‹ Notes sur les principales méthodes d'administration du mercure par la peau Du Mercure Par La PeauChapitre 24 sur 28 · CHAPITRE V, | usb · texte numérisé non relu

CHAPITRE V, | usb

Appendice pharmaceutique. 8

Nous croyons devoir ajouter ici, sous le titre d’appendice pharmaceutique, quelques nouveaux détails sur les prépations les plus importantes au point de vue de l’administration du mercure par la peau, c’est-à-dire sur le savon napolitain et sur l’onguent mercuriel double. Nous y joindrons enfin quelques autres formules des préparations mercurielles les plus usitées entopiques, pensant qu'il pourra être avantageux de les comparer, en les retrouvant groupées de cette façon.

Comme on pourra le voir par les quelques formules de savons mercuriels que nous avons pu rapprocher du savon napolitain, cette forme de savons médicamenteux est loin d’avoir été mise à contribution comme elle aurait pu l'être; c’est que l’on a trop jusau’ici négligé ou ignoré les véritables règles de leur composition. Pour être utiles, pour devenir des agents très actifs d'absorption cutanée, les savons médicamenteux, comme les pommades et tous les autres topiques, doivent autant que possible contenir leurs médicaments à l’état de corps simples, volatils ou volatilisables, puisque, après l’émulsicen de la couche grasse naturelle de la peau sous l’effet du savon, le contact direct des substances à l’état volatil, réalise bien les conditions les plus favorables à l'absorption. Mais pour cela, il est indispensable que le savon lui-même, pris comme excipient, soit très exactement neutralisé, car autrement on verrait se produire une série de décompositions secondaires alté-

rant le médicament ingrédié, et s’'opposant tout au moins à son efficacité, si elles ne le rendaient pas nuisible. A un autre point de vue, il est facile encore de comprendre que la neutralisation complète des pâtes est une condition indispensable, pour en faire des savons n'ayant pas d'action nocivesurla peau des malades. Sila plupart des onguents, et quelques emplâtres, peuvent actuellement devenir très irritants par suite d'acides gras ou résineux mis en liberté dans leur masse, et si l’onguent napolitain, en particulier, peut causer. des éruptions très pénibles par.sa seule rancidité, le même. inconvénient se produivait si l’on employait sans précaution une foule de savons actuellement dans le commerce ; mais ici, la cause déterminante des éruptions neserait autre que la présence d’alealis caustiques en ex. cès. Beaucoup de savons, en effet, retenant des parties de soude ou de potasse incomplètement-combinées par suite d’une mauvaise fabrication, dessèchent.et durcissent l'épiderme, irritent la peau,et tous les médecins savent qu’une foule d'éruptions cutanées n’ont pas d'autre origine. Cela est vrai surtout pour les savons mous de potasse (dits en crème), et pour les savons de soude faits par simple empâtage à la petite chaudière {dits à froid), qui retiennent toujours, avec leurs glycérines, et toutes les impuretés des. corps gras, une quantité notable d’alcali caustique en liberté ; ilest facile de mettre en évidence ce grave défaut au moyen du calomel, qui, appliqué sur ces savons, noircitimmédiatement.

Le savon médicinai lui-même (savon amygdalin du Codex). participe aux inconvénients des savons faits à froid ; et quoique préparé suivant des proportions fort précises, il ne doit servir aux usages pharmaceutiques qu’au bout de plusieursmois, c'est-à-dire lorsque sa saveur, antérieu-

rement caustique, est devenue douce, et qu’il ne noircit plus le‘proto-chlorure de mercure. |

Enfin, les savons de soude ordinaires, bien préparés à chaud sur lessives faibles à la grande chaudière, quoique bien préférables, conservent cependant toujours des proportions plus ou moins grandes d’alcalis noncombinés, et produisent au calomel une teinte grise plus ou moins foncée. Ce n’est qu'après un long temps d'exposition à l’air ,et découpés en tables, qu'ils sont ressuyés, et peuvent servir avec quelque garantie à la fabrication de bons produits.

Cette amélioration des pâtes, par leur contact prolongé avec l'air, doit être attribuée évidemment à l’action de l’acide carbonique normalement contenu dans l’atmosphère; et les proportions minimes et variables de ce gaz carbonique dans l’air, rendent compte en imême temps de la lenteur et de l'irrégularité des résultats. Aussi, avaiton songé, à plusieurs reprises, à produire spécialement de l’acide carbonique pour en fournir au savon en quantité, et hâter sa neutralisation. C’est à M. Mialhe que l’on doit les expériences les plus complètes et les fplus concluantes sur ce point.

Dans une communication faite à la Société d’'Encouragement (13 juin 1873), ce savant a démontré que tous les savons sont alcalins après leur fabrication, et qu'ils ont tous besoin d’absorber de l'acide carbonique pour perdre leur causticité ; que le volume de gaz ainsi absorbé est pro: portionnelà la quantité d’alcali caustique qu’ils ont retenu ea excès, et qui est transformé en bicarbonate, enfin, que cetté absorption s'arrête brusquement lorsque le savon, complètement neutralisé, n'ayant plus aucune action fâ4cheuse sur la peau et les membranes muqueuses, est devenu

tout à fait propre aux usages pharmaceutiques.

Le système employé par M. Mialhe consistait en une sorte de bain gazeux, le savon, découpé en copeaux minces, étant déposé sur des clayons, dans une chambre que l’on remplissait ensuite de gaz carbonique, Ce mode d’immersion exige un grand emplacement, des volumes d’acide carbonique énormes, et coûteux, en ce qu’ils sont forcément perdus pour la plus grande part, chaque fois que l’ouvrier, qui charge les clayons doit aérerla pièce avant d’y pénétrer. Le gaz est là stagnant, bientôt saturé d'humidité; le séchage devient alors lent et imparfait. Ces inconvénients sont tels dans la pratique, que, malgré l'importance des résultats entrevus, ce procédé, jusqu'ici, n'a pas pu réellement être utilisé d’une manière régulière et continue.

Cependant, tous les auteurs qui se sont occupés de l’absorption cutanée, étant unanimes à signaler l'extrême utilité des excipients qui peuvent dissoudre ou émulsionner l'obstacle sébacé, nous avons pensé qu'il devenaittout à fait indispensable de pouvoir obtenir enfin d’une manière sûre et facile cette neutralisation des pâtes de savons, puisqu'on aurait dès lors un excipient très favorable.

C’est ainsi que nous nous sommes donné pour tâche de rendre plus pratique le procédé indiqué par M. Mialhe, et nous sommes très heureusement arrivé à en supprimer les inconvénients, en obtenant, en même temps que la neutralisation complète des copeaux de savon, leur dessiccation rapide.

Notre procédé réalise une grande économie de temps, de main-d'œuvre et de gaz carbonique, en assurant la perfection des résultats, et sans le moindre danger de suffocation pour l’opérateur.

Il consiste en principe, à exposer les pâtes de savon, en

grande surface, à l’action d’une quantité relativement mi- Combret. 16

nime d’acide carbonique, mis en circulation continue, soit

par des propulseurs mécaniques, soit par l’application de la chaleur en un point donné du circuit, ce gaz étant en ou-

‘tre pendant son parcours soumis à des agents déshydra-

teurs qui le rendent constamment utilisable à nouveau. Une foule de dispositions diverses peuvent être utilisées pour les appareils destinés à réaliser pratiquemment ces données ; les plus commodes et les plus simples affecteront par exemple la forme de cloches venant recouvrir les cloisons superposées, ou d’une armoire à fermeture hermétique dans laquelle le gaz carbonique devra successivