‹ Notes sur le Canada [microforme] (volume 4)Chapitre 14 sur 29 · FL · texte numérisé non relu

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On remarque que le virement qui s’est effectué en faveur du Haut-Canada, s'est produit entre 1844 et 1852, vers l’année 1850 probablement.

Pendant les quinze dernières années qui se sont écoulées sous ce dernier régime gouverremental qui prit fin avec une nouvelle Cons+ titution, le 1° juillet 1867, le Haut-Canada, presque exclusivement anglais et protestant, se prévalant de la supériorité du nombre, ré+ clama avec instance la représentation législative basée sur la population, quil'aurait mis à même de contrôler l'élément français et catholique en grande majorité dans l’autre province. De là, des débats très-passionnés au-Parlement entre les représentants des deux origines, qui faisaient désirer, de part et:d’autre, une séparation prochaine.

L'acte de Confédération de: 1867 vint mettre fin à toutes ces luttes. Aujourd’hui le. Haut et le Bas-Canada, tout en étant unis, pour certaines fins, par les lois communes qui régissent les provinces britanniques de l’Amérique du Nord, sont indépendants l’un de l’autre pour tout ce qui se rattache aux questions. d'administration locale.

En France, on connaît généralement peu l'Amérique, et le peu qu’on en sait se réduit

le plus souvetità quelques données plus ou moins exactes sur les États-Unis.

Pour les républicains, la grande république de l'Amérique du Nord est le pays où fleurissent, au souffle de la liberté la plus illimitée, les idées de leurs rêves; pour les croupiers de la petite banque, c’est un pays de cocagne où l’'agio le moins contrôlé règne sans entraves; pour tout le monde enfin, c’est le lieu des fortunes rapides, et on parle avec admiration de l'accroissement prodigieux de sa population que l’émigration étrangère vient grossir tous les jours.

Quant at Canada, les souvenirs les plus précis de la plupart de ceux qui savent qu'il existe, se résument à quelques effrayantes histoires où des trappeurs, des sauvages et quelques féroces ours gris jouent des rôles plus ou moins fantastiques, sur une scène couverte de neiges éternelles.

Si, d’un côté, on s’exagère les progrès qui se manifestent aux États-Unis, on se montre injuste, de l’autre, en faisant fi de ceux qui s’opèrent dans la colonie voisine, dignes aussi, à tous égards, d'attirer notre attention et de réveiller nos sympathies.

Ce Canada, que l’on ne connaît guère et dont on ne parle plus, qui, en 1763, comptait tout

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au plus une soixantaine de mille âmes sur son vaste territoire, s’est développé tout doucement sans avoir recours à la trompette de la publicité pour attirer l'émigration étrangère sur ses plages hospitalières ; réduit presque à sa simple force d'expansion, il a vu sa population grossir dans les mêmes proportions que celle de son orgueilleuse voisine.

Afin de donner à la paradoxale prétention que nous venons d'émettre une plus grande apparence de crédibilité, nous l’appuierons par des chiffres d'autant plus inattaquables qu'ils émanent des statistiques officielles des deux pays.

Mais nous ne ferons entrer en ligne de compte, dans le parallèle que nous allons établir entre les États-Unis et le Canada pour prouver notre assertion, que les provinces de Québec et d’Ontario constituant, à elles seules, ce dernier pays, avant l'annexion du Nouveau- Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, duterritoire du Nord-Ouest, de la Colombie anglaise et de l'ile du Prince-Édouard, qui se sont unis à elles en vertu de la Constitution de 1867 et forment maintenant ensemble la Confédération canadienne.

Des recensements ont lieu tous les dix ans, tant aux États-Unis qu'au Canada.

En remontant à l’année 1850, nous constatons que les chiffres de la population des deux pays étaient, respectivement:

États-Unis ,. . . . 23.191.876 âmes.

Canadu , , + , . 1.812.265 —

Ce qui prouve, qu'à cette époque, la population des États-Unis était environ treize fois plus considérable que celle du Canada.

Jusqu'en 1860, cette proportion n’a pas varié d'une manière appréciable, puisque les dénombrements faits en cette année donnent:

Aux États-Unis . . 31.443.221 Ames.

Au Canada . . . .« 2.506.755 —

On obtient aussi pour l’année 1870, à peu de choses près, les mêmes résultats, la population étant alors:

Pour les États-Unis, de 38.513.955 Ames.

Pour le Canada, de. 2.822,367 —

Si l’on considère maintenant, comme il est facile de le prouver par les rapports du bureau d’émigration de Washington, que (9,665,920) neuf millions six cent soixante-cinq mille neuf cent vingt Européens sont venus, depuis 1820, s'établir aux États-Unis, et que, pendant le même laps de temps, l'émigration n’a donné au Canada que (300,000) trois cent

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mille habitants tout au plus, on arrivera à la conclusion que, dans la population de la grande république, il est entré directement plus d’un quart d'éléments étrangers qui ne figurent que pour un neuvième environ dans celle des proyinces canadiennes.

A l'encontre des États-Unis, dont la population s’est recrutie chez toutes les nations du globe, le Canada u est peuplé que parles représentants de deux grandes nationalités. La multiplication des Canadiens d’origine française qui, lors de la cession du Canada à l'Angleterre, ne comptaient guère que (60,000) soixante mille membres, tient réellement du prodige.

En face de telles preuves, viendra-t-on dire encore, comme quelques écrivains l'ont prétendu, que la race française est impropre à la colonisation ?

Le recensement de 1871, le seul qui ait été fait depuis la proclamation de la Confédération, a donné le résultat suivant pour toutes les provinces qui en font partie:

Provinces, Population.

Ontario (Haut-Canada). . . . 1.620.851 Québec (Bas-Canada) . . . | 1,191,516 Nouvelle-Écosse . . . . . . 387.800 Nouveau-Brunswick. , . . . 285.594 Ile du Piince-Édouard, . . . 94.021 Colombie britannique . . . . 42.000

Provinces. Population.

Manitoba! 24,14 à: 11.963 Territoire du Nord-Ouest. . , 85.000

Total. . . . . . 3.718.745

Si nous nous en sommes tenu à établir la progression qui s’est effectuée dans la population du Haut et du Bas-Canada, depuis la découverte de la Nouvelle-France jusqu’à nos jours, sans tenir compte du mouvement, trèsaccentué aussi, qui s’est manifesté dans celles des autres provinces qui faisaient partie de l’ancienne colonie française, c’est que, dans ces deux-là seulement, des dénombrements réguliers nous ont permis de le faire d’une manière exacte. Du reste, nous croyons en avoir dit assez pour donner un aperçu de la marche progressive de la population au Canada.

On peut évaluer à environ 1,525,000 le nombre des catholiques et à 1,085,000 les membres de la race française répandus actuellement sur toutle territoire delaconfédération canadienne. Le reste de la population totale appartient à différentes origines et à diverses religions.

La race anglo-saxonne et le protestantisme représenté par un assez grand nombre de sectes dominent cependant. On peut compter 2,020,000 protestants et pas moins de

blir la )cpulala délà nos t, trèscelles

2,120,000 ämes de nationalités anglaise, écossaise et irlandaise.

Le Bas-Canada est presque tout français ct catholique, donnant 930,000 habitants d'origine française et 1,020,000 catholiques. La population irlandaise et catholique, qui y vit, explique la différence que l’on constate entre ces deux chiffres.

Par contre, la nationalité britannique et le protestantisme sont en grande majorité dans le Haut-Canada, où il n’y a guère que 75,000 habitants d’origine française et 275,000 personnes environ professant le catholicisme.

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