‹ Notes sur les principales méthodes d'administration du mercure par la peau Du Mercure Par La PeauChapitre 25 sur 28 · POMMADES · texte numérisé non relu

POMMADES

Pommade mercurielle. Onguent napolitain; pommade mercurielle

double.

R. Mercure ................... 500 grammes.

Cire blanches ts sous ue 40 — Axonge benzoïnée,.........:. 460 —

Faites fondre la graisse et la cire ; ajoutez le mercure avec une partie de ce mélange dans une marmite de fonte exposée à la chaleur de manière à maintenir la graisse demi-fluide, et triturez avec un bistortier jusqu'à complète division du mercure ; puis ajoutez le reste du mélange graisseux (Codex).

L'importance extrème de cette pommade comme mode d'administration du mercure par la peau, nous force à

donner quelques détails complémentaires sur sa préparation qui est longue et pénible, surtout si l’on suit exactement le procédé du Codex, car la demi-fluidité du corps gras n’est pas rationnelle. Aussi a-t-on proposé successivement un très grand nombre de modifications. Nous ne citerons que les principales : les unes, parce qu’il faut absolument les faire connaître pour les combattre, et les autres parce qu’elles méritent réellement d’être propagées.

Une première série de moyens, malheureusement trop employés parce qu'ils sont très efficaces pour éteindre vite le mercure, repose sur l'acidité ou la rancidité des corps gras. On prend par exemple, pour commencer l’opération une petite quantité de pommade anciennement préparée ; plus elle est vieille, plus vite le mercure disparaît, mais alors la masse nouvelle ne doit pas tarder, sous l'influence du ferment, à contracter dans sa totalité une odeur spéciale, fade, aigre et désagréable et surtout des propriétés fort irritantes ; il faut absolument proscrire de tels procédés, surtout lorsque l’onguent mercuriel doit servir à pratiquer des frictions méthodiques sur la peau des malades. En effet, les propriétés irritantes acquises dans cesfermentations particulières par les corps gras causent peut-être pour la plus grande part ces éruptions diverses si pénibles, que l’on a décrites sous le nom d’hydrargyrie cutanée ;elles peuvent en tous cas en être une cause déterminante et en aggraver les formes.

Il est doncextrêmementimportant que les médecinssoient bien avertis: on emploie trop souvent, pour abréger le temps d'extinction du mercure, des procédésne reposant que sur la rancidité ou l’ancienneté des corps gras, d’où pro. viennent pour les malades des éruptions eczémateuses très vives, prurigineuses et fort désagréables, qu’on n’a pas

probablement assez distinguées des manifestations cutanées de l’hydrargyrisme proprement dit.

Dans la même série, quelques autres procédés moins dangereux et certainement fort commodes pour le pharmacien, doivent cependant être aussi évités. Nous citerons celui de MM. Simonin et Coldely, qui consiste à liquéfier l’axonge, à la fairetomberenfiletlentement dansl’eau froide, à la placer alors très divisée à la cave,sur des tamis ou des claies; il se produit une sorte d’oxydation, et la graisse acquiert peu à peu la faculté de diviser le mercure plus facilement. Au bout de quinze à vingt Jours elle en éteint déjà de sept à huit fois son poids. Cette propriété va croissant pendant des mois et devient très énergique. On prend : 4 partie d’axonge préparée, 20 parties de mercure, et on les triture ensemble; quand le mercure est éteint, on ajoute peu à peu le reste en axonge fraîche. Ou bien encore on n'emploie que de l’axonge récente, mais quand on a trituré une première fois, pendant deux heures, dans un mortier de fer, on abandonne le mélange pendant vingtquatre heures, on le reprend le lendemain pendant deux heures encore, on l’abandonne de nouveau jusqu’au surlendemain, où deux dernières heures suffiront enfin pour une extinction parfaite. Ce dernier procédé est le plus anodin, mais il met encore en fonction une certaine oxydation du corps gras, favorisée par ces battages intermittents, et qui pourra se développer plus complètement ensuite et produire aussi quelques inconvénients.

Tout différents sont les procédés reposant sur l’adjonction de certaines substances balsamiques, dont l’action loin d’être favorable au rancissement de l’onguent, peut suffire au contraire pour en assurer la bonne conservation à l’état neutre et frais. Ces méthodes méritent d’être em-

ployées couramment, puisqu'elles ne peuvent nuire en aucune façon, qu'elles s'opposent même efficacement à la fermentation du produit, et qu’en même temps elles sont bien plus commodes pour le pharmacien.

Ces diviseurs balsamiques, en effet, éteignent le mercure avec une remarquable rapidité, et permettent d'obtenir un onguent irréprochable, beaucoup plus vite qu'avec les mélanges de graisses rancies.

On a proposé dans ce sens : un mélange à P. T. de térébenthine, de styrax liquide et de camphre pulvérisé (diviseur mercuriel de M. Pons). La pommade est alors préparée avec : mercure, 50 parties; axonge, 44, et diviseur mercuriel, 6 p. — La térébenthine et le styrax séparément ont été proposés par divers praticiens. La formule suivante, de M. Magne-Lahes, de Toulouse, donne de bons résultats :

DICTOUPR SRE ER TR 1.000 grammes.

Huile d'amandes douces..... 20 Baume noir du Pérou....... 20 — Axongeis À 1940018109 0 960 —

Le mercure disparsît rapidement dans l'huile et le baume ; la pommade est lisse, d’un bel éclat, bleue, d’une odeur agréable et d’une facile conservation.

Sans rien changer à la formule du Codex, que le modus faciendi, M. Lucien Le Bœuf, de Bayonne, a recommandé récemment un procédé très simple et très commode, qui consiste à diviser préalablement le mercure dans une teinture éthérée de benjoin, avec un peu d'huile d’amandes douces. On prend :éther sulfurique, 40 grammes; ” benjoin, 20grammes; huile d'amandes douces, 15 grammes. Combret. . 17

On dissout et on filtre, pendant ce temps, on pèse 1000 grammes de mercure dans un flacon fort à large ouverture,

bouché à l’émeri, d’une capacité égale à 6 fois environ le,

volu me de mercure, et l’on verse dessus la teinture éthérée. On agite alors vivement, en ayant soin de soulever de temps en temps le bouchon du flacon, pour permettre aux vapeurs d’éther qui se forment de s'échapper. Lorsque le mercure est réduit en particules très ténues, on laisse reposer quelques secondes, et l’on dilate la plus grande partie du liquide surnageant. On agite de nouveau fortement, et l’on obtient une sorte de pâte formée par le mercure extrêmement divisé, uni à une petite portion de tein— ture debenjoin. Lorsque cette première partiede l’opération a été faite avec soin, l'extinction complète du mercure dans le corps gras ne demande ensuite que fort peu de temps.

Pour cela, on fait fondre les 920 grammes d’axonge ré cente et les 80 grammes de cire prescrits par le Codex. Lorsque le mélange est refroidi, on en met la moitié dans un mortier de marbre et l’on verse dessus le mercure réduit en pâte. On procède immédiatement à une vigoureuse trituration, onjrince à plusieurs reprises le flacon qui contenait le mercure divisé, avec la partie de la teinture éthérée qu’on avait pris soin de décanter, et l’on ajoute chaque fois dans lé mortier. Après 40 à 50 minutes d’une trituration bien conduite, l’éther s’est évaporé, et l’extinction du mercure estcomplète. On ajoute le restede l’axonge, et 15 à 20 minutes de travail suffisent alors pour achever l'opération.

Nous avons nous-même, dans nos expériences, réussi à éteindre parfaitement du mercure sans aucuné peine:et dans un temps fort court, en employant soit de la poudre

‘de savon avec de la teinture alcoolique de benjoin, soit de Palcoolé de savon avec du baume du Pérou et un peu d'huile d'amandes, soit encore du savon seul en poudre très fine, ou enfin tout simplement du benjoin très finement pulvérisé sans adjonction d'aucune autre substance. D’ailleurs, il est reconnu que le mercure pur, longtemps agité avec où sans le contact de l’air, se transforme en une poudre noire (Ethiops per se), que l'on a prise pour du protoxyde dé mercure, mais qui n'est que du mercure parfaitement éteint ; il en est de même du mercure divisé par l’eau simple. En résumé, l’emploidés diverses substances balsamiques ci-dessus doit être fort utile pour abréger ce temps de travail mécanique, et l’on gagnera toujours à n’ajouter le mercure qu’à de l’axonge fraîche, et aprés lavoir lui-même divisé à l'avance, La pommade sera bien . meilleure et plus facile à bien terminer.

Pour constater la parfaité extinction du mercure dans laxonge, 1° ou frotte modérément entre deux doubles de papier gris la pommade mércurielle, qui ne doit pas laisser apercevoir de globules métalliques à l'œil nu; 2° on triture avec ‘un pilon de bois la pommade mercurielle, à l'obscurité, dans un mortier de marbre. Elle présente un éclat métallique remarquable quand cette -’extnction est insufisante.

