‹ Notes sur les principales méthodes d'administration du mercure par la peau Du Mercure Par La PeauChapitre 19 sur 28 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Du savon napolitain.

Au commencement de cette année, il a été publié dans les « Archives de dermatologie et de syphilis », éditées à Vienne par le professeur Auspitz, un petit travail intitulé < le Savon napolitain », par le D" Schuster, médecin à Aixla-Chapeile.

Nous devons en donner la relation presque complète, car les expériences du D' Schuster, poursuivies méthodiquement pendant près d’une année, sont doublement intéressantes; en premier lieu, elles démontrentla valeur physiologique et thérapeutique d’une nouvelle préparation mercurielle dont l'usage pourra être utile en beaucoup de cas ; de plus, les résultats obtenus dans les analyses des urines, pour rechercher les traces du mercure pendant ces expériences, ont amené l’auteur à formuler sur l’excrétion du mercure des conclusions tout opposées à celles de l’école de Vienne, professées et sanctionnées par Sigmuud.

Acceptant comme tout le monde en Allemagne que l'on doit trouver le mercure dans l’urine, pendant et après le traitement par les frictions, au moins dans les deux tiers des cas, le D' Schuster avait fait examiner avec, soin les urines de ses malades; le résultat étant rarement positif, il en avait conclu d’abord que la nouvelle préparation en expériences devait avoir des effets moindres que l’onguent

napolitain. Cependant. misen éveil par l'évidence des succès cliniques, il recherche de la même manière le mercure dans l'urine, lorsque ses malades se servaient exclusivement d’onguent. Il n’en trouve pas d’avantage, alors qu'on devait en trouver 2 fois sur 3, d’après l’école de Sigmund.

Ces recherches comparatives ayant été longuement poursuivies, avec une méthode rigoureusement scientifique, le D'Schuster en a conclu: que l’urine contient rarement le mercure, pendant et après le traitement par l’onguent mercuriel, ou par les injections mercurielles, aussi rarement que par le traitement avec le savon napolitain. Ce savon a donc au moins la même valeur physiologique et thérapeutique que l’onguent napolitain, et mérite d’être expérimenté largement dans les cliniques spéciales.

Quant au mode le plus ordinaire d’excrétion du mercure, le D' Schuster nous promet un nouveau travail sur ce point intéressant. Mais voici les principaux passages de son premier mémoire.

« Au commencement de cette année (1881), j'ai vu, dans la policlinique du professeur Charcot, à la Salpétrière, des essais d’une nouvelle préparation mercurielle, le savon napolitain. Il a la forme d’un pain, et pèse 20 grammes. Chaque morceau de 20 grammes contient 4 grammes de mercure pur, sans oxyde, très finement éteint dans un savon gris, un peu aromatique. Chaque paquet contient habituellement quatre morceaux légèrement soudés entre eux... On l’emploie en le mouillant comme tout autre savon. Si on le délaie dans une soucoupe, le mercure tombe au fond sous forme d’une poudre grise. Etendu sur la peau, il laisse, après que l’eau s’est évaporée, une couche sèche, grisâtre, que l’on peut enlever à quelque moment que ce

soit avec un peu d’eau, après quoi la peau reste parfaitement propre. Cette préparation m'intéressa beaucoup, parce que, vu la propreté de son emploi, elle me sembla offrir des avantages sur l'onguent gris, et je résolus de les comparer... « 11 me semblait absolument certain que, le savon étant dissous dans l'eau, l'action du mercure se développerait. Il est reconnu que des corps peu volatils sont facilement entraînés par la vapeur d’eau, à plus forte raison ceux qui sont très volatils comme le mercure. L'évaporation du mercure est donc facilitée par la vapeur en mouvement à une température quelconque, et d'autant plus que la température est plus élevée. Après les différentes cures de mercure, on a prouvé le passage du mercure dans l'urine. De là résulte la nécessité de le prouver aussi, en ce qui concerue le savon napolitain. |

« Etant donné que Vajda et Paschkis (de l’influence du mercure sur la marche de la syphilis, Vienne, 1880), avec la méthode Ludwig, démontraient la présence du mercure dans les urines, pendant ou après toutes les cures avec la décoction de Zittman, mais piutôt encore pendant la durée de la cure des frictions (18 fois sur 24 pendant la cure), j'ai pensé avoir dans l’anaiyse des urines la meilleure base pour l'étude comparative du savon et de l'onguent. J’ai fait faire les analyses par M. le D' Schridde, chimiste éminent, qui employa la méthode Ludwig-Furbringer, avec quelques modifications dont il a parlé dans le Journal clinique hebdomadaire de Berlin.

« Voici les cas dans lesquels, ayant employé le savon. napoltain,on l’a comparé à l’onguent après avoir fait l’a- . nalyse des urines. ®

4% cas. — Docteur X... 34 ans, malade depuis trois ans. Céphalée spécifique du côté droit, correspondant à

Combret. 1%

l'œil droit, qui est un peu saillant. Vertiges, embarras de la parole: réflexe du genou exagéré; phénomène dupied. Le malade employa, du 4° au 19 mars, isoït en dix-huit jours, 9 morceaux de savon à 4 grammes de mercure. Amélioration. Le vertige et l'embarras de la langue ont disparu. Cependant le mal de tête persiste. L'analyse de l'urine donne un résultat négatif. On remplace le savon par l’onguent napolitain à 5 grammes par jour. Après 44 frictions, il survient le 7 avril une convulsion, avec perte de connaissance et après l'attaque une grande difficulté de la parole. On administre l’iodure de potassium en même temps que les frictions à 5 grammes d’onguent jusqu’au miheu de mai.

On fait alors une deuxièrne analyse des urines : elle est négative pour ce qui est du passage du mercure dans l’urine pendant la cure; l’onguent gris n’a donc eu, dans. ce cas, aucune prééminence sur le savon napolitain, Le malade continué les frictions avec l’onguent gris jusqu’au mois de juillet. On en a fait 50. Le 13 septembre, le malade se plaint de nouveau de maux de tête. On fait une troisième analyse de l’urine, qui est encore négative. Il manque donc aussi la preuve de l'élimination postérieure du

mercure par l'urine.

Deuxième et troisième cas. — M. et Mme G.... Le premier a fait, il y a 6 ans, sa dernière cure de mercure contre la syphilis; d'après son dire, il est resté libre de tout symptôme demaladie depuis cette époque. Mariés depuisun an, sa femme présente actuellement les caractères ordinaires d’uñe syphilis secondaire. On leur ordonne à tous les deux le savon napolitain. Les frictions se font matin et soir pendant 20 à 30 minutes chaque fois. Après la dixième.

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