordes sauvages se répandirent au milieu des populations des campagnes terrifiées, tuant, saccageant, brûlant tout sur leur passage, pour ne se retirer, impunies, que vers le milieu du mois d'octobre.

Cette violation manifeste du droit des gens et de la foi des traités, fut le prélude d’une guerre qui éclata la même année entre les colonies française et anglaise de l'Amérique du Nord ; guerre inégale, s’il en fut, puisqu’à cette époque, la Nouvelle-Angleterre possédait déjà une population de 200,000 âmes au moins, tandis que la Nouvelle- France comptait 15,000 habitants à peine. De plus, pendant que les Anglais devaient attendre des secours effectifs des Iroquois, les ennemis naturels des Français, ceux-ci ne pouvaient espérer aucune aide de leurs anciens alliés, les Hurons, décimés par les dernières guerres qu'ils avaient eues à soutenir.

Néanmoins, grâce à la fermeté dont fit preuve le comte de Frontenac, successeur de M. de Denonville, qui revenait en 1689, pour la seconde fois, occuper la charge de gouverneur de la Nouvelle-France qu’il avait déjà remplie de 1672 à

1682, les chances de cette campagne, guerre de représailles et d’extermination de part et d'autre, dans laquelle les Iroquois faisaient leur partie, furent souvent partagées.

Dans le coursde l’hiver 1690, M. de Frontenac prépara une expédition contre les établissements de la Nouvelle-Angleterre, dont les habitants poussaient les Iroquois à des actes d’hostilité continuels contre les Français. Il divisa son armée en trois corps; l’un, organisé à Québec, sous le commandement de M. de Portneuf, se composait de cinquante Français et d’une soixantaine de sauvages; un autre, levé à Montréal, placé sous les ordres de MM. de Saint- Hélène, d’Ailleboust et d’Iberville, comptait cent quatorze Français et quatre-vingt. treize sauvages ; le troisième, formé à Trois-Rivières, n'était romposé que de vingt-sept Français et de vingt-cinq sauvages commandés par M. de Hertel. Cette campagne fut heureuse. Portneuf assiégea et prit Casco (aujourd’hui Portland) dans l’état du Maine ; le corps de M. de Saint Hélène saccagea Corlar, riche bourgade de plus de ‘uatre. vingts habitations, située à six lieues d À any, dans l’état de New-York; enfin M. de Hertei s’empara de Salmons, aujourd’hui Portsmouth, dans le New-Hampshire.

Les conséquences de cette expédition faillirent être fatales à la colonie française, car les cclons de la Nouvelle-Angleterre décidèrent de prendre

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| RESUMÉ HISTORIQUE 37

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une PAR éclatante Pendant qu’une armée, forte de trois mille hommes, sous les ordres du général Winthrop, se dirigeait sur Montréal, l’a. miral Phipps, après avoir pris Port-Royal et conquis l’Acadie, venait, le 16 octobre 1690, mettre le siége devant Québec avec une flotte de sept vaisseaux montés par deux mille hommes.

Après avoir bombardéla ville pendant plusieurs jours sans succès, désespérant de s'en rendre maître par la force, il essaya d'employer la ruse, Pendant qu'il faisait faire ostensiblement tous les préparatifs de la levée du siége, il opérait clandestinement une descente à quelques milles de la ville, dans le but de surprendre les assiégés du côté de la terre. Mais, surpris lui-même ei attaqué à l’improviste par un bataillon canadien, l'amiral Phipps dut rejoindre précipitamment ses vaisseaux, abandonnant toute son artillerie de campagne sur le rivage et laissant plus de six cents morts sous les murs de Québec. De plus, en regagnant la pleine mer, la flotte anglaise fut assaillie, dans le golfe Saint-Laurent, par une tempête furieuse dans laquelle la plupart des vaisseaux se perdirent corps et biens. Ceux qui restèrent, à moitié désemparés, ne regagnerent qu’à grand’peine le port de Boston d’où l’expédi. tion était partie.

D'un autre côté, l’armée de Winthrop, décimée par la petite vérole, avait été obligée de retourner sur ses pas sans avoir réussi.

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Profitant du désarroi dans lequel le succès inespéré de cette campagne avait jeté l’ennermni, M. de Frontenac décida de prendre l'offensive à son tour. Il donna le commandement des armées franco-canadiennes à M. d’'Iberville, gentilhomme canadien, que sa bravoure et ses exploits dans dif. férentes expéditions contre les Anglais et les sauvages ont fait surnommer le Cid du Canada. *

Ce général, après plusieurs combats toujours heureux, sur terre et sur mer, débarqua sur l’île de Terre-Neuve, dans l'été de 1696, et se fit ouvrir les portes de Saint-Jean, capitale de l’île, après avoir pris d'assaut les forts qui protégeaient la ville.

