NOTES HISTORIQUES, GÉOGRAPHIQUES ET PHILOLOGIQUES
Transcription des noms propres. — Pour la transcription , notamment des noms arabes , Tauteur ne pouvait adopter un système exigeant Tempioi de caractères spéciaux. Du moins eût-il fallu suivre une règ^e uniforme et, dans tous }es cas, éviter de transcrire le même nom de plusieurs manières. D*autre part , on pouvait simplifier Tonomastique musulmane , si compliquée pour ceux qui n'y sont pas initiés, par exemple en donnant le nom propre seul et en réservant les surnoms pour les cas où le nom propre n*est pas connu. A ces- deux points de vue, on aurait évité des lacunes el des doubles emplois dans findex , qui demanderait à être revu soigneusement*. Dans les notes suivantes, je ne citerai que quelques cas à Tappui de ces observations.
^ Je renonce à citer en détail toutes les sources et je renvoie à une étude ultérieure quelques notes trop considérables qui ne pouvaient figurer ici comme appoint au livre de M. Rôhricht. Sauf pour les noms cités d'après lui et transcrits suivant sa méthode , la transcription adoptée est celle de mon Corpus inscriptionam araiicaram^ cité CL A, Autres abréviations : J. 45. = Journal Asiatique; P. E, F. Q,= Palestine Exploration Fond, Qvuarterly; Z, D. P. V. =Zeitsc1irift des deutschen Palaestina-Vereins ; A.O.L,^= Archives de l Orient Latin; cf. la note précédente.
' N*eût-il pas mieux valu réunir en un seul les deux index principaux, nomrs de personnes et de lieux? Un grand nombre de per-
Page 5 , note i : Irkah est écrit ailleurs Irka ; voir Tindex , à frka, où la référence à p. 3^9 est à biffer et où il faudrait relier les références portées à Archis, Archados. — La première voyeUe est plutôt un a. Les égyptologues et les assyriologues écrivent bien Irqata (Maspero, Histoire ancienne, éd. illustrée , II , p. 1 72 , n. 4) et deux auteurs arabes , Yàqût et Abu l-fidâ\ épellent expressément Irqatu , forme adoptée par quelques savants : de Goeje pour Belâdhùri et Ya'qûbi, P. Salbani pour Abu 1-faradj , Schefer pour Nàsiri Khusrau , Blochet pour Kamâl ad-dîn , Guy le Strange , Gildemeister, Wûstenfeld, Kugler, Derenbourg. Toutes ces autorités reposent, en somme, sur la vocalisation de Yâqût, qui semble guidé parfois, dans le choix de ses voyelles, par le souvenir de l'antiquité; voir une note à p. ido, n. 3. Peut-être a-t-il eu connaissance d'une ancienne forme Irqat ; peut-être a-t-il voulu distinguer cette localité de celle d'Asie-Mineure , qu'il vocalise *Arqatu , les itinéraires anciens ne faisant pas cette distinction. Il est permis de se demander si Vi de Yâqût exprime une prononciation locale, quand on trouve l'a dans les sources de toute époque. La Massore ponctue *Arqî {Genèse, x, 17; I Ckron., i, i5); Josèphe, Et. de Byzance et Hiéroclès écrivent Arkai, Arkè; Victor Lampridius , les itinéraires d' Antonio et de Bordeaux : Arce , Arca , Arcas. Les auteurs des croisades, qu'il faudrait suivre ici, donnent tous l'a : Tuebœuf, Raymond, Raoul, Robert, Guibert, Albert, Baudry, Foucher, Simon , Bernard, Gesta, Gestes, Annales, Brocard, Sanuto, surtout Guillaume de Tyr, qui connaissait bien le pays, et les actes publiés par Paoli et MM. Delaville Le Roulx et Rôhricht , tous écrivent Archam, Arcbae, Archas, Archarum, Ar(a)chis, avec ou sans h, c'est-à-dire qu'ils déclinent un substantif féminin Arc(h)a=*Arqah, dont l'accusatif pluriel Archas, pris à son
sonnes étant désignées par des noms de lieux et vice versa, cette division factice complique les recherches plutôt qu elle ne les simplifie.
tour pour un nominatif singulier grec , engendre un génitif Archados , enfin les formes françaises Arc(h)e(s) , etc. Tous les voyageurs que j'ai consuilés, depuis Wiliibald jusqu*à Rerian, donnent aussi Va. L'un des derniers et des plus compétents, M. Dussaud, écrit *Arqa (2" voyage, p. 2 du tir. à part de la Revue Archéologique) et m'apprend que le P. Barnier, qui connaissait admirablement la Syrie centrale, ne savait pas d'autre forme. C'est aussi l'a qu'on trouve dans la plupart (les sources modernes , géographes , historiens , cartes , itinéraires, enfin les éditeurs de textes arabes, que la forme soit ifiy^ ou U^ ; j'en ai relevé un si grand nombre qu il serait oiseux de les citer. M. Rôhricht lui-même a écrit Arakah dans son Etude {A,0,L,, II a, p. 382 et 4o5], sans doute d'après de Sacy (trad. de Kamàl ad-dîn) et dans sa Geschichie même, p. 99» n. 1, il écrit Nahr el-Arka.
P. 1 1 eipassim : Dschena ed-daula et plus loin (p. 56 1 et 643) el-Dschena; il faut écrire en tou* cas Dschenah, pour rendre (a gutturale arabe dans ^^-^ .
P. 11, 1 2 , 33 et 34 : Dukak et Dekak ; la première forme vaut mieux (Ibn Khalhkân : Duqaq; G. de Tyr : Ducac et variantes, toutes avec u).
P. 27, n. 6 : Maarrat el-misrin; ce nom est écrit de quatre manières différentes, dans le cours du volume.
P. 42 et 47 : Evremar et Ebremar; àTindex^la référence à p. 63 est à biffer.
P. 46 : Awazim, lire Awasira (m^)^)). La région de ce nom s'étendait aussi au sud-ouest d'Alep , puisqu'Antioche en fut jadis la capitale, au dire des géogi'aphes, qui n'indiquent pas clairement les limites de ce district
P. 47 : Zachr ed-daula, lire Zahr ( Ji;).
P. 48 : Dschurkarmiscli , lire Dschukarmisch , comme plus loin.
P. 52 : Ârgyrokastron est la traduction de Castel Blanc , c'est-à-dire Sâflthâ; cf. Clermont-Ganneau , Recueil, II , p. 1 70, n. 1. La distance qui sépare ce château de Lattakieh ne peut infirmer cette identification , car Anne ajoute que les Grecs prirent encore quelques châteaux jusqu'aux confins de Tripoli , phrase qui s'accorde à merveille avec la position de Sâfilhâ; voir H, gr. Cr., I b, p. 87.
P. 55 : Albara, lire el-Bara, comme plus loin, et rajouter cette référence dans l'index, à Bara Pour éviter les confusions provenant de l'article arabe , il vaudrait mieux le supprimer dans tous les noms propres , sauf en rapport d'annexion.
P. 56 : Malik el-Afdal; il faudrait mettre les deux articles, mieux encore les supprimer tous les deux ; voir la note précédente.
P. 56, n. 3 : Tell Aghdi, lire Adi. Kamâl ad-dln écrit toujours <^*x£l J^, d'après l'édition de l'Académie; mais le manuscrit de Quatremère d'après lequel Kugler a écrit Tell Ada porle probablement <tf*xcJ J^ ou »*xcJ J^ (de Kremer : Jj* tfO^t, Tell Ida). Or, le nom exact de ce village, qu'on trouvera sur mon itinéraire, à deux kilomètres au nord-ouest de Turmaijîn, est Tell A'dih (orthographe locale: ««xâJj]; il faut donc, dans le texte de Kamâl, remplacer ^«x^! par <^ôsa\ ou ijuil. 11 s'agit évidemment de la même localité; en eflet, Kamâl (H. or. Cr., III, p. 6a3) parle d*une bataille livrée entre Turmanin et Tell Agdi; or, entre les villages actuels de Tnrmanin et Tell A'dih s'étend une plaine fertile, sorte de cuvette entourée de collines rocheuses , qui se prête admirablement à une rencontre armée. La carte de Rousseau place Tel-âda (sic) non pas au nord d'Alep (Rôhrichl, Beitràge), mais à Fou est-nord-ouest, c'est-à-dire encore trop an nord, mais exactement par rapport à Turmanin ; les positions sont plus justes dans l'itin^^raire et sur la carie de M. Sachau (Tell •Ade).
P. 63, n. 2 : Castrum Beroaldi; sur ce nom, qui figure à Castellum dans Tindex, voir les sources citées depuis par Tauteur, dans Z,D.P, V., XXI, p. 1 19, n. 5.
P. 78, n. 1 : Avant la conquête syrienne, Tripoli était Tune des plus brillantes villes de la Syrie, peut-être la plus intellectuelle ; on pourrait rappeler ici sa célèbre académie chiite. Ibn Chaddâd Halabi\ qui donne quelques détails inédits sur son histoire à cette époque, fixe plus modestement à «plus de 100,000» le nombre des volumes de sa bibliothèque ( Barq^ms, cité, p. aoi).
P. 83 : On voit que la pineta de Be^rout existait dès le début du XI i*" siècle , contrairement à ia tradition , répandue dans les guides, qui Tattribue à Témir druze Fakhr ad-din. Ibn Chaddâd Halabî la signale au xiii' siècle, puis TImari au XIV*.
P. 85, n. 3 : Tell milch (écrit Tell milh à la p. 108, et Tell mith dans l'index) ; Tidentification de ce lieu avec Salinae de Gaultier le Chancelier, suggérée par Riant ( H, occ. Cr,, V, p. 87, n,d) et par M. Derenbourg {Vie d'Ousâma, p. 87, n. 2) , est acceptée avec une prudente réserve par M. Hagenmayer (Galterius, p. i55). Basée sur une vague synonymie, elle ne remplit pas deux conditions essentielles de toute identification arabo-latine : il faut que les deux noms figurent, chacun dans son texte, à propos du même événement, et que le nom arabe ne prête pas, avec une légère correction graphique , à une identification plus plausible. Usàmah parle de ce tell, dont je réserve encore le nom, à propos de deux événements qui ont eu lieu en 1110 et vers 1122, tandis que Gaultier nomme Salinae dans un récit qui se rapporte à
* Cet auteur, souvent cité dans ces notes, n'est pas le célèbre biographe de Saladin, plus connu sous le nom de Bahâ' ad-dîn, mais un contemporain, du sultan Baibars; cf. Wûstenfeld, Gesçhichtschreiber, n" 362. De ses deux ouvrages connus, on cite. ici le Kitâb harq ach^cham sur le manuscrit unique de Leyde et le Kilâb al-a'làq al-kkalûah sur celui de Saint-Pétersbourg.
1 1 15; donc, il ny a pas concordance historique. En outre, rien n^empéchc de donner au groupe ^ , qui revient deux fois dans ie texte d'Usâmah, une autre valeur que milk, sel» Or, à six kilomètres au nord-nord-ouest de Chaizar, à quel- <}ues cents mètres à droite du chemin qui conduit à Apamée par Sqlêbiyyah, s'élève un tertre isolé dans la plaine, qui forme un excellent point d'observation et répond ainsi aux conditions du récit d'Usâmah. Burckhardt (éd. Gesenius, p. 245), Ritter (Erdkande, XVII, p. 1089) ®* Blanckenhorn (carte) appellent ce tertre Tell Mellah. Mon carnet d'itinéraire porte, à ce point. Tell Mellakh A^; enfin, d*après un renseignement que m'a donné depuis M. Savoie, consul de France à Damas, l'orthographe locale serait ^oL J^, prononcé yellakh.
Quelle que soit la plus exacte de ces formes, elles nous éloignent de plus en plus de milh, sel. En somme, je pense qu'il faut écrire ici Tell Mellah ou Mellach, sans rien <;hanger au texte d'Usâniah, et plus loin, p. 108, Salinae, d'après Gaultier, en cessant de rapprocher ces deux localités.
P. 9 1 , n. 1 : On identifie Rugia tantôt avec Rûdj ( Rôhricht , Geschichte, p. 196, n. 3, et 391, n. 1), tantôt avec Rîhà (Paris, dans G. de Tyr; Rey, Colonies; Hagenmayer, dans Gaultier). Cette dernière identification semble plus pkusible, puisque Rugie était une ville, comme Rihâ, tandis que Rûdj est une vallée ou un district. Mais dans l'un et l'autre cas, Rugie est au sad-ouest de Sarmin, non au sud-est. En effet, Rihâ est exactement au sud-ouest de Sarmin, sur les cartes et sur mon itinéraire, et le district de Rûdj est phis loin , dans la même direction par rapport à Sarmin.
P. 99, n. 1 : Où passait, sur la cote, la frontière du royaume et du comté de Tripoli? D'après G. de Tyr (1. XVI, c. Q9) et J. de Vitry (c. xxxiii), elle était à un ruisseau (rivas) entre Beyrout et Djebejl; ailleurs (1. XIV, c. id), Guillaume indique le passas pagani; enfin Burchard (éd. Laurent, p. 27) désigne le passas canis, c'est-à-dire le Nahr
ai-Kalb ou fleuve du Chîen. L'auteur cite ici ces sources contradictoires (sauf J. de Vitry), sans se prononcer; le problème , en effet , n'e?t pas très simple. 11 faut chercher, sur la carte, les meilleures frontières naturelles, puis les rapproclier des indications qui précèdent, enûn tâcher d'accorder celles-ci sur la solution la plus plausible.
Trois cours d'eau se jettent à la uier entre Beyrout et Djebeil, en négligeant les torrents; ce sont, du sud au nord, le Lycus (Nahr aX-Kixlb^ passas canis)^ le Nahr al-Muàmaltain et TAdonis (Nahr Ibrahim ). plusieurs reprises, M.Rey s'est prononcé , tantôt pour le premier, tantôt pour le troisième. Depuis lors, M. Dodu [Jnstitatiotis, p. 8i ) a repris le problème et se décide en faveur du second. Parmi les raisons qu'il avance, la plun forte est celle qu'il tire du nom même de muânialtain, indic[uanl la limite de deux circonscriptions administratives. Mais il ne cite que Je premier passage de G. de Tyr, reproduit par J. de Vitry; reste donc à concilier, avec cette solution , les deux indications contradictoires de G. de Tyr (passas pagcuii) et de Burchard [passas canis).
Le mot pasms désigne, non ]e fleuve même du Chien, mais le promontoire qui forme sa rive gauche et qui . tombant abruptement dans la mer, oblige ici la route à passer en corniche. Ce cours d'eau , célèbre depuis la plus liante antiquité , Tétait encore au moyen âge. G. de Tyr, qui l'appelle ailleurs ^ut^iam canis, le connaissait mieux que tout autre et s'il avait formé la frontière , on ne s'expliquerait pas pourquoi l'archevêque l'eût appelé d'une part un rivas, un raissel, d'autre p^ri passas pagani,Kn revanche, on s'explique mieux comment Burchard, parcourant rapidement la côte, a pu confondre un certain passas pagani avec le bien plus célèbre passas canis. Puis'^u il faut absolument choisir entre les deux , it semble bien que la frontière passait au passas pagani et que ce passas était doublé d'un rivas; où était ce nouveau défilé P
Disons d'abord que passas pagani n'est pas une erreur
dans le texte de G* de Tyr, pour passas canis par exemple, car les Gestes des Cliiprois , p. 83 , Tappellent , en français , le pas paien ; en outre , le contexte des Gestes prouve à l'évidence qu'il était au nord du ^«5 doa chien, c'est-à-dire du Lycus; il faut donc le placer .«-oit au Nahr al-M u àmaltain , soit au Nahr Ibrahim. Il est bien difficile de l'identifier avec ce dernier; d'abord, le Nahr Ibrahim est connu des chroniqueurs, puisque Tuebœuf, Robert et les Gesta l'appellent Braim, et G. de Tyr ne l'eût désigné ni par le mot de rivas, ni par le terme de pagam; enfin , la côte ne forme pas de défilé sur les rives de l'Adonis , qui tombe à la mer sur une lande assez large , si mes souvenirs sont exacts. En revanche, les mêmes considérations nous conduisent au Mu amaltain. Ce cours d'eau , qui n'est qu'un ruisseau , n'a pas été retrouvé dans les chroniqueurs des croisades. En outre , et ceci est plus important, sa rive nord est formée par un contrefort de la montagne qui, descendant de Ghazîr, ferme au nord la baie de Djùni et projette un cap dans la mer. En re point, la route de Beyrout à Djebeil, en contournant la baie de Djùni, enjambe le Mu amaltain sur un magnifique pont romain, jeté à quelques mètres de son embouchure, tourne à l'ouest, puis de nouveau vers le nord, en traversant, en corniche sous le promontoire du Ra's al- Muamidtain, un véritable défilé, un passas aussi resserré que celui du Chien, dont une vieille tour en ruine trahit encore la valeur stratégique. M. Dussaud , qui connaît si bien la géographie antique et moderne de cette région, m'écrit que , pour lui , le passas pagani est le Klimax de Strabon , c'est-à-dire ce promontoire qui ferme au nord la baie de Djùni; ce nom s'expliquerait, suivant lui, par les nombreux restes romains, c'est-à-dire païens, qu'on trouve en ce point de la côte.
En résumé , la frontière du royaume et du comté de Tripoli parait avoir été au Nahr ai-Mu amaltain ^ le rivas de Guillaume et de Jacques , et au cap du même nom , le Klimax de Strabon , le passas pagani de Guillaume , que Burchard
aurait confondu , un peu plus tard , avec le plus célèbre pas-
sas canis.
P. 101 : Ukhuana, plus loin Uchuana et Uchwân. Ibn al-Athîr, Kamâl ad-din, Abu Châmah et Yâqût donnent Âjl^'il! et ce dernier vocalise al-aqhawânah.
P. io3, n. 5, et 252, n. 6 : Le Coran du calife 'Uthmân à Damas a-t-il réellement vécu jusqu à l'incendie de i SgS ? On sait que la tradition attribue volontiers les vieux Corans à ce calife , comme elle attribue , en Egypte , les vieilles mosquées au général *Amr; voir Nôldeke, Geschichte des Qorâns, p. 238; Abu l-fidà\ trad. Guyard, II b, p. 7, n. 1.
P. io4 : Lulu el-jaja; le surnom de l'eunuque Lu'lu , dans Kamâl ad-dln , est bUl, groupe que les éditeurs ont layâyâ ou bâhâ , suivant la ponctuation adoptée. Ces deux mots n'étant guère usités en pareil cas, je me demande s'il ne faudrait pas corriger légèrement le texte de Kamâl et lire ^^^ , aîlâllâ, le gouverneur, le précepteur, titre assez fréquent; cf. C. /. ^., 1, p. 199, n. 1.
P. 109 et 2 15 : Hisn el-dschisr, Medinat el-dschisr, etc. La topographie de Chaizar a fait de grands progrès depuis le voyage de M. Sachau et les travaux de M. Derenbourg. Pour préciser le sens des divers noms employés dans les sources , je voudrais la résumer en m'aidant de mes souvenirs personnels; je serai d'autant plus bref ici que mes notes et mes relevés paraîtront ailleurs. Ce croquis grossier, fait de souvenir, suffit à l'intelligence de ce qui suit.
La forteresse de Chaizar ( a du croquis ) occupe une étroite et longue arête de rocher, courant du sud au nord , bordée ù Test et au nord par l'Oronte , à l'ouest par la plaine , et que Dimachqi nomme la crête de coq. De tous côtés, elle domine I3 terrain par des escarpements a pic, sauf au sud, où elle se prolonge par un haut plateau b; un grand fossé i i, taillé dans le roc, complète la défense en l'isolant de ce côté. Cette forteresse en ruine est assez bien conservée à ses
[llOl] — M.( 17 )**—
deus extrémités : au sud , où un gros donjon carré d commande le fossé et le plateau b; au nord, où une tour carrée
Plan de Chaiur.
et un énorme glacis d'appareil défendent l'entrée; toutes c
constructions sont franchement arabes. Voilà ce que les ai
J. As. (Exlr. D* 9 Je igo3.) i
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tears arabe» appellent Hisn ou Qal'at Chaixar (auteurs grecs et latins : Caesar(e)a, Sîsara et variantes), aujourd'hui Qalat Sèdjar. L'enceinte , qui renferme encore un village , abritait la ville haute médiévale , qu'Usâmah nomme toujours le balad (auteurs latins : praesidium, oppidum, pars superior civilalis).
En sortant de la forteresse au nord, sous la tour, le chemin traverse un ravin sur un pont de pierre c , à plusieurs arches , qu on voit sur la photographie publiée par M. Sachau. Ce pont, qu'on a confondu avec celui de TOronte, n'était qu'un pont-levis , autrefois en bois , qui formait alors , suivant Ibn al-Âthir, et forme encore aujourd'hui le seul accès de la forteresse. Puis le chemin descend rapidement , a travers un hameau h, jusqu'à l'Oronte, qu'il traverse en biais, sur un pont e, pour reprendre, sur la rive droite, la direction du< nord. C'est ce pont qui portait le nom des Munqidh , depuis l'occupation de Chaizar par cette famille féodale (Ibn Khallikân : djisr banî Munqidh) ; mais Usàmah , qui vivait à Chaizar, l'appelle al-djisr tout court et ce terme a prévalu ( Kamâl : aU djisr; Gaultier: Gislram; Nicetas: talptot»). Son importance conmierciale et stratégique, doublée par la proximité de la, forteresse, en fit le centre de ce qu'on pourrait appeler le Bas-Chaizar. C'était d'abord le pont, puis la ville basse, qu'Usâmah appelle toujours madinah, par opposition au balai de la forteresse (Kamàl: faubourg ; auteurs latins: suburbium, bourg , pars inferior civitatls ) , enfin un ouvrage fortifié , le hisn (d-djisr dVskmah (Gaultier: castellam Gistrum).
Où s'élevait la ville basse , la madinah ? Nulle part Usâmah ne le dit très clairement. Un coup d'œil jeté sur le croquis montre qu'elle devait ^tre entre la forteresse et le pont de l'Oronte, en A, là où se trouve aujourd'hui le bas village; c'est ce que parait confirmer le seul passage un peu descriptif d'Usàmah. En racontant une attaque des Francs, il dit que la ville basse était sur une presqu'île (djaztrah) défendue par le pont. Les Francs , ne pouvant traverser le pont , trouvent un gué, passent le fleuve et prennent la ville. Or les Francs, venant d'Apamée, arrivèrent forcément par la rive droite; il
«n résulte que ia ville était sur la rive gauche, dans cette sorte de presqu'ile que TOronie forme eu h, plus vaste en réalité que sur le croquis. 11 est vrai que djazirak signifie aussi une (le et qu'un ilôt s*elève encore dans le fleuve , au milieu du pont. Mais cet ilôt ne saurait avoir porté la ville et je crois que c*est lui qu'Usàmah désigne ailleurs, quand il parle, à deux reprises, d'un moulin sur une ile (djazirah)t près du pont; en effet, cet ilôt porte encore un moulin.
Quant au hisn al-djisr, M. Derenbourg le place sur la rive droite et je pense qu il a raison. 11 est vrai qu'un texte d*Usâmah , qui semble placer le hisn près de la muraille de la ville basse , fait songer tout d'abord à la rive gauche. Mais un autre texte paraissant donner à ia ville une porte sur la rive droite, il est permis de croire que le hisn formait la tête de pont de la rive droite, avec un faubourg dépendant de la ville et fermé aussi par une muraille. Bien que mes souvenirs ne me rappellent aucune trace de constructions sur la rive droite , cette disposition parait concilier, mieux que toute autre , les indications assez vagues d'Usâmah.
La ville basse avec son enceinte elle hisn al-dj isr hrmeieni un système de défense indépendant de la forteresse, qui servait de réduit à Ghaizar '. En effet, la ville basse fut prise plusieurs fois par les Francs , les Grecs et les Assassins, sans qu on ait jamais pu 'orcer la forteresse. Celle-ci passait pour inexpugnable et Texamen des lieux confirme , sur ce point ,
* Ritter, Erdkande , X V II , p. 1 09 1 , et M. Hagenmayer ( Gallerius , p. 168) confondent Gistrum avec la forteresse, c'est-À-dire le Haut- Ghaizar, que ce dernier décrit d'après M. Sachau. Riant a dit, plus exactement : «Gistrum castrum. . . sub Gaesarea situm. . • »; H. occ. Cr., V, p. 89, n. d. Le pont de Ghaizar, quand il est appelé al'djisr tout court , a été confondu tantôt avec le Pont de fer entre Antiocbe et Hârim , tantôt avec Djazar, yy^^ nom d'un district d'Alep. Ajoutons encore, sans vouloir épuiser la liste des méprises, que Ghaizar a été confondu avec Qusair (Gursat) par Quatremère (Sultans Mmnlonks, Ib, p. 367) ot Defrémery (dans Ihn Batûtab , 1, p. i65].
l'opinion des auteurs arabes et latins , car les approches du côté faible, au plateau b, étaient défendues par un puissant donjon commandant un Ibssé lar^je et profond; d'ailleurs, pour parvenir à ce plateau en venant d' A pâmée, il fallait s emparer du pont et de ses défenses. Le seul moyen d'éviter ces obstacles était d'attaquer par le grand plateau ff, qui domine un peu la forteresse, au delà de TOronte; mais il fallait, pour cela, de puissants engins de siège. C'est là que l'empereur Jean Comnène fit dresser ses machines, qui battirent la forteresse en tirant par dessus le fleuve. L'étude du terrain fait comprendre à merveille les détails de cette attaque bien combinée, qui faillit aboutir à la prise de la forteresse.
P. 120, n. 1 : Kiama et Komame; il faut renverser les deux termes , puisque c'est le premier qui signifie rcsarreclion
P. 123, n. 1 : Kamal, lire Kamil ( J-»^).
P. 127, n. 7 : Tugtakîn, marchant de Damas contre le royaume, campe entre Dér Ayyùb et Kafr. . . Dans la traduction de l'Académie ( IL on Cr. , I , p. 3 1 5 ), la fin du nom est en blanc et M. Piôhricht suppose ici une « faute grossière de copie dans le manuscrit •. Quand il a rédigé cette note , les cartes de la région Jourdain-Haurân étaient si défectueuses que cette supposition était à peine nécessaire. Mais la nouvelle carte de M. Schumacher [Bas Sàdlicke Basan, Z. D. P. V., XX, pi. 1 et p. 67 et suiv.) jette une grande lumière sur cette région, qui joue un rôle stratégique de premier ordre à l'époque des croisades. On y voit , tout d'abord , que Dêr Ayyùb est exactement sur la grande voie militaire de Damas à Jérusalem, par Sanamain , Nawâ , Mzêrib ; c'est probablement sur cette voie , un peu plus au sud , qu'il faut chercher la localité inconnue. Voyons maintenant le texte d'ibn al-Athîr. L'édition de l'Académie donne «-UJ ^i5^ sans variante ; l'édition Tornberg , suivie par celle de Boulaq, donne Jj^ p t d'après divers manuscrits, en ajoutant la ponctuation. La liste de noms
qui accompagne la carte de M. Schumacher donne plusieurs localités dont le nom commence par kafr, village. Le premier qui s'offre ici , c'est Kafr Asad , «x*ul y*^j parce qu'il n'exige qu'une légère correction dans le texte de Paris. Mais ce village parait décidément trop au sud-ouest; bien qu'il soit à peu près sur la route importante de MzêrilD au Jourdain, par Rahûb, la fameuse cave Roob des chroniqueurs latins, l'expression «entre Dêr Ayyûb.et Kafr Asad» parait un peu large. Le seul autre nom qui permette un rapprochement avec le texte d'ibn al-Athir, c'est Kafr as-Sâmir, j^LJl yi^; bien qu'ici, la correction soit un peu plus forte, on comprend que le mot y^LJI ait pu devenir J-*^, sous la plume d'un copiste maladroit. D'autre part , au point de vue topographique , cette localité convient parfaitement , car sur la carte Schumacher, elle est à peu près sur la route de Dêr Ayyûb à Mzêrib et la carte y marque un grand édifice en ruine; cf. Z. D. P. V,, XXII, p. 188. Enfin l'on remarquera, juste à mi-chemin entre Dêr Ayyûb et Kafr as-Sàmir, le Tell 'Achtarâ , que les chroniques arabes signalent plusieurs fois comme un lieu de campement des armées musulmanes ; voir une note à p. 348 , n. 2. Quant à la leçon Kafr Basai de l'édition Tornberg, la nouvelle carte ne lui donne aucune explication.
P. i4o, n. 3 : Sihjaun, écrit ailleurs Sahjun. La première forme est de M. Derenbourg, d'après Yâqût, qui vocalise Sihyaun le nom arabe de Sion (Jérusalem) ; puis il nomme la forteresse, sans donner une autre vocalisation, d'où il paraît bien qu'il adopte la même. En faveur de Vi dans la première syllabe, on peut rappeler que B. deTudèle (éd. L'Empereur, p. 32) écrit iITT^D, forme intéressante depuis que M. Dussaud (2' voyage^ p. 12) a montré, dans la forteresse, la Sigon d'Arrien , à l'époque d'Alexandre. A l'appui de cette identification, ajoutons que Dimachqi attribue à la forteresse une origine antique et qu'il existe encore, à l'intérieur de l'enceinte, un tronçon de mur en appareil réticulé qui
pourrait bien être antérieur aux Arabes, D'autre part, ia forme actuelle Sahyûn , qui vient peut-être d'un rapprochement avec les dérivés de la racine saliâ (sahwah, iour)^ remonte au moins aux croisades. £n effet , Abu l-fidà\ qui connaissait cette région et qui parait rendre « mieux que le plus dassique Yâqût, la prononciation locale, vocalise Sahyûn et les sommes latines écrivent Saône (avec les variantes plus rares Sehone , Seone). — Sur Balâlunus <=» Qal'at Mehèlbah « voir mes Inscriptions arabes de Syrie, p. 7^ et suivante».
P. 1 4 1 , n. 4 : Marimin ; le texte de Kamâl ad-din » dans Tédition de i*Académie, donne un groupe illisible, ressemblant à ^^ (de Sacy : Marbin) et que M. Barbier de Meynard (H. or. Cr.^ m, p. 62a) a lu (^«C^* Merimln. Il est d'autant moins aisé d'en tirer parti qu'on ne sait trop où chercher cette localité. Kamâl se contente de la placer dans lé Djabal as-Sununâq, district montagneux souvent nommé, mais dont on n'a pas encore, scmble-t-il, fixé la position exacte. Une opinion courante le place dans le Djabal an-Nsairiyyah , là où s'élèvent les forteresses des Assassins; voir Derenbourg, Vie d'Ousâma, p. 699 ; Dussaud, 2' voyage, p. dd- Yâqût, qui décrit le Summàq sans le localiser exactement (une vaste montagne dans les districts occidentaux d'Alep) , dit que les villes , villages et forteresses qu'il renfermait en grand nombre appartenaient en général aux Ismaïliens; cf. .Blochet, dans R. O. L., IV, p. 1^7, n^ 5. Mais il né cite aucun nom et le district sauvage qui renferme les célèbres forteresses des Ismaïliens ou Assassins, dans le Djabal an-Nsairiyyah , n'a jamais été rempli de villes , ni fait partie de la province d'Alep , au sens étroit du mot. En revanche , la plupart des passages relatifs au Summâq , dans les chroniqueurs arabes , nous conduisent à le chercher quelque part dans le quadrilatère Apamée-M a'arrah-Alep-Hâriin , probablement à proximité de Sarimin (voir surtout Dimachqi, trad. Mehren, p. 27Â), non pas à l'est (carte Bey], où l'on ne voit guère qu'une vaste plaine, mais plutôt à l'ouest ou au sud, puis-
que, dans ces mêmes sources, ie district montagneux au nord de Sarmin s'appelle le Lailùn. On sc^it que toute cette région, quand les Francs s en emparèrent, était infestée d'ismaïiiens convertis par la mission, célèbre alors, d'Alep et c'est sans doute à ces gens que Yâqùt fait allusion , dans la phrase citée plus haut.
Il faut donc chercher à Touest ou.au sud de Sarmin et de Dànith et, si la leçon {jt-Cy» est la bonne, lire Maryamîn (et non Marimin, dans Yâqût, où la vocalisation est d'un copiste ou de l'éditeur ). Yâqut nomme deux localités de ce nom. L'une près de IJoms', qui est Tiintique Mariimme (Dussaud, 2' voyage, p. i a ) , n'a rien à voir ici. L'autre, « un village connu dépendant d'Ale[¥», conviendrait mieux; mais on ne l'a pas encore localisée. La carte Rey marque, au sud d'Alep, un village dé Margamin qu'on ne retrouve pas sur les cartes plus récentes : mais si ce village est le second Ma-; ryamin de Yâqût , il est au nord-est de Sarmin et de Dânith , c'est-à-dire dans la direction opposée à celle où il faut chercher la localité problématique* D'ailleurs, après la défaite des Francs à Dânith , leur ligne de retraite derrière l'Oronte était non à Vest^ mais à V ouest. Une de ces lignes, au nordouest, passait par Hàrim et Djisr al-Hadid vers Antioche: l'autre plus courte, au sud-ouest , tendait vers Djisr ach-Chugr. C'est sur une de ces lignes qu'était la localité problématique , puisque c'est là que le comte Hbbert fut fait prisonnier dans sa fuite. Or il existe, sur la seconde ligne, un Maryamîn que mon itinéraire place à environ 1 5 kilomètres au nord-est de Djisr ach-Chugr (Mirjamln, à 9 kilomètres à l'est de Djisr, sur la carte Hartmann, Das Liwa Haleb)» £lle est en ruine, par conséquent ancienne ; que ce soit ou non le Maryamin d'Alrp de Yâqùt , c'est celle qui convient ici , si l'examen des manuscrits de Kamâi autorise la leçon (^<^y*.
P. 149» n. 4 : Zedschr el-akaba; le manuscrit du Mirât donne iu£jJl ^^, sans ponctuer le premier nom, que les éditeurs de l'Académie ont lu *a.; , Zedjr, par hypothèse; voir
H, or, Cr,, III, p. 562. TI faut lire Zahar ai-*aqabah , du moins d*après la carte anglaise, qui écrit ce nom Zahar el-akabi; cf. Schumacher, Northern *Ajlân, p. i47- Cette localité, située à Test du Jourdain et au sud de Mkés , devint , sous le sultan Muhammad , fils de Qalâwûn , un relai de poste sur la route de Baisân à Irbid, suivant TImarî , qui écrit ce nom ^3; Tarîf, p. iga.
P. 1 5o : Suivant Kamâl ad-din , cité ici , c'est en djumâdâ II 5i5 (septembre 1121) qu'îlgâzi fit démolir la citadelle d'Alep. En revanche, Ibn Chaddâd [A'IAq, ms. cité, P 8 v*) donne la date 510(1116-1117); mais un copiste a peut-être sauté le diîffre cinq dans ce manuscrit.
P. 1 5o , n. 3 , 1 53 et 1 80 ; ... eine alte Kiosterruine (texte de Kamâl ad-din : dair kharâb qadim) . . .ed-Der. . . Burg ed-Der. . . On ne saurait conclure, sans autre indice, à ridentité de ces localités. Cette région , couverte de ruines chrétiennes, est riche en lieux du nom de dair, coavent, soit qu'ils marquent réellement remplacement d'un ancien monastère, soit que ce mot court, qui ressemble beaucoup à dâr, maison,, déûgne, dans le bouche des indigènes, une construction quelconque d'aspect anticpie et qu'ils jugent antérieure à l'Islam. C'est ainsi que dans les campagnes réformées au nord du lac Léman , toute construction voûtée ou d'aspect ancien passe pour un couvent, parce qu'elle est antérieure à la Réforme, qui supprima les monastères. On trouve plusieurs dair sur les cartes, pourtant bien imparfaites, du nord cfe la Syrie; citons Dêr, à un kilomètre au nord de Turmanin , où s'élevait la belle banlicpie décrite par M. de Vogué et récemment détruite; Dêr el-Banât, plus à l'ouest ; Dêr, ruines sur le chemin de Sarmadâ à Hârim , à un kilomètre au sud-ouest de Dêhes, autre ruine connue par une inscription syriaque et dont le nom renferme peut-ôtre le mot dair (Dèr-Has [?]; cf. Khirbat Hâs, près de Bârah); voir les cartes Rey et Blanckenhorn et mon itinéraire inédit.
P. 1 55, n. 6 : Le titre sahenas, qu Orderîc Vital donne à l*émir Bâiak , ne peut guère être le titre persan (et non arabe) chàhanchâh. Au point de vue formel, l'équivalence est bonne, en ce sens que la chuintante arabe est toujours rendue par une sifflante latine; voir une note à p. 877, n. 1. Toutefois, on attendrait plutôt sakensa. Va final de châhanchâk ne pouvant tomber si facilement. Mais châhanchâk, titre honorifique et souverain, du moins à cette époque, ne convient guère à un simple feudataire comme Tétait Bâlak, dont je ne crois pas que Ton connaisse aucune monnaie. 11 s*agit plutôt d'un titre de fonction, en tout cas, dun titre non souverain. Le titre isfahsalâr «général», très répandu parmi les feudataires de Syrie, qui étaient aussi les commandants des contingents militaires fournis à leur suzerain , ce titre conviendrait bien à Bâlak; mais au point de vue formel, Téqui valence est bien lâche. Serait-ce chihnah, préfet, titre fréquent â cette époque ? Malgré les apparences, Téquivalence est au moins aussi bonne qu'avec chàhanchâh. Dans la prononciation de chihnah, Vi tourne à Va, sous Tinfluence de la gutturale fricative qui suit, et r^ final n'a plus de valeur phonétique ; dès lors, ce mot est bien rendu par sahena[s)f Vs final pouvant n'être qu'un indice latin, comme dans NoradiR(u]s (Nûr ad-din), Siracon(u)s ( Chîrkùh ) , etc.
