‹ Notes sur les États-UnisChapitre 14 sur 67 · Discours prononcé à Chicago, le 10 avril · texte numérisé non relu

Discours prononcé à Chicago, le 10 avril

lOi NOTI-S SUR LES ÉTATS-UNIS

de l'effort victorieux ». On dit que les peuples heureux n'ont pas d'histoire. Il faut dénoncer cette « basse contre-vérité. Trois fois heureux le peuple qui a une glorieuse histoire : car mieux vaut oser de puissantes choses, remporter de glorieux triomphes, fussent-ils entrecoupés d'échecs, que de prendre rang avec ces pauvres esprits qui ne jouissent ni ne souffrent beaucoup, parce qu'ils vivent dans le gris crépuscule, qui ne connaît ni victoire, ni défaite* ». Rien n'est plus méprisable que « l'ignoble aise » du dilettantisme ou du mercantilisme individuel ou collectif. Ce que M. Roosevelt appelle le « surcivilisé » est, à son sens, un fléau public. Chaque homme, si modeste que soit le champ de son action, doit agir selon ses moyens, parce qu'une action bonne n'est jamais stérile. Chaque peuple, dans la mesure de ses ressources, doit regarder au dehors, agir au dehors. Et plus il est puissant, plus il a de devoirs. Il ne faut pas se dérober aux « âpres rivalités ». Il ne faut pas voir dans la paix le souverain bien ; car la civilisation a plus souffert de certaines paix, — de celle par exemple qui a permis les massacres d*Arménie, — qu'elle n'aurait souffert d'une guerre. Le « mysticisme pacifique » de Tolstoï

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