Puis, dans le mois de mai de l’année suivante, il s'emparait des forts de la baie d'Hudson, qui redevenait ainsi possession française.

Le traité de Ryswick, signé le 20 septembre 1697 entre la France et l'Angleterre, mit fin aux hostilités.

Ce traité assurait aux deux nations, respective. ment, les territoires qu’elles possèdaient avant la guerre, à l'exception de la baie d'Hudson qui restait à la France.

Grâce à l'intervention d’un chef huron nommé Kondarionk, ou le Rat, qui, par la supériorité de

* M. d’Iberville après avoir fondé la Louisiane, en 1701, mou-

rut à la Havane, en juillet 1706, commandant du vaisseau le Juste, de la marine française.

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son intelligence, avait acquis une influence considérable sur toutes les tribus indiennes du pays, un projet de paix fut arrêté le 8 septembra 1700 entre les aborigènes et le gouvernement colonial français, à la tête duquel se trouvait alors M. de Callières qui avait remplacé M. de Frontenac mort en 1698. Malgré tous les efforts des émissaires de la Nouvelle-Angleterre pour faire cesser la bonne harmonie qui existait depuis lors entre les Français et les indigènes, ce traité dont les bases avaient été jetées parM. de Frontenac, peu de temps avant sa mort, fut définitivement ratifié le 4 août 1701 par les délégués de toutes les tribus. La hache de combat qui avait, pendant de longues années, laissé de si sanglantes traces de la baie d'Hudson au golfe du Moxique, fut enfouie dans le sein de la terre, selon la coutumeindienne, avec tout le cérémonial usité en pareille circonstance.

Au milieu des combats continuels que les colons de la Nouvelle-France avaient à soutenir pour conserver à la mère-patrie ses possessions perdues sur l’immensité du Nouveau-Monde, il se trouvait des hommes patriotiqués et entreprenants qui, non contents de combattre pour elle, exposaient tous les jours leurs vies pour étendre son influence moïale.

Champlain fut le premier qui dès 1609 explora le lac Champlain et la rivière Richelieu, en 1613 la rivière Ottawa, en 1615 les lacs Huron, Ontario

et Nipissing et parcourut là partie du pays qui forma plus tard le Haut-Canada. De son temps, en 1646, le père Dolber visitait le Saguenay, le père Druillettes parcourait les rivières Chaudière et Kénébec, et en 1647, le père de Quen dé. couvrait le lac Saint-Jean.

Vers la même époque, en 1639, Nicolet se rendait jusqu’au Mississipi qui fut exploré trente ans plus tard, à l’instigation de l'intendant Talon, par Jolliet et le père Marquette. * Ces derniers durent laisser eux-mêmes à Cavelier de la Salle le soin de continuer leur œuvre et l'honneur de doter la France, en 1682, des fertiles régions auxquelles il donna le nom de Louisiane.

La colonie jouissait, depuis quatre ans à peine, des douceurs de la paix que devait lui assurer le traité de Ryswick, quand la guerre de la succession d'Espagne, dans laquelle l'Angleterre se trouva encore une fois engagée contre la France, éclata en Europe. Naturellement, le contre-coup s’en fit ressentir sur le continent américain et les hostilités recommençcèrent de nouveau entre les colonies anglaises et la Nouvelle-France. Quoique moins désastreuse pour le Canada que ne l'avait été la guerre de 1687, quoique les avantages fussent souvent du côté des Français, cette

# Lopère Marquette épuisé par les fatigues du voyage, mourut lo 19 mai 1675, au milieu des bois, tandis que son compagnon revenait à Québec rendre compte de son expédition.

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nouvelle reprise d'armes eut pour effet d’affaiblir davantage encore la colonie française qui, peu soutenue par la mère-patrie, était épuisée déjà par les luttes incessantes qu’elle avait en à soutenir. Après une série de succès et de revers presque également partagés cette guerre se termina, en 1713, par le traité d'Utrecht, par lequel la France abandonnaiït à l'Angleterre le territoire de la Baie d'Hudson et l’Acadie.

