‹ Notes sur les lettres de CicéronChapitre 161 sur 172 · Pœstanus. De Pestum, sur la côte du Picenum · texte numérisé non relu

Pœstanus. De Pestum, sur la côte du Picenum

4. — Pedibus œquis. Pedes signifie ici les cordage? qui sont aux deux côtés des voiles, pour les tourner, les serrer et les lâcher, selon que le vent change, comme le dit Servius sur cet endroit de Virgile, JEneid., V, 830 :

Una omnes fecere pedem, pariterque sinistres, Nunc dextros solvere sinus.

Ce mot vient du grec -ôoe; qui signifie la même chose, parce que ces cordages s'attachaient au pied du mât. Pedibus œquis signifie donc ici les' voiles également tendues des deux côtés, comme elles sont lorsqu'on a le vent arrière, et c'est ce que Virgile, Mneid., IV, 587, exprime par œquati^ velis :

Sensit et œquatis classim procedere velis.

(Note de l'abbé Mongault.}

5. — Thalnam. V. 1. 603, n. 2. — IX Kal. Le 24 juillet; car il dit dans la lettre suivante qu'il partit de Leucopetra le VIII des Ides d'août ou le 24. V. la note qui suit.

6. — Rhegium Ville située près du promontoire de Leucopetra et d'où Cicéron partit pour aller en Grèce. C'est ce qu'il dit dans sa I" Phù lipp., c. 3. — Leucopetraîïi. Ville située sur le territoire des Tarentins, à l'entrée du golfe de Tarente. La similitude de nom entre le promontoire et la ville indique que l'un et l'autre devaient leur nom à la couleur blanche des rochers, irltpa Xeuy.r), qui étaient dans les environs, et qu'on apercevait de loin en mer.

7. — Corcyram. Ile de la mer Ionienne, vis-àvis des côtes d'Épire. — 8. — 'H czùp' 6ô6ç, etc. Commencement d'un vers de Sophocle, suivant Valckenaer, cité par Orelli. — 9. — Coheredibus pro Cluviano, etc. V. 1. 763, n. 3. — Ciim Publilio. Ibid., n. o.

10. — Terentiœ vero... ante diem, si potes. C'était une rente que Cicéron avait constituée à Térentia, ou bien un reste de la dot qu'il n'avait pas encore intégralement rendue, qu'il priait Atticus de payer, sans attendre l'échéance.

H. — Quod satisdato debeo. Il s'agit probablement de la dette de Montanus (1. 708. n. M).

12. — De Gloria, etc. Cicéron donne une raison assez singulière de cette méprise. 11 en était de ses préambules, comme de nos vêtements confectionnés, qui s'adaptent plus ou moins bien à toutes les tailles.

d . — A Leucopetra. V. 1. 771 , n. 6. — VIII Mus Sext. Le 6 août. — 2. — Valerii nostri. P. Valérius. V. 1. 76, n. 3.

3. — Edictum Bruti et Cassii. V. les mêmes circonstances rai)portées dans la l^^PhiUpp., c. 3; et quant à l'édit de Brutus et de Cassius qui ne fut pas le seul de cette nature, v. Velléius Paterculus, II, 62.

4. — Frequentem Kalendis. Aux calendes d'août. — 5. — Veni igitur, tu qui s'jOavaaîav. Allusion à un passage de la 1. 743 où Cicéron dit : « Je veux sortir de cette nasse, non pour fuir la mort, mais pour en chercher une meilleure. »

6. — Phœdro nostro. V. 1. 202, n. 4. On sait que la maxime des Épicuriens, et Phèdre l'était, était de se désintéresser de tout excepté de soimême; or nul n'eût pu le reprendre de quitter la partie, comme fait Cicéron, puisque cette désertion étant conforme aux maximes d'Épicure, Phèdre les eût invoquées pour se justifier de ce reproche.

7. — IVI Kal. Sept. Le 17 août. — 8. — Pisonem ferebatin cœlum. Pison Césoninus, beaupère de César. Il resta neutre après la mort de

César, et loin de se déclarer contre les meurtriers, il parla fortement contre Antoine aux calendes d'août. V. Philip., I, 4; V, 7, et la 1. 774.

