ABORIGÈNES
La race indigène sauvage qui, il y a à peine trois siècles, peuplait, à l'exclusion de toute autre, les vastes territoires de l'Amérique du Nord, disparaît tous les jours avec une rapidité remarquable.
Ces fières tribus d’Algonquins, d'Iroquois, de Natchez, de Hurons, de Sioux et autres, seuls maitres de ces contrées, quand Jacques Cartier
vint planter sur les rives du Saint-Laurent le drapeau de la civilisation européenne, n’existeront bientôt plus que par le souvenir.
A proprement parler, il n’y a plus guère de sauvages aujourd'hui dans les possessions britanniques de l'Amérique du Nord, si ce n’est dans la Colombie anglaise, Manitoba et le pays de la baie d'Hudson où on en compte encore 96,128 éparpillés sur une superficie territoriale de 8,186,711 kilomètres carrés.
Le dernier rapport du ministre de l'intérieur, au Canada, constate qu'il n’y a déjà plus dans les provinces d'Ontario, de Québec, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse que 29,827 sauvages répartis, comme suit, entre chacune d'elles :
Ontario (Haut-Canada) . . . . , 15.305 Québec (Bas-Canada) , .« , . . 10.809 Nouvelle-Écosse . . . . . . . . 1.849 Nouveau-Brunswick . . . . . . 1,541 Ile du Prince-Édouard , . , . . 323
Total 29,827
La population de ces cinq provinces étant collectivement de 3,579,762 âmes, l'élément indigène ne s’y trouve plus aujourd'hui que dans les proportions d’un sauvage contre cent vingt descendants des autres origines.
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