Le gouvernement français crut pouvoir se dédommager de l’abandon qu'il venait de faire de l’'Acadie, en attirant l’émigration sur l’île du Cap-Breton qui ne lui avait pas été enlevée par le traits d'Utrecht. Il espérait que les colons établis dans les provinces concédées à l'Angleterre, s'empresseraient d'abandonner leurs propriétés pour venir se fixer sur cette terre restée française. Mais, à peu d'exception près, ces prévisions ne se réalisèrent pas et la France, de ce côté, ne put compenser les pertes qu’elle avait faites.

En 1722, quoique la population du Canada eût sensiblement augmenté, puisqu'on l’évaluait alors à environ °5,000 âmes, l’agriculture était encore peu prospère, l'instruction du peuple avait été complétement négligée et les finances se trouvaient dans un état déplorable.

M. de Vaudreuil, qui avait succédé à Mr. de Callières mort en 1703, pensa qu'il était nécessaire de faire subir quelques changements à l’organisation intérieure de la colonie. En consé-

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quence, il ordonna la révision des lois civiles et criminelles, établit des maîtres d’école dans les endroits les plus peuplés et divisa le pays en quatre-vingt-deux paroisses, dont quarante-huit sur la rive gauche du Saint-Laurent et trentequatre sur la rive droite. Malheureusement ce gouverneur, qui unissait à la plus grand fermeté des qualités inappréciables comme administrateur mourait en 1725, laissant son œuvre incomplète. Sous son administration les Canadiens remportèrent des succès assez marqués, tant sur les indigènes que sur les Anglais de la Nouvelle-Angleterre ; mais, presque toujours, leur petit nombre les empêchait de conserver les avantages conquis. Ce fut sous son gouvernement qu'eut lieu la malheureuse tentative dirigée sur Québec par la Nouvelle-Angleterre. L'amiral Walker qui était à la tête de l'expédition s’embarquait à Boston, le 30 juillet 1711, avec 6,500 hommes. Vers les Sept- Iles, le 14 août, sa flotte enveloppée par une brume épaisse fut assaillie par une tempête d’une violence extrême pendant laquelle huit vaisseaux allèrent se briser sur l’île aux OEufs où pas moins de neuf cents hommes, tant officiers que soldats, perdirent la vie. A la suite de cette catastrophe l'amiral crut qu'il était prudent de rebrousser chemin.

Après la mort de Mr. de Vaudreuil, Mr. de Longueuil, déjà gouverneur de Montréal, remplit Fine

térim jusqu’à l’arrivée du marquis de Beauharnois qui eut lieu à la fin d'août 1726.

On doit surtout tenir compte au nouveau gouverneur des efforts qu'il fit pour répandre l’instruction dans les campagnes. Pour suppléer au défaut d’instituteurs il fit venir, en 1737, plusieurs frères des écoles chrétiennes.

La Nouvelle-France devant, comme toujours, subir les conséquences de la guerre qui éclatait de nouveau entre la France et l'Angleterre en 1743, Mr. de Beauharnois se prépara à y faire face. Quoiqu'il ne put réunir que 11,285 miliciens, * il suttirer avantageusement parti de ces faibles ressources et fit plusieurs expéditions heureuses tant contre la Nouvelle-Angleterre que contre les indigènes. Mais en Acadie, où l’Angleterre avait porté tous ses efforts, il fut moins heureux, et Louisbourg, après un siége de quarante-neuf jours, tombait, le 17 juin 1745, entre les mains des anglais. Quand, ayant été remplacé par le comte de la Galissionnière, qui débarquait à Québec le 19 septembre 1747, il dut retourner en France, Mr. de Beauharnoiïis fut accompagné des regrets de toute la colonie.

Esprit pénétrant et possédant une instruction très soignée, Mr. de la Galissonnière fit tous ses efforts pour tirer le meilleur parti possible des

#* Les forces militaires se trouvaient alors ainsi réparties: À Québoo 5,579 ; Montréal 4,647 ; Trois-Rivières 1,059,

ressources naturelles du pays. Le traité d’Aix-la- Chapelle, signé en 1748, ayant remis encore une fois les choses dans leur état primitif, il travailla activement à consolider l'influence française sur le continent américain.

Mr. le marquis de la Jonquière, appelé à lui succéder, était déjà très âgé quand il prit, le 2 septembre 1748, possession de son gouvernement qu’il ne garda que trois ans. Sous son administration le trafic du ginseng prit une extension con: sidérable. Ce gouverneur, qui possédait de grandes qualités administratives, mourut le 17 mars 1752 et fut enseveli, en grandes pompes, dans l’église des Récollets où reposaient déjà les restes des gouverneurs de Frontenac et de Vaudreuil.

Charles LeMoyne de Longueuil, * depuis 1749 gouverneur de Montréal prit, en sa qualité de plus ancien officier, l'administration de la colonie, Il espérait être nommé gouverneur-général, mais comme cette charge ne pouvait pas être occupée par un canadien il dut remettre le pouvoir au marquis Duquesne de Menneville, qui arriva à Québec en juillet 1752.

Homme très énergique, le nouveau gouverneur s'occupa d’abord de rétablir la discipline qui s'était considérablement relâchée, pendant les der:

# Charles LeMoyne, deuxième baron de Longueuil, né à Longueuil le 19 octobre 1687 de Charles LeMoyne et de Claude Elizabeth Souart, de Montréal, mourut le 17 janvier 1755,

nières années, dans l’armée canadienne; mais il eut souvent à se heurter, dans l’accomplissement de la tâche qu’il s’était imposée, contre le mauvais vouloir de l’intendant Bigot à qui on peut attribuer, en grande partie, la responsabilité des événements qui ont amené la cession du pays à l'Angleterre.

La Nouvelle-France ne comptait guère alors qe treize mille hommes en état de porter les armes. Avec des forces aussi insuffisantes comparées à celles que pouvaient leur opposer alors le gouvernement britannique et les possessions de la Nouvelle-Angleterre, le marquis Duquesne se prépara néanmoins à entrer en campagne et, se dirigeant vers l'Ohio, il s’emparait le 3 juillet 1754 du fort Nécessité, défendu par Washington, le futur fondateur de la république des Etats. Unis. Mais le 18 juin de l’année suivante, la prise du fort Beauséjour livrait l’Acadie au pouvoir des anglais. Ceux-ci voyant qu'ils ne parviendraient jamais à arracher du cœur des Acadiens l'amour qu’ils avaient voué à la France, malgré tout ce qu’ils avaient déjà souffert à cause d'elle, décidèrent de les chasser de leurs foyers afin de rester seuls maîtres du sol, Ils ne tardèrent pas à mettre ce projet à exécution et, dans le cours de l'automne, ils embarquèrent un grand nombre de ces inalheureux sur leurs vaisseaux et les transportèrentsur différents points des côtes de la Nouvelle-Angleterre; les autres

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frappés de stupeur s’enfuirent dans les bois, où beaucoup périrent de froid et de faim.

Pendant que ces tristes événements se passaient en Acadie, le général anglais Braddock se préparait, de son côté, à envahir les établissements français de l'Ohio. ‘I marchait à la tête d’une armée de deux mille deux cents hommes contre le fort Duquesne défendu par M. de Contrecœur quand, le 3 juillet 1755, sur les bords de la rivière Monongahéla qu’il venait de traverser, il se trouva tout-à coup en présence d’un petit corps de troupes composé de deux cent vingt {français et de six cent vingt sauvages, commandés par M. de Beaujeu.

Alors, malgré la disproportion du nombre eut lieu, quatre heures durant, un co-"bat acharné pendant lequel M. de Beaujeu fut et le général Braddock * blessé mortellement, mais se termina par la déroute complète des anglais qui laissèrent sur le champ de bataille treize cents hommes, cinq cents chevaux et treize pièces de campagne.

Mais, quelques mois plus tard, le général Johnson, à la tête de cinq mille hommes, battait le baron Dieskau qui avait accepté le combat avec quinze cents hommes seulement, et s’emparait du fort St, Frédéric situé sur la rive nord du lac Champlain.

* Le Général Braddock mourait le 13 juillet des suites de ses blessures.

M. de Vaudreuil, successeur du marquis Duquesne qu’il avait remplacé, en juillet 1755, était gouverneur de la Nouvelle-France, quand le marquis de Montcalm y arriva comme lieutenantgénéral des armées du roi. Ce général, qui fut le dernier défenseur de la domination française sur le continent américain, débarquait à Québec au mois de mai 1756, escorté de deux bataillons d'excellentes troupes dont les régiments’ de la Sarre et du Royal Roussillon faisaient partie. Il était accompagné du chevalier de Lévis, plus tard maréchal de France, du colonel de Bourlamaque et de Bougainville qui se fit, par la suite, un nom si glorieux dans les annales maritimes françaises,

Montcalm se montra déterminé à poursuivre les opérations militaires avec vigueur et, moins de trois mois après son arrivée, le 15 août, ils prenait Chouagen (Oswego), situé au sud-est du lac Ontario, qui était considéré comme une des places

. fortes les plus importantes des possessions an-

glaises. Il y fit seize cents prisonniers, s’empara de cent treize canons, de cinq bâtiments de guerre et d'approvisionnements considérables, ne perdant que trente hommes tant tués que blessés. Puis, l’année suivante, le 5 août 1757, il mettait le siége devant le fort George (William Henry) qui, malgré une garnison de trois mille hommes, était forcé de capituler après six jours d’une défense vigoureuse.