9. — Ad Olympia. Il était singulier qu'on trouvât dans l'empressement de Cicéron à aller en Grèce, l'envie d'assi ter aux jeux Olympiques. Ce sont là de ces petites imputations absurdes dont les partis ne sont point avares, et dans le cas présent c'était une calomnie qui pouvait nuire à celui qui en était l'objet. On l'espérait du moins. Sur le peu de goût de Cicéron pour tous les jeux publics,' V. 1. 26, n. 3; 37, n. 1; 126, n. 11; 636.

10. — Ut prxsens me ipse defenderem. V. la 1. qui suit. — U. — Antonii edictum... et horum contra. V. la 1. 770 qui est la réponse dont parle Cicéron.

1. — Et abfui proficiscens in Grœciam. V. 1. 830, n. 8. — Mea vita cui satisfeci. Il avait alors 62 ans .

2. — Exspectatio consulatus tut. Plancus ne fut en possession du consulat avec M. Lépidus qu'après la mort d'Hirtius et de Pansa, en 711. Cicéron ne fut pas même témoin de cette prise de possession, ayant été égorgé auparavant par l'ordre des triumvirs. Mais, jusque-là, il eut la douleur de voir son ami Plancus, à l'exemple de PoUion et de Lépide, abandonner aussi la république, et se tourner du côté d'Octave et d'Antuine.

3. — Furnium nostrum. C. Furniiis, lieutenant de Plancus, et le même qui avait été tribun du peuple en 704. V. 1. 190, n. 3.

LETTRE 773 (bis).

De Décimus Brutus. V. sa notice, t. V, p. 691. Il était consul désigné par César avec L. Plancus, pour succéder à Hirtius et à Pansa.

N. B. Le compositeur ayant mis par erreur le même n° 773 à cette lettre et à la précédente, on a dû la distinguer de celle-ci, en ajoutant bis à ce chiffre.

A Cassius. V. sa notice, t. V, p. 692.

i . — Sententiam et orationem meam. Cicéron parle ici de sa II* Philippique. V. l'introduction de ce discours qui ne fut pas prononcé. V. 1. 781, n. 4. — Initium a me se facturum. V. 1. 830 et Philipp., V, 7.

2. —Pisoni. V. 1. 772, n. 8. — 3. — P. Servilio. P. Servilius Isauricus, le fils, qui avait été consul

NOTES

avec César. V. 1. 402, n. 3 et 470. — 4. — XIII Kal. Octob. Le 19 septembre. — In villa Metelli. La campagne de Q. Mctellus Scipion (1. 10, n. 22).

5. — Auctoritatc et cloqiientia nostra. Certes cette autorité et cette éloquence valurent un moment plus que des armées; mais ce ne l'ut qu'un moment. Antoine eut enfin son tour cl se vengea cruellement, avec la complicité d'Octave et de Lépide, dont le premier n'avait que des obligations à Cicéron, et l'autre était son ami.

6. — Très consitlares. Cicéron, Pison et Servilius. — 7. — Tuus necessarius. Lépide avait épousé, comme Cassius, une des deux sœurs de

" M. Brutus, et il venait de marier son fils avec la fille de M. Antoine.

8. — Fratris tid. C'est-à-dire, L. Cassius, tribun du peuple, qu'on avait fort applaudi aux jeux Apollinaires, par cela seul qu'il était frère de C. Cassius.

9. — Alter item affinis. On suppose que c'est C. Marcellus le consulaire, rappelé 1. 778, n. 9.

lu. — Qui vestro anno filium simm consulcm piitet. Il paraît bien qu'il s'agit ici de ce même Marcellus cité dans la note précédente; il aurait bien pu en effet se contenter des grâces que lui avait accordées César et qu'Antoine avait exhumées des papiers du dictateur, sans avoir encore la prétention de songer à faire son fils consul dans l'année où Brutus et Cassius devaient l'être, savoir deux ans après leur préture.

11. — L. Cotta. L. Aurélius Cotta, consulaire. V. 1. 642, n. 2 et b. — 12. —L. César. V. 1. 710, n. 2. — 13. — S. Sulpicius. V.l. 503, n. 3.

1 . — Tuus amicus. Antoine ainsi appelé ironiquement, en souvenir des fausses marques d'amitié qu'il avait montrées aux conjurés lorsqu'ils étaient descendus du Capitole, et de l'hospitalité qu'il avait alors donnée à Cassius.

2. — Facti... me principem dicit. Cicéron a déjà dit cela dans la lettre précédente. L'imputation était fausse; mais à la façon dont il la repousse, on ne peut douter qu'il eût mieux aimé qu'elle fût vraie. 11 n'en courait en effet ni plus ni moins de dangers.

