‹ Notes sur le Canada [microforme] (volume 4)Chapitre 8 sur 29 · GLAISE · texte numérisé non relu

GLAISE

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traitérent souvent leur nouvelle possession en pays conquis et ne tardèrent pas à profiter de tous les avantages que donne le droit de conquête.

Quoique le pays fût complétement pacifié et tranquille, le Canada fut immédiatement soumis aux rigueurs du régime militaire, sans gouvernement établi, sans lois régulières, sous e commandement des généraux Murray et

Carleton, qui l’administrèrent de 1743 à 1774.

Les lois françaises furent abolies et on y substitua celles alors en vigueur dans le royaume britannique.

Ce gouvernement, par trop arbitraire, fut quelque peu modifié et devint, de 1774 à 1791, gouvernement civil absolu, sous l'administration des gouverneurs Carleton, Haldimand et enore Carleton ; ce dernier, élevé à la pairie sous le nom de lord Dorchester, revint prendre son ancienne charge, qu’il garda de 1784

Sous le nouveau régime, et plus particuièrement pendant la gestion du général Hallimand, les Canadiens réclamèrent inutilement exercice de la plupart des privilèges qui leur ivaient été reconnus; par contre, tous les moyens furent tentés par les représentants e la Grande-Bretagne pour substituer la reli-

gion, les lois et les coutumes anglaises aux traditions léguées par la France aux habitants du pays.

Mais les chefs du parti français, au Canada, résistèrent toujours énergiquement, soit aux prétentions tyranniques de leurs nouveaux k maîtres, soit aux fallacieuses promesses qui leur étaient faites par les émissaires du gouvernement métropolitain, comme prix de l'abandon de la cause patriotique qu'ils avaient entrepris de soutenir.

Au plus fort de cette lutte morale de la vita: lité nationale française contre l'esprit absorbant de la race anglo-saxonne, les anciennes possessions britanniques de l'Amérique du Nord se préparaient à secouer un joug qui commençait à leur paraître trop lourd à supporter. *

Le gouvernement anglais avait oublié que la Nouvelle-Angleterre était peuplée d'hommes qui avaient été chercher, dans les forêts du nouveau monde, des libertés qui leur semblaient insuffisantes dans la mère-patrie ; il avait, en voulant restreindre subitement certaines immunités commerciales dont ils avaient joui jusqu'alors, porté une grave atteinte à la prospérité naissante de la cc'onie.

Le 4 juillet 1776, la :'ouvelle-Angleterre

levait ouvertement l’étendard de la révolte, et Washington, à la tête d'une armée improvisée, au premier rang de laquelle vinrent bientôt se ranger Lafayette et Rochambeau, proclamait l'indépendance de ses compatriotes ; il jetait dès lors les bases de la grande nation qui, en moins de cent ans, est devenue, à certains points de vue, l’égale des premières puissances européennes et la rivale commerciale de son ancienne métropole.

Le moment était tout à fait propice ; cependant, en dépit de toutes les vexations qu'ils avaient eu à subir, malgré les appels réitérés que leur firent leurs voisins révoltés pour les amener à prendre part au mouvement d’émancipation dont les chances de succès s’affermissaient tous les jours davantage, les Canadiens français restèrent fidèles à la couronne britannique et à la foi du traité par lequel ils étaient: devenus ses tributaires. On les vit non-seulement refuser la liberté qui Jeur était offerte, mais aider même les armées anglaises à repousser de leur territoire les troupes rebelles qui l'avaient envahi.

Voyons comment les représentants de l’Angleterre, au Canada, d'alors, récompensèrent tant de loyauté et d’abnégation.

La terre n’avait pas encore bu tout le sang des

braves tombés victimes de leur soumission à la Constitution anglaise, et déjà lord Dorchester, qui avait succédé, en 1774, au général Haldimand comme gouverneur du Canada, venait, par une administration maladroite, jeter le trouble e’ ia désolation au milieu des campagnes ravagées naguères par les soldats de Washington.

Dès que le gouvernement britannique eut reconnu, par le traité du 3 septembre 1783, l'indépendance de ses anciennes colonies et fut débarrassé des difficultés sérieuses que lui avait suscitées la guerre qu'il venait de soutenir contre la nouvelle république, lord Dorchester songea à reprendre plus activement que jamais l’œuvre d’anglification qu’il avait entreprise. Il sut exploiter habilement les préjugés du parti composé des émigrants anglais, tout fraichement renforcé par l’arrivée d’un assez grand nombre d'anciens colons de‘la Nouvelle-Angleterre, qui, ayant pris fait et cause pour le ; gouvernement métropolitain pendant la guerre d'émancipation, avaient préféré venir vivre au Canada à l'abri des institutions britanniques.

Un instant assoupie, l’animosité sourde qui régnait depuis longtemps déjà et subsistait à l'état latent entre les représentants des deux races, se réveilla tout à coup ; on ne tarda pas

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à constater dans la colonie les malheureux effets, résultats inévitables des rivalités nationales.

