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Voyez Henry Dumolard, Le Japon économique et social

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qu'ils sont j>liis que d'autres exjinsts à en souffrir.

Ce n'est point là cependant le vrai, le profond grief qu'ils élèvent contre les Japonais. Concurrence japonaise en Chine, nationalisme japonais au Japon, contrefaçon et discourtoisie, ils supporteraient tout cela, s'ils ne rencontraient pas les Japonais chez eux, sur le territoire de l'Union. Ce n'est pas à la prospérité, ce n'est pas à la richesse, ce n'est pas à la puissance japonaise qu'ils s'en prennent : c'est à l'immigration japonaise, chaque année plus importante et chaque année plus gênante, c'est à l'intensité, à la méthode, aux conséquences de cette immigration. Les chiffres qui dénombreraient exactement la population japonaise des Étals-Unis nous manquent actuellement et ne nous seront fournis que par le prochain recensement qui aura lieu en 1910. Mais, chaque année, le bureau d'immigration enregistre le nombre des arrivants. Il en est venu, en chiffres ronds, 5 000 en 1901, 14 000 en 1902, 20 000 en 1903. La guerre de Mandchourie a, deux ans de suite, fait fléchir la courbe : 14000 en 1904 et 10 000 en 1905. Mais le progrès s'est manifesté de nouveau dès la conclusion de la paix avec 17 000 immigrés en 1906. La moyenne est supérieure à celle de l'immigration annuelle des Chinois avant

l'exclusion dont ils ont été atteints, il y a vingtcinq ans. De plus, cette immigration considérable se concentre sur une terre d'élection, la Californie. C'est en Californie que viennent s'installer presque tous les Jaj)s. Combien sont-ils dans la riche région dont San-Francisco est la capitale? 40 000 ou 50 000 au minimum. Ce n'est donc point par une simple métaphore que, lorsqu'on parle à Tokio de la Californie, on l'appelle le « Nouveau Japon ».

Economiquement, les Japonais immigrés sont des concurrents redoutables. Ils ont d'abord pour eux la force du nombre, car la densité de la population au Japon, est près de quinze fois supérieure à celle de la population californienne. Cette force se double de la médiocrité des salaires dans leur pays d'origine. <( Le paysan japonais ne ménage pas sa peine ni celle de sa famille. S'il a besoin d'ouvriers, ils coûtent peu, soixante-quatorze centimes en moyenne la journée pour la culture ordinaire, quatre-vingt-quatorze centimes pour la culture du thé '. » Le salaire moyen d'un mécanicien japonais varie de un franc cinquante à trois francs. Il est rare qu'il atteigne six francs. Les Japonais offrent par conséquent une main-d'œuvre non seulement

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