3. — A. d. VI Non. Octobr. Le 2 octobre. — 4. — Canutius. Tibérius Canutius, tribun du peuple. Il avait lancé des imprécations d'une extrême violence contre Antoine qui lui interdit l'entrée du sénat {PhlL, III, 9). Il lui en coûta la vie bientôt après. Sa mort fut le signal des proscriptions, comme celle de Cicéron en fut le terme (Vell. Paterc, II, C4).

5. — Lcgato tuo. Cassius était proconsul de Syrie, et avait à ce titre des lieutenants. On ne sait pas le nom de celui-là.

LETTRIi 77G.

A Cornificius. V. 1. 683 et 685.

1 . — Stratorius. Ami de Cornificius. — 2. — Proviiiciœ. La province d'Affique proprement dite dont Cornificius était gouverneur. Il y eut à combattre T. Sextius qui gouvernait la Numidie, qui le vainquit et le tua (Dion, XLVIII, 21). La république s'écroulait partout, et l'anarchie qui régnait dans Rome gagnait l'une après l'autre les provinces.

3. — Fidum ab Antonio crimen. Antoine avait fait courir le bruit qu'Octave avait voulu l'assassiner dans sa propre maison. — Conatum Cœsaris Octaviani. Allusion à la hâte qu'Octave avait mise à rassembler les vétérans, et à celle des légions qui étaient venues se placer sous ses ordres. V. 1. 807, à la fin.

4. — Interfectores suos domi. Octave fut en effet soupçonné d'avoir poussé ces assassins (Suétone, Oct., 10). A cette époque, il n'en eût peut-être pas été incapable, s'il était vrai qu'il ait eu à se garer des mêmes procédés de la part d'Antoine; mais on n'a aucune preuve certaine de ces deux faits. — 5. — A. d. VII Id. Octob. Le 9 octobre. — Obviam legionibus Macedonicis. V. 1. 719, n. 7,

6. — Apud eos locum, etc. Cela veut dire sans doute que ceux-là étaient d'honnêtes gens et de zélés partisans de la république, au milieu desquels Canutius venait se placer, et que la crainte qu'Antoine affectait d'avoir de ces gens-là leur était un outrage.

A Plancus, V. 1. 773.

1 . — Octav. Kalend. Le 24 septembre. — Or»tionem tibi misi. La II* Philip. V. 1. 774, n. 1.

2. — Legiones diias. Deux des légions de Macédoine. — 3. — Varronis dialogum exspecto. C'était sans doute quelque dialogue philosophique ou littéraire dans le genre de ceux de Cicéron de Amicitia, de Senectute, et de Claris oratoribus. Il devait faire partie des écrits que Varron a intitulés Logistorici. V. Étude sur la vie et les ouvrages de M. T. Varron, par G. Boissier, ch. IV. 1861, in-8°. — 4. — 'Hpa/.Xdoerov. V. 1. 721, 75o, 763. — 5. — Sed quale velis, velim scire. Nous voudrions bien aussi le savoir; mais il ne nous

est pas possible de le deviner. Il me semble bien toutefois qu'il s'agit ici de ses Anecdota. V. 1. 32, n. 9.

6. — Peducœi. V. 1. 731, n. 1. — 7. — Vectenum. V. 1. 374, n. i. — Faberhim. V. 1. oo2, n. 4.

— Cloelium. Inconnu. — 8. — Gallo Caninio. L. Caninius Gallus (1. 93, n. 2). 0 hominan neqxumî se rapporte à Antoine qui avait fait quelque injure à Caninius. — 9. — Cautum Marcellum. V. 1. 774, n. 9. — 10. — Res Hispanienses. V. 1. 690, n. 5 et 762, n. 4.

jj, — Balbilium. Ce Balbilius servait en Espagne sous Sextus Pompée. L'abbé Mongault croit qu'il s'agit ici de Cornélius Balbus minor, et d'Olivet est de cet avis. — 12. — Anniano. On ne sait qui est cet Annianus, non plus que Yisellia, et Sélicia, nommées ensuite. — 13. — M. Scaptium. C'est le Scaptius, ami de M. Brutus, dont il est beaucoup parlé dans la i. 255. — 14. — Bassum. Q. Cécilius Bassus. V. 1. 656, n. 1 . Les légions d'Alexandrie étaient au nombre de quatre.