Malgré son infime minorité, le parti anglais, se sentant fortement appuyé par le gouverneur, ne recula plus devant aucune prétention.

Mais ce projet d’annihilation de la race française, qui fut l’idée persistante de lord Dorchester et de plusieurs de ses successeurs, vint toujours échouer contre l’attitude ferme et patriotique de ceux qui, à différentes époques, s’en sont constitués les défenseurs et les gardiens.

Voyant qu’iln’y avait rien à espérer du système de rigueur mis en pratique par lord Dorchester, et comprenant qu’il serait dangereux désormais, en raison du voisinage des Etats- Unis, de pousser les Canadiens français aux dernières limites de l’exaspération, le gouvernement anglais espéra en arriver plus aisément à ses fins, en employant d'autres moyens.

Sous prétexte de mettre un terme à l'esprit de rivalité nationale qui existait entre les habitants des deux origines, le Parlement métropolitain, pendant la session de 1791, divisa la colonie en deux provinces : le Haut et le Bas- Canada ; il accorda aux Anglais une prépondé-

rance réelle dans la première, et ne laissa qu'une suprématie factice aux (Canadiens français dans la seconde. La nouvelle constitution accordait au Bas-Canada un Conseil législatif composé de quinze membres nommés par le gouvernement, etune Assemblée législative de cinquante députés élus par le peuple.

La Chambre haute, recrutée naturellement parmi les créatures du gouvernement, était investie du privilége de rejeter toute loi de la législature élective qui n’entrerait pas dans ses vues.

La population du Canada, qui n’était que de soixante-dix mille âmes lors de la cession du pays à l'Angleterre, avait presque doublé dans cet intervalle de vingt-huit ans; en 1791 elle n'en comptait pas moins de cent trente-cinq mille. Sur cette population déjà considérable, il y avait tout au plus quinze mille représentants de la race anglo-saxonne.

Malgré l'énorme disproportion numérique qui existait ainsi entre les deux nationalités, le bureau colonial n’en nomma pas moins neuf conseillers législatifs anglais, contre six seulement d’origine française.

D'un autre côté, le parti anglais réussit à occuper seize siéges dans la nouvelle Assemblée législative, à la suite des élections géné-

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rales qui eurent lieu dans le cours du mois de juin 1792. Attribuant ce succès inespéré à la faiblesse ou à la crainte, les membres de la minorité poussèrent la prétention jusqu’à vouloir asseoir un des leurs dans le fauteuil présidentiel de la nouvelle Chambre. Mais la majorité des députés élus par le suffrage populaire était décidée à ne s’en laisser imposer par aucune considération et à se prévaloir de tous les avantages que lui assurait le droit constitutionnel.

En dépit de toutes les influences qui furent mises en jeu pour faire échouer son élection, M. Panet, un des hommes les plus distingués du parti canadien français de cette époque, eut l'honneur d’être appelé à la présidence de l’Assemblée législative du premier Parlement du Bas-Canada.

Battue sur ce point, la minorité anglaise, forte de l'appui qu’elle attendait du bureau colonial, demanda que l’usage de la langue française fût aboli dans l’enceinte législative; mais, cette fois, la majorité ne permit point que l’on portàt atteinte à une de ses prérogatives les plus importantes, dont l'intégrité se trouvait garantie par le traité de 1763.

Malgré les échecs que leur attiraient sans cesse l'arbitraire et l'injustice de leurs préten-

tions, les députés anglais ne se rebutaient pas et en émettaient tous les jours de nouvelles. Ainsi, en 1800, ils présentèrent une loi dont l'adoption eût soumis l'instruction publique au contrôle exclusif des protestants.

Un journal anglais de Québec déclarait, vers cette époque, que le Bas-Canada avait déjà trop tardé à devenir anglais, et que le temps était venu où tous les moyens devaient être employés pour obtenir l’anglification complète de cette province. Ce fut alors que les Canadiens, afin de pouvoir se défendre contre les attaques incessantes de cette feuille, décidèrent de fonder un organe qui représentât et soutint les intérèts de la nationalité française. Le Canadien, portant en tête de ses colonnes la devise : — « Nos INSTITUTIONS, NOTRE LANGUE ET NOS LOIS, » — parut pour la première fois en novembre 1804, à Québec, où il se publie sncore actuellement.

Ce journal, rédigé par ceux-là mêmes qui combattaient énergiquement à l’Assemblée législative pour le maïntien des institutions, de la langue et des lois canadiennes françaises, devint entre leurs mains un instrument redoutable, toujours prêt pour la défense des libertés menacées de la nationalité française au Canada.

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le gouverneur Craig, qui avait pris en 1807 l'administration des affaires, cassa le Parlement, saisit les presses du Canadien et fit emprisonner les chefs du parti français. Non content de ces actes rigoureux, il envoya à Londres son secrétaire, M. Ryland, porteur d’une note où il conseillait au gouvernement métropolitain de prendre des mesures promptes et énergiques pour anglifier et prolestantiser le pays ; il proposait aussi, pour faire face aux dépenses de l’administration, de confisquer les biens des sulpiciens de Montréal et des jésuites de Québec.