Grâce à deux années de mauvaises récoltes

successives et aux exactions de Bigot, intendant depuis 1748, dont le nom sera exécré tant qu’il restera un descendant de la France sur la terre d'Amérique, la population de la Nouvelle-France souffrait de la plus affreuse disette. L'hiver de 1758-59 fut particulièrement rigoureux et le peuple dut être réduit à une ration de deux onces de pain par jour.

Les ‘Anglais voyant l’état d’épuisement dans lequel était tombée la colonie résolurent d’en finir et décidèrent d'attaquer, à la fois, par Louisbourg, dans la Nouvelle Ecosse, Carillon, sur le lac Champlain et le fort Duquesne, dans l'Ohio. Montcalm n'avait alors guère plus de six mille hommes à opposer aux armées du général Abercromby fortes de cinquante mille soldats et de trente mille miliciens.

Louisbourg assiégé par l'amiral Boscawen avec vingt quatre vaisseaux de lignes et douze mille hommes de débarquement, sous les ordres des généraux Ambherst et Wolfe, dut se rendre le 2 juin 1758, après une résistance opiniâtre de six . semaines pendant laquelle la femme du gouverneur, Mme. de Drucourt, donna l'exemple aux soldats de la garnison.

Mais à Carillon le corps d'armée d’Abercromby devait subir un des échecs les plus sérieux de cette. campagne. Le général anglais pendant qu’il marchait sur le fort avec une armée de seize mille

soldats se trouva tout à coup arrêté, le 8 juillet,

par Montcalm, Lévis et Bourlamaque à la tête de trois mille hommes seulement. Après un combat acharné de quelques heures pendant lequel les Français ne perdirent que trois cent soixante-dix-sept des leurs. le général anglais dut lâcher pied laissant cinq mille hommes sur le champ de bataille.

Le fort Duquesne qui n'avait qu’une garnison insuffisante, ayant été évacué à l'approche du général Forbes qui venait en faire le siége avec six mille soldats, fut occupé par les Anglais qui changèrent son nom en celui de fort Pittsburg,

Le plan de campagne des Anglais pour l’année 17959 fut le même que celui des années précédentes ; il fut décidé encore une fois, que le Canada serait envahi par trois points à la fois. Ils mirent sur pied une armée de soixante mille soldats, c'est-à-dire plus nombreuse que la population toute entière du Canada qui ne comptait alors que 15,229 hommes en état de porter les armes. Cette armée fut divisée en trois corps qui devaient converger vers Québec où le coup décisif devait être porté.

Le général Wolfe, avec vingt vaisseaux de lignes, huit mille hommes de débarquement et

dix-huit mille marins, devait partir de Louis-

bourg pour se rendre devant Québec. Le second corps composé de douze mille hommes commandés par le général Amherst, devait marcher d'abord sur Montréal par le lac Champlain. Enfin

le général Prideaux, à la tête de cinq à six mille hommes, après avoir pris le fort Niagara, devait descendre le fleuve et rejoindre les deux autres corps d'armée sous les murs de Québec.

. Montcalm, Lévis et Bougainville attendirent Wolfe à Québec ; Bourlamaque partit avec deux mille six cents hommes pour tenter d’arrèter la marche du général Amherst et le capitaine Pouchot, avec trois cents soldats seulement, fut envoyé pour défendre le fort Niagara.

Bourlamaque s’étant vu obligé d’évacuer le fort Carillon, le 20 juillet, se replia sur l’ile aux Noies où il tint le général Aïnherst en échec; le capitaine Pouchot défendit vaillamment le fort Niagara attaqué par le général Prideaux qui fut tué, le 25 juillet, en dirigeant les opérations du siège, et ne le rendit qu’à la dernière extrémité, le 26 juillet, après avoir fait sauter ses magasins de munitions.

Mais le gros de l’action devait avoir lieu sous les murs de Quéhec devant iesquels l’armée du général Wolfe était arrivée le 27 juin. On tenta de protéger la ville qui, du côté de la campagne surtout, ne possédait que des fortifications toutà-fait insuffisantes, par un camp retranché s’étendant de la rivière St. Charles aux chutes Montmorency.

