VI Kal. Febr. 27 février
26. — M. Messala et M. Pisone, coss. Il est question, dans les lettres de Cicéron, de trois Messala. Le premier, qui est celui-ci, consul en cette année 693; le second, consul en 70i, et le troisième, consul en 723, environ douze ans après la mort de Cicéron. On a peine à distinguer entre eux les deux premiers, tant les commen-tateurs ont confondu leurs actes, attribuant au premier ce qui appartenait.au second, être»
NOTES
ciproquement. On aurait eu une peine infinie à dissiper cette confusion sans le secours de Borghosi. Ce savant si fin et gi sage a fait une admirable dissertation sur les membres de cotte famille, et on a profité ici de son travail comme aussi toutes les ibis qne l'occasion s'en est présentée (V. Borghesi, I, p. 402 et s., Osservaz. X). Le premierconsul dont il est iciquestion, s'appelait, selon Asconius, dans l'argument du discours proScauro, M. Valérius Messala iNiger. Au rapport d.e Valére Maxime (IX, 14), de Pline (VII, 10) et de Solin, ch. V, il reçut après sa censure le surnom de Ménogènes à cause de sa ressemblance avec un liistrion qui s'appelait ainsi. Il s'appliqua à l'éloquence à peu près dans le même temps que - Cicéron ; mais il était plus jeune que lui [Brut. 70). Il fut un des défenseurs de Scaurus. On voit ici qu'il n'inspirait, étant consul , aucune confiance à Cicéron, et qu'il en est môme furt mal traité; mais on voit aussi dans la lettre suivante que la plus éclatante réparation lui est faite par l'orateur qui s'était trop hâté de prononcer, et qui ne s'attendait pas à être amené à se contredire si radicalement. Élu censeur en 699 avec P. Sersilius Isauricus, Messala ne put, grâce à l'opposition des tribuns du peuple, faire le cens cette année-là (1. 119, au commencement). Il mourut relativement jeune, car Cicéron {Brut. 70) le compte parmi ceux qui moururent avant la guerre civile (705). V. I. Uy, n. 4.
1. — Prima concio. La première harangue de Pompée depuis son retour de la guerre contre Mithridate. Elle fut prononcée devant le peuple, comme l'indique le mot concio appliqué exclusivement aux discours de ce genre.
2. — Scrip&i adte antea. Nous n'avons pas cette lettre. — 3. — Fufius. V. 1. 15, n. 4.
4. — CircoFlaminio. L'assemblée se tenait au cirque de Flaminius, parce qu'il était hors de la ville, comme l'a bien remarqué Bartol. Marliani {Topographia antiq. Romœ, VI, 3, p. 229, Lyon, 1534, in-12), et que Pompée, n'ayant pas encore triomphé de ses victoires sur Mithridate, ne pouvait, suivant l'usage, rentrer dans Rome avant cette cérémonie. — L'édition de Marliani, que je viens de citer, est curieuse, en ce que Rabelais en fut l'éditeur, et qu'elle est précédée d'une dédicace aucardinalJean Dubellay, où la flatterie est hors de toute proportion. Rabelais s'entendait mieux à railler qu'à louer, et si cette pièce fait honneur à sa reconnaissance, elle est un monumeat de la plus insipide rhétorique. Je ne
sache pas qu'aucun de ceux qui ont écrit sur Rabelais ait connu cette dédicace.
0. — Judices. Les juges de Clodius. Ordinairement les juges étaient tirés au sort, mais le sénat avait arrêté que, cette fois-ci, ils seraient nommés par le préteur. — Crassus^posteaquam vidit. 11 s'agit de M. Licinius Crassus, fils de P. Licinius Crassus Lusilanicus. Il avait été consul en G88 avecQ. Lutalius Catulus, avait abdiqué, et fut renommé pour la seconde fois en 698 avec Pompée.
6. — Nosti nias Xrjy.ûOou;. Cicéron continue sa métaphore. Après le fer, la flamme, il cite les couleurs ou plutôt les lécythes, sorte de vases où on les mettait ainsi que les huiles, les fards, les pommades , et qui se prenaient aussi métaphoriquement pour ces objets mêmes. Pline le jeune (I, ep. 2) dit : Non tamen Marci nostri XrjxûOoj; fugimus, et c'est Cicéron lui-même qu'il désigne ici par son prénom de Marcus.