I. — Quo die venturus sim. A Rome. — Kal. vesperi. Le 1" novembre. — 2. — Anagnia. Ville capitale des Herniques, qui a conservé ?oa nom.

— 3. — Casilini. Casilinum, sur le Vulturne, près de Capoue. — Calatia, à deux ou trois lieues de Casilinum. Vellcius Paterculus, II, 61, rapporte les mêmes faits concernant Octave.

4. — Quingenos denarios dat. 500 deniers ou 390 francs par soldat, à 0,78 le denier d'argent, valeur qu'il eut de l'an 513 à l'époque où écrit Cicéron. Antoine n'en avait promis que cinquante le jour oià les vétérans déserteurs arriveraient à son camp, et après la victoire les mêmes récompenses qu'à ses propres troupes (1. 877, n. 11); mais, comme on le voit ici, les vétérans rejetèrent des offres qui, comparées à celles d'Octave , les mettaient au rabais.

5. — Cœcinam quemdam Volatcrranum. Ce Cécina était certainement de la famille étrusque de ce nom. V. 1. 478, n. i.

6. — Cu7n legione Alaudarum. Cette légion avait été levée dans la Gaule Cisalpine par César qui lui fit prendre le nom gaulois à'Ahmda ; qu'il sut former à la discipline des soldats romains ; qu'il arma et habilla comme eux, et que dans la suite il gratifia tout entière du droit de cité. (Suétone, Cœs., 24). A ce privilège et pour s'attacher davantage cette légion, Antoine ajouta, sous le titre de troisième décurie, celui de juger quil donna à ses centurions et à ses manipulaires, bien

qu'ils ne payassent pas le cens déterminé par la loi. Mais peu importait à Antoine qui voyait dans cette mesure le seul espoir de ses amis. « Honteux honneur, s'écrie Cicéron, pour ceux que vous appelez à juger sans qu'ils y pensent! Votre loi semble leur dire : Que ceux-là siègent dans la troisième décurie qui n'osent juger librement. Quelle faute, dieux immortels! Plus un juge sera avili, plus il sera sévère pour expier son infamie ». Philipp., 1,8.

7. — Quœ sperat sicas esse. Antoine fut bien déçu dans sou espérance. De ces trois légions deux passèrent à Octave. — 8. — 0 Brute, ubi es? Il était parti pour la Macédoine, ayant jugé, par ce qui s'était passé au sénat au commencement de septembre, qu'il n'y avait plus d'espérance d'accommodement.

1. — Ante Kal. Jan. Le 1'='' janvier, jour où les consuls désignés, Hirtius et Pansa, entraient en charge. D'ici là, vu l'absence des consuls Dolabella et Antoine, d'une partie des préteurs du nombre des conjurés, ceux qui restaient étant dévoués à Antoine, il n'était ni à propos, ni légal d'assembler le sénat. — 2. — Bnituin. Décimus Brutus.

1. — Nonis. Le 5 novembre. — Kalend. le !''•" novembre. — Pridie. Le 31 octobre. — 2. — De Sica ita est quod scribis, etc., jusqu'à eum ex C. Fadii filia liberos habuisse. Pour l'intelligence de ce passage, il faut se rappeler que M. Antoine, en insultant à Trébonius égorgé par ordre de Dolabella, l'avait traité de fils d'un vil bouffon; à quoi Cicéron répond dans sa seconde Philippique qu'outre que le père de Trébonius était un illustre chevalier romain, il séiait mal à Antoine de reprocher à quelqu'un la bassesse de sa naissance, lui qui avait épousé jadis une Fadia, fille de C. Fadius, affranchi, et qui en avait eu des enfants. Or, il paraît assez que Septimia, femme de Sica, ami de Cicéron, était parente de Fadia, et la façon dont Cicéron parlait d'abord dans sa harangue du mariage d'Antoine avec cette Fadia, aurait, comme l'observe justement Atticus, blessé et Sica et Septimia. C'est pourquoi Cicéron corrigea, dans sa II" Philippique, ce passage, dont la teneur ne peut être une injure même pour Antoine, et sert seulement à lui rappeler qu'en fait d'alliances et de descendances, il n'a pas le droit d'être difficile.

