LA VARIOLE
La variole était le principal fléau au Laos, apparaissant tous. les ans pendant la saison sèche et tuant jusqu’à dix mille personnes en une épidémie. Dans son rapport de 1903, le premier chef du Service de Santé au Laos écrivait que neuf dixièmes des. Laotiens nés avant 1893 portaient des cicatrices de variole ; un: cinquième au moins des enfants en mourait. Les Laotiens la nomme « Kok-Mak-Soup » et en distinguent cinq espèces : Maha Mech, à boutons rouges, Maha Nin à boutons noirs, Long Keo à boutons clairs, Kithet à boutons ronds, sortant mal et enfin Tomm Dok Tang sortant bien mais retombant rapidement. Leur apparition dans les cheveux et le tour du cou signent un pronostic fatal d’après les manuscrits. La multitude des traitements indiqués montre et l'importance du mal et le peu d'efficacité des. remèdes employés. La variolisation se pratiquait couramment au Laos à l’aide de croûtelles desséchées, pulvérisées et conservées au soleil dans des plumes de poulet. Les adultes les prisaient, les. narines des enfants étaient badigeonnées avec elles. En 1912, il n'existait plus que quelques cas de variole dans les provinces de: Luang-Prabang et du Cammon, en 1913, à Savannakhet ; en 1924, la maladie à disparu. Mais en 1926, des Annamites la réintrodui- Sent dans la région de Savannakhet provoquant une centaine de: décès, Un nouveau réveil en 1929 ne créa pas d’état épidémique.
En 1904, une station vaccinogène fut créée à Xieng-Khouang et un Service mobile, puis les stations de Vientiane et de Luang- Prabang supprimées par la suite. L’on essaya d’organiser un: service de vaccinateurs indigènes, L’inexactitude des statistiques. était un léger inconvénient à côté des complications phlegmoneuses et des inoculations de syphilis dont ils furent responsables. De nouvelles tentatives avec les bonzes puis avec les samuiens. connurent les mêmes échecs. Pourtant le nombre de vaccinations.
pratiquées depuis 1924 était remarquable, dépassant de loin lé chiffre de la population. L'on en revint aux infirmiers indigènes sous une surveillance médicale aussi étroite que possible, Une vérification faite en 1929 montra des cicatrices nettes de vaccination chez 78 % de la population, Malgré l'abandon presque total de la vaccination pendant les dernières années de la guerre, il n’y eut que quelques cas sporadiques de variole. Mais les indi-. gènes n’ont pas perdu le souvenir des épidémies de naguère et nous les avons vus réclamer la vaccination à notre retour au Laos. Même les Méos qui ne supportent guère de contraintes faisaient plusieurs jours de marche pour venir demander la précieuse protection.
LE BERI-BERI
Maladie de carence, le béri-béri semble se comporter en Indochine comme une maladie infectieuse et contagieuse. Les Observations indiquant cette particularité furent surtout prises au Cambodge et en Cochinchine, cette affection ne touchant au Laos que 0,06 personnes sur 10.000.