P. 166, n. 5 : Ibn Chaddàd {Barq, ms. cité, p. 228) donne quelques détails inédits sur Tyr^avant et pendant les croisades.
P. 177, n. 7 : La poste aux pigeons, sur laquelle divers auteurs arabes donnent de curieux détails, fonctionna longtemps en Orient. Les pèlerins des xv" et xvi" siècles racontent qu'en vue d'Alexandrie, les officiers du port, montés à bord pour inspecter les galères, faisaient leur rapport en renvoyant des pigeons à terre.
P. 1 78 , n. 1 et passini : L'auteur place la cavea Rooh des chroniqueurs laiins au défdé qui porte aujourd'hui le nom de Rahûb. Cette identification, faite par M. Wetzsleio, est par-
faitement claire sur la nouvelle carie de M. Schumacher, illustrée par la description de Téminent voyageur [Z, D. P. V,, XX, p. 178). Près de sa source ('uyun ar-Raf^ûb), le Wâdi ar-Rahûb forme une gorge étroite et profonde, dans les parois de lacpielle sont percées des cavernes ( muallaqàt ou magâràt ar-Raffûb). Au-dessus des sources se dressent les ruines informes d'une construction probablement militaire, puisqu'elle est entourée d'un mur d'enceinte (khirbat ar- Ral^ûb), D'après une communication privée de M. Schumacher, ce passage devait avoir une valeur stratégique et l'on voit encore les ruines d'un pont (?) sur le ravin, un peu en aval de la Khirbat ar-Rahûb. C'est là que passe la grande route de Galilée au Haurân, par Mkés et Mzérib; or, les chroniqueurs latins parlent toujours de la cave Roob comme d'un point important sur cette route et situé entre Gadara (Mkés) et la plaine de Mndan, c'est-à-dire du Wàdi al- Maddàn , que cette même route traverse tout près de Mzérib, sur un vieux pont, le Djisr al-Maddàn. M. Schumacher a retrouvé, sur ce pont, les lions de Baibars, indice d'un passage stratégique important. 11 n'y a donc aucun doute sur l'identité de Roob et Rahùb et il est désormais inutile de grossir les flots d'encre que ce petit problème a fait couler, depuis le Poé€ d'Eusèbe jusqu'au mémoire de M. Rey.
Reste le mot de cava, cavea, que les auteurs latins associent toujours au nom de Roob. Ces caves des guerres des croisades étaient, pour la plupart, de vraies cavernes fortifiées aux flancs des rochers (Sultans Mamlouks, 11 a, p. 269 ). M. Rôhricht en parle, d'après les auteurs, sous le nom de H hlenfestang , Hôhlenharg , sans qu'il soit facile de les loca* lîser et de les distinguer Tune de l'autre. En comparant les passages relatifs à ces caves , il semble qu'on peut en distinguer trois principales : i* la cave de Tyrum, Chaqîf Tîrûn des auteurs arabes, dans le territoire de Tyr et Sidon (Rôhricht, p. 33 1); n" une caverne en Galaad, c'est-à-dire de l'antre côté du Jourdain, à peu près à la hauteur de In mer Morte (Rôhricht, p. 219 et 293); 3° une caverne dans le pays de
[411] — fr>{ 27 ).«—
Suete (Uôhriclit, p. 294, 396, 32a [?], 397 et 4oo). Cellenû était quelque part à lest du lac de Tibériade, à environ 5o kilomètres de cette ville. Cette distance et la description minutieuse qu en donne G. de Tyr concordent si bien avec ce que nous savons du dt'iilé de Bahùb , grâce à M. Schumacher, qu*il semble que Ion puisse identifier la cave de Suele ^ avec la cave Roob, quoique G. de Tyr emploie toujours CCS deux noms séparément. Alors, dans cet auteur, le DCiOt cava désigne les cavernes ( maV<//a^^ ou magârât) taillées dans les rochers de Ral^ûb, peut-être le défilé lui-même, formant comme une cave en travers de la roule. Si je rouvre ce débat sans y rien apporter de nouveau , c*est que certains indices m*avaient conduit à cherclier ici, dans le mot cava,
^ Ce nom, que G. de Tyr écrit Saeta* Suite, Subite, a été identifié avec la terre de Sawêt, marquée par MM. Wetistein et Schumacher {Btitebcrickt, p. ^6; Z.D» P. V., XX, p. 174 el cartes anneiées). Qael que soit le sens de ce nom, ]a région qu'il désigne semble un peu tr^p au sad-est pour avoir été possédée par les Francs et je ne le retrouve pas dans les auteurs arabes des croisades , mais seulement au début du xiv* siècle, dans Dimachqi et 'Umari, Masâlik, Paris, 5867. En revanche, les premiers donnent souvent le nom de Sawâd à une partie de la Transjordane, notamment à foute la région qui s'étend à l'est du lac de Tibériade (H, or, Cr,, I et III, index; Yâqùt; Dimachqi) et ils affirment qu'une partie du Sawâd apparlenait aux Francs. Aussi je me demande si le Suete de G. de Tyr, où les Francs possédaient une cave fortifiée, nest pas plutôt la partie du Sawâd qui leur apparlenait et qui paraît avoir compris la région de Rahûb (Roob). Bien que l'équivalence Suete = Sawâd semble moins bonne que Suete = Suwèt, elle est suffisante si l'on suppose le mot Sawâd prononcé Suwéd, avec Vlmâlak syrienne. On peut même se demander, en songeant à Tétymologie un peu factice que M. Wetzstein proposa pour Smoéi, si ce nom n'est pas simplement une déformation de Sawâd, déformation qui remonterait au xiv' siècle, puisque Dimachqi donne les deux formes , sans qu'on voie clairement s'il entend parler de deux régions différentes; éd. Fraehn, p. 76, 200 et 201; trad. Mehren, p. 88, 270 et 272.
une transcription de l'arabe qaVah, forteresse, et dans la cave Roob, non les cavernes de Rahûb, mais la ruine signalée par M. Schumacher sous le nom de Khirbat ar-Rahûb, qui eût représenté une ancienne Qalat ar-Rahûb. A l'appui de cette hypothèse, je constatais que le mot cava, dans G. de Tyr, n'est pas toujours l'équivalent de caverne ( cavan et cavam — alaqhawânah; Rôhricht, p. SgS, 4o4 et ^ik) et que le teiLte latin de G. de Tyr, qui explique la plupart de ces caves par spelanca, caverne, n'emploie jamais ce mot en parlant de la cave Roob. Toutefois , le premier argument se réduit à un rapprochement accidentel et le second tombe de luimême si l'on identifie la cave Roob avec la cave de Suete, dont G. de Tyr dit expressément spelanca. Quant aux deux autres caves, celle de Tyrum et celle de Galaad, c'étaient aussi des cavernes fortifiées, car G. de Tyr emploie, pour les deux, le mot spelanca et Yàqût, en décrivant Chaqif Tirûn, explique le mot syrien cheqîfa, rocker, par l'arabe kahf, caverne,
P. 197, n. 4 : La distance de onze heures entre Hamâh et Masyâd semble un peu forte aujourd'hui. Abu 1-fidâ' compte une journée et l'itinéraire de Burckhardt un peu plus de onze heures; mais celui de M. Rey réduit ce chiffre à environ huit et le plus récent, celui de M. Dussaud (2* voyage, p. 45), compte exactement huit heures. L'on m'a dit même , à Hamâh , qu'on peut atteindre Masyâd en six heures, mais il vaut mieux s'en tenir à huit.
P. 198, n. 2; 71a, n. 1, et 9^3, n. 4 • Cursarium ou Qusair, aujourd'hui Qal*at az-Zau, est assez exactement à 11 kilomètres au sud-sud-est d'Antioche, d'après mon itinéraire inédit. Je possède quelques relevés des ruines de cette forteresse encore peu connue.
P. 2o5, n. 3 : La description la plus récente de Bârin (tj'î;^ dans une inscription inédite du Krak) est de M. Dussaud, 2' voyage, p. i3.
P. 2 1 9 et passim : J ai déjà dit an mot de la caverne fortifiée de Galaad ( voir une note à p. 1 78 , n. 1 ) , que i*auteur semble identifier avec celle du pays de Suete , à en juger par les références qu'il donne en plusieurs endroits de son livre. J'incline à croire avec lui que cette dernière est la même que la cave Roob, mais je pense qu il faut la distinguer de la première, qui devait être plus au sud. La discussion de ce problème assez compliqué dépasserait le cadre de cette étude.
P. 220 : Abak ed-daula, lire Abak tout court, puisque c'est le nom propre. J'ai dit (voir la première de ces notes) qu'il vaudrait mieux, en règle générale, donner les seuls noms propres arabes , en réservant les surnoms pour les cas où le nom propre est inconnu ou peu usité. Si l'on veut ajouter un surnom d'Abak , il vaudrait mieux choisir M udjir ad-dîn , surnom plus connu que 'Adb ad-daulah. De même , un peu plus loin, il suffît de lire Anar tout court (plutôt Unur ou Onôr , d'après M. Blochet, dans R. 0,L., V, p. 565 , ou Onâr, dans Houtsma, Glossar,^. 3o), puis Zenki au lieu de Imad ed-din. On pourrait alors, dans l'index, classer tous ces personnages à leur nom propre, au lieu d'avoir à les chercher tantôt à leur nom, laniôt à l'un de leurs surnoms.
Même page : Sarchod ; quelle que soit l'orthographe adoptée pour ce nom , dont il existe plusieurs variantes en arabe , la deuxième syllibe est en a.
Même page ; Les mouvements de Zanki et des Francs devraient être précisés. Le premier ne pouvait se rendre de Damas à Busrâ en passant par (ûber) Salkhad; on le voit sur la carte. Suivant les textes cités, Zanki part de Damas et s'avance à la rencontre des Francs jusque dans le territoire de Busrâ et Salkhad. Puis, ne les trouvant pas, il revient dans la plaine de Damas et va camper, non à Adraat ( Der ât) , mais au village de 'Adhrâ , qu'lbn al-Athîr place au nord de Damas et qui est exactement à 20 kilomètres au nord-est de cette ville (cartes Stûbel et Baedeker).
Page 224> n. 4 : La forteresse de Safad a-t-elle été bâtie
en 1 1 4o ? Cette date vient de M. Deronbourg , qui l'emprunte h M. Rey {Colonies, p. à^b), Ceiai-ci ne cite pas sa sonrce; peat-étre est-ce M. Gnérin , qui pense que Safad fut bâti soos le roi Foulques, entre ii38 et iido (GaUlêe, II, p. 4tia; cf. Sarvey of Western Palestine, I, p. 349)* H cite J. de Vitry et M. Sanuto; mais, comme Va remarqué Robinson (Palestine, III, p- 837), ces auteurs ne donnent pas la date exacte de la construction. Bien plus, quoi qu^en dise Robinson, ni Tun ni Tautre n'attribue la forteresse à Foulques et si Sanuto en parle dans un chapitre où il raconte incidemment la mort du roi , on ne peut en conclure que celui-ci Ta fait bâtir, puisque Touvrage de Sanuto n est pas strictement chronologique. Eln résumé, la date ne ressort d'aucune des sources citées, ni de G. de Tyr, qui parle pour la première fois de la forteresse en 1167, et j'ignore s'il en est question dans l'opuscule Ùe constractione castri Sapliet, que je n'ai pas entre les mains. La seule date précise, je la trouve dans Ibn Chaddâd {Barq, ms. cité, p. aao) : «Safad fut bâti par les Templiers en 495 (110a)». Sous cette forme, l'assertion d'Ibn Chaddâd, reproduite par *Umari au xiv* siècle [Masàlik, Paris, 5867), ne saurait être exacte, puisque le Temple ne fut fondé qu'en 1 1 1 8. Si elle renferme une part de vérité , c'est plutôt dans la date, car aucun auteur latin n'attribue la fondation de Safad aux Templiers; on sait d'ailleurs que les grands ordres n'acquirent que plus tard les châteaux du royaume, devenus trop lourds pour de simples feudataires. Si Yàqùt a décrit, sous le nom de Forteresse des Templiers [Ip^n ad-dâwiym)f un château qu'on a identifié, non sans vraisemblance, avec Safad, c'est précisément qu'à l'époque où il écrivait, Safad était au Temple. Or, Ibn Chaddâd écrivait plus tard encore» vers ia8o, alors que la date de l'acquisition de Safad par le Temple devait être oubliée des auteurs arabes. A cette époque , la prise récente de la forteresse par Daibars était présente à toutes les mémoires, et la brutale exécution des Templiers devait avoir impressionné l'auteur, propre témoin des conquôles du sultan. Dans ces cir-
[tiïb] -.-M.( 31 )^~
constances, il est assez naturel qu'il attribue la construction de Sdfad aux Templiers eux-mêmes; en revanche, il est moins facile d'expliquer une erreur de date qui ne parait pas être le fait d'un copiste, puisque cette date se retrouve dans *Umari. Enfin , la date 1 1 oa , quoique un peu reculée , s'explique assez bien par 1 état politique et militaire du royaume à cette époque. En résumé , Ion peut croire que la forteresse fut bâtie dès i loa , sous Baudoin I'^ La suite est connue : vers 1 168, le roi Amaury la donna aux Templiers (Strehlke, Tahalœ^ n** 4 et 5; Rôhricht, Regesla, n** 4^7 et 465 ), qui la possédaient en 1 179 (Maqrizi,dans/t.O.L.^VIlI,p. 533), auxquels Saladin Tenleva en 1 188 (Eracles, p. io4 et 187; J. de Vitry, éd. Bongars , p. 1 1 44 ; Abu Chàmafa , dans H, or, Cr,, IV, p. 344 )> qui la reprirent en ia4o et la perdirent définitivement en ia66; voir une note à p. 860.
P. 226 : A propos de la construction d'une forteresse, il faudrait dire plus clairement qu'il s'agit du château d'Ibelin , localisé à Yabneli , et citer peut-être les descriptions les plus récentes des ruines médiévales de ce village (Bey, G:>nder, Clermont-Ganneau). En effet, à la page suivante, n. 4» il est question d'Ibelin comme si on l'avait nommé plus haut.
P. a38, n. a : Tuntasch , lire Altuntasch, car les deux premières lettres font partie du nom turc [altan tach; Houtsma, Gîossarj p. 34)> Ce nom est écrit ^Ui^-Ji dans Abu Châmab, que l'auteur cite ici, et ^UixJI dans Ibn Chaddâd, qui raconte le même événement ( Barq, ms. cité , p. 1 77 ). Si G. de Tyr écrit Tanteis, c'est qu'il a pris aussi les deux premières lettres pour l'article arabe. — Sur Kumuchtakin , cf. Z, D. P. V., XÏX, p. 108, et Darq, loc. cit.
P. a3g en haut : So zogen also die Christen ûber den Pass von Rahub nach dem Meidan . . . L'auteur renvoie ici à la page 220, où il est question du maidân, ou hippodrome de Damas; il faudrait renvoyer à la page 178, où l'on a parié du Wâdi al-Maddân. Pour s'en convaincre, il suffit de com-
parer, dans les deux campagnes, ritinéraire suivi par les Francs. En i ia6 (p. 178), Foucher les fait passer par cavea Roob, Meddam flunien (G. de Tyr dit ici : planities Medan) et Salome (Sanamain) ; en 1 1^7 (p' 389) , G. de Tyr les conduit par cavea Roob, planlcies Medan et Adratum (Derât). Un coup d*œil jeté sur les cartes, notamment sur celle de M. Schumacher (Z. D. P. V. , XX), montre qu'il s'agit, dans Tnn et lautre cas , non de Thippodrome de Damas , peu connu des auteurs latins et situé beaucoup trop au nord, m^is du Wâdi al-M addàn , c'est-à-dire de la plaine et du cours d'eau devant lesquels débouche la grande route militaire Galilée- Hauràn , après avoir passé la cave Roob ( Rahûb ; voir plus haut une note à p. 178, n. 1). Pour atteindre Mzérib, première étape des Francs dans toute opération contre les plaines du Hauràn et de Damas , cette route traverse le Maddàn sur un pont du même nom , dont les ruines trahissent encore la valeur strati^gîque (lions de Baibars) et que les Francs devaient traverser pour gagner Der àt ou Sanamain. D'ailleurs , dans les deux récits, G. de Tyr donne exactement la même orthogi'àphe, Medan, et dans le second, il ajoute que chaque année , les caravanes de tout l'Orient musulman s'assemblent dans cette plaine, où se tient une grande foire durant plusieurs jours. Or, c'est là précisément, au sud de Mzérib, que cette foire a lieu de nos jours , chaque année , avant le départ définitif de la grande caravane de la Mecque. M. Rôhricht a cité ce détail à la page 178 et j'ai pris, en 1898, deux photographies de ces campements pittoresques.
En revanche, à la page 220, il s'agit bien de l'hippodrome de Damas, ou plus exactement d'un grand faubourg au sud de la vUle, qui porte encore le nom de Maidàn ; en effet, j'ai montré , dans une note à cette page , que la scène , à ce moment, se joue dans la plaine de Damas. Enfin, dans l'index, il faut rajouter la référence à la page aao (à Meidan) et celle à la page 239 (à Meddan).
P. 268 : Sarchok, lire Surchak, d'après MM. Karabacek
et Barbier de Meynard (Abu Châmah dU.^, inscription de Busrâ sà^y^, Ibn Chaddad viU.7^) .
P. 272 : La forteresse de Gazzah s'élevait probablement sur la colline qui porte aujourd'hui le serai du mutasarrif , non loin de la grande mosquée, la belle église des Croisés, dont on pourrait citer ici les plus récentes descriptions (Conder, Clermont-Ganneau).
P. 273, n. 2 : Ibn Cliaddâd [Burq, m«. elle, p. 376 et suiv. ) donne un bon résumé de Thistoire de Gazzah et d'Âscalon. Comment cette dernière ville a-t-elle entièrement disparu et pourquoi n'a-t-on pas encore utilisé cet excellent champ de fouilles ?
P. 283 et 3i 5 : Zawiia, lire Zuwaila et rajouter ce nom dans Tindex.
P. 288, n. 5 : Huni^in, lire Hunin, comme ailleurs.
P. 292 : Nachdt^m er die Festung an Benihard von S. Valéry ûbergeben batte . . . D*après Robert de Torigni , cité ici (éd. Delisle, I, p. 3i6), c'est à Renaud de Saint- Valéry, le |ièrc de Bernard, que le roi donna Harenc (Hârim). Mais suivant G. de Tyr, c'est a au prince Renaud », c'est-à-dire à Renaud de Châtillon , en sa qualité de prince d'Antioche , et cette version , adoptée par M. Schlumberger dans son Reimud de Châtillon, p* 9i> est plus vraisemblable, puisque Harenc était un fief naturel d*Antioche. 11 faut croire que le chroniqueur Robert , qui était Normand , nomme ici par erreur son compatriote Renaud de Saint- Valéry, au lieu de Renaud de Châtillon. En effet, l'addition du Bec à la chronique de Robert , qui raconte plus en détail la prise de Harenc et y signale Aussi la présence de Renaud de Saint- Valéry, ne dit pas que le roi lui ait remis Harenc; or, M. Delisle a montré que cette addition est souvent plus exacte et plus complète que la chronique même de Roberi.
P. 292, n. 2 : Suivant Ibn Chaddad [Barq, ms. cité, p. 173), qui n'est pas d'accord avec les sources citées dans
J. As. (Extr. n" 9 de 1902.) 3
.( 34 )••-►— [ftl8[
deibé note, Nûr ad^îti aurait pris Baalbak très ^ite ^rès Damas, le 7 rabf II 54gt (^^ j^ii^ 11 54). La seule îiÀciip^ don de Nûr ad^în à Baalbak, datée de 563, n'est d'aucun secours ici.
P. 3oi : ... die nôrdlich von Antiochien gelege^ien Bergfe . . . Les auteurs cités plaçant «sur les bords de TOronte » le lieu où l'empereur fut assailli, sans en indiquer la direction , il faut le chercher soit à l'ouest d'Antioche , soit plutôt à l'est , comme l'a fait M. Schlumberger, dans Renaud de CtiâtiiloR, p» iM.
P. 3o2 , n. 1 : Balanea tie peut être Valanîa (Bâniyâs), localité sur la côte, bien loin au sud-ouest d'Antioche, tandis qu'il faut cherdier la première à l'est, sur la route et à l'entrée du pays d'Alep. Cette situation générale de Balanea ressort des auteurs, qui donnent plusieurs variantes de ce nom, sans préciser la position du lieu. Le traducteur de G. de Tyr ayant rendu vadum Balenae (et non Balaneae) par « gué de la Balene» (var. Balaine), M. Schlumberger [Renaad de Châtitlon, p. i36) y voit «le fameux gué de l'Oronte appdé de la Baleine ». Mais les sources ne parlent point ici de ï'Oronte, que l'armée des Francs, partie d'Antioche, avait très probablement passé au Pont de fer. En effet, ce pont était alors entre leurs mains , puisqu'ils venaient de prendre Hârim (voir une note à p. 292) et quon les voit, peu après, fortifier ce même pont (voir une note à p. Soj). Ce vadam Balenae de Guillaume, que le chroniqueur arménien "Grégoire .(Balanê) place « à la frontière alépine » , n'était donc pas au bord de TOronte , mais plus à l'est. Or, on ne voit pas bien quel autre fleuve les Francs auraient traversé par un gué. M. I\ey [Princes d'Antioche ^ p. '53) croit reconnaître ici ïe Wâdi *Bala ( cartes Bousseau : Beîâa ; Blanckenliorn : Bal a), dépression marécageuse à Touest d'idlib. Bien que ce point paraisse un peu trop au sud , que l'orthographe de ce nom ne soRpas fixéeet queles cartes-citées iedonnei!^ sans le faire •précéder, comme M. Rey, du mot w/Wi\ t'identifica1â<ïn e^
aeaes testante , paroe ique h vaium de Gutijb^nif , ^pe Iç Ira- .doçAeur fraoeais » rendu p^egu^, pourrai^: <èir« «mis ir.aa9(Cfiption de l'arabe î£><îrfi. Toutefois , cette dernière hypothèse est peu vfxûsembial^le , car îi y a dan« G. de Tyr un exemple certain de vaium » ^a&' : le vadum <m gué lacéb , «or le loisrdaiii , dont la position «st bien eocinue.
P. 3o7 : Wâhrend dessen haute Balduin dicht an der 'eîsemen l&riicke eine alte l&urg wieder a«f . . . Les environs du Pont de (er étant entièrement plats, il s'agît ici aoa d'tme fbrterosse propremenit d4t€, naais d'une tête de pont fortifiée , -commandant le passage , aiiaâi <pie le ppow« ciaine'ment le texte de G. de Tyr. A rentrée du pont modenske , sur la rive gauche, s'élève un hameau qu'd vaudrait la peine d'explorer,
P. 3i 5 : ... liîs nach ^ada nsmd £um Bruckenthow . ^ . il &ut lice , •évidj^mment , Bàb Sa'àdah et Bâb al-.Qantaraia , deux portes de l'enceinte ouest du Cawe , sur le ^[ivand .oamJ (Macjrîzi et Ravaisse, Essai, pi. a) ; je ne retrouve pas ce passage dans les auteurs cités.
P. ^i 6 : Le nécit de la bataille de la foquée m'^ pia» #<l!^ dair^ .car «on çroij:^., d'après le loonte-xte^ iO^'^eilç ^ut ii^v^ojq^ ies murs de Hârcoiu La Boquée^ appcjlée ^e^cor^ id-hitfs^i^ah, la paùte depveissian, par .oppoaitilon à la f^andts dispQessiscw iQélé<)«|fiiâen«ie , d-Ai^i^ loome une <si»vette ovicde à fond plal: let marécageux, entounée de coUines^ que îa roij^ d? Çomç À Tripcdi traverse à .«on ^extrénûté sud. La fortçjie^e (dm &rdk se (disesse à firès de 3oo mètres au-de^siAS d'elle, jSjnr jsnç .<xè;te tiu nord-ouest Llaspect des Jie^x fait xiosgfO'e&di^ à fB$^- "mile le désiastre de Niur adidin^ surpris ps^ dos Bospitie^c^ dn Krak^ dans «m lencaûi déf aYorable , jeinoaiasé dç toutes furts^ «cixappantâ ^^rand fieine en perdaiit iout s$va i^agf^. ie nae soiuvioxis K|u'jen itraversant paisibilexa^xt la fioqiuée., uii des «aulets .de mon escorte se hrtsa la jtdaobe fti igiisftS^nt sicir ie sol mou.
P. 3^8: Damanhut, lire Damanhur, comme dansTindex; dans G. de Tyr, le t paraît être une ancienne faute de copie.
P. 3q8, n. 1 : Dans le nom donné par G. de Tyr (Benercarselie et variantes), on reconnaît les mots ibn et allait (cf. une note à p. 367), mais je ne puis tirer parti des lettres centrales [ihn gars al-dîn ? ?).
P. 339 : ... am Karafaier^e ... Le nom de Qaràfah désigne les cimetières du Caire, qui s'étendaient à lest de la ville , jusqu'au pied du mont MuqaUam. L'expression montagne de Qaràfah n'est donc pas très heureuse , à moins qu'elle ne figure dans une des sources citées, où je ne puis la retrouver.
P. 346, n. 1 : D'après le passage cité de Maqrîzi, le nom de Moalla (ou plutôt Moallaka; sur ce sens de muallaq, voir C /. A,, I, p. 4o, n. 2) s'applique à l'église de la Vierge à Alexandrie, non à celle de Damiette.
P. 348, n. 2 : Aschtera ne saurait être ici Busrâ. 11 est vrai que M. Wetzstein identiGe l'antique *Achtârôt avec Busrâ (Be-astera), parce que le Tell 'Achtarâ lui parait un point trop insignifiant pour représenter 'Achtârôt. QueUe que soit la valeur des raisons qu'il invoque , elles n'ont rien à voir ici, où la position de l'antique 'Achtârôt est indifférente. Si les chroniqueurs arabes avaient voulu parler de Busrâ , ils auraient employé ce nom, le seul qui leur fût connu. Du moment qu'ils font camper Nùr ad-din h *Achtarâ (variantes tyii&£», vycAc, (^yxjs^)j il s'agit du Tell 'Achtarâ, marqué sur toutes les cartes. D'ailleurs , on ne voit pas pourquoi Nùr ad-dtn aurait été attendre les Francs à Busrâ, tandis que Tell ^Achtarâ est sur la route stratégique Galilée-Hauràn , invariablement suivie par les Francs dans leurs attaques sur Damas; voir deux notes à p. 178 et 239. La même observation s'applique à la marche de Nûr ad-dîn en 1 1 72 , dont l'auteur parle plus loin, p. 367 : ici encore, Tell *Achtarâ répond
exactement aux données topographiques, tandis que Busrâ serait inexplicable.
P. 35o : Mustandschit , lire Mustadi.
P. 35a : . . . die Festung Dschebel Akkar. . • La forteresse dont il s'agit s'appelait alors et s*appelle encore 'Akkar tout court, comme la ville. Si les sources latines l'appellent Gibelacar (Rôhricht, Regesta, n" 477 ; variantes dans A» O. L., lia, p. 3g9 , n. 1 38 ; Clermont-G anneau , Recueil, I , p. 358 ; Dussaud, 2' voyage, p. 2), c'est que tout ce district montagneux portail et porte encore le nom de Djabal 'Akkâr. Pour désigner la forteresse , il vaut donc mieux supprimer le premier mot et réunir, dans l'index, les références réparties à Akkar et à Dschebel Akkar ; voir plus loin une note à p. 956.
P. 357 : L'ambassade des Assassins à Amaury, qui sert d'exorde au roman de Judith Gautier, est aussi dans J. de Viiry (éd. Bongars, p. io63;cf. de Hammer, Histoire des Assassins, p. 201; Defrémerj, Nouvelles recherches , p. 56). Le nom que G. de Tyr donne à l'ambassadeur, Boaldelle, répond mieux à Abu 'Abdallah (Rôhricht) qu'à Bahâ' addaulah ( de Hammer ) .
P. 377, n. 1 : Le mot toassiii,âans G. de Tyr (texte français toa55zVi), qui désigne des soldats d'un rang supérieur dans l'armée de Saladin , quelque chose comme des sergents d'armes, est tout simplement le turc tawâchin, transcrit lettre à lettre , avec le changement normal de la chuintante arabe en sifflante latine, comme dans assassin de liachîchin ou hachchâchîn , ferrais defarrâch, escar de achqar, Savar de Châwir, Siracon de Chîrkâh, Tanteis de [Al)tantdch, Cesfam de Kach/ahâuj Messaara de Machgârah, etc. Ce mot est des plus fréquents dans la littérature arabe médiévale, où il désigne un eunuque, un esclave, puis un officier, ou. du moins un militaire appartenant à un corp3 d'élite , c'est-à-dire précisément ce que Guillaume entend par toassin. Sur le double sens civil et militaire de tawâchin, qu'on retrouve dans
d'tttttfés inofsr àaiîgme tarqne (ir^r^^ peut-être atâbak^ lâllâ), voir Sultans Mamloaks, I b, p. iSa , n. i6S^
P. 389 y n. 3 ; Kerak; il tuodrAit mieux dire Krak, arec G. de Tyr, qui écrit ici Crac ; sur les divers noms de cette forteresse, voir une note à p. gSB^ti. 2. Le nom arabe de ' Karâk ne la désigne en aucun cas , car il s^applique toujodrs à k Ville et â la forteresse deKarakde Moab, qué le$ Francs appelaient le Ktài. ou Petra déserti,
P. ^i 1, n. I : Le rachat de» musulman» pris par les Francs fait i*objet d une donation consacrée par une célèbre inscription aorabe de BuSrâ ; voir me» Inscriptions arabes de Syrie, p. 2 A* Cette institution se retrouve auxv* siècle « où il s'agit ^ naturellement, de» Francs de Chypre; voir Saluk, Pari», 1727, f* 36i V».
P. 4a 3 : Fûlah est au mâhOUést du Tbabof.
P. 433 , n. 3 : Lûbiyah est au sud-sud-oue^/ de Hattin.
P. 44^ i ri^i: Caracoi»; bien que Tidentilication soit faite dan» ImdeXj il serait bon de nomaxier ici le fameux Qarâqûch.
P. 443 : Malik el-MuzafTar ed-din ^ supprime r : ed^o ; pour Tarticle arabe, voir deux notes à p. 55 et 56.
P.- 445 : Sonkor ed-Davrawi (Beitràge de Tauteur :Sankar al-Dawâwi)i je ne retrouve ce nom ni dans les sources citée» itii, ni dans qtidques autres*
P. 446 en bas i Vôti Beirut mis watidte ûch Saladin gegtù Tyrusw . i et eroberte auf dem Marsche dorthîn Botry»# * « (ef. Beitràgêj I, p. i33). La phrase h'èst pa» Irréproehable ,
^ L'ideDtificalioti de toassin = tawâchin et caragotam === qarâ'gutâm est confirmée par un passage de Maqrizi , précisément sur Farmée de iSaladin, dont il étiuttière les émirs (oinciers),les tawâûhin et le» qarâ-gulâm; voir B. 0. L,, VIII, p. 543 > où la tradnetioii et la note dé M. Blochet doivent être légèrement modiGéés, (ïarfaiDâdAm a trèi souvent (fliiieur») le sens cteunuque et le pluriel tforâ^gulàmiy' jràh de Maqrîti est régulier; cf. aiébnkijyak , dit Atàbàhs, ete.
[42J1 — M.( 39 )fHH^
puisque Batrûn (Bohys) n est pas sur la route» même détournée, de Beyrout à Tyr. Le» chroniqueurs qui signalent la prise de Batrûn, Brades et Ërnoul, la mentkmnent après celle de Djebeil et avant la marche de Saladin sur Tyr. Saladin ou son armée suivit donc la route Beyrout, D^ebeît,, Batrûn et retour à Beyrout ; la marche ultérieure sur ïyr ne joue plus aucun rôle ici.
P. 45o, n. 4 : Parmi les localités prises par Saladin pen* dant sa marche sur Âscalon, Tauteur nomme ici Tibnin, diaprés la traduction d'Abû Chàmah dans les QueUenheitru^e, mais il montre bien, par un point d'exclamation, que cette leçon ne peut être exacte , puisque Tibnin est en Galilée et que Tarmée musulmane Tavait pris auparavant. £n comparant toutes les répliques de ce passage que j*at sous les yeux, je relève les variantes ^^-juj, J^^ ^^, Lu,» (Abu Châmah, éd. Boidaq, li , p. 91 , trois fois ; QaeWenheitrége , p. 80 et 81 ; /i. or, €r., IV, p. 3i3 et 3i4, deux lois; Ibn Chaddâd, éd. Schiiltens, p. 72; H, or. Cr,, III, p, 99; trad. Wilson, p. 117 ; Imâd ad-din, éd. Landberg, p. 46; Kamâl ad-din, trad. Blochet, dans R. O. L,, FV, p. 182); les traductions donnent Tibnin, Yabneh et Yubna. Tibnin étant hors de cause, il s'agit probablement de Yabneh, dont la position s'accorde bien avec le contexte. Toutefois, la variante c^^, Tubnâ , dans le meilleur manuscrit d'Abû Châmah , fait songer à la ruine marquée Tibneh sur la carte anglaise , que certains indices permettent de rapprocher d une forteresse importante, le Toron des chevaliers; voir une note à p, 6aa , n. 3, Par sa position , cette ruine répond , aussi bien que Yabneh , aux conditions du contexte ; mais, pour le moment , je pense qu'il vaut mieux s'en tenir à Yabneh.
P. 465 : Le fondateur de la chaire de la mosquée Aq|à, le célèbre Nùr ad^ln , s'appelait Mahmûd et non 'Ali. Cette chaire admirable ewte encore, bien qu'horriblement badigeonnée , ainsi que l'inscription de Saladin , dont la traduction (même page, n. i) pouiTait être un peu plus précise.
-^«.( <iO )^— [424]
P. 466 : L'identification traditionnelle de la Khànaqâh de Jémsalem avec le palais du patriarche latin a été confirmée récemment par ia découverte d'une inscription latine au nom du patriarche Arnulfe ; voir Clermont-Ganneau , Recueil, III, p. 69.
P. 471 : Qarâqùch n'était pas architecte (Baumeister), mais intendant du palais fatimite, qui servit de résidence à Saladin, puis surintendant des bâtiments, plus lard enfin, lieutenant général (Ibn Khallikân , *Abd al-Latif et Casanova ). C'est à ces fonctions officielles qu'il dut , non de construire lui-même , mais de diriger la construction des fortifications du Caire et de Saiot-Jean-d'Âcre. Les auteurs et les inscriptions arabes mentionnent rarement les architectes ou les ingénieurs proprement dits, artisans habiles dont le moyen âge officiel , en Orient plus encore qu'en Occident , a laissé bien ingratement oublier les noms. Les personnages signalés à propos de constructions sont , pour la plupart , de hauts fonctionnaires, chargés, par le souverain, de diriger les travaux, peut-être autorisés â s'enrichir aux dépens de l'entreprise. Ce rôle de Qarâqùch dans les travaux d'Acre tend â confirmer ce que j'ai dit ailleurs du caractère syrien, c'est-à-dire en quelque mesure latin, des fortifications du Caire; voir J. As,^ 8* série, XVII, p. 468 et suivantes.
P. 474 , n. 3 : Yahmur, assez mal indiqué sur les cartes , est au nord-nôrd'Oaest de 'Areimah, d'après l'itinéraire récent et précis de M. Dussaud, 2" voyage, p. a 6.
P. 475 : Saladin. . . zerstôrte. . • die berûhmteS. Marien kirche. . . Le texte dlbn Chaddâd donne ici kharaba,c[ae la traduction de l'Académie rend correctement par dévasta, non détruisit. J'ai montré [Inscriptions arabes de Syrie, p. 17) que les auteurs arabes ont une tendance à exagérer les destructions de monuments, suivant un penchant général des sources historiques; voir Enlart, Manael d'archéologie, p. 94. Il ne faut donc pas renchérir sur eux et ici, il suffirait de dire verwàslete, 11 est vrai qullermenger {Regesta, n" 678) écrit
à Léopoid d'Autriche que Saladin a détruit Tortose, mais il ne mentionne pas Téglise; or, celle-ci existe encore, offrant Texemple le mieux conservé, jusqu'aux sculptures des chapiteaux, des monuments religieux des Francs de Syrie. La notice intéressante et les vues de M. Dussaud {1'^ voyage, ip, 19; 2* voyage, p. 27), qui comblent une lacune dans le bel ouvrage de M. de Vogué, n'en donnent qu'une idée imparfaite , car la partie la plus remarquable de Tég^se est son intérieur. M. Dussaud croit qu'elle existait en 1 1 54 et il est difficile d'admettre qu'elle ait été détruite par Saladin en 1188 et rebâtie plus tard, car il faudrait descendre trop bas pour le style de l'édifice , qui , dans son étnt actuel , est remarquablement homogène , à part quelques adjonctions musulmanes. D'ailleurs, Saladin ne resta que peu de jours à Tortose ; absorbé par le sicge infructueux de la forteresse, il n'eut sans doute ni le temps, ni l'envie de détourner une partie de ses efforts sur la destruction d'un édiûce qui n'offrait aucune valeur militaire.