NOTES

3. — SilloLuciliano. Ce mot, tant dans les manuscrits que dans les éditions, est écrit vallo ou uïlo qui n'ont l'un et l'autre aucun sens. Grévius propose s«/e qui a un stMis, mais trop faible, à mon avis, pour avoir le caractère d'une ditTamation, et produire les conséquences qu'en appréhendait Atticus. Jacq. Gronovius a proposé, et notre texte a admis sillo qui a tout à fait ce caractère. Le sillc est un petit poème d'origine grecque. C'était une parodie de quelque passage d'un [tuème ancien, dont on faisait une application maligne à quelque personnage connu. Ainsi a fait Boileau d'un passage fameux du Cid appliqué à Chapelain. 11 y avait des silles d'une violence extrême et assez semblables aux iambesd'Archiloque et d'Hipponax. Si la conjecture de Gronovius est vraie, comme il y a tout lieu de le croire, ne pourrait-on pas en induire que Lucilius avait importé ce genre à Rome? On cite d'ailleurs comme s'y étant particulièrement distingué chez les Grecs, Timon de Phliunte. Voy. Brunck., Anth. Grœc, t. II, p. G7, etDiog. Laert., IX, ch. 12.

4. — Atque utinam... ista oratio ita libère vagetur ut etiam in Sicœ domum introeat. On sait que la seconde Philippique, écrite à Pouzzoles, ne fut point prononcée. Il n'y a même aucune apparence dans tous les écrits de Cicéron d'où l'on puisse induire qu'elle ait été connue d'Antoine. C'est donc à tort qu'on l'a dite la cause de la colère du triumvir contre l'orateur; Antoine avait assez d'autres raisons sans cela de le haïr et de le poursuivre jusqu'à la mort. C'est lorsque Cicéron eut appris tout le mal qu'Antoine disait de lui pendant son absence de Rome, qu'il déchargea, pour ainsi dire, son ressentiment dans cette invective. Il croyait presque la prononcer devant le sénat en l'écrivant, et, dans son illusion, il y interpelle directement Antoine quelque part, comme si Antoine eût été en sa présence. Il envoya ensuite ce discours à Atticus, à Cassius et à Brutus (1. 774), et sans leur dire qu'il ait l'intention de le publier, puisqu'il n'avait pas cette intention, il se borne à espérer qu'il viendra un jour où cette pièce pénétrera partout librement, et même dans la maison deSica. — lUis triumviris. Selon Manuce, on ne pourrait savoir quels sont ces triumvirs, que si l'on avait la lettre d'Atticus. Cependant, il n'est peut-être pas téméraire de croire que Cicéron parle ici du premier triumvirat César, Pompée et Crassus, temps auquel on parlait encore avec une sorte de liberté, et où Bibulus lançait ses sanglants édits contre César.

0. — Leges Sexto. A Sext. Péducéus. V. 1. 7.31, n. 1. — 6. — Qaleni inierventum et Calvenœ. Q.

Fufius Calei)u=, dévoué à Antoine (1. 721, n. 2), et C. Matius, surnommé Calvena (1. 094, n. 1), et ami du même.

7. — Eodcm jure quo Rubriana potius quam quo Scipionis. Cicéron avait accusé Antoine d'avoir, à la faveur de faux testaments, envahi, entre autres biens de particuliers, la maison de Tibur de Scipion, beau-père de Pompée; c'était une erreur, cette maison avait été vendue à l'encan par ordre de César, et Antoine l'avait achetée. Cicéron a donc encore rectifié ce passage, dans sa seconde Philippique, ch. 40. — 8. — Le hiuilibus BolahcUœ. Voyez à quoi il a réduit ces éloges, II" Pliil., 30. — Quid indiqnius. Cependant Cicéron laissa ce mot, ibid., 34.

9. — ne::).0Ypa'^(av. L'abbé Mongault conjecture qu'il s'agit ici non d'un ouvrage de Varron, mais des Académiques de Cicéron dédiées à Varron. Cette conjecture ne paraît pas d'une grande évidence à M. V. Leclerc; « cc[)endant, dit celuici , si l'on voulait expliquer comment le mot ::£7:),oypacp{a convenait Siux Académiques, on pourrait dire que, comme Aristote a célébré dans son IlsV/.o? les héros d'Homère, Cicéron a élevé, dans ses Académiques, un monument à la gloire des plus grands philosophes de l'école de Socrate, dont il rappelle successivement le caractère et les doctrines. Atticus, comme on l'a vu par quelques citations de ses lettres, aimait beaucoup ces allusions à la littérature grecque, et on peut croire que c'est lui qui s'était d'abord servi de ce mut. » Quoi qu'il en soit, il y a certainement deux sujets indiqués dans le passage de Cicéron la Pépîographie et VEéracléide, et si la première ne nous apparaît pas clairement comme étant les Académiques mêmes de Cicéron, la seconde semble bien être une œuvre de Varron, que Cicéron tenait d'autant plus à posséder, qu'il méditait lui-même, à l'invitation d'Atticus, une œuvre du même genre, et sous le même titre. V. 1. 721, 7oo, 763 et 778. On en fait la remarque, parce qu'à la manière dont la phrase est construite, Hpa/.Xeioîrov iUud paraît se rapporter à Ils-Xoypa^iav , et en être comme une espèce de deiinition.

