‹ Notes sur les lettres de CicéronChapitre 55 sur 172 · Aliquid excogita ut fecisti de Britannia · texte numérisé non relu

Aliquid excogita ut fecisti de Britannia

Trébatius avait peut-être allégué l'hiver, outre les chars bretons, pour se faire exempter de suivre César en Bretagne, in hibernis intectus mihi videris (1. 130) ; aujourd'hui Cicéron semble l'engager à alléguer l'été, œstivorum timor, pour ne pas faire la campagne qui allait s'ouvrir dans cette saison.

1. — Sext. Villium. Le mêm.e ou de la même famille que l'Annalis de la 1. 149, n. 31.

1. — Sur T. Fadius, v. la notice, p. 694 du t. V, et 1. 69, n. 7. Il était tribun du peuple, pendant l'exil de Cicéron, et il avait préparé une loi pour son rappel qui avait toute l'approbation de l'exilé (1. 80, n. 14 et 13). Il eût été, plutôt qu'il ne fut questeur de Cicéron, dans la province qui était échue à celui-ci après son consulat; car Cicéron en abdiqua le gouvernement, aimant mieux rester à Rome. On ignore pour quel crime Fadius fut condamné à l'exil, ni pour combien de temps; mais la nature des condoléances que Cicéron lui adresse ici, semble indiquer que cet exil ne sera pas éternel.

A Appius Claudius Pulcher. V. l. 162, n. 5. Cicéron lui donne le titre d'imperator qu'il reçut de ses soldats, en Cilicie où il était proconsul, après une victoire remportée sur les Parthes. Ce titre est confirmé par un cistophore de Laodicée (Morell, Tab. 11, 1. C), et par deux d'Apamée (Cohen, Méd. cons., t. IV, p. 227, n. 192, 193). Cicéron lui succéda dans le gouvernement de Cilicie.

1. — Quant... si forte de tuis sumpsero. Allusion à la statue de Minerve que Cicéron avait consacrée dans le Capitole, en partant pour l'exil. Il semble qu'elle était alors dans les mains de quelque membre de la famille Appia. Comment y était-elle venue? Il est singulier que Manuce n'ait pas cherché à éclaircir ce point, et qu'il se contente de nous dire l'origine du proverbe invita Minerva , connu même d'un écolier de sixième. — 2. — I. Valerium. V. 1. 168 et 172.

Sur C. Titius, v. la notice, p. 697 du t. V. Ce Titius est autre que celui dont il est parlé 1. 107, n. 2.

1. Aviano Flacco. D'après la recommandation dont il est ici l'objet, il paraît avoir été un des lieutenants ou délégués de Pompée, pour présider au transport des blés.

1. — A. M. Marins. C'est le même que celui auquel est adressée la lettre 126, et dont il est parlé 1. 121.

2. — Mandatim tuum curabo. On ne comprendrait la plaisanterie par laquelle cette lettre débute, que si l'on connaissait bien l'affaire qui l'a motivée. On voit pourtant que Marins désirait 'acheter quelque bien dont Cicéron et d'autres avaient hérité.

3. — De Bursa. T. Munatius Plancus Bursa, frère de Cnéius et de Lucius Plancus, fut condamné à l'exil pour avoir, étant tribun du peuple, et après le meurtre de Clodius, excité le peuple à brûler l'édifice où siégeait le sénat (V. Dion, XL, 49). Il était un des plus grands ennemis de Cicéron, quoique celui-ci l'eût défendu contre une accusation de brigue (1. 99).

4. — Morte inimici. La mort de Clodius. — 0. — Ilunc de fende ram. Cicéron avait en effet défendu Bursa. Asconius, in Milon., cite un fragment de son discours.

6. — A quo ipsi îecti jiidices erant. Cela ne veut pas dire que les juges avaient été choisis par Pompée pour la circonstance, mais qu'ils avaient été choisis en vertu d'une loi précédente de Pompée, et que cette considération aurait pu influer sur leur jugement d'une manière favoble à l'accusé.

7. — JVe intercaletur. Parce que si l'intercalation, qui était à la discrétion des pontifes, avait été de plusieurs jours, Cicéron eût dû prolonger son séjour à Rome; ce qui l'eût privé de voir Marius aussitôt qu'il le désirait. Cette expression et d'autres analogues revenant souvent dans ces lettres, il est nécessaire d'entrer à cet égard dans quelques explications.

L'année romaine, de Romulus à Numa ou Tarquin l'Ancien, ne fut que de dix mois environ ou 304 jours. Ces deux rois y en ajoutèrent 51 , et l'année en eut ainsi 3o5, un de plus que dans les douze mois lunaires des Grecs, et 10 et quelques heures de moins que dans l'année solaire. Ce 3ooe jour de plus était l'effet d'une très ancienne superstition qui considérait le nombre impair comme heureux et agréable aux dieux. Pour faire deux mois de ces 51 jours , il fallut en prendre sur les anciens mois, et ce fut à ceux qui en comptaient 30 qu'on les prit, les

réduisant ainsi à 29 jours, les quatre autres mars, mai, quintilis ctsextilis conservant chacun leurs 31 jours. Ainsi, la divinité était satisfaite. Seul, février n'en eut que 28; aussi était-ce un mois néfaste. On s'avisa bientôt qu'il serait bon de régler les jours des mois sur le cours du soleil dans les signes du zodiaque; mais alors l'année civile étant, comme on vient de le dire, plus courte de 10 jours et quelques heures que l'année solaire, on doubla cette quantité et l'on fit un mois intercalaire de 22 jours. Mais où plaça-t-on ce mois? entre le 23 et le 24 février, lequel fut ainsi coupé, de deux années l'une, par ce nouveau mois qu'on appela. Mercédoiiius ou Merkédonius. L'expédient était aussi bizarre qu'il est inexplicable. « Ce petit mois, dit Daunou, pour rétablir la correspondance de l'année civile avec l'année astronomique, n'aurait dû avoir que 21 jours, et quelquefois même 20; on lui en avait donné 22 et même 23, en sorte qu'après deux ans, et plus encore, après quatre, six, huit, etc., il occasionna dans l'année romaine un retard notable sur l'année naturelle. » Au lieu de se livrer à de nouveaux calculs pour remédier à ce désordre, on chargea tout simplement les pontifes de donner au mois intercalaire tel nombre de jours qu'il leur plairait. 11 en résulta la plupart du temps que pour faire cette opération, ils ne consultèrent que leurs intérêts propres et ceux de leurs amis, comme aussi le préjudice qu'en souffriraient leurs ennemis. Ils allongeaient- ou raccourcissaient Mercédonius, « selon qu'il leur convenait qu'un magistrat demeurât en place plusieurs jours de plus ou de moins, ou qu'un fermier du fisc perdit ou gagnât davantage. Ils avançaient ainsi ou retardaient toutes" les échéances dans le cours entier de l'année; ce qui n'était pas non plus indifférent aux créanciers et aux débiteurs. » Mais cet abus était inévitable dans un pays où les magistratures étaient électives et de courte durée, les impôts affermés, et les recettes et les dépenses publiques pour la plupart proportionnelles au nombre des jours dont les agents disposaient pour leur recouvrement.

Voulant couper court à ce désordre. César, aidé de Sosigène, astronome d'Alexandrie, donna tout à coup 445 jours à l'année 708 de Rome, la 4o« avant notre ère. Il ajouta au Mercédonius de 23 jours deux autres mois intercalaires, l'un de 33 jours, l'autre de 34, et il les introduisit entre novembre et décembre. L'année où s'opéra cette réforme s'appela l'année de confusion; mais elle eut pour effet d'interrompre des usages

LETTRES DE CICEllON.

à demi barbares , et de les remplacer par un système que, à une seule différence près, on suit encore aujourd'hui.

« A vrai dire, les mois de l'année julienne ne sont guère que ceux des anciens Perses, c'est-àdire 12 séries de 30 jours chacune, augmentées de 5 jours épagomènes chaque année, et de 6 tous les 4 ans. Seulement, au lieu de réunir ces 5 ou 6 jours complémentaires à la fin de l'année ou à un même terme, Sosigène, pour s'accommoder aux idées de Rome, les a dispersés sur plusieurs points. Comme il était de la destinée de février de n'avoir que 28 jours, et qu'on eût cru s'exposer au courroux des dieux, en lui en donnant 30, il fallut que sept autres mois et non plus seulement cinq, en eussent 31. Ceux-là furent d'abord les quatre grands mois, menses majores, mars, mai, quintilis et octobre, puisjanvier qui jouissait de ce privilège depuis son institution, et par une faveur nouvelle sextilis et décembre. Les 31" jours de ces sept mois comprennent les 2 qui manquent à février, et les o qui manqueraient à l'année, si chaque mois n'en avait que 30. Restait à statuer sur le lieu du 6= épagomène de la 4« année : Sosigène osa l'accorder à février, dans lequel depuis lors, en chaque année 4% on compta deux fois le 6« jour avant les calendes de mars, bisscxto calendas :SIartii; ce qui a fait nommer bissextiles les années de 366 jours. Quant à la difl'érence légère qui existe entre le système julien et nos calendriers actuels, elle provient de ce que l'année astronomique n'excède pas tout à fait d'un quart de jour le total de 365, en sorte qu'après avoir distribué dans le cours d'un siècle 24 années bissextiles, une 25* est de trop. » (Daunou, Cours d'études historiques, t. III, p. 166 à 172, 5^ leçon.)

On sait que c'est en mémoire de celte réforme de César qu'Antoine étant consul fit donner le nom de Jitlius ou juillet au mois de quintilis. En 730, un décret du sénat changea le nom de sextilis en celui à'Augustus. Mais Tibère n'a pu imposer son nom au mois de septembre, ni Livie le sien au mois d'octobre.

1. — Ex senatusconsulto. La province de Cilicie avait été donnée à Cicéron cum imperio, c'est-à-dire par une loi des curies et par un décret du sénat. On verra dans la note 1 de la lettre qui suit, la cause de cette nouvelle manière de disposer des gouvernements de province, substituée au tirage au sort.

1. — In discessu. Nous sommes arrivés à l'année 703, sans que les années 701 et 702 nous aient offert une seule lettre de Cicéron à Atticus. C'est que pendant ces deux années les deux amis demeurèrent vraisemblablement à Rome. Nous perdons à cela le tableau des événements considérables qui s'accomplirent dans cet intervalle : le meurtre de Clodius, les troubles occasionnés par ce meurtre, le jugement et la condamnation de Milon ; Pompée mandé à Rome et nommé consul seul et investi d'une autorité presque dictatoriale; ses lois contre les brigues, pour la réforme des tribunaux et pour la distribution des gouvernements provinciaux, celles-ci prescrivant qu'à l'avenir les provinces, au lieu d'être tirées au sort par les magistrats qui sont en charge, ne le seraient plus que cinq ans après qu'ils en seraient sortis, et qu'en attendant on enverrait dans ces gouvernements les consulaires ou les prétoriens qui n'en avaient point eu après leur consulat ou leur préture. De ce nombre étaient Cicéron et Bibulus, le premier à qui on donna la Cilicie, le second la Syrie.

2. — De Annio Saturnino. Ce nom d'Annius semble indiquer qu'il s'agit d'un affranchi de quelque membre de la famille Annia, de Milon peut-être.

3. — Satisdationes secundum mancipium. Selon Cujas [Observ., X, 4) interprété par l'abbé Mongault, satisdare secundum mancipium, c'était re? mancipium, seu dominium prxstare, répondre à l'acheteur qu'il ne serait point troublé dans la possession de ce qu'il achetait; ce qui se faisait nuda repromissioiie , par une simple garantie. Pourquoi donc cela s'appelait-il satisdatio? C'est qu'il y avait eu un temps où l'on avait été obligé de donner caution ; mais cet usage ayant changé, et la simple garantie du vendeur ayant été déclarée suffisante, on ne laissa pas de se servir toujours du même terme; et, chez les jurisconsultes , satisdatio se prend encore quelquefois pour une simple promesse.

4. — De Oppio. V. 1. 169, n. 2. — o. — DCCC. 800,000 sesterces ou 160,000 francs. Cicéron les devait à César, comme il semble qu'il faut l'entendre d'un passage de la fin de la 1, 194, et Oppius était l'homme d'affaires de César, à Rome.

6. — rt in Arcano. Arcanum où Q. Cicéron avait une campagne. On croit que c'est Arcœ, petite ville ou bourgade située au-dessus d'Arpinum.

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