Heureusement, le cabinet'de Saint-James ne tint pas compte des objurgations de ce gouverneur, qui fut rappelé en 1811.

Sir George Provost, qui lui succéda, mit un terme à cette administration despotique et capricieuse qui avait fait donner au passage de sir James Craig au pouvoir la qualification ironique de Règne de la Terreur.

Sir George Provost, aussi doux, affable et conciliant que son prédécesseur était arrogant, brutal et cassant, s'occupa, dès son entrée au pouvoir, de régler les difficultés provoquées par l’absolutisme de l'administration précédente, et d'étouffer, au moyen d’une direction adroite et prudente, les mécontentements qui régnaient partout. Aussi, jamais gouverneur

ne fut-il plus sympathique à la nationalité française qu'il avait su s’attacher par les liens de la reconnaissance.

Ce fut sous son administration, en 1812, que la guerre éclata entre l'Angleterre et les Etats- Unis, dont les armées envahirent, encore une fois, le territoire canadien,

Comme en 1775, les volontaires canadiens français, enrégimentés à la hâte, firent bravement et loyalement leur devoir.

Dans le cours de cette guerre, le colonel de Salaberry, dontle nomest resté légendaire dans le pays, défit à Châteaugay, avec un détachement de trois cents recrues, un corps de l’armée américaine composé de sept mille hommes environ.

Sous les gouverneurs Drummond, Sherbrooke, Richmond, Maitland et Dalhousie, qui administrèrent successivement le Canada (après la mort duregretté sir George Provost, de 1815 à 1828), les luttes de race et de religion recommencèrent avec plus d’acharnement que jamais.

Mais MM. Cuvillier, Quesnel, Viger, Nelson et le jeune Louis-Joseph Papineau, qui venait d'être élu, à l’âge de vingt-six ans seulement, présidentdel’Assemblée législative, soutenaient les droits de leurs compatriotes avec la même ardeur et le même patriotisme que leurs de-

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RÉSUMÉ HISTORIQUE o1

vanciers contre le parti anglais ; celui-ci, loin de céder aucun de ses avantages, cherchait, au contraire, à empiéter constamment surles rares privilèges, à peu près illusoires, que ses adversaires paraissaient posséder encore.

Cependant, l'agitation des Chambres, les sourds murmures de mécontentement qui se faisaient entendre parmi les populations des villes et des campagnes, laissaient voir que les Canadiens français commençaient à trouver trop lourd le joug sous lequel ils s’étaient courbés jusqu'alors.

Une crise sérieuse était imminente.

Lord Dalhousie avait été élevé en 1820 au poste de gouverneur général de toutes les colonies de l'Amérique du Nord; voyant que les moyens suggérés par le bureau colonial aux représentants de l'Angleterre, pour réduire le parti canadien français, échoueraient toujours devant la ferme attitude des chefs appuyés sur la Constitution alors en vigueur, il conseilla au cabinet de Saint-James de modifier cette Constitution.

Accédant aux vues de son gouverneur général, le gouvernement métropolitain décida de présenter un bill spécial à la Chambre des Communes pendant la session de 1822; ce projet de loi devait avoir pour effet de casser

la Constitution de 1791, qui séparait le Bas et le Haut- Canada, et de réunir encore une fois ces deux provinces sous une même administration.

Ce bill devait donner au Haut-Canada une représentation relativement beaucoup plus considérable que celle accordée au Bas-Canada. Il conférait aux membres d’un conseil législatif nommé par la couronne le droit de prendre part aux débats de l’Assemblée législative ; il abolissait l'usage légal de la langue française ; enfin, il restreignait considérablement les libertés religieuses et les priviléges concédés à l'Eglise catholique.

L'adoption de cette loi eût réduit les Canadiens français à l’état d’asservissement auquel

était soumise alors la population de la mal- dans heureuse Irlande. De

La nouvelle de l’introduction de ce projet de ue Constitution, dans le Parlement britannique, les” < produisit une sensation profonde au Canada. Gite Des suppliques furent adressées de toutes les Rent parties du pays pour protester contre l'ini- LL quité de cette mesure, et MM. Papineau et ques Nelson furent délégués à Londres pour y porter mem les justes représentations de la population ss

canadienne.

À la vue d’une manifestation aussi générale,

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plusieurs des membres les plus influents de la Chambre des, Communes, en Angleterre, frappés de la justice de ces réclamations, prirent en main la cause des malheureux opprimés ; il en résulta qu’à la suite d’une séance des plus orageuses, le gouvernement se vit dans l’obligation de retirer sa motion rejetée par la majorité de l’Assemblée à la seconde lecture.

Malgré l’échec humiliant que le Parlement anglais venait de lui faire subir, lord Dalhousie ne se considéra cependant pas comme vaincu.

Battu sur le terrain politique, il tenta d’en arriver à ses fins en luttant sur le terrain religieux.