: L'analyse à l’éther est un moyen excellent, pour reconnaître si la pommade mercurielle à parties égales contient la quantité de mercure prescrite. On doit suspecter tout onguent mercuriel qui ne plonge pas entièrement dans un mélange contenant en poids quatre parties d’acide sulfurique à 66° Bé. et, une partie d’eau. Il ne faut faire l’expérience que lorsque l’eau acidulée est refroidie,

Sous l'influence de la gelée, la pommade mercurielle

ER

laisse reparaître le mercure ; on peut encore obtenir la plus grande partie du mercure en dépôt métallique, en tenant pendant trente-six heures la pommade en fusion dans un tube. Une très faible portion (1/50° environ) du métal, sera retenue par la graisse à l’état d'oxyde, ou plutôt de combinaison savonneuse avec les acides gras.

Quelquesauteurs, Donavan, Christinson, Bœrensprung, etc., ont démontré quecette quantité de mercure en oxydation ou combinaison peut devenir plus considérable dès que l’onguent n’est pas très frais. Evidemment, lorsque la rancidité de la pommade met en liberté des acides gras, ceux-ci réagissent sur le mercure à la façon de l'acide oléique sur le cuivre, et il doit se former incessamment, pendant ces fermentations, des oxydes, puis des oléo-margarates de mercure. Mais c'est précisément là ce qu’il faut éviter le plus possible à l’aide d’une bonne préparation, bien loin de proposer, comme Donavan par exemple, de ne préparer la pommade mercurielle qu’avec de faibles quantités d'oxyde mercureux, en considérant le mercure métallique comme un surcroît inutile, et seulement la partie dissoute ou combinée comme partie active. Il est évident qu’il n’enest pas ainsiet quele mercure, seulement très divisé, agit directement à l'état de métal.

Il faut donc s'attacher, finalement, à prévenir la décomposition du mercure en l’incorporant dans une pommade bien préparée qui devra se conserver longtemps fraîche, neutre et non irritante.

Pommade mercurielle simple ou faible, onguent gris.

R. Pommade mercurielle à parties égales. : 100 grammes. Axonge benzoïnée..,...,.,:.......... - 800 — Mêlez. (Codex.)

Cette pommade contient le huitième de son poids de mercure.

Elle est surtout employée pour détruire les parasites. Projetée dans un vase plein d’eau, elle doit tomber au fond du liquide.

Pommade mercurielle au beurre &e cacao.

On la prépare en triturant 30 grammes de mercure métallique avec 20 gouttes d'huile d'œufs, et quand il est divisé, on le mélange à 30 grammes de beurre de cacao, qu'on a trituré dans un mortier chauffé. — Guibourt, au lieu d'huile d'œufs, prescrit d'employer “beurre de cacao, 15,5; huile d'amandes, 4; pour étendre : mercure, 20.

Cette préparation est rarement prescrite ; elle à été recommandée parce que le beurre de cacao rancit moins vite que l’axonge.

Cérat mercuriel.

R. Pommade mercurielle à parties égales, 10 grammes. Dem derGalien..s. 28e se. SRE 10 —

Mäélez. (Codex.) Employé surtout en pansements.

Pommade mercurielle (Sanchez).

PR CR nn nr nia mao nre ae ea e se 4 grammes. Camphre...... NP EN na S. 4HlO arte 4 — MOT 0 à roses ose PRE Er 4 — Beurre de cacao. ......... DOC DOC To 8. —

Cette formule à joui d’une grande réputation.

Pommade mercurielle opiacée.

Pommade mercurielle à parties égales. 10 grammes. Éérah/ODiACÉs cu RE ne LR oh fo à 10 —- Mélez.

Employée par 4 grammes, deux ou trois fois par jour, en frietions sur l'abdomen, dans la seconde période de la péritonite puerpérale, dans le cas où l’onguent napolitain irrite trop.

Pommade mercurieile composée (hôpital de, la marine. de Toulon.)

R. Onguent mercuriel...,....444,444. . …. 180 grammes. Fydraté dé Chaux Re. FR er nee 80 — Chlorhydrate J'ammoniaqué..,.:.,.... 8 — Soufre sublimé ....:.:..... ARRETE 30: —

Cette pommade est noirâtre, sèche facilement. Les proportions de sel ammoniac, de chaux éteinte et de soufre sublimé ont varié. Usitée pendant longtemps, pour prévenir la salivation, elle a donné, dit-on, de bons résultats.

Pommade mercurielle belladonnée (Velpeau).

R. Onguent mercuriel double............ 30 grammes Extrait de belladoné. ... 1... Or 4 — Mèlez.

Contre les engorgements lymphatiques.

Pommade mercurielle contre les pustules de la variole (Briquet).

R. Pommade mercurielle à parties égales. 30 grammes. Amidén . ..-sussemNsAssR ire senren 10. — Mélez,

On emploie ce topique plusieurs fois par jour sur les pustules varioliques, de manière à ce que la peau en soit constamment couverte. À l'avantage de ne pas couler.

On à proposé encore pour rendre l’onguent mercuriel moins coulant, de lui associer de la cire (1/4), de la poix noire (1/4). Le Dr Revilliod préfère le mélange suivant :

Onguent napolitain..........,..... 20 grammes. MAO La 4 28 0 STUNT TANT da 10 = xlycérine ..... Rene ee NT PET pic

Digestif mercuriel, KR: DIBeetE Simple . ..,:,.,:1.9159100 e 10 grammes. Pommade mercurielle à P. E. ...... (AUDE

Méêlez. (Codex.)

Contre les ulcères vénériens.

Pormmade de Cirillo.

Sublimé corrosif. 4 grammes. | Axonge 30 Ed (ancien Codex)

Dissolvez le sel à l’aide d’un peu d’eau. D’après Jourdan, Cirillo avait fini par ajouter un peu de chlorhydrate d’ammoniaque. Des formulaires, en effet, mentionnent cette addition. 4,0 en frictions

sous la plante des pieds.

Pour cette pommade, on peut remplacer l’axonge par l'huile d’a-

mandes douces et l’axonge balsamique.

‘Autre formule.

R. Bichlorure de mercure pulv... 1 gramme.

20 grammes.

M. Sur le porphyre avec un peu d’eau. Caustique substitutif. Dartres rebelles. Toxique.

Autre formule.

R. Bichlorure de mercure ..... LT rame 3 Chlorhydrate d’ammoniaque . j AOC Et enr see ire 8 grammes.

Triturez longuement dans mortier de verre où de porphyre

Caustique. Toxique.

Pommade chloro-mercurique (Mialhe).

Bichlorure de mercure....... 4 grammes.

Chlorhydrate d'ammoniaque.. 8 — AXONnpeT Se Pre UE 30 —

Pour remplacer la pommade de Cirillo.

Pommade à l'oléo-stéarate de mercure (Jeannel).

R. Oléostéarate de mercure...... 1 gramme.

AO MEME Se stars e nte s 010 tele ; 4 grammes.

M. Onctions matin et soir sur les parties malades, après les lolions savonneuses. Eczema, ecthyma, impétigo.

Stéarate de bioxyde de mercure (Jeannel).

Acide stéarique cristallisé.... 67 grammes.

Bioxyde de mercure :.:,..... 13 — Fau-dishillée 2092-50; . 200 —

M. dans une capsule de porcelaine, faites bouillir en remuant jusqu’à dissolution de l’oxyde de mercure dans l'acide stéarique ; laissez refroidir. Décantez, séchez.

Autre pommade de Jeannel.

R. Stéarate de bioxyde de mercure. 1 gramme.

Axonge benzoïnée.......,..... 2 grammes.

Triturez le stéarate dans un mortier de porcelaine chauffé à l'eau

bouillante. Ajoutez l’axonge. Eczéma, ecthyma, impétigo, onctions matin et soir.

Autre formule (Jeannel).

R. Pommade cosmétique ou axonge

ROHZOINER eue Ci ee 20 grammes.

Stéarate de bioxyde de mercure 1 —

M. Eczéma de la face, du cuir chevelu chez les enfants, gourme, eczéma chronique impétigo. Onclions matin et soir, précédées de lavage à l’eau de savon tiède.

Pommade au calomel (Cazenave).

R. Calomel à la vapeur....,..... 7 grammes, Camphre pulvérisé ........ ue 1 — AXONO PAUL IRIS NATSE 100 —

M. Onctions dans l’herpès, l’impétigo.

Pommade mercurielle opiacée

R. Onguent mercuriel......... …… .. 80 grammes, EUROS PORN RENE 30: —

Laudanum de Sydenham...., *.....1.gr. 60 cent.

M. Pansement des ulcères.

| Pommade antiherpétique (Gibert).

Chlorhydrate amm.de mercure 0'gr. 05 cent.

AXE. Sas AE CET RMELE perde Camphire-. sm 46 ee fee evo 0 gr. 05

Dans les ophthalmies dartreuses.

Auttre formule (Gibert).

Cold-cream lég. alcal........ 30 grammes.

ton Précipité blancs ovvife st où ne 2 ur

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