PARIS CALMANN-LÉVY, ÉDITEURS
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AVAiNT-PROPOS
Les Étals-Unis, depuis dix ans^ ont été souvent décrits par des voyageurs français, mais •c'est ou leur aspect extérieur ou leur organisation économique qui ont de préférence attiré l'attention de nos compatriotes. La société américaine, la politique américaine, la diplomatie . jaméricaine sont les trois ordres d'idées qui ont r ^feolliGité la mienne dans les études qu'on va lire.
C'est faire tort aux Etats-Unis que de ne voir en eux qu'une usine gigantesque. Leur activité industrielle est admirable. Mais leur vie intellectuelle et morale n'est pas moins intéressante. C'est à l'observer que j'ai consacré un séjour récent dans l'Est de leur territoire.
J'ai rapporté de ce séjour l'impression la plus
II AVANT-l'HOl'OS
lavorable. L'ironie facile que nous appliquons volontiers aux ^^'us cl aux rhosos du dehors est singulièrenienl (h'pI.Ht'f. (juand elle s'aj)j)lique à un peuple tel que celui-ci. Les Américains ont des défauts ; mais la somme du bien l'emporte chez eux sur la somme du mal dans une magnilique jwopui tion. Ils sont une vivante leçon d'énergie nationale.
Quand on parle d'une race étrangère, il convient de lui demander les exemples qu'elle est à même de fournir. La République américaine a su concilier la pratique du régime démocratique avec le souci de l'action extérieure, la liberté avec l'autorité, l'égahté avec l'initiative. Elle a résolu plusieurs des problèmes qui nous agitent. Sans parti pris d'admiration, mais avec la conscience des progrès nécessaires, sachons, lorsqu'il le faut, nous mettre à son école. Le souci de l'intérêt français est le levain qui fait germer les observations recueillies hors de France.
Si j'ai pu suivre de près le fonctionnement de la machine politique et m'entretenir avec les hommes qui la mènent, je l'ai dû à la courtoisie obligeante de l'accueil que j'ai trouvé là-bas. Qu'il me soit permis d'exprimer ici ma reconnaissance h ceux qui ont le plus fait pour seconder
A VANT-I'ROPOS III
mon dessein, à M. Théodore llooscvell, piusi- (lenl de la Hépnbliqiie, à M. Elihu Roof, secrétaire d'Etat, à M. le sénateur Cabot Lodge, à M. (>sc;ir Slran<, ministre du Commerce, à M. Jiisserand, ambassadeur de France, à M. Robert Bacon, sous-secrétaire d'Etat, qui ont ouvert toutes les portes à ma curiosité et lourni à mes lecherches de précieux renseignements.
Paris, 0 mai 1908.
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