Mots composés d'un verbe et d'un régime
Arrache-créneau. Rostabat prend pour fronde, ayant
[Roland pour cible, Un noir grappin qui semble une araignée hor-
[rible. . .
11 lance sur Roland cet arrache-créneau.
[Légende des Siècles., II, 66.)
Cache-sottises. La nuit qui est le plus grand des cache-sottises, commençait à voiler le contour absurde du clocher.
[Le Rhin, I, 80.)
Cf. Alpes et Pyrénées, 69; Correspondance, II, 68; Les Misérables, V, 26).
Gobe-baleines. Les anciens gobe-mouches disparaîtront, et feront place aus gobe-baleines.
(Napoléon le Petit, 77-78.)
Porte-blouse. C'était quelque porte-blouse ignoré, un inconnu, un oublié, un passant héros.
[Les Misérables, V, 26. ■
Porte- cour onne\ Les autres siècles ont été des porte-couronnes, le XIX^ c'est l'homme.
[Actes et Paroles^ II, 458.)
Porte-Jléaus. Ah ! ces porte-fléaus fléchissent sous
[leur charge.
{La Pitié suprême, 154.
Porte-sceptre, porte-glaive. L'histoire réelle et
véridique... ne méconnaîtra pas la quantité appréciable
d'utilité des porte-sceptres et des porte-glaives à un
moment donné.
( William Shakespeare, 440. )
Cf. Quatre Vents de l'esprit, II, 258.
Porte-hache . Ah ! le duc Othon vient avec son
[porte-hache.
( Théâtre en liberté, 87.)
Porte-lumière. Le porte-glaive s'était métamorphosé en porte-lumière.
( Quatre- Vingt- Treize, 514 . )
Cf. Actes et Paroles, III, 37.
Porte-massue. Toutes ces pauvres petites injustices
1. M. Delboulle cite Ronsard ; — Littré (2' supplément) cite Sainte-Beuve; — Darmesteter (Mots nouccaus) cite A. Barbier et Th. Gautier.
égratignaient Mirabeau et le faisaient souffrir au milieu de sa puissance et de ses triomphes. Coups d'épingles au porte-massue.
[Litt. et Phil. mêlées, 400.)
Porte-perruque. Shériffs, prévôts, marshalls, et autres porte-perruques de la loi.
[L'Homme qui rit, 1,20.)
Porte-sonnette\ L'inconnu était le porte-sonnette du commissaire de police.
[Histoire d'un Crime, 1, 26.)
Souffre-joies. Crucifié par vous^ bourreaus char-
[mants, il est Votre souffre-douleurs et votre souffre-joies.
[Contemplations, I, 259.)
Trompe-t oreille. De même qu'il y a le trompe-l'œil,
il y a le trompe-l'oreille.
[L Homme qui rit, I, 219.)
Trouble-raisons. Monstre apocryphe, Trouble-raisons. . .
[Chansons des Bues et des Bois, 280.)
Formation latine
Nous étudierons successivement les emprunts au latinj \si dérivation latine, la composition latine.
1 . Emprunts au latin. Les mots empruntés au latin ne sont pas très nombreus chez Victor Hugo. Parmi les exemples qui vont suivre, on trouvera même des mots qui sont plutôt dérivés qu'empruntés direc-
1 Employé comme adjectif par La Fontaine. (L.)
tement. Très probablement, Victor Hugo ne s'est pas inquiété, par exemple, de savoir s'il existait des mots tels que asinalis, fecundator, tram^figuraior . Il est plus simple de penser qu'à l'aide des suffixes savants il a tiré des dérivés du radical à.^asmu^, de ceus de féconder et de tvam^figurev . C'est par un groupement purement grammatical que ces mots figurent ici au lieu de prendre place parmi les dérivés.
Asinal. Derrière le personnage équestre, Cervantes crée et met en scène le personnage asinal .
[William Shakespeare, 85.)
Conclamé\ Pilorié sur cette même place où la veille
il avait été salué, acclamé et conclamé pape et prince
des fous.
[Notre-Dame de Paris, I, 350.)
Fécondateur^ . Celui qui les distribue à propos (les richesses), comme autant de ruisseaus fécondateurs, dans le grand fleuve de l'utilité générale.
[Bug Jargal, 156.)
Cf. Légendes des Siècles, IV, 312.
Fulgural. La sibylle leur livre à travers ses bar-
[reaus
Le secret de la foudre en ses vers fulguraus. [Légende des Siècles, I, 106.)
Garrider\ Le geai garrule.
[Le min, I, 345.)
Hilare^ Sous un pampre un vieus faune hilare Murmurait tout bas : Casse-cou !
[Chansons des Rues et des Bois, 155.)