Même page : La position exacte de Maraclée a été déterminée par M. Dussaud [i"' voyage, p. 22 ; 5' voyage, p. 36). Quant à Margat , il s'agit ici , non de la forteresse même de Marqab, qui s'élève sur une haute colline, à 2 liilomètres au moins de la mer, mais d'une tour de garde qui dépendait d'elle et qui commande encore directement le passage en ce point de la côte. Les détails topographiques donnés ici par M. Dussaud concordent avec mes relevés et mes souvenirs personnels , dont je tirerai partie dans un autre travail.
P. 476 : La ville de Lattakieh a gardé ses rues droites. 11 est curieux que ce plan , d'aspect tout moderne , existât au moyen âge ; il remonte peut-être à l'antiquité , comme certaines rues droites de Damas et de Jérusalem.
P. i']6y n. 1 : Le Dschelde d'Abû Châmah, dans les Quellenbeitràge, est une erreur provenant d'une mauvaise leçon (sJJlai. pour soJU) dans l'édition de Boulaq, II, p. 127. On trouve la forme exacte dans l'édition récenle et plus
correcte derAcâdéime (H. or. Cr,, IV, p. 357), P^^^i^e par le» soins de M. Barbier de Meynard» et dans le passage original de Imad ad-din» éd. Landberg, p. i36. Baldah figure dans piasieurs géographes, itinéraires et périples anciens, sous la forme Paltos\ plus tard dans une chronique de la conquête mustdmane, celle de Belàdhûri» enfin dans quelques actes des croisades (Hey, Colonies, p. SSa; Rôhricht, Regesta, n**' i^S et 1^57). D'après mes souvenirs et un croquis inédit du colonel Favre , de Genève , les ruines de son château, qui s'appdle aujourd'hui Baldi 1-Melek, s'élèvent encrage au bord de la mer, sur la rive sud du Nahr ,a»-Sinn , que Ton traverse sur un petit pont de pierre à deux arches. Par conséquent , le fleuve « large et profond » que Saladîn traverse avant d'attaquer Baldah ne peut être ce ruisseau, que son armée n'aurait pas traversé en désordre, sous les murs d'une place ennemie , mais plutôt le Nahr Djôbar, cours d'eau plus important, qui se jette dans la mer plus au sud et qui seul, entre Bâniyàs et Djebeleh, pouvait arrêter quelque temps la marche de Saladin.
P. 478 : La description la plus exacte de l'assiette de Sahyûn et de l'attaque de Saladin se trouve dans Imâd addîn, ainsi que le montrent l'étude et le croquis de M. Rey [Etude, f. io5et suiv.). La forteresse, orientée est-ouest, est défendue par deux ravins profonds à escarpements rocheux, qui se réunissent en fourche sous son angle ouest, formant les fronts nord et sud, tandis que le front plus court à Vest est défendu par le gigantesque fossé taillé dans le roc, au delà duquel le plateau se prolonge en montant doucement. C'est sur ce plateau , dominant un peu la forteresse , que Saladin dresse ses machines ; elles tirent par-dessus le fossé , tandis que celles de Malik Zâhir tirent par^lessus l'un des ravins et
* Cest par erreur, que Rittcr, XVII, p. 890, citant les sources antiques sur Paltos, ajoute que ce nom est oublié dans les itinéraires, car il figure dans la table de Peutinger, le Stadiasmu» et le Syoecdemus d'Uierocles; voir Tindex de fédilion de Fortia.
font Ml miàr, vers l'un de se» an|^s, une brèche par laquelle les assaîUantopénèirent dans la place ; mais on ne voit pas si rattacpie eut Heu vers Tangle nord-est ou vers Tangue sud-est« Le i^ateau qui s'élève au delà du ravin nord , plus dominant et plus rapproché des murs de la forteresse que le plateau du ravin sud, ofirait une meilleure position à Malik Zàhir; d'autre part, c'est l'angle sud-est de la forteresse qui parait le plus vulnérable^ Ce problème eûge une nouvelle étude des ruines de Sahyûn , qui n'ont pas changé depuis les relevés de M. Rey.
Ajoutons ici« bi^n que M. Rôhricht n'en parle pas, que la localité traversée par Saladin après la prise de Çahyûn flmàd ad-din : jr^».6«U) ) existe encore, sous le nom de Khân al'Qurchiyyah , dans la vallée étroite du Nahr Kabir, précisément sur la route de Sahyûn à £)jisr ach-Chugr, suivie par Saladin. Ce khân , qui figure sur la carte de M. Hartmann (DaslÀwael'Lôà^ïje) et sur mon itinéraire inédit, se retrouve au XV* siècle, dans l'itinéraire du sultan Qâyt-bây (éd. Lanzone» p* lo; cf. Clermont-Ganneau, Recueil, III, p. a 54) et au XVII* (Maundrell, Vogage, éd. 1705, p. io:Kande Crusia)<
P. 479 : La position des forteresses de Chugr et Bakâs est fort mal connue , car certaines analogies onomastiques et topographiques ont engendré des erreurs qui se propagent d'un auteur à l'autre; voici l'occasion de compléter, sur ce point, ce que j'ai dit ailleurs (/. As,, g* série, VI, p. 5o4):
1* DJisr ach'Chagr. — Pont-de-Chugr s'élève sur la rive gauche de l'Oronte, au point où la grande route d'Alep a Lattakieh traverse ce fleuve sur un long pont de pierre à plusieurs arches. Ainsi que son nom et sa situation l'indiquent, ce gros bourg n'est, a proprement parler, qu'une tête de pont , autrefois fortifiée peut-être , pour défendre un passage militaire et conunercial important. La position stratégique, il faut la chercher à Chugr même, c'est-à-dire au village de Chugr Qadim , qui s'élève dans la montagne , à A ou
5 kilomètres au nord-ouest de Djîsr. Par conséquent, si Chugr est Tantique Seleucobelos , il faut chercher cette dernière , non à Djisr, mais au village de Vieux-Chugr, dont le nom même trahit une ancienne localité et dont la valeur stratégique , on va le voir, est indiquée par une forteresse. A part les distances , on retrouve ici le cas , étudié plus haut , de la forteresse et ville haute de Chaîzar, représentant Tantique Larissa ou Cesara, commandant une ville basse et un pont sur rOronte , le Djisr Chaîzar.
3* Chugr Qadîm, — Le village de Vieux-Chugr s'étage sur la pente dun vallon romantique dont le cours d'eau , le Nahr Abyad , coule vers Test à TOronte. 11 est dominé par un gros rocher que couronne une forteresse , ou plutôt deux petits châteaux, séparés par un simple fossé taillé dans le roc el qui ont, en réalité, la même assiette, comme les deux châteaux d'AHinges, sur la rive savoyarde du lac Léman; c'est ce double château que les auteurs arabes appellent Chugr et Bakâs. Abu 1-fidà' les décrit ainsi (je corrige à dessein la traduction Guyard) ; «Chugr et Bakâs sont deux châteaux forts à la distance d'un jet dejlèche, sur une montagne allongée; à leur pied coule un cours d'eau. . . ils sont entre Antioche et Apamée , à peu près à la moitié de la route. A l'est de ces deux châteaux, à une course de cheval, est le pont de Kachfahân ; c'est un pont sur le cours d'eau ^ bien connu , avec un marché où les gens se rassemblent chaque semaine ». Yâqût est encore plus précis : « Bakâs, des districts d'Alep, sur les rives ('alâ châtiai) de TOronte, a une source qui coule à son pied. . .; une autre forteresse lui fait face, appelée Chugr. Entre elles deux est un ravin comme un fossé; aussi dit-on Chugr wa-Bakâs, en annexant ces deux noms, car il est impossible de les séparer l'une de l'autre ». Et plus loin : a Chugr est un château fort auquel fait face un autre appelé Bakâs; ils sont assis au sommet de deux monts séparés par un ravin comme un fossé, chacun d'eux formant le vis-à-vis ou ki contre-partie de l'autre ■. Enfin au
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XIV* siècle, *Umari ( Tarif, p. 181) dit encore que a Chugr et Bakâs sont comme une seule et même chose ^ »•
Ces descriptions s^accordent avec l'état des lieux. Les deux châteaux ne sont pas $ar le bord même de TOronte, comme Tédition de TAcadémie le fait dire, trop étroitement, à Ibn Chaddâd (texte 'alâ djânib)^ mais à quelque distance sur la rive gauche du fleuve. Le cours d'eau qui coule à leur pied n*est pas TOronte , qu Ibn Chaddâd et Abu 1-fidâ' eussent désigné par son nom propre, mais son affluent, le Nahr Abyad, que ces auteurs, ignorant sans doute son nom, appellent simplement le nahr; mon itinéraire inédit fera comprendre cette situation. Enfin Tassiette commune des deux châteaux, séparés par un jet de flèche ou par un fossé, suivant les expressions très justes des géographes, prouve que le pont qui les reliait, d'après Ibn Chaddâd, n'était pas, conune on l'a dit encore, le pont de pierre à treize arches qui traverse l'Oronte à Djisr, bien loin de là , mais im simple pont-levis jeté sur le fossé. Nouvelle analogie avec Chaizar, où le pont-levis de la forteresse a été pris pour le pont de pierre de l'Oronte; voir une note à p. 109.
3* Kachfahâru — Suivant Imâd ad-din, quand Saladin attaqua Chugr et Bakâs, il campa sur le tell ou mont de Kachfahân , près de l'Oronte Cala al-àsî; Ibn Chaddâd dit : a/a châttai al-âsî, sur les rives de l'Oronte). Ce mont s'élevait donc entre l'Oronte et la double forteresse ; à première vue , il est impossible de préciser davantage , puisque nous sommes en pleine montagne , coupée de gorges profondes. On a vu d'autre part qu'Abu 1-fidâ' place un djisr ou pont de Kachfahân à une course de cheval à Cest des deux forteresses , sur an cours d'eau qu'il ne nomme pas.
Dans un traité de commerce entre les Vénitiens et le sidtan d'Alep, conclu en 1 208 , celui-ci remet aux premiers le droit de péage au passage del monte Ceffam (var. Cesfam).
* D'autres auteurs, notamment Dimachqi et Ibn Batûtah, signalent Chugr et Bakâs, mais sans aucune indication à rdever ici.
M. Ileyd (trad. Raynaud, I, p. 375, n. i) a bteit identifié ce nom avec Kachfahàn ^ et , coanaisfiatit ie passag« d'Abu l-£dà\ ii propose de lire, dans ie texte italien (seul ooanu) du traité , ponte , au lieu de monte. Dismis d abord G[ue cette correction n'^^t plus iiMiispensabie , piiifi<|«'on sait <pi'il y avait, outre le djisr^ un teU de Kacbfahàn. Or, ce mot anabe eït bien rendu par mortle (cf. Tell al-Djazar et Mont^jtsart) «t le péag-e pouvait aussi bien se percevoir au passage dW mont (peut-être im cdi ou un défilé) <pi'à «elui d'ua peut. £n tout cas , ie pont et le «khiI cpiii portaient le aièm^ nom devaient être voisins. A déKaiH; d*uA teste préek mt r«nipla^ cernent du mont, peut-on fixer celui du pont?
Trompé , par les commentateurs d'Abu l-£dà', sur iaste»tkm exacte de Cbugr et Bali&s, qu*il place «run en face de l'antre sur les bords de TOronte », M. Heyd a été oonduk k identifier ie pont de Kadifahân avec le grand poitit de iX>ronte à Djisr. On sait maintenant que les <leux châteaux ne sont pas -au bord de f Oronte , wms à plusieurs kilomètpes au nord-ouesft , dans la vallée du Nabr Abyad. Or ce «ours d'eau, contournant ie rocber qui sert d'assiette aux cbàteMix^ coule à son pied, au nord et à l'est, avant de descendre à l'Oconte; bien plus, le chejaain qui remonte la vallée du Nahr Abyad traverse ce cours iî'eau, pour atteindre Vieux- Cbugr, sur un petit pont de pierre. Maintenant, si Ton reprend le texte d'Abu l-fida*, cité plu» baut, on verra que son pont de Kacbfahàn se place plus naturellement à ce petit pont ^'au grand pont de Djisr. L'auteur dit à l'est des deux châteaux; or le petit pont est à l'est^ peut-être au nord-est, tandis que le pont de Djisr est au sud-^ud-est. L'auteur dit à utie course de cheval; bien que ce terme soit un peu vague,
^ La $8f*fne latine dok «être •Cesftan, la pr-eraSkref, dans Ceffam, s)*6tant e^u une fetute de «Ofub. iL'k dSfaalc aiïibe., après une lfiag»e« £at souvent rantloe par m iatÂne; ^f. Xirûn et T^inuii^ U^buwân éit Cavam, Maddân et Meddam, etc* Sur Téquivalence de la chuintante arabe et âe ia sifflante ilatine , voir ^uneaeteJi p. §77,11. 1 ; »Br les variantes de Kackfeëtân ,Chan^-nàmeh , éd. Gharjaaoy, I a , ^.1170.01 74^.
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il répond mieux à la faible distance qui sépare le petit pont des cfa&teauiL qu^anx 4 on 5 kilomètres de mauvais chemin , compliqué d un col escarpé , qui séparent les châteaux de Djisr. L'auteur dit : cest un pont sar le cours d*eaa, que Guyard et M. le Strang« ont pris pour rOwmte; mais le texte donne ici an'Hahr tout court, mot qui s^appliqoe mieux au Nahr Abyad , c'est-à-<fire à ce m^ème cours d eau dont Ahu 1-fidà' a dit , deux lignes plus haut : au pied des tkâteanx coule an coars d'eau [nahr). Dernier argument : leTellKachfahân, où Saladin campe avant l'attaque, était évidemment à proximité immédiate des deux châteaux ^ non près de Djisr, où le terrain qui entoure la ville est à peu près plat; or, le pont du même nom devait être près de là.
11 est vrai qu' Abu l-fidâ* parle d'un « marc^ié fréquenté qui se tenait auprès de ce pont bien connu ». A première vue , ces mots s'appliquent, mieux qu^à un petît pont dans la montagne , au grand pont de TOronte à Djisr, cairefour important des routes Alep-Lattaldeh et Antioche-Apamée. D'ailleurs, le traité vénitien qui paiie dn péage du mont (ou du pont) Cesfam concerne avant tout, comme le prouve ie contexte, la route commerciale Alep-Lattakieh; or cette route passe aujourd'hui l'Qronte à E^'isr, laissant an nord Vieux^Chugr et ses deux châteaux.
H y a biemm moyen de concflier toutes ces observations*: il suffit de supposer qu'au xiii' siècle , Djwr ach-Oragr n'existait pas encore. Bien qu'à première vue cette hypothèse paraisse invraisemblable , je ne connais aucun texte qui la contredise absolument. Bien plus, autant que j'ai pu le voir en la traversant rapidement, la bourgade ne renferme aucua vestige antérieur à l'époque ottomane et le grand pont de l'Oronte , malgré son aspect de vétusté , n'est mentionné dans •aucune -source des croisades que je puisse citer. Les manuels diplomatiques des sultans Mamlouks, si ricbes en détails curieux sur les routes et les relais de la Syrie aux xtv" et "xv* isièdes , ne connaissent que Chugr et Bakâs , c'est-à-dine le Vieux-Chugr actuel; du moins, je n'y ai pas encore relevé
le nom de Djisr àch-Chugr. Ce nom ne figure même pas, sous cette forme précise , dans Titinéraire du sultan Qâyt-bây en 1477 (éd. Lanzone, p. 11) ; « . . .Chugr, de la province d'Alep ... ; il y a là un pont sur des eaux qu'on dit appartenir à rOronte, , . » Cette phrase, que je traduis littéralement, est d'autant plus bizarre que Tauteur de l'itinéraire accompagnait le sultan et voyait de ses propres yeux. S'il avait passé TOronte à Djisr, ne s'exprimerait-il pas autrement et n'est-il pas permis de retrouver, ici encore , le Vieux-Chugr avec son pont de Kachfahân , sur un affluent de l'Oronte ?
Parmi les voyageurs européens qui ont visité le nord de la Syrie au moyen âge, je n'en connais aucun qui ait passé à Chugr. Il faut descendre jusqu'à Maundrell (1697) pour trouver une description de cette localité; cette fois, il s'agit l)ien clairement de Djisr ach-Chugr et du pont de l'Oronte. Maundrell et plusieurs voyageurs après lui (cités dans Ritter) y signalent d'importantes fondations pieuses instituées par des Ottomans ; peut-être est-ce un nouvel indice de l'origine récente de cette localité.
£n résumé, Chugr et Bakâs ne sont pas sur l'Oronte à Djisr ach-Chugr, mais sur un affluent de l'Oronte, à Vieux- Chugr, dans la montagne au nord -ouest de Djisr. Ces deux châteaux, aujourd'hui ruinés et presque inaccessibles, n'étaient séparés que par un pont-levis. Quant au pont et au mont de Kachfahân, ils marquaient un point important, le carrefour des routes Antioche-Apamée et Alep-Lattakieh. Malgré les apparences, il semble qu'il faut les placer aussi à Vieux- Chugr et non à Djisr, bourgade à laquelle certains indices permettent d'attribuer une origine plus récente. Dans ce cas , le péage du mont Cesfam se percevait à Vieux-Chugr et non sur l'Oronte, que la route d'Alep à Lattakieh devait traverser plus au nord , peut-être au vieux pont de Dêrkûch où le sultan Qâyt-bây, précisément, passa en quittant Chugr. Je hasarde cette hypothèse en attendant qu'une nouvelle enquête fasse retrouver sur place le nom de Kachfahân ; aussi bien, à juger parles confusions auxquelles elle a conduit
Rilter, la géographie historique de cette région est à relair« [iresque tout entière.