Peu de temps après sa déconvenue, il soumettait au bureau colonial un nouveau mémoire dans lequel il invitait les ministres à revendiquer, pour la couronne, l'exercice d’un patronage ecclésiastique qui lui permit de nommer les curés catholiques, selon son bon plaisir. Cette nouvelle tentative échoua complétement.

De retour d'Angleterre, où il avait été passer quelques mois dans l'intention d’influencer les membres de la Chambre des Communes hostiles à la ligne de conduite qu'il avait jusqu'alors suivie, lord Dalhousie convoquait les Chambres canadiennes dans le courant de janvier 1826.

Mais l’Assemblée législative ayant, encore une fois, refusé de voter les subsides au gré du gouvernement, le Parlement fut cassé le lendemain de son ouverture. Cet acte arbitraire nécessitai’ des élections générales dans lesquelles le parti français remporta une victoire éclatante.

Le jour de la réunion des nouvelles Chambres, M. Papineau ayant été élu président de l’Assemblée législative, le gouvernement refusa de ratifier sa nomination, et, le soir même, la législature fut de nouveau prorogée.

Des murmures menaçants s’élevèrent de tous les points de la province à la nouvelle de cet abus d'autorité. Chacun comprenait que le bureau colonial, contrecarré dans ses desseins par le vote de la Chambre des Communes, cherchait des prétextes pour en revenir à son projet d'union.

De nouvelles requêtes exposant les griefs de la population française et couvertes de plus de quatre-vingt mille signatures, furent adressées directement au roi d'Angleterre ; MM. Nelson, Viger et Cuvillier se chargèrent d'aller les déposer aux pieds du trône.

Sur ces entrefaites et afin de faciliter probablement le rétablissement de la concorde, lord Dalhousie fut transféré au gouvernement

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re une des Indes et remplacé, comme gouverneur du ré du Canada, par sir James Kempt ; celui-ci même e len- n'y resta que deux ans et eut pour successeur traire lord Aylmer, en 1830, s lesist Quoique les vues de ces deux derniers gouverneurs fussent relativement modérées et b plus acceptables, les Canadiens surexcités par mul les injustices auxquelles ils avaient été en butte F antérieurement, ne voulurent faire aucune 1 gi # concession, ni tenir compte de celles qu’on ai leur proposait, les regardant comme insufsir à fisantes.

lle de Au milieu de ces débats entre la colonie et

que le Æ les mandataires de la métropole, survint un sseins M événement regrettable dont l’effet fut derendre unes, nuls, désormais, les efforts de conciliation tenà son M tés par des hommes modérés des deux partis, qui prévoyaient les résultats funestes de ces luttes intestines. Dans le mois de mai 1831, pendant une élection très-chaudement contestée, à Montréal, entre deux candidats appartenant à chacun des partis alors en lutte, les troupes, appelées sous prétexte de maintenir l’ordre, tirèrent sur le peuple, tuëérent pro- M deux hommes et en blessèrent grièvement pluorde, M sieurs autres. Que ce fût par l'effet du hasard ment ou de la préméditation, toutes les victimes de

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ce sanglant épisode se trouvèrent appartenir au parti canadien français.

Voyant que l'excitation du peuple atteignait aux dernières limites qui le séparaient de la révolte, les chefs du parti canadien, qui avaient toujours espéré vaincre le mauvais vouloir des membres du bureau colonial par des moyens constitutionnels, résolurent de tenter un dernier effort dans ce sens. À cet effet, l’Assemblée législative, pendant la session de 1834, rédigea un manifeste dans lequel elle exposait, en quatre-vingt douze paragraphes, tous les griefs de la colonie contre la métropole.

Dans ce document connu, dans l’histoire du Canada, sous le nom des Qualre-vingt-douze résolutions, les membres de la majorité se plaignaient amèrement, surtout, de la manière dont le gouverneur lord Aylmer interprétait la Constitution. A la suite de cet acte agressif de l’Assemblée contre son administration, le Gouverneur général prorogea immédiatement les Chambres ; il prétendait qu’en ayant appelé directement au gouvernement métropolitain, le pays n'avait plus qu'à se soumettre et à attendre la décision émanant de l'autorité souveraine.

La réponse à la requête que i’Assemblée lé-

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gislative du Bas-Canada avait soumise au cabinet britannique n'’arrivait pas.

D'un autre côté, les rumeurs qui, depuis quelque tempstraversaient l'Atlantique, étaient de plus en plus inquiétantes.

L'état de malaise qui se faisait sentir depuis longtemps, s’accentuait tous les jours davantage. Un assez grand nombre d’habitants d’origine britannique entraient dans le mouvement réformiste et grossissaient le groupe des mécontents. Pendant que dans le Parlement anglais la cause canadienne était habilement défendue par Hume et O’Connell, les populations des cantons de l'Est, parmi lesquelles on comptait un nombre assez considérable d'Anglais et d'Américains réfugiés des États Unis, approuvaient la conduite de l’Assemblée législative dans des meetings où la conduite du gouvernement colonial était violemment accusée. Bientôt, presque tous les comtés etles paroisses prirent part à ces démonstrations publiques, qui avaient pour effet d'encourager les députés dans la ligne de conduite qu'ils avaient adoptée. Enfin, des pétitions couvertes de milliers de signatures et appuyant les demandes formulées dans les quatre-vingt-douze résolutions, étaient expédiées à Londres de toutes les parties de la province.