Wolfe, après avoir pris connaissance des lieux, débarqua une partie de son armée sur l’île d’Orléans et occupa, avec le reste, les alentours de

Le]

RÉSUMÉ HISTORIQUE v 51

Lévis d’où il bombarda la ville, tandis qu'ils expédiait des détachements qui ravageaient les campagnes environnantes.

Voyant que les généraux français paraissaient décidés a rester sur la défensive, Wolfe résolut de forcer leurs retranchements du côté du saut Montmorency. Le 31 juillet il ouvrait l'attaque avec cent dix-huit pièces de canons ; les Français n'en avaient que dix pour y répondre. Vers le soir, à la tête de six mille soldats, le général anglais s’élancait à la bayonnette pour rompre les lignes française, mais il fut reçu par une décharge de mousqueterie tellement meurtrière qu’il dut retraiter précipitamment laissant six cents hommes surle terrain. Après cet échec, mais ayant conscience de sa force numérique, Wolfe décida de prendre Québec sans plus tarder. Après avoir trompé, par une série de manœuvres habiles, Bougainville c'ui avait été chargé de surveiller ses opérations, grâce aussi à l'incurie ou à la trahison du capitaine de Vergor commandant du poste du Cap-Rouge, il parvenait à débarquer, dans la nuit du 12 au 13 septembre, à l’anse au Foulon. Au point du jour, le 13 au matin, l’armée anglaise se trouvait rangée en bataille sur la Butte-à-Ne-

- veu, aux portes même de la ville.

Alors, n’écoutant que son courage, Montcalm, avec 4,500 hommes seulement, vint offrir Le combat su général anglais qui l’attendait à la tête d’une armée de 8,000 soldats. Malgré la disproportion

du nombre, la victoire fut longtemps indécise dans cette journée où on vit les commandants en chef des deux armées tomber, mortellement blessés, sur le même champ de bataille. * Mais il failut céder enfin sous le poids du nombre, et cette défaite des plaines d'Abraham, cause de la reddition de Québec qui eut lieu quelques jours après, le 18 septembre, donna le coup de grâce à la domination française sur le continent améri- Cain.

M. de Lévis devenant, par la mort du marquis de Montcalm, général en chef des armées françaises au Canada, rassembla les débris épars ] de ses troupes et, dès le printemps de l’année suivante, le 28 avril 1760, prenait sur ces mêmes plaines d'Abraham, à Ste. Foye, une revanche éclatante de la défaite de l’année précédente.

Après un combat homérique de quelques heures, pendant lequel les Français durent suppléer au nombre par le courage; l’armée anglaise fut obligée de lâcher pied et de se réfugier derrière les murs de Québec, après avoir perdu plusde mille hommes et toute son artillerie,

# En essayant de rallier ses troupes, Montcalm deux fois blessé reçut une blessure mortelle dont il mourut le lendemain matin sur le: ciny heures, Il fut inhumé dans la chapelle du couvent des Ursulines.

Le général Wolfe fut tué sur le champ de bataille en chargeant à la tête de ses troupes.

Alors, comptant sur les secours qu’il avait fait demander en France, et espérant les recevoir d’un jour à l’autre, M. de Lévis mit le siége devant la Ville. Mais, au lieu des renforts qu’il attendait, il vit, le 15 mai, les voiles d’une flotté anglaise considérable remontant le fleuve Saint-Laurent, La résistance devenait plus que jamdis impossible et le général canadien vit qu’il lui fallait céder devant la coupable indifférence de la cour de Versailles plus encore que devant les forces supérieures de l'ennemi.

Les généraux anglais dirigèrent alors toutes leurs troupes sur Montréal qui n’était pas encore tombée entre leurs mains. Catte ville défendue par une garnison de trois mille cinq cents hommes seulement, assiégée par les trois armées réunies de Murray, Ambherst et Haviland représentant un affectif d'environ vingt mille hommes, dut capituler, le 8 septembre 1760, maigré la défense énergique de MM. de Vaudreuil et de Lévis.

Les débris de l’armée française aa Canada durent donc déposer les armes. L'heure était sonnée où les vaillants pionniers qui avaient fondé une nouvelle France sur le continent américain, allaient être condamnés à vivre désormais à l'ombre d’un drapeau étranger et jusqu'alors ennemi.

C’en était fait ; le drapeau anglais, flottant sur la fière citadelle de Québec à la place de celui que Champlain y avait fixé plus d’un siècle et demi

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