7. — Meis omnibus litteris in Pompeiana ktudc pe7'strictus. Cicéron devait ajouter : « et dans mes discours. » Ainsi dans celui Pro legs Manilia, il attribue à Pompée ce qui appartient à Crassus : «Témoin l'Italie, s'écrie-t-il, qui désolée par Ihorrible guerre des esclaves, souhaitait que Pompée, alors absent, vînt la secourir. Et en effet, cette guerre, déjà près de son déclin, tomba tout à. fait et s'éteignit, dès qu'il fut arrivé. » Or, il l'était à peine que Crassus avait vaincu Spartacus, victoire qui lui valut l'ovation. 11 y a un passage analogue dans Pro Sextio, 31. Crassus oubliait ou plutôt feignait d'oublier tout cela; mais il faisait la conquête de Cicéron!
8. — Barbaiuli. On appelait ainsi commi.mément les jeunes gens de 18 à21 ans, avant que la coutume de se raser eût été adoptée, et par extension, comme sans doute dans le cas présent, les jeunes débauchés.
9. — Filiola. Cette fille de Curion n'était autre que le fils très débauché de C. Cùrion qui fut consul avec Cn. Octavius; mais il était alors filiola pour M. Antoine, par le genre d'intimité qu'il avait avec lui et qui n'était un secret pour personne. Il s'était attaché à Cicéron pour se former à l'éloquence; il y réussit, mais, comme dit Velléius Paterculus II, 48, il ne devint facundus que pour faire le mal.
10. — Pontes. Ces ponts, très étroits parce qu'il n'y passait que peu de personnes à la fois, une seule peut-être, étaient plutôt des estrades élevées de quelques marches, sur lesquelles on montait d'un côté pour déposer son bulletin de vote dans une urne ou caisse placée sur un piédestal, après quoi on descendait de l'autre. Les votants recevaient, au moment du vote, deux bulletins des
mains du rogator, et ils jetaient dans l'urne celui qu'ils voulaient. Comme on votait par tribu, il y avait dans les Septa (V. 1. 153, n. 48) où l'on votait, des cordes tendues parallèles qui les séparaient les uns des autres. Un banc dominait l'assemblée destiné aux tribuns du peuple. Un denier (Cohen, Mon. cons. Silia, pi. XXXVIII, n. i, 2, 3) attribué généralement par les numismatistes à Silius Nerva, mais que M. Mommsen restitue à la famille Licinia , représente cette scène. On y voit trois hommes revêtus de la toge dans l'enceinte des comices : l'un, sur les marches de l'estrade, reçoit ses bulletins dni^ogator, pendant qu'un autre, déjà monté, dépose le sien dans l'arne. Derrière ces hommes sont deux lignes parallèles (les cordes), et l'on aperçoit au-dessus le pied ou la partie inférieure d'un siège qui est sans doute le banc des tribuns. V. Mommsen, Ilist. de la monn. rom., trad. Blacas, t. II, p. 331.
H . — Vt antiquaret, et plus.bas TJti rogas. Deux formules dont la première voulait dire qu'on rejetait, et la seconde qu'on approuvait. Elles s'écrivaient en sigles A. et VR.
12. — Favonii. M. Favonius, le sénateur dont on se moquait tant à Rome, et Cicéron tout le premier, à cause de sa manie d'imiter Caton, apparemment jusque dans ses attitudes; ce qui l'avait fait appeler le singe de Caton. On le retrouvera, mais presque toujours traité par Cicéron avec peu de courtoisie.
13. — Curion. Non pas le Curion filiola, mais son père, C. Scribonius Curion (n. 9). Il fut de ceux qui votèrent pour que le décret du sénat touchant les juges de Clodius fût révoqué. Piso uiitem consul (V. 1. 18, n. 6).
14. — Me comperisse omnia. C'est précisément ce que C. Antoine disait par raillerie de Cicéron (V. 1. 17, n. 2). Le mot semblait alors comme passé en proverbe, et Cicéron n'y avait que trop aidé.
1d. — Cormito ■pseudocatom. C. Cécilius Cornutus, imitateur de Caton, à la manière sans doute de Favonius. Nommé préteur quatre ans après son tribunat, il usa de tout son pouvoir pour faire rappeler Cicéron de l'exil; ce dont Cicéron le remercia, ainsi que d'autres de ses collègues, dans le discours Vost red.inSen. c. 9. Après sa préture, il obtint le gouvernement de la Bithynie, alors vacant, mais où ilavait eu pour prédécesseur immédiat, en 697, C. Memmius. Borghesi (I, p. 463, Osserv. I) examine une médaille d'un préteur inconnu, donnée par Morell(m gent. Cœcilia, tah. I, lilt. B), et conclut que ce prêteur inconnu était notre Cornutus , et que cette mé-
daille avait été frappée en 698, c'est-à-dire l'année même de sa préture.