P. 479, n. 3 : D'après mon itinéraire inédit, Kafr Duhbin est sur la rive gauche , c'est-à-dire à Voaest de TOronte.
P. 479 , n. 4 : La position de Sarminiyyah n'est pas encore fixée, car c'est bien à tort qu'on a rapproché son nom de Sarmîn , cette identification ne résistant pas à l'examen des faits. Sarmîn est une ville bien connue et un district; Sarminiyyah n'est signalée par aucun géographe arabe. Sjirmîn , ville ouverte dont Abu 1-fidâ' remarque expressément qu'elle n'avait pas de muraille et où je n'en ai retrouvé aucune trace , est située bien loin du théâtre des opérations de Saladin; Sarminiyyah n'était qu'une forteresse ( Ibn Chaddâd : qahih ; Ibn nl-Athîr : hisn), certainement voisine des autres places fortes conquises par Saladin depuis Lattakieh. D'ailleurs, Sarmin n'appartenait probablement pas aux Francs à cette époque ; enfin , cette identification n'explicpie pas la variante Sarmâniyyah d'ibn Chaddâd, 7mâd ad-din, Abu Chàmah et Kamâl ad-din. Cette erreur, qui remonte à Schultens, a été concacrée par Gesenius, dans son édition du voyage de Burckhardt, et aggravée par un rapprochement encore plus malheureux avec Salamiyyah. M. Rôhricht a donc bien fait de ne pas reproduire ici la note de ses Beitràge, I, p. 186, qui reposait sur cette double confusion.
En résumé , Sarmâniyyah ou Sarminiyyah , quelle cpie soit la forme exacte de ce nom , doit être cherchée dans la montagne, au nord, à Touest ou au sud de Djisr ach-Chugr, comme plusieurs autres forteresses inconnues de cette région. Laissant une localité douteuse du nom de Sermine (Hartmann, Das Liwa el-Lâdklje, dans Z. D.P. V., XIV, p. 2 24), qui semble trop au sud , on trouvera ( tom, cit , p. 21a et carte) un village de Sirménije, dont le nom est identique à Sarmâniyyah, avec Vimâlah syrienne, et dont la position, tout près et au nord de Qalat Mim , concorde à merveille avec le récit des auteurs, qui font tomber Sarmâniyyah im-
J* As. (Extr. n" 9 de 1902.) 4
médiatement. avant Burzaih (Mirzà); il faudrait y chercher les traces d'une forteresse.
P. 479, n. 5 : L'identification de Burzia, ou plutôt Burzaih ) avec le Qal'at Mirzeh ou Mirzà d'Ëli Smith et de la carte Hartmann est confirmée par la position qu'Abu 1-fidâ' donne à Burzaih, ainsi que par la variante moderne Berzeli pour Mirzeh, citée dans mes Inscriptions arabes de Syrie, p. 82, n. a. M. Hartmann (tom, cit,, p. 213 et carte) marque, un peu plus au nord-ouest , un double village de Berzâ , dont le nom parait être le même que celui de la forteresse.
P. 481, n, 2 : L'identification, généralement admise, de Bagrâs et Gaston et la position exacte de Darbessâk n'ont pas encore fait l'objet d'une étude complète, malgré tout ce qu'on a dit sur ces deux problèmes topographiques. Les documents que j'ai recueillis à ce sujet dépasseraient le cadre de cette note; il suffit de dire ici que l'identification parait ressortir avec évidence d'une série de rapprochements, quoique Yâqût signale un château de Qastùn bien au sud-est de Bagràs , et que Darbessâk était au nord-est de Bagrâs, au pied de l'Amanus. D'après une communication privée de M. Hartmann , son emplacement serait marqué par une colline dessinée, sur sa carte du Liwa Haleb, au nord-ouest du village de Kyrykchâp ; peut-être faut-il le chercher un peu plus au nord-est.
P. 484 *. Schadschi ed-dîn . . . , lire Schudscha et supprimer el-Dschander, qui n'est pas un nom , mais un titre de fonction (^JoôL4!).
p. 5o3»n. 1: Soncordoedar est Sunqur dawâdâr (secrétaire); Sarmin, lire Samin; Miralis pourrait être amîr*Ali, nom propre de Malik Afdal; Benesemedin, peut-être ibn Husâm ad-din.
P. 5i2 : Cette lettre de Saladin est adressée, non au calife , comme l'auteur le dit d'après Reinaud , ni « dans d'autres directions», comme on lit dans les Quellenheitrâge , mais à
l'une dci provinces cluùfnêes ou à l'un des guerriers, car le pluriel atrâj peut avoir ces deux sens. Avec M. Barbier de Meynard (H. or Cr,, IV, p. ^29), je choisirais le premier, car il s'agit ici, probablement, d'un de ces pays sujets de Saladin qui, sans être province propre de son royaume, étaient tenus , par leur contrat d'hommage , de fournir un contingent à l'armée du suzerain*. Je reviendrai sur l'organisation féodale de cette armée dans la note, annoncée plus haut, sur la situation politique des deux principaux adversaires des Croisés.
P. 532, n. 5 ; Marahalin pourrait être le Miralis nommé plus haut, p. 5o3, n. 1, c'est-à-dire Malik Afdal; mais dans Ibn Chaddàd, on trouve ici son frère Malik Zâhir.
P. 579, 1. 3 : Wegenge; y a-t-il un dejilé entre Acre et Haifà? D'après Ibn al-Athîr, les Francs ne s'écartèrent pas de la côte , qui est plate tout du long , si mes souvenirs sont exacts.
-P. 591, n. 3 : Karatija, ailleurs Keratija.
P. 622, n. 3, et passim (voir l'index) : Toron des chevaliers, Turo (Turris) militum; ces deux noms, avec leurs variantes , semblent désigner la même forteresse , dont la position n'est pas absolument certaine. Ce problème topographique est soulevé par l'examen de l'itinéraire suivi par les Francs , dans leur marche d'Ascalon sur Jérusalem. 11 existe deux versions de cet itinéraire : celle de Vltinerariam Ricardl (Ascalon, Blanche-garde, Toron des chevaliers, Château d*Arnald, Bete- noble) et celle d'Ibn Chaddâd (Ascalon, Tell as-Sâfiyah, Natriin, Bêt Nûbah). En comparant ces deux versions, l'on voit qu'il faut placer à Latrùn (Natrûn) soit le
' Taraf, pi. atrâf, extrémité^ me paraît ici synonyme de quir, pi. aqtâr, côté, mot qui désigne souvent les pays sujets ou vassaux, par o|[^sition aux provinces directes. Pour l'époque de Saladin, Ibn Chaddàd, dans iL or. Cr,, III, p. i34; pour celle des Mamiouks, C. /. i4., I, p. 4i3l et jpa5sim,.cl les recueils de chancelle! ie.
Toron, soit le Château, puisque les équivalences Blanchegarde = Tell as-Sâfiyah et Bete-noble = Bêt Nûbah sont hors de doute. Si Ton met le Château près de Bêt Nùbah (G. de Tyr, Guérin, Rôhricht, Geschiclitft , p. 227, n. 4), il faut placer à Latrùn le Toron ( Conder, Clermont-Ganneau ) , soit qu'on fasse dériver le nom arabe du nom franc ( Hartmann contra Nôldeke), soit qu'on fasse dériver le nom franc du nom arabe et celui-ci du latin latro { Quatremère , Robinson) ; cette identification très simple est admise généralement. Mais si Ton met à Latrùn le Château , comme Tauteur le fait, avec Tobler, ici et p. 69 1 , n. 3 (cf. Z. D,P. K. , X , p. 206 ) , force est bien de chercher le Toron plus au sud, dans la direction de Tell as-Sâfiyah ; en conséquence , l'auteur propose, au choix, pour le Toron, trois villages de la carte anglaise, sans que rien milite en faveur de l'un plutôt que de l'autre. On pourrait en nommer un quatrième , également placé sur la route des Francs et qui oflre du moins , sur les trois autres, l'avantage d'un rapprochement onomastique : el-Bureij de la carte anglaise , c'est-à-dire al-haraidj , la petite tour. Ce nom répondrait â Turris (militum), tandis que la ruine de Tibneh, que la même carte montre tout à côté, pourrait figurer le Toron , si l'on songe à l'équivalence bien connue de Toron = Tibnîn en Galilée ( cf. Z. D. P, V„ VII , p. 309). Dans une note à p. 45o, n. 4, on a vu que Tibneh pourrait être , au lieu de Yabneh , l'une des places conquises par Saladin pendant sa marche sur Ascalon; dans ce cas, cette ruine indiquerait un point d'une certaine importance , comme devait l'être le Toron des Chevaliers. B. de Tudèle (éd. L'Empereur, p. ^9) le place à la même distance de Bêt Djibrîn que cette localité d'Hébron (cinq parasanges). Reportée au nord de Bêt Djibrîn, cette distance conduit à peu près à mi-chemin entre Tibneh et Latrùn, en sorte que cette indication précieuse du voyageur juif ne résout pas le problème. — L'auteur aurait pu citer ici M. Clermont-Ganneau , qui a analysé , à un autre point de vue , le même itinéraire des Francs; Recueil, F, p. SyS et suivantes.
P. 658, n. 2 : Le tombeau de Saladin à Damas a été restauré récemment et porte une inscription moderne , à la place du texte original signalé par Ibn Khallikân; voir mes Inscriptions arabes de Syrie, p. 4i.
P. 662, n. 2 : le Rast ne peut être Rastan, puisqu*il s'agit d'un château des Assassins ; d'ailleurs , la dernière syllabe de ce nom a plutôt une tendance à s'allonger, puisque M. Sachau {Reise, p. 65 et carte) écrit Restàn. Au lieu de Qadmûs, il est plus nrfturel de songer soit à Rusàfah, soit plutôt au Kahf , nom dont la variante Kajt ( Dussaud , 2' voyage , p. 39) offre une grande analogie graphique avec Rast,
P. 673, n. 2 : Suivant Ibn al-Athîr et Abu 1-fidà' (H, or. Cr,, I, p. 86; II, p. 108), la forteresse de Kaukab fut détruite par Malik *Âdil et par son fils Malik Mu azzam , vers 1212. D'après Ibn Chaddàd [Barq , ms. cité, p. 227), Malik Mu azzam la détruisit à la même époque que Jérusalem et Safad , c'est-à-dire vers 1219, comme l'auteur le raconte plus loin, p. 735. En tout cas , l'hypothèse suggérée ici, que la destruction de Kaukab remonterait à l'année 1 197, repose sur une fausse interprétation de Yàqût, qui dit simplement que Kaukab «fut détruit plus tard», c'est-à-dire après Saladin.
P. 685 , n. 3 : Un mémoire de Riant sur le changement de direction de la quatrième croisade a paru dans la Revue des questions historiques, XXIII ( 1878).
P. 679 à 702 : La question des trêves entre Malik *Âdil et les Francs, que j'ai abordée ailleurs, sera reprise avec la publication intégrale des inscriptions arabes du Thabor.
P. 715, n. 4 : Hawabi, lire Chawabi, conune à la p. 929, n. 6 , et réunir les deux références dans l'index.
P. 732 : Malik *Adil fut enterré près de son frère Saladin, dans la grande mosquée de Damas, où j'ai relevé son épitaphe.
P. 765 : Pour désigner le prince d'Edesse, il faudrait dire ici Malik Muzaffar Ghazi. Si l'on veut ajouter au nom
—^9.( bk ).ç**— [438]
propre un surnom, il vaut mieux choisir celui en malik, toujours unique et presque souverain, que celui en ad-dîn, parfois double et beaucoup plus banal, par conséquent volontiers corrompu par les copistes. De même pour Alafidh, il faudrait dire Malik Hafiz, car 17i est nécessaire pour transcrire l'aspirée z et l'emphatique là est transcrite ailleurs par z (dans Zahir, Muazzam, etc); c!*. deux notes à p. 56 et 220.
P. 777, n. 3 : Aux sources sur Montfort, ajouter Rey, Etade « p. 1 d3 et pi. XV. 11 conviendrait de citer plus souvent ce volume , qui renferme la seule étude d*ensemble , basée sur des relevés originaux , des châteaux de Syrie.
P. 777, n. 6 : Il y a encore, à Salkhad, plusieurs inscriptions au nom de Témir Aibak.
P. 8i4, 973 et 982 : Montcoqu, Montcuqu, Montcucu; il faudrait adopter lune des trois variantes des Gestes, Montquocu , M oncoqu ou Moncucu , ou encore Mont Cucu , dans l'acte publié par de Mas-Latrie, Histoire de (île de Chypre, llï, p. 666 en bas.
P. 83o , n. 3 : La situation et la description de Maryamîn ont été données récemment par M. Dussaud (2* voyage, p. 10).
P. 84o, n. 3 : Parmi les variantes du nom de ce général égyptien , Rocneldin et Rocne Hieieup font songer à Rukn ad-din Ayyûb. En tout cas, ce général ne peut être le futur sultan Baibars. A cette époque (1239), Baibars avait à peine vingt ans, puisqu'il mourut en 1277, ayant passé la cinquantaine. Bien plus , il n'était pas encore en Egypte , puisqu'il fut acheté par le sultan Malik Sâlih Ayyùb, qui ne monta sur le trône qu'après la bataille dont il est ici question. L'auteur fait peut-être confusion, sur ce point spécial, avec le combat qu'il raconte plus loin, p. 863, livré en 12^4, dans les mêmes parages , et auquel Baibars aurait réellement pris part , suivant Abu 1-fidâ'.
P. 844, n. 1 : D après Ibn Chaddàd' (Barq , ins. cité, p. a58), Malik Nà.sir Dà\vùd assiégea Jénisalem le 17 djumàdâ 1" 637 (i5 décembre laSg) et prit la tour de David le 8 djumâdâ II (5 janvier 1240 j.
P. 848 : Le récit que fait Ibn Furât (Reinaud, p. 44o) de la remise, par Malik Sâlih Isma'îl, de la forteresse de Ghaqîf (Belfort) aux Francs est confirmé par un témoignage contemporain de l'événement, celui d'ibn Chaddàd [Darq , ms. cité, p. 225). Suivant lui, la garnison de la forteresse, irritée par Tordre de reddition , se révolta contre son maître et fit appel à Malik Nâsir Dàwûd de Karak. Un émissaire de ce prince ayant pris possession de Chaqîf , le sultan de Damas accourut; la suite d'ibrl Chaddàd est conforme aux sources connues.
Les sympathies chrétiennes dlsma'il (cf. p. 847,859 et passim) se retrouvent chez plusieurs princes de sa famille, notamment chez son neveu Malik Sa*îd 'IJthmàln de iSubaibah (Ibn Chaddàd, Barq, ms. cité, p. 219; Clermont-Ganneau, Recueil, I, p. 260) et chez un autre neveu, Malik Djawàd \ûnus (Abul-fidâ*, dans //. or. Cr,, I, p. 120). La liédeur religieuse des Ayoubites explique , en partie , la courte renaissance des établissements de Syrie , entre Saladin et Baibars.
P. 860 : Sur la remise de Safad au Temple et l'épisode des prisonniers, cf. Ibn Chaddàd, Barq , ms. cité, p. 221.
P. 866 : Es^alib; y a-t-il un endroit de ce nom dans ]a TransjordaneP Ce doit être Sait (w^iJjaM pour u>U*aJî, si ce nom est emprunté à une source arabe ; je ne le retrouve pas dans les sources citées). En effet, suivant Ibn Chaddàd ( Barq, ms. cité , p. 1 90) , Sait fut pris par Malik Sâlih Ayyûb à Malik Nâsir Dàwûd, précisément en cette année 644-
P. 878 : Fachr ed-din Scheich ibn Schujusch , lire Fachr ed-din (Yusuf) ibn scheich esch-schnjuch , c'est-à-dire fils du grand chaikh ; c'est ain»i que l'aippelle Maqrizi , Khifat , I , p. 219, 1. i5; trad. Bouriant, I, p. 647.
P. 879, n. 8 :'*La date officielle de la mort de Malik Sâfih Ayyûb, la nuit du i5 cha'bân 6^7 (aS novembre 12^9), figure dans plusieurs inscriptions de son mausolée au Caire ; voirC./..4., I,n"66, 67 et 6g; Z.D. P. F., XVI, p. 101.
P. 88^ : Le nom du maître des Assassins qui envoya une ambassade à saint Louis est probablement celui qui figure dans une inscription de Masyâd (publiée dans mon Epigraphie des Assassins j p. 7) et dans une autre, encore inédite, dont un estampage m'a été remis par M. d'Oppenheim.
P. 884 à 887 : Parmi les travaux militaires entrepris par saint Louis en Syrie , je crois qu'on n'a pas encore signalé la restauration de la forteresse de Sâiithà. D'ajprès Ibn Chaddàd (Barq, ms. cité, p. 208), le roi de France (j^y^^ *N))^ ^^" livré de captivité en 648 (la date est exacte), visita les côtes de Syrie et , jugeant cette forteresse trop petite , la fit considérablement agrandir du côté du midi. Si ce détail est exact , il doit rester quelque trace de ces travaux dans les ruines de la forteresse , que M. Rey croit pouvoir attribuer, dans son ensemble, aux premières années duxiii' siècle (Etude, p. 92).
P. 888, n. 5 : . . ,ad locam Casey, . . 11 faut chercber ce lieu plus au sud, sur la côte entre *Arîch et le canal de Suez, dans le groupe antique Casius (mont) , Casium (station), Casiotis, représenté en arabe par le cap Kas et peut-être par le village voisin de Qatyab, où se trouvait, au moyen âge , la douane égyptienne ; cf. d'Anville , Mémoires sur l'Egypte, p. 98 et carte; Description de l'Egypte, éd. Panckoucke, XVI, p. 209, et les manuels arabes de géographie et de diplomatique.
P. 908 et suiv. : Malik Nasir ed-din Saladin JusuF, lire Malik Nasir (Salah ed-din) Jusuf.
P. 908, n. 1 : Das Wassercorps. . ., plutôt Nikorps, puisque ces mamlouks étaient casernes dans Tile de Raudah^ sur le Nil {al-bahr)^ d'où leur nom de Bahrites.
P. 909, n. 4 : On trouvera <Je curieux détails sur les ravages des Mongols en Syrie, notamment à Âlep, dans Ibn Chaddâd, Alâq, passim,
P. 910, n. 6 : Sur la bataille de *Ain Djâlûd, voir aussi quelques sources citées dans mes Inscriptions arabes de Syrie^ f, 5i , n. 2. Dans la note de Tauteur, le nom d'as froides jaues taux eaux froides», cité d'après Eracles, paraît désigner le lieu même de la bataille, et j'y cherchais déjà la traduction de *Ain Djâlûd (source froide), en supposant que Djâlûd (Goliath) avait été pris pour un dérivé local syrien de la racine dj-l-d, geler. Mais en consultant le texte de V Eracles, on verra que ce nom y désigne un lieu bien loin, vers lequel les Tartares s'enfuirent après leur défaite. Dès lors, il s'agit évidemment de l'Euphrate (eau froide); sur ce calembourg, voir une note à p. 974, n. 1.