10. — 0 Tite. Premiers mots du traité de Senectute. — M. — Mustella... et Laco. Deux compagnons de plaisir et de débauche d'Antoine, l'un chef de ses gladiateurs, l'autre intendant de ses orgies {PhiUpp., II, 41). Cicéron ne les avait d'abord pas nommés dans sa harangue; mais comme il vit qu'Atticus en était surpris, il les nomma. Un Mustella est cité 1. 457, n. 9, et ailleurs, comme un des cohéritiers des jardins de Scapula que Cicéron voulait acheter.

12. — Liorum quem rogas. Les Topiques qu'il ■venait d'écrire dans sa traversée de Vélie à Rhégium. — 13. — Panœtius. V. 1. 615, n. 5. — Tosidonius. Disciple et successeur du précédent : tous deux stoïciens. — 14. — Athenodorum Calvum. Autre philosophe stoïcien, surnommé Cananite, parce que son père était né à Cana, en Cilicie. 11 étudia sous Fosidonius dont il déserta ensuite les principes. A Apollonie, il eut pour auditeur le jeune Octave qu'il suivit à Rome, et à qui, au rapport de Suidas, il donna de mauvais conseils.

la. — De Myrtilo. On ne sait point qui était ce Myrtilus; quelque esclave sans doute qu'Antoine avait excité à assassiner Décimus Brutus, et qui fut arrêté et exécuté (1. 787 à la fin).

16. — A»£a6£v, etc. Iliad., \ll, v. 93. — 17. — Si venerit, quis, incertis rébus, offendct Antonium? Rien n'est plus vrai. Octave n'avait qu'à gagner à patienter, et l'événement le prouva bien. — 18. — Cales... Ti'ani. Calés et Teano, villes de la Campanie.

18. — Stipulationes. Popma croit qu'il s'agit des promesses stipulées par Dolabella, débiteur de Cicéron. Dolabella n'était pas avare de promesses, il ne l'était que de l'argent qui en était l'objet. — Eros. V. 1. 743.

19. — Catinam. Catane, ville de Sicile, la plus voisine du mont Etna. — Tauromcnium. Autre ville de Sicile, sur la même côte, entre Catane et Messine.

20. — Valerius interpres. Quoique le grec fût familier aux principaux Romains, il n'était pas permis toutefois aux gouverneurs de provinces où l'on parlait cette langue, de traiter les affaires autrement qu'en latin. C'est pourquoi ils avaient toujours avec eux un interprète. Ce Valerius était alors l'interprète du gouverneur de Sicile, et a ce titre il connai.ssait toutes les personnes influentes de la province, à qui Cicéron avait affaire.

21. — De Lepidianis feriis. V. 1. 761, n. 4. — Ad III Kal. Au 29 décembre. — 22. — De Torquati negotiolo. Il y a quantité de petites choses qu'il ne faut pas perdre son temps à chercher à deviner; la petite affaire de Torquatus est de ce nombre.

23. — Quinti litteras. Quintus Cicéron aimait alors beaucoup son fils, et regrettait qu'Atticus ne l'aimât pas davantage. Le latin porte a te et non pas a se. D'où il résulte un contresens dans la traduction. Si ce contre -sens a été volontaire, il fallait en prévenir et dire, ce qui est vrai, que le fils de Quintus n'avait pas toujours eu l'amitié de S4>n père, laquelle alors

lui revenait tout entière, tandis qu'il n'est question nulle part qu'Atticus, encore qu'il ait eu fort à se plaindre de lui, se soit refroidi pour lui. Et alors il fallait corriger te par se dans le texte, et ajouter qu'il pouvait bien y avoir là une faute de copiste.

1. — Ocella. V. 1. 248, n. 4. Mais quelle affaire? — Pridie Mus. Le 12 novembre. — 2. — Hpa/.X£i- ÔEiw. V. 1. 781, n. 9.

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