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Mais tout devait échouer, encore une fois, contre les mauvaises dispositions du bureau colonial, à qui le Parlement anglais avait déféré la charge d'examiner la nature des griefs et des plaintes exprimés par les requêtes de l’Assemblée et du veuple canadien.

Pendant les élections de 1835, on eut à regretter, dans l’un et l’autre camp, de nombreux actes de violence et de désordre ;les anciennes luttes reprirent avec plus d’acharnement que jamais, dès l'ouverture du Parlement convoqué quelques semaines après.

Malheureusement, M. Papineau et plusieurs des membres les plus influents du parti national parcouraient les villes et les campagnes canadiennes, pour protester devant le peuple contre des actes arbitraires qui devenaient de jour en jour plus fréquents, de la part du gouvernement. L'autorité religieuse crut devoir mettre un frein à l’effervescence qui se manifestait de toutes parts, et l’évêque de. Montréal lança un mandement dans lequel il conseillait à ses diocésains l’obéissance au pouvoir établi. Mais loin de profiter du temps d'arrêt qui se produisit à la suite de cette lettre pastorale, le gouvernement sembla prendre à tâche de créer de nouveaux ressentiments. Il destitua les magistrats et les officiers de mi- .

lice d’origine canadienne française ; il Arma

foi do ostensiblement ceux qui étaient reconnus it dé- comme les partisans avoués de la Constitution griefs britannique, et fit occuper les villes par des tas da soldats anglais venus, dans ce but, du Nouveau- Brunswick.

à re- Ce fut alors que, malgré l'opposition des breux chefs, éclata la révolte connue sous le nom de

iennes D Rébellion de 1837. Plusieurs milliers de Ca- & que D nadiens français, exaspérés par les vexations ONVO- D continuelles qu'eux et leurs pères avaient eu à subir depuis plus de soixante-quinze ans, sans chefs, sans armes, sans munitions, sans organisation d'aucune sorte, luttèrent héroïquement contre des troupes régulières dix fois supérieures en nombre.

sieurs ti napagnes peuple ent de goudevoir manifontconpouemps ettre ire à 8. Il o mi- .

Ces héros improvisés, qui n'avaient à opposer à l'artillerie des. régiments anglais que des faux, des fourches, quelques vieux fusils de chasse et un canon de bois, vainqueurs une première fois dans les plaines de Saint-Denis *, furent bientôt battus à Saint-Charles* et complétement défaits quelques jours plus tard à Saint- Eustache *.

Un commencement d’insurrection, qui se

1, 9, 3, Villages à quelques kilomètres de Montréal,

déclara vers la même époque dans le Haut- Canada, n’eut pas plus de succès.

Partout, les troupes anglaises restèrent maîtresses du champ de bataille.

La rébellion était vaincue.

Cette révolte prématurée n'était pas de nature à ramener vers les Canadiens français les sympathies de l'Angleterre. Le résultat immédiat de cette échauffourée, sans issue possible, où tant de nobles et sincères patriotes payérent de leur vie ou de leur liberte des convictions politiques trop ardentes peutêtre , fut de permettre au gouvernement métropolitain d'exercer, avec moins de discernement que jamais, le droit de répression dont il s'était servi jusque-là.

Le 17 janvier 1838, lord John Russell faisait adopter par le Parlement anglais un bill de-

mandant la suspension de la Constitution cana- M sit. dienne. Quelques semaines après, lord Durham, martia nommé gouverneur général du Canada, débar- ladépo quait à Québec, le 27 mars ; il avait été chargé après «

de mettre à exécution le projet d'union du Haut et du Bas-Canada, depuis longtemps nourri par le gouvernement britannique. Homme d'Etat habile, le nouveau fonctionnaire anglais inaugura son administration en accordant une amnistie générale aux prisonniers politiques

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accusés d’avoir pris part à la révolte de l’année précédente ; puis, il visita le Haut-Canada, où il fit accueillir favorablement son plan d'union des deux provinces. Mais, ayant appris que sa proclamation d’amnistie avait été désavouée par le cabinet de Saint-James, il donna sa démission et partit pour l’Angleterre le 1° novembre 1838, laissant l’administration de la colonie à sir John Colborne, qui la garda jusqu’à l'arrivée de lord Sydenham, l’année suivante.

Après le départ de lord Durham, de nouveaux soulèvements s’organisèrent, simultanément, dans le Haut etle Bas-Canada. Mais comme la première fois, ils furent promptement réprimés par sir John Colborne ; celui-ci, pour effrayer les populations révoltées, saccagea et brüûla tout sur son passage, ne laissant après lui que des monceaux de ruines et de cendres ; il traduisit ensuite les prisonniers devant une cour martiale, qui en condamna 89 à mort et 47 à ladéportation; l’une et l’autre peineentraïinaient

[après elles la confiscat.on de tous les biens des

condamnés. Vers la même époque, le Parlement anglais vota une résolution consacrant l'union des deux provinces du Canada, malgré les protestations nouvelles de toute la population bas-canadienne ainsi que des membres de l'épiscopat et du clergé catholique

Cette loi qui reçut la sanction royale le 28 juillet 1840, décrétait, entre autres choses, que, dès lors, l’anglais serait seul reconnu comme langue légale et parlementaire;

Que le nombre des représentants serait le même pour chacune des deux provinces, quoique alors la population du Bas-Canada füt beaucoup plus considérable que celle du Haut- . Canada ;

Qu'il faudrait une majorité composée des deux tiers de la législature pour changer le divisions électorales et le chiffre de la représentation.

Dès lors, jusqu’en 1867, époque depuis laquelle les deux provinces canadiennes font partie de la grande Confédération britannique de l'Amérique du Nord, le Haut et le Bas- Canada ont été administrés en vertu de l'acte d'union de 1840.

Bientôt, le gouvernement métropolitain ayant inauguré une politique coloniale plus large et plus libérale, dont un des effets fut de rendre aux Canadiens :rançais l'exercice légal de leur langue maternelle, les dissensions intestines s’apaisèrent peu à peu et finirent pa disparaître complétement.

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pendant plus de soïxante-quinze ans n'existent plus, et un parfait accord règne entre les représentants des deux origines.

Aujourd’hui, les Canadiens français jouissent, sans contrainte, du libre exercice de tous les priviléges qui leur avaient été reconnus par le traité de Paris, et nous pouvons ajouter, sans crainte d’être taxé d’exagération, qu’aucun peuple : 1 monde ne possède de plus grandes libertés politiques et religieuses.

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Dans ce chapitre qui a trait aux productions naturelles et industrielles, nous avons cru devoir puiser nos renseignements aux sources les plus autorisées. À défaut d’autres documents officiels plus récents, nous sommes obligé d'emprunter souvent les chiffres, que nous aurons occasion de citer, au dernier recensement de ce pays, qui date déjà de 1871.

Quoique sèches et dénuées de tout attrait littéraire, les statistiques que nous y avons cueillies nous ont paru de nature à offrir quelque intérêt à ceux de nos lecteurs qui désireront se rendre compte, approximativement, des ressources matérielles du Canada.

Cependant nous devons faire observer en commençant que, pendant les quelques années qui nous séparent de l’époque où ces statistiques ontété dressées et classées, il s’est produit dans ce pays des changements assez notables.

Néanmoins, les extraits que nous ferons de ce travail, quelque incomplet qu’il soit aujour-

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d'hui au point de vue de l’actualité, donneront une idée assez exacte de l’état matériel de cette colonie, quoiqu'ils ne s'appliquent qu’aux quatre provinces d'Ontario, de Québec, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse, les plus importantes, du reste, des sept qui forment la Confédération canadienne.

Ainsi ,nous voyons, en première ligne, que dans ces quatre provinces 19,979,242 hectares de terre sont en état de culture.

La répartition s’en fait comme suit :

Pour Oncario . . . . . . .« .« « 7.934,151 hect. — Québec . . . . . . . . . 7.463.834 — — Nouveau-Brunswick,. . . . 1.907.219 — — Nouvelle-Ecosse . . . . . 2.674,038 —

Ces terrains sont cultivés par 367,862 personnes, dont 326,160 comme proprié-

Ltaires et 39,583 à titre de fermiers ; soit une

moyenne de plus de 54 hectares par cultivateur.

Si l’on considère que la population totale de ces quatre provinces n’est que de 3,485,761 âmes, on établira aussi une moyenne d’environ 5 hectares 73 ares par tête.

Un coup d’œil que nous allons jeter maintenant sur le tableau qui donne le résultat des produits de l’agriculture, prouvera que la ri-

gueur, souvent trop exagérée, du climat de l'Amérique septentrionale,n’est pas un obstacle à la végétation, car, outre une quantité relativement considérable d'orge, de seigle, de sarrasin, de maïs, de tabac, de pommes de terre, etc., que le Canada produit chaque année, nous voyons qu’on y ävait récolté en 1870:

AVOINOS 6.65 à 15.444.727 hectol.

MR Te et 6,078,055 — NAVO RU ue 656 4 8.844.984 — Foin . . . . . . . 3.818.641 tonnes.

Malgré la nécessité où l’éleveur se trouve de nourrir ses animaux à l’étable, pendant au moins cinq mois de l’année, il ne retire pas moins de ce genre d'industrie des revenus considérables.

On comptait, lors du recensement, parmi les principaux produits de l'élevage :

CDEVARL, EE 6 os pe 836.743 Bœufs de travail . . . , . . 139.635 Vaches , . . + < 1,90, Autre bétail d'espèce bovine . 1.233.446 1 Lu TETE 7 SRI PAR EVER er Os 3.195,509

Porcs. . . , . : . . . . . 1.366.083 Ruches d'abeilles . RUE ATARRS 144,791

On a évalué la production du beurre à

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37,568,000 kilogrammes, et celle du fromage à k 2,850,000 kilogrammes.

Vu le prix relativement élevé de la maind'œuvre et les difficultés que les cultivateurs canadiens ont à se procurer les bras nécessaires à l’époque des récoltes, ils sont obligés d’avoir recours aux instruments aratoires perfectionnés dont l’usage est, pour les causes que nous venons de mentionner, beaucoup plus l répandu en Amérique qu’en Europe.

Ainsi, on a enregistré :

Machines à cribler . . . . . . 163.964

Moissonneuses et faucheuses . . 44,204 Machines à battre. . , . + . 30,739 M Rateaux à cheval, . . . . . . 63.003 je

L’aisance relative dont jouissent la plupart des habitants du Canada leur donne la facilité de se procurer un confort domestique qui est loin d’être en rapport avec la vie, presque toujours restreinte, des populations rurales de la plupart des nations européennes.

Les économistes reprochent, généralement, au cultivateur canadien une tendance au luxe assez prononcée pour entraver quelquefois la marche d’une plus grande prospérité, à laquelle la classe agricole pourrait atteindre. On ne peut, en effet, remarquer sans quelque étonne-

ment que, sur un total de 1,356,630 voitures, 514,116 sont classées comme voitures de promenade.

Les immenses forêts vierges qui couvrent la majeure partie du territoire canadien seront, pendant longtemps encore, une des principales sources de revenus de ce pays. Quoique l’année 1870, sur laquelle nous établissons nos calculs, ne soit pas considérée comme ayant produit une aussi grande quantité de bois que la plupart de celles qui l’ont précédée et suivie, le tableau suivant nous prouve que le chiffre de production en est néanmoins assez res-

| | | pectable :

{l Mètres cubes. Il Pin (en billots). . . . . . 399.311,482 all Pin (en pièces équarries). . 8.730.398 | Mélèze (id). . . « « . . , 1.100.346 | Erable et merisier (id.) . . 646.453 | Ormes (ide, en 6e v. 610.884 | Noyer {1d.). + « « 4 . + 139.466 Autres bois. . . . . . . . 208.649.298 - Bois de chauffage, . . , , 34.852.332

Ainsi que 121,685 pièces de bois préparées à laqu pour faire des mâts de navires. | toutes Le Canada exporte, chaque année, pour plus provi

nt la ront, pales innée Iculs, oduit à pluie, le hiffre

res-

rées

provinces, qui, au nombre d’au moins 200,000, ?

de (120,000,000) cent vingt millions de francs des produits de ses forêts.

Les pêcheries canadiennes sont, sans contredit, des plus considérables et des plus productives.

La longueur des côtes maritimes des provinces de Québec, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse, sans tenir compte des anfractuosités du rivage, est évaluée à 5,332 kilomètres.

En outre, on apprécie la superficie collective de la partie canadienne des grands lacs Ontario, Erié, Huron et Supérieur, que partage la ligne frontière du Canada et des Etats-Unis et de l'immense nappe d’eau salée enclavée dans le territoire de la Confédération, qui baigne les rives des provinces britanniques sous les noms de golfe Saint-Laurent et de baies des Chaleurs et de Fundy, à au moins 225,853 kilomètres carrés.

Comme on le voit, le champ est suffisamment vaste pour permettre aux pêcheurs canadiens de retirer de beaux bénéfices d’une industrie à laquelle se livrent, à l'exclusion de presque toutes autres, les habitants des côtes de ces

assure-t-on, vivent uniquement du produit de leur pèche.

A l’époque du recensement, 991 navires portant 6,984 hommes d'équipage, et 16,876 barques montées par 25,847 pêcheurs, faisaient le service de ces pêcheries.

Grâce à l’intelligente attention que le gouvernement canadien porte au développement de cette immense et inépuisable source de richesse, les produits de la pêche ont augmenté depuis dans des proportions tellement considérables, qu’on ne peut s’en former une idée exacte qu'en établissant la différence des chiffres de production de 1870 avec ceux qui ont été donnés successivement dans les rapports officiels du ministre de la marine et des pêcheries du Canada, pour les années subséquentes jusqu’en 1874 inclusivement.

Les produits de la pèche livrés au commerce, ont été :

Pour 1870, de . . . , . . 32,886,960 fr.

Pour 1871, de. , . , , . 47,276,115

Pour 1872, de, . . . . . 47,850,580 Pour 1873, de . . . . . . 52,774,540

Pour 1874, de . . . . . . 58,974,870

Il s’en faut de bien peu, en raison de cette progression rapide, que le rapport des pècheries canadiennes n’ait doublé en cinq ans.

cette êche-

Maintenant, pour donner un apercu de la production générale de la pêche, nous produirons le chiffre des produits fournis par différentes catégorie de poissons pêchés sur les côtes canadiennes, et afin d'établir le contraste, nous mettrons en regard les résultats obtenus pour les années 1870 et 1874 :

Morue. . + « 38,227,336 kil. 50,149,680 kil. Hareng . . . 26,456,000 » 39,052,600 »

Maquereau. . 7,792,500 » 15,984,892 »

Saumon, . . 1,590,700 » 2,761,106 »

Alose . , , . 1,238,000 » 2,720,200 »

Huîtres . . . 14,500 barriq. 27,288 barriq.

Il s'est vendu, en 1874, pour 2,164,955 fr.

d'huile de poisson.

Une industrie naissante, qui est appelée à prendre, d’ici à peu de temps, une extension considérable, celle de la préparation et de la mise en conserve du homard, a produit aussi, cette même année, l’assez jolie somme de 6,073,745 fr., sans compter pour plus de 600,000 francs de homards frais qui ont été

expédiés de ces lieux de pêche sur les marchés américains.

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à EEE TT ce lai

Les productions minérales du Canada, bien que cette source de produit ne soit pas exploitée comme elle pourrait J’être, méritent aussi d’être mentionnées.

Dans la province d’Ontaric on trouve en assez grande abondance, particulièrement dans l’espace compris entre la baie Georgienne etla rivière Ottawa, du fer, du cuivre, du plomb, de l’antimoine, du manganèse, du plâtre, et une certaine variété de marbre que des géologues distingués ne craignent pas de comparer à celui de Carrare. Les mines de cuivre du lac Huron produisent pour environ 125,500,000 fr. de minerai, par année. On exploite aussi, aux environs de la baie du Tonnerre, des mines d’argent assez riches pour rémunérer amplement le travail des mineurs. Dans l'Ouest, trois cents sources jaillissantes et inépuisables d'huile de pétrole en fournissent des milliers de barils par jour. Les salines livrent aussi une énorme quantité de sel d’une grande pureté et trèsapprécié dans le commerce.

Quoique moins bien partagée que sa voisine, la province de Québec possède néanmoins un assez grand nombre de nines de fer et de cuiyre et de magnifiques carrières d’ardoises et

assez l’es- Ja ri- 1b, de une ogues , celui Turon r. de IX end’arment cents le de barils orme très-

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de pierres granitiques. On y a même découvert quelques gisements aurifères et argenti-

fères que des géologues compétents prétendent être d’une grande richesse.

Le Nouveau-Brunswick produit une assez grande quantité de houille, de fer, de cuivre, d'antimoine et de manganèse.

La Nouvelle-Écosse est celle, de toutes les provinces de la confédération canadienne, qui retire le plus de profits de l'exploitation de ses mines. Outre quelques gisements aurifères et argentifères et de riches mines de charbon, de cuivre, de plomb, de soufre et de mercure, on ytrouve du fer d’une qualité supérieure qui rivalise avantageusement avec celui si renommé de la Suède, et est beaucoup plus apprécié que ceux de provenance anglaise.

Voici quels étaient les montants respectifs

de quelques-unes des principales productions minérales de ces quatre provinces en 1870:

OP à 6 à + 5 « + "RASOEE On06E, Argent « « , « + + + + « 69,194 »

Minerai de cuivre . . . .« 13,310 tonnes.

Minerai de fer. , . . . . 129,363 »

Charbon . . . . . . . .« 671,008 »

Plâtre. . . . . . . . ..… 114,433 »

DMPAOM né + vs + 7 2,800 »

Manganès6 . . . . . , . G35 »

Qt

Phosphate de chaux . . . 1,980 tonnes Plombagine. . . . . . . 270 »

Huile de pétrole. . . . , 588,812 hectolit.

La facilité avec laquelle on peut s’y procurer la matière première, qu’elle soit produite ou non par le pays, unie aux nombreux cours d'eau qui le sillonnent et peuvent être employés comme force motrice, forme une réunion d'avantages tellement incontestables, qu’il est facile de prédire, à première vue, au Canada, un grand avenir industriel.

Déjà, sont en pleine activité un assez grand nombre de fabriques de tissus de laine et de coton, de papier, de chaussures, de meubles, de clous, etc., donnant, pour la plupart, d’assez beaux bénéfices aux compagnies ou aux individus qui les exploitent, et servant d’aliment au commerce extérieur et intérieur de la colonie.

Le dernier recensement porte à 624 millions 535,750 francs le prix de la matière première employée, en 1870, dans les différentes opérations industrielles du Canada.

Le rendement général avait été de 1 milliard 108,088,865 francs.

On a établi que 187,942 personnes, travaillant dans ces manufactures, gaguaient collec-

tivement 204,255,045 franes par année ; ce qui donne une moyenne de salaire annuel de 1,086 francs 75 centimes ou 3 francs 60 centimes par jour ouvrable pour chaque homme, femme et enfant qui y travaille.

Les seules provinces de Québec et Ontario entrent, à elles deux, pour les sept dixièmes au moins dans le total de ces valeurs indus-

trielles.

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