P. 911, n. 3 : Parmi les sources arabes inédites ou peu connues sur le sidtan Baibars , on peut citer la vie de Baibars (anonyme de Paris) et le Barq d'Ibn Chaddàd, auteur contemporain dont il est fait souvent mention dans ces notes. Parmi les compilateurs plus récents, il convient de nommer, après Maqrîzi, Ibn Furât et Nuwairi, dont Reinaud , Quatremère et Defrémery n'ont donné que de court» extraits, Abu 1-mahâsin et Kutubi, le continuateur d'Ibn Khallikân.
P. 911, n. 4 : D'après Dôzy, bandaq, noisette, signifie balle, projectile, puis arbalète et plus tard' arquebuse, fusil, comme abrégé de qaus al-bunduq; c'est cette expression qui figure dans les Gestes, p. i65, sous la forme Causbondoc.
P. 925, n. A : Ei-chidre, lire el-chadra (*11j2iaîL).
P. 926 : Aldekiz (index Aldeki), lire plutôt Ildekiz (i7dingiz dans Houtsma, Glossar, p. 34).
P. 927, n. 6 : Sur les détails géographiques signalés dans cette note, voir surtout Clermont-Ganneau , Recueil, If, p. 56 et suivantes.
P. 929 : Itamesch et Idogdi, lire plutôt Aitmisch et Aidogdi (aj-dogdi dan» Houtsma, loc. cit,) et remplacer par ce nom, dans la note 5, celui d'Aidawudi. En effet, il s'agit probablement du môme émir, en tout cas du même nom, car le texte de 'Aini porte <^^>cOsi' , qui doit être une faute de copiste, pour <tfJ^3«>v.ï =* <^*x£osîI'
Dans la même note, le Sememos des Annales est une transcription de samm al-maut, poison de la mort. C'est le surnom que Maqrizi donne à Témir *Izz ad-din Igân, précisément celui que Baibars envoya contre Tyr, après la prise des forteresses dont les Annales attribuent la conquête à Sememos ; voir Saltans Mamhaks, I b, p. 27 et i46. Les Annales et Amadi donnent ailleurs les variantes Gemelmons et Semelmot (cette dernière forme est l'équivalent parfait de samm al-maat) et attribuent à ce général la conquête de TArménie en 1266; nouvelle preuve qu'il s'agit bien de l'émir Igân et non du prince de Hamâh . comme le dit l'éditeur d' Amadi. En effet, Igân dirigea lui-même une partie de cette campagne; voir Sultans Mamlouks, toni. cit., p. 3i et 34; Rôliricht, Geschichte , p. 934.
Encore dans la même note : 'Aini mentionne , comme les autres sources arabes et latines, la prise de Qulai'ât (Goliath), avec celle de *Arqah (Arclias) et de Halbâ (Alba). L'auteur a été trompé, sur ce point, par la traduction de l'Académie (H, or. Cr., II a, p. 222), où le nom propre alqalaîât a été pris pour un nom commun, les fortins. J'ai décrit ailleurs cette forteresse (/. As., 9* série, VI, p. ^92; cf. Paoli, Coiice, I, n*ii; Rôhricht, Regesta, n* 118; DelavilleLe Roulx, Cartalaire, I,p. 76; Wilbrand, éd. Laurent, p. 169, et les autres sources citées par M* Rôhricht, dans Z.D. P. V.,X p. 257) et M. Dussaud a parlé récemment des deux autres (2* voyage, p. 2), en confirmant l'identification d'Alba avec Halbà (et non Sâfithâ, dans A. 0. L., Il a, p. 382, n. 70).
P. 929, n. 6 : Mainalia, Hre Manika, comme le prouvent
la lorme (isvîkos, dans Cedrenus (Clermont-Ganneau, Recueil, If , p. 170, n. i) et la prononciation moderne relevée par M. Dussaud [2* voyage, p. 38); il suffit de corriger en ML«À4, Manîqah, la forme MUtw«, Mainaqah, admise jusqu'ici. En nommant les huit forteresses des Assassins , Tauteur oublie ici la plus importante, Masyad. 11 est vrai qu'on n*est pas d'accord sur ces huit noms (dix, suivant G. de Tyr). En négligeant quelques listes incomplètes (B. de Tudèle, Abu 1-iidâ', Ibn Batùtah), la principale divergence porte sur le huitième nom ; tantôt il fait défaut ( Nuwairi , Leyde ,3m, P 331 r'), tantôt c'est Qulaiah (*Umari, Tarif, p. 196: Ibn Misar et Maqrizi, chez Quatremère, Defrémery, Ritter et Rôhricht), tantôt Qâhir (Guyard et Dussaud), tantôt Abu Qubais (Dimachqi), tantôt Marqab (*Umari, Tarif, f, 183).
Qu'ils aient appartenu ou non aux Assassins, ces deux derniers châteaux sont bien connus; restent les deux premiers. M. Dussaud a retrouvé Qâhir près des autres châteaux des Assassins et dans son itinéraire (2* voyage, p. 1 5 et 45], il signale aussi le pic de Qulai'ah, où M. Rey avait déjà vu les restes d'une petite forteresse qu'il identifie avec le château franc de la Clolée [Colonies, f, 365; Rapport, p. 34 1). Est-ce la Qulai ah des Assassins ? C'est peu probable , car le contexte de *Umari conduit à la chercher plus au nord, soit au château de Rikisrà'il, soit à celui de *Uilaiqah; aussi je me demande si Qulai'ah n'est pas ici une ancienne faute pour 'Ullaiqah : ÂJLgJjJ) , nom certain , puisqu'il existe encore et qu'il figure ainsi dans plusieurs inscriptions du xv' siècle , serait devenu iUJLLlt , par simple transposition de deux lettres semblables , sous la plume d'un copiste cherchant un sens à ce nom.
Est-ce la Colée des Francs ? C'est bien possible , puisque celle-ci était dans cette région , d'après un acte positif ( Dela ville Le Roulx, Cartalaire, II, p. 6o3), et non, comme M, Rôhricht l'a supposé ailleurs {Z,D.P,V., X, p. 360, d'après Ritter et Ëli Smith ) , dans la région du Djabal al- Akràd, où il s'agit certainement d'une autre galaiah, Êdo ou Djamâhariyyah ; cF. Hartmann, dans D. P. V., Mittheilangen,
1 899 > P* ^' ^i^^ ^aut pas oublier que ce mot n'est qu un nom commun pouvant désigner, chez les gens du pays, iou\ petit château de la région. Ainsi au Caire, à Damas, à Alep, ailleurs encore , on appelle couramment la citadelle al-qatah tout court , sans ajouter le nom propre , parce qu'il n'y a pas de confusion possible. De même , quand un voyageur demande à son guide le nom d'une forteresse^ celui-ci peut répondre : alquîaïah, c'est le petit château (de ce pays), sans ajouter le nom propre, qu'il ignore peut-être. De là des confusions ou du moins des synonymies dont le livre de M. Rôhricht offre un autre exemple, p. 11 5, où il s'agit d'une tout autre qalai ah, qu'il faudrait mettre à part dans l'index, à Kolaia; encore rnie autre qulaïah dans Z. D. P. V,, X, p. 275.
P. 983 : La donation faite en faveur du mausolée de Kliâlid à Homs, à la suite de la prise de Safad, est relatée dans une longue inscription de ce mausolée ; ce texte , analysé dans mes Inscriptions arabes de Syrie, p. 56, paraîtra dans la n( te annoncée sur l'épigraphie arabe des croisades. Ibn Chaddâd [Barq, ms. cité, p. 221) et Nuwairi (Leyde, 2 m, f® 233 v") fixent l'arrivée du sultan devant Safad au 8 ramadan , comme Maqrîzi chez Quatremère et Reinaud ; il faut donc préciser un peu la note 3 , p. 980 , car la date du 26 est celle de la mise en batterie des mangonneaux.
P. 933, n. 5 : D'après Quatremère, citant la Vie de Baibars (dsins Sultans Mamlouks, Ib,p. 2d,n.26), les Assassins avaient pour souverain, en 1265, Râchid ad-dîn Sinân. Mais ce maître célèbre était mort en 1 194. et l'on sait [Epigraphie des Assassins, p. 48) qu'en 1265, le maître de Syrie s'appelait Nadjm ad-dîn Isma'îl (ou Hasan). Une erreur aussi grossière ne pouvant guère être mise sur le compte de l'auteur de la Vie de Baibars, ^e suppose (n'ayant pas le texte sous les yeux) qu'il faut traduire ails avaient eu pour souverain. » En effet, Dimachqi, écrivant au début du xiv* siècle, dit en des termes analogues : « Les forteresses de la secte (et non de DaVet, trad. Mehren, p. 283), qu'a possédées Râchid
ad-din Muhammad. . , » L'erreur du nom propre (Muhammad pour Sinân ) prouve que l*auteur écrît ici au passé.
P. 937,11. a : Sabik Schahin; le texte de Maqrizi, que je n'ai pas sous les yeux, porte sans doute as-sâbiq (pour Sâbiq ad-dtn] Châhin; c'est bien le nom d'un mamlouk , probablement d'un eunuque. Le passage de *Aini, qui semble en faire un moulin près de Tyr, appartenant aux Hospitaliers et détruit par les musulmans (et non par les chrétiens), ce passage est évidemment corrompu dans le manuscrit de Paris. Je suppose que dans le texte original , les Hospitaliers étaient nommés deux fois, la première à propos de leur moulin , la seconde à propos du meurtre de cet homme , et que le copiste, confondant ces deux mentions, a sauté tout un passage les entre mots ^l^u.M'i'! et c-^w II faut donc mettre un j>oint d'interrogation sur la traduction de l'Académie (H, or, Cr. , II, p. 225) et renoncer à tirer parti de ce fragment de *Aini , tant qu'on n'aura pas sous les yeux un manuscrit plus correct. En effet, deux lignes plus bas, en paiiant de la paix accordée par Baibars aux Francs , le manuscrit dit qu'elle concernait Safad et les gg bourgs de son territoire ; nouvelle erreur, puisque Safad venait précisément d'être repris par Baibars. 11 faut lire ici Tyr (;yo au lieu de «^^â-»), car Maqrizi dit , avec bien plus de vraisemblance ; « Tyr et les 99 bourgs de son territoire. »
P. 939 : La prise de Jaffa est relatée dans une inscription publiée dans mes Inscriptions arabes de Syrie, p. 57, avec de nouvelles sources. En i335, J. de Vérone confirme que la ville est entièrement détruite. Sur la mosquée de Baibars au Caire (le quartier s'appelle Husainiyyah et non Hasaniyyah) et le transport des marbres de Jaffa, voir C /. -4. , I, p. 1 23.
P. 9^1 : Le musulman qui s'empara du connétable d'Anlioche était, suivant les auteurs, soit l'émir Chams ad-din Aqsunqur (Yàffi et Ibn Furât), soit un de ses soldats appelé Muzaffari (*Aini et Nuwairi). Quel que soit le nom qu'on adopte, il faut supprimer ici ce inaAenconireux fulân ad-d(n ,
un tel ad-dîn, expression qui, dans le texte de Nuwairi, indique simplement que le surnom en ad-din de ce Muzaffari n'est pas connu.
P. 949 , n. 3 : Sur Izz ad-<lin , ou plutôt Muzaffar ad-din * Uthmân et la prise de Balâtunus , voir mes Inscriptions arabes de Syrie, p. 86 et 101 ; cf. Manhal, Paris, 2071 , f* 106 v\
P. 961 : ...Ighan el-Dschemel ed-din und Ilamesch Sadi . . . , lire Ighan , Dschemal ed-din Hadschi und Aitmisch Sadi. Dans la note 4 : Tunba , lire Tunbaï.
P. 954» n. 1 : Parais n'est pas un nom propre, c'est la transcription de Farabe yarr^^cfe, balayeur, valet, domestique. L'auteur des Gestes le comprend bien ainsi , puisqu'il dit, p. 196 : « .. .un Surien dou levant, cpiy servet le seignor de Sur ^ Faraiss ( plus loin Farass ) , c'est asaver de escouer et neteer et arorer d'aiguë le palais et la court et asurer tentes. . . ». Un peu plus tôt, Joinville(éd. deWaiily, p. 78} disait : « Ferrais est cil qui tient les pa veillons au soudanc et qui li nettoie ses maisons. » Sur la permutation de la chuintante arabe en sifflante latine , voir une note à p. ^77, n. 1 .
P. 955 : Sur TeH Halifah = Tell Khalîfah, voir Ciermont- Ganneau, Recueil, II, p. 179 ; cf. Burckhardt, éd. Gesenîus, p. 269, et Thomson, dans Ritter, Erdkunde, XVII, p. 824, qui nomme expressément le Tell el-Khalifeh. L'hypothèse de M. Clermont-Ganneau eît donc exacte et il faut écrire ici : chaliffth.
P. 955, n. 2 : Les inscriptions de Baibars au Krak, publiées dans mes Inscriptions arabes de Syrie, p. 66, et datées du 8 avril 1271, confirment la date du 7 ou du 8 pour l'évacuation de la forteresse par les Hospitaliers ; Ibn Chaddâd [Barq, ms. cité, p. 206) donne aussi le 8. Suivant une autre inscription , le nouveau gouverneur du Krak , Sârim ad-din Qâymàz, y mourut en 1275.
Voici l'historique abrégé de cette célèbre forteresse , avec la succession des noms qui la désignent. Les renseignements
fort maigres que nous possédons sur son histoire avant les croisades sont complétés par Ibn Cliaddàd (Barq, ms. cité, p. 2o5 ) , qui cite Jbn Abl 'f ^yy* Suivant eux , elle s*appelait le château de la pente (hlsn as-safh; sur ce nom, mal interprété par de Hammer, voir Ritter, Erdkunde, XVII, p. 837, et Ibn Furât, dans Reinaud, Bibliothèque, IV, p. Sa 5). Tel est, du moins, le sens que je crois pouvoir donner à ce nom, bien que le Krak soit plutôt sur une crête ; mais peut-être cachel-il un nom grec , comme celui de plusieurs autres forteresses syriennes qui existaient dès Tépoque byzantine ou plus anciennement encore. En 4a 3 (io3i), Témir Nasribn Mirdâs, prince de Homs , y installa une colonie militaire de Kurdes ( a Arrtfcf). Suivant Yàqùt, ces Kurdes , établis par un émir qui avait bâti là une tour, agrandirent la forteresse et la livrèrent aux Francs. D'après Ibn al-Djauzi, cet émir était Qarâdjà de Homs et c'est lui-même qui rendit la forteresse en 5o3 (1110); cf. H, or. Ci\, m, p. 539; Rôhricht, Geschichte, p. 76 , n. 5 . Quoi qu'il en soit de ces détails, auxquels une phrase un peu vague d'Abu l-fidâ\ répétée par 'Umari ( Ta*rîf, p. 182;) et interprétée différemment par Ritter, XVII, p. 836, et par Guyard (trad. , II b, p, 37), n'ajoute rien d'essentiel , il reste acquis que le Krak existait bien avant l'arrivée des Croisés et qu'il portait alors le nom de Hisn al-Akrâd. C'est de akrâd qu'ils tirèrent crut, forme cru'on trouve dans les sources les plus anciennes, notamment dans tous les actes jusqu'au milieu du xii* siècle (Paoli, Codice; Delaville Le Roulx, Archives et Cartulaire; Rey- Ducange, Familles; Rôhricht, Regesta, etc.), avec quelques variantes dans les chroniques {Enioul: Crat; Eracles: Quart). Dans les actes et les lettres , à partir du milieu du xiii* siècle , et dans la plupa rt des chroniques , la forme Crat est remplacée par la forme Crac et ses variantes (Crach, Crarc, Crak, etc.), avec diverses désinences latines (G. de Tyr, R. de Caen , Ernoul, Eracles , A nmdes , Gestes , Amadi , Sanuto et les actes dans Regesta, depuis 12^3). Cette substitution est due sans doute à rinfluence du mot syrien havk [â) ^ forte-
resre , qui désignait plusieurs châteaux forts de Syrie , dont le plus important , Karak de Moab , était appelé par les Croisés le Krak (note à p. 38g, n. 3). Dès lors, on trouve des expressions telles que Crak de TOspital ( Annales , Gestes ) ou Crac des Chevaliers ( Rey ) , pour distinguer ce nouveau Krak , devenu propriété de THôpital, de celui de Moab, resté fief du royaume jusqu^à sa prise par Saladin. Quant au nom de Hisn al-Akrâd , on le retrouve dans les sources arabes postérieures aux croisades (Abu 1-fidà* , 'Umari , Ibn Batûtah, Diwân al-inchâ*, Ibn lyàs , etc.]* Le village qui s*étale au pied de la forteresse porte , avec son district , le nom de Hôsn , forme moderne de hisn; puis, par un pléonasme qui trahit Toubli du nom primitif, la forteresse s'appelle aujourd'hui Qalat al- Hôsn. Les ruines de ce monument unicpe, vrai musée d'archéologie militaire, trahissent les phases successives de son histoire , depuis certaine grosse tour de marbre , probablement antérieure aux croisades , jusqu'au village moderne bâti dans ses murailles, avec les débris de ses créneaux.
P. 966 : La prise de la forteresse de *Akkâr est racontée par Ibn Chaddâd [Barq,, ms. cité, p. 207), dont le curieux récit est précède d'un court historique, depuis le début du XI* siècle; la forteresse existait donc avant les croisades. Suivant lui, le siège commença le i3 ramadan (le ms. donne le 23, mais le contexte prouve que c'est une erreur) et les Francs l'évacuèrent le matin du 3o. La description la plus récente est de M. Dussaud [2' voyage, p. 2), qui a retrouvé, sur la grosse tour, les armoiries de Baibars. La leçon U^ pour ;^, qu'il signale après Quatremère, se retrouve dans plusieurs auteurs de basse époque. — La référence importante de cette page gSG manque dans l'index, qu'il faudrait remanier; voir une note à p. 352.
P. 958, n. 3 : On voit encore, à Jérusalem, l'épitaphe de l'émir Rukn ad-dln Baibars Djàliq, mort à Raraleh en 707
[4^9] -►«•( 65 )Ht^ —
P. 959 : A propos de la chute de Montfort, la forteresse des chevaliers tcutoniques, on peut rappeler que Nuwairi (cité dikns Stillaiis Ma nilouks , Ib, p. 87, n. 108) en attribue la possession aux Hospitaliers arméniens. Cette erreur, qui a été relevée par de Mas-Latrie (Histoire de Vile de Chypre, I, p. 434, n. 5), n'est probablement pas le fait de Nuwairi , mais du manuscrit de Paris , où elle a échappé Q Quatremère. Le texte original portait sans doute yUî ou ^J, allemand, groupe qu'un copiste ignorant a remplacé par le mot plus connu ^j*^^ , arménien; il faudrait comparer ici le manuscrit de Leydc. — La référence importante de cette page 969 manque dans l'index , à Montfort.
