COMMERCE INTERNATIONAL
Depuis quelques années, la Confédération canadienne marche sûrement à la conquête du rang commercial qu’un avenir prochain lui réserve dans le nouveau monde.
On ne trouve point au Canada, il est vrai, l’activité fébrile qui galvanise le commerce aux États-Unis ; on n’y fait point, comme dans ce pays, de ces fortunes rapides dont le chiffre fabuleux étonne et éblouit ; mais, en revanche, on a moins à y redouter l'effet de ces crises industrielles désastreuses qui viennent, périodiquement et sans que rien ne les fasse prévoir, ébranler le crédit des institutions financières
les mieux assises de la grande république américaine.
Afin de donner une idée de la progression, relativement rapide, qui s’est effectuée dans les affaires d’importations et d'exportations, pendant les dernières années, dans cette colonie qui ne contient encore, comme nous avons déjà eu occasion de le dire, qu’une population de 3,718,745 âmes, nous allons établir le mouvement qui s’est produit entre 1870 et 1876 :
Années.
Importations.
Exportations.
Comme on peut le constater par le tableau ci-dessus, le commerce international canadien qui avait accru rapidement jusqu'en 1874, éprouve, à partir de 1875, un moment d'arrêt que l’on doit attribuer à deux causes : d’abord, à la crise financière qui sévit depuis plusieurs années aux États-Unis, dont les provinces britanniques de l'Amérique du Nord ont ressenti le contre-coup immédiat; ensuite, au montant beaucoup trop considérable, eu égard au chif-
fre de la population, des importations de produits anglais dont le haut commerce canadien avait encombré ses comptoirs, les années précédentes.
Néanmoins, telle qu'elle est, la moyenne de la progression annuelle est encore de 15,330,039 fr. 33 pour les importations et de 6,160,787 fr. 50 pour les exportations.
En poussant plus loin nos calculs, nous trouvons que, la population du Canada étant de 3,718,745 habitants, la moyenne, par tête, des importations serait, prenant l’année 1873 comme exemple, de 172 fr. 10 et celle des exportations de 108 fr. 90.
Comme, la même année, la France pour une population de 36,102,921 habitants n’obtenait par tête que des moyennes de :
113 fr. 60 pour ses importations dont le chiffre s'élevait à 4,422,500,000 et 112 fr.
pour ses exportations qui se montaient à 4,061,000,000 de francs, il nous est permis d’en conclure que le commerce international canadien se trouve placé dans des conditions trèsacceptables.
Les industriels de la Grande-Bretagne qui avaient toujours trouvé, au Canada, un débouché important pour les articles sortant de leurs manufactures, ont dû être, eux-mêmes, quelque
peu affectés par les effets de la brusque transition commerciale qui s’est opérée de 1874 à
Voici, du reste, un état comparatif du commerce qui s’est fait entre l'Angleterre et le Canada, pour les années 1874 et 1876 :