P. 963, n. 5 : Le nom d'Ibn Châwir figure dans une inscription arabe de Yabneh, publiée par M. Clermont-Ganneau, Archaeological liesearches, II, p. 175 et suivantes.
P. 967 : Ibn Chaddàd (A'iâq, ms. cité, vers la fin) donne de curieux détails inédits sur l'expédition d'Arménie , dont je montrerai ailleurs l'importance dans le programme politique de Baîbars; cf. C. /. ^4., 1, p. 688, n. 2.
P. 973 : Le chasiiaa des Gestes pourrait être la petite forteresse de Musailihah, point stratégique important qui commande la gorge et le col par où la route de Batrùn à Tripoli tourne, en le coupant, le haut promontoire du Râs Chaqqah (Theou prosôpon). Sur cette forteresse, voir Renan, Mission de Phénicie, p. i48 ; Dussaud , i"" voyage, p. 9 ; /. As., 9* série, VI, p. 490. Maundrell (1697) l'appelle Temseida, sans doute pour qal'af emseilha.
P. 974, n. 1 : Die Gestes 208 lassen Bibars 1279 bald nach dem Siège ûber die Mongolen bei Aiguës froides in Damascus sterben. Cette phrase est ambiguë, car on pourrait la traduire : l'auteur des Gestes fait mourir Baibars . . . près d'Aiguës froides, à Damas. En l'interprétant ainsi, à la première lecture , je pensais qu'Aiguës froides était la traduction de Nahr Baradah , nom de la rivière de Damas. C'est
J. As. (Ëitr. n** 9 de 1902.J 5
ce rapprochement spécieux (analogue à celui que j'ai signale plus haut, dans une note à p. 910, n. 6) qui me fait parler ici d' ambiguïté; en réalité, Tauteur veut dire que le rédacteur des Gestes fait mourir Baibars à Damas , après sa victoire sur les Mongols à Aiguës froides; on peut s'en convaincre en consultant le texte des Gestes. Dès lors, ce nom désigne, non le Nahr Azraq (Gueuk-Sou), mais l'Euphrate, par uncalembourg déjà connu; voir la même note à p. 910. L'auteur des Gestes commet ici au moins trois erreurs. Il donne une fausse date (1279) pour la mort de Baibars (1 277). Puis il confond évidemment deux campagnes sur TEuphrate , celle de l'année 1272 et celle de l'année 1276 (Sultans Mamloaks, Ib, p. 1 10 et 139 ;H. or. Cr., I, p. i54). Jl suffit, pour s'en convaincre , de rapprocher de son récit ceux d'Abu 1-fidâ' et de M aqrizi , où l'épisode du passage du fleuve , sous le feu de l'ennemi, fait partie de la première campagne (1272), tandis que certains indices montrent que les Ge^fei visent ici la seconde (1276). D'abord , ils racontent un peu plus haut, à l'année 1277, une première campagne de Baibars contre les Tartares, qui semble bien être celle de 1272 ; puis, leur récit concorde mieux avec ce que nous savons de la seconde campagne, d'après les auteurs arabes. Suivant les Gestes^ après le passage de l'Euphrate , Baibars marche encore deux jours en avant et le troisième , il bat les Tartares , auxquels il prend une herberge. Or, rien de pareil chez les auteurs arabes, dans leur récit de la première campagne (1272). Ils montrent le sultan repassant l'Euphrate après la fuite des Tartares et s'arrétant à Biredjik , pour rentrer ensuite à Damas. Même si l'on cherchait dans herberge une déformation d^El-Bireh (Biredjik), on n'expliquerait pas pourquoi cette herberge était à trois journées de l'Euphrate. Au contraire, dans la campagne de 1276, Baibars détache vers l'Euphrate un corps qui bat un corps de Tartares , puis il marche au nord avec son gros et bat le gros de l'ennemi à Huwain , dans la plaine d'Ablestîn (Al-Bislân), à plusieurs journées au nord de l'Euphrate. Il est permis de voir un reflet de cette bataille dans
le récit de la prise de Therberge. En effet, ce mot ne désigne pas une simple aiïberge, mais un relai, un gite d'étape, c'est-à-dire un poste militaire; cf. Clermonl-G anneau, Hvcacily M, p. 24o.
La troisième erreur des Gestes consiste à faire rentrer et mourir Baibars à Damas immédiatement après , sans dire un mot de la prise de Sis , à laquelle Tauteur a fait allusion plus haut, à la vraie date de 1376.
Même note : L'auteur des Gestes appelle Qalâwûn , non pas Selfi, mais Lelli [Annales : Dalfin, Dalfil; Maundeville : Ëlphy ), c'est-à-dire al-alfi, surnom bien connu de ce sultan (Salians Mamloaks, 11 a, p. 1). Puis il mêle encore le faux au vrai. 11 est vrai que Malik Sa'id, fils et successeur de Baibars, avait épousé la fille de Qalâwûn. S'il n'est pas mort au Caire , il est vrai qu'il y fut déposé et que , mort peu après à Karak , il fut enterré à Damas , dans le maUsolée de son père. Ce monument, qui s'élève auprès de la grande mosquée, fut fondé par Malik Sa'id pour la sépulture de Baibars ; il fut achevé par Qalâwûn et la superbe inscription de son portail apprend qu'il renferme «deux rois, Zâhir et Sa*id». 11 est encore vrai que Hadr ( Gestes : Haure) , le frère de Malik Sa'îd , fut banni à Constantinople par Qalâwûn ou par son filsKhalil. La dernière phrase de ce paragraphe est moins claire. L'auteur parait y confondre l'oncle maternel de Malik Sa'id, nommé Badr ad-din Muhammad, avec l'important émirBaidarâ; mais il ne semble pas que l'un ou l'autre ait fait mourir le jeune sultan; voir Sultans Mamlouks, Ib, p. i3i , 161,171; II a^ p. 9 , 3 2, 1 o4 , 116, 1 39 ; Abu 1-fidâ', dans H, or, Cr,, I, p. 167; Weil, Geschichte der Chalifen, IV, p. 160, n. 1; C /. -4., 1, p. 124. Malgré les erreurs des Gestes^ cette source latine est peut-être la mieux informée des gens et des choses de 1 Islam.
P. «979 à 989 : Les traités de Qalâwûn suggèrent de curieuses 4)bservati<»is , fiotamment sur les titres et les noms de lieu ; mais cette étude sortirait du cadre de ces notes.
P. 988, n. 1 : Sur la prise de Margat, voir mes Inscriptions arabes de Syrie, p. 78, où j'ai montré que Maqrlzi raconte deux fois la prise de la forteresse , la première [Sultans Mamlouks, II a , p. 80 ) , le 19 rabi* I" 684 , la seconde (p. 86), le 19 rabfP' 685. La première date étant la bonne, il vaudrait mieux citer ici le premier passage et signaler le second comme interpolé à une année de distance. — D'après Yâqût , la forteresse fut bâtie par les musulmans en 454 (1062); si ce détail est exact , il va sans dire que Tes Croisés Tout transformée , comme tant d'autres.
P. 999 et 100a : A la liste des dernières possessions des Francs, il faudrait ajouter Tortose, Djebeil etHaifâ, dont la prise est racontée plus loin, p. 102 5.
P. 1002 : D'après toutes les descriptions antiques et médiévales, Tripoli était entourée de trois côtés par la mer et protégée vers la terre par une puissante muraille. C'est bien l'emplacement de la Marine actuelle, qui couvre le promontoire fermant le port au sud. C'est donc à la Marine et dans les jardins qui l'entourent à l'est qu'il faudrait chercher les derniers vestiges de cette enceinte célèbre, détruite par Qalâwûn et dont les restes sont signalés dans plusieurs relations postérieures aux croisades, jusqu'à noire époque. Quant aux six ou huit grosses tours carrées que les mêmes relations, depuis le xvi' siècle , signalent le long de la Marine , au bord de la mer (Arow, Fùhrer, RauwoliT, Villamont, Zuallart, P. Philippe, d'Arvieux, Troilo, Le Bruyn, Lucas, Niebuhr, Pococke, Seetzen, Burckhardt et un grand nombre d'auteurs du xix* siècle), c'est avec raison que M. Rey (Colonies, p. 374) les croit bâties au xiv* siècle, pour repousser les attaques chypriotes. En effet, les deux qui restent encore debout offrent le style de l'architecture des sultans Mamlouks; après de longues recherches, j'ai trouvé deux textes qui confirment directement cette hypothèse. L'une de ces tours, peut-être la belle Tour des lions , qui existe encore , a été bâtie par l'émir Aitmich, c'est-à-dire vers 1.^90 ou i4oo.
pour défendre Tripoli contre les attaques des Francs (Abu 1mahâsin, Manhalj Paris, 2069, f* 33 v"; Sakhâwi, Dau, Leyde, 369b, p. 736). Ces tours et les sources du xiv* siècle, traités de commerce et voyageurs , prouvent que Tancienne Tripoli , c'est-à-dire la Marine actuelle , reprit vite une certaine importance, comme port de la ville nouvelle.
Celle-ci s*étage sur la colline , au pied de la citadelle ; c^est bien la ville que Qalâwûn a bâtie après avoir rasé Tautre , car les auteurs du xiv* siècle la décrivent ainsi et la plus ancienne incription arabe que j*y ai recueillie est au nom de Khalil , le fils de Qalàwùn et le conquérant d'Acre. Toutefois, la construction de la forteresse du Mont Pèlerin (la citadelle actuelle) par Raymond de Saint-Gilles avait fait surgir sous ses murs un faubourg (Ibn al-Atbir et Abu l-fidâ' disent précisément rahad; H. or, Cr, , I, p. 9 et 235). Ce faubourg, qui prit aussi le nom de Mont Pèlerin, renfermait des maisons , des jardins , des ég^ses et au moins un hôpital, d'après les actes publiés par PaoH, de Rozière. MM. Rôhrîcht et Delaville Le Roulx. C'est probablement une de ces églises (Saint-Jean ou Saint-Sépulcre) qui est devenue la grande mosquée actuelle, car on y voit un portail de style occidental. Un peu plus loin, sur f arcade d'un porche dont les moulures accusent aussi l'origine latine, on lit les mots SCS lACOBLJS en belles lettres majuscules médiévales, au-dessus de deux coquilles sculptées dans la pierre. Au fond de ce porche s'ouvre nne porte gothique dont le linteau est sculpté d'un agneau pascal, Hanqué de rosettes et de l'inscription ECCE AGN. DEI. Ce bâtiment, placé sous le vocable de Saint-Jacques, serait-il l'hospice signalé plus haut ? Si cet hospice , qui fut donné à l'Hôpital , était destiné à recevoir des pèlerins, on peut en rapprocher, d'une part, les coquilles sculptées sur le porche , d'autre part , le nom de l'endroit , Mons peregrinoram. Quant à la citadelle qui domine la ville , c'est évidemment le château de Saint-Gilles ou du Mont Pèlerin; si son aspect actuel est entièrement arabe, c'est qu'il a été démoli et rebâti dès l'année i3o8 (Sultans
Mamhakf, Ilb, p. 2^1), pois remanié frfas tard encore, car il porte un tente de restauratkm du sultan ottoman Solînuin , daté de i5ai.
Ces notes rapides, emprantées à un volumineux dossier sur Tripoli, sufiisent à montrer tout Tintérét cp'offrirait une étude archéologique. Ajoutons que la topographie de Tripoli et de ses environs à l'époque des croisades serait édairée par son épigraphie arabe , qui renferme un grand nombre d*actes de fondations rdligieuses , f>em{^s de noms de lieux.
P. 1007, n. 2 : L'amyraill Tocso (et non Tosco) des Gestes est évidemmpnt Témir Tuksu, que M aqrizi nomme trois ans plus tard ; voir Sultans Mamloaks, lia, p. i45.
P. 1007, n. S : Silah^ lire amir sîlah, puisque le fonctionnaire ea question s'af^lait ainsi, le second mot seul signifiant arme ; les Gestes disent oorrectemait : émir Selah (Âmadi : Eknir Saladia). Maqrizi (Sultans Mamloaks, lia, p. 137) confirme que ce fonctionnaire était alors Baktâcli Fakhri.
P. 101 a, n. 7 ! Meschfiid et-tibn , lire fdutàl mesdsdtid Hbr, mosquée de Tibr, nom d*h<Hnme. Tel était, en effet, le nom de cet édifice et c'est ainsi qu'il figure dans Sultans Jdioaloaks, q»e rautecnr cite ici. La réplique at-twn, dans Abu 1-fidâ', doit être lue t/^-tihn ( .•'i-^'l pour ^^tr^ ) , nom vulgaire de la mosquée. Ces détails sont empruntés à la To^ographie de Maqrizi , qui place l'édifice prés de Matariyyah, au ntHxl du Caire (H, p. 4i3). — ^ Salacbia est Sâlihiyyah, plus loin au nord^e!A, sur la route de Syrie. — Quant à in pianêê Dokke, Ton ne peut songer ici à Saint-Jean-d*Arre , car il faut chercher dans la même régitm du Delta. Peutêtre est-oe Daqahiah , village au sud de Damiette , d'où Yàqût fait dériver Daqahliyyah , nom que portait alors la province de Mansùrah et qu'on retrouve , sur l'atilas de la Descriptian de VÈtgypîe, précisément sous la forme plaine de Datfkélieh ( carte Baedeker : birket eddakahlfye); cette région entièrement plate s'étend au nord de Sâiikiyyali , répondant ainsi aan exigences tnpographiques de l'identâfication.
P. ioi3, n. i : Le nom arabe de la catapulte, al-mansûriyyah, ne signifie pas la victorieuse (qui ser oit al •mansârah), mais la mansourienne ^ c'est-à-dire appartenant à Malik Man*sûr Qaiâwûn. Cette confusion fréquente d'un adjectif avec son relatif semble avoir été faite par Tauteur des Gestes^ qui dit te Mensour (au lieu de Meiisouri), L'autre nom^ Havehen, peut être transcrit de gadbân , farieus , si Ton songe que plus haut, les Gestes ont transcrit Haç^r par Haare (voir une note à p. 974 » n. 1). Quant à qarâ-bagâ (taureau noir, cf. bélier, chat) y c'est peut-être l'origine du provençal calahre, machine de guerre, d'où Diez fait venir carabin et ses dérivés.
P. 1017 et iO!i5 : Siûdschar Schughaï, lire Sandschar Schudschaï et remanier, dans l'index , les références Alam ed-din Sindschar et Scbugliaï, en distinguant les quatre Sandschar mentionnés dans le volume : Baschkurdi, Halebi, M esruri et Schudschaï.
P. 103^1 n. 2 et 5 : Outre les descriptions des ruines de Sain l-Jean-d' Acre utilisées par M. Rey, on pourrait citer celles de J. de Vérone (i335), du P. Philippe (1629) et du chevalier Troilo (1666).
P. 1024, n. 4 : Le portail d'église transporté d'Acre au Caire existe encore à la Nâsiriyyah; voir C. /.i4., I, p. i54» où les sources sont citées. Ce curieux morceau d'architecture occidentale (reproduit dans Prisse d'Avenues, L'art arabe, texte , pi. XXXIV et P. E, F,Q. , 1 897 , p. 3o5 ; Enlart , Manuel d'archéologie, p. 476 , n. 1 ) mériterait une place dans le recueil des églises de la Terre Sainte.
P. 102 5 : La grande moscpiée de Beyrout renferme des restes importants des Croisés, qui mériteraient aussi une place dans le recueil des églises de la Terre Sainte.
P. 1026 : Les fondations pieuses de Khalil à la suite de la prise d'Acre ont laissé des traces dans plusieurs inscriptions datées de ce sultan, au Caire (687 et 6^3), à Alep (691), à Yabneh (692), à Tripoli (693). Celle d'Alep lui
donne des titres fort curieux, entre autres : «le vainqueur des chrétiens . . . , celui qui a mis en fuite les armées franques, arméniennes et tartares, le destructeur d' Acre et des villes de la cote syrienne, » Le mot arméniennes fait allusion à la prise de la forteresse , alors arménienne , de Rûm-Qaleh , dernière conquête de Khalil, dont le récit termine le beau volume de M. Rôhrichl , pour lequel nous voudrions , en terminant, exprimer une fois de plus à l'auteur notre profonde admiration ^
^ Voici quelques fautes d'impression qui ne figurent pas dans Terrata : Pp. 46, 11. 3 '.modifier la phrase; 76, 1 et 16 d'en bas et 108, 4 d'en bas : corriger les cbifires de note; 169, li d'en bas: Russell; 248 , 1 et 7 d'en bas: Rendiconti, Beziehungen; aSo, 7 d'en bas, et 25 1, 7 d'en bas : Abu Jala; 264 1 19 d'en bas: Vaters; 292 , 3 et 5 d'en bas, et 378 , 7 d*en bas: Torigni; 336 , 1 4 d'en bas: und; 345 , 2 : Fahrzeuge; 348 , 18 : Christen aus ; 349 » 7 î compléter la phrase; 465, 1 4 d'en bas : Note 3 ; 5i6, 4 d'en bas: Asad; 616, 2 2 d'en bas : Stanislas ; 619, 21 d'en bas : Chypre ; 622, 12 d'en bas: Baba; 626, 6 d'en bas : Falak; 638, 9 : Schaaren; 645, 4 d'en bas : el-Adil (avec nouvelle faute à l'errata); 648 , 4 d'en bas : Chelat; 658, 21 : Chehrzuri; 686, 20, 29 et 32: Philippe, grec, titre; 696, 2 : Chaifa; 721, 18 d'en haut et 9 d'en bas : Hisn elakrad, effacer wird; 748, 21: Ibn; 757 : rajouter dans le texte le renvoi de la note 1; 760, i5 d'en bas: urkundet; 775, i: ein; 782, 9 : allein; 789, 23 d'en bas : sehr; 793, 23 d'en bas : Aibek; 799, 2 : changer le chiffre de renvoi; 856, 23 : batte; 94 1« 25 d'en bas : connétable; 95 1, 2 d'en bas : wird; 957, 24 : ibn Dschelban, el-achnani (Quatremère : akhnâni); 957, 12 d'en bas : Makrizi I B, 88 (note), 121; 958, i5 : Schemsi; 966, 20: flûchten ; 973, 17 d'en bas : Beaujeu; 998: rajouter dans le texte le renvoi de la note 2; 1007: changer le chiifre de renvoi de la note 1; io32, 4 : effacer auch; diverses erreurs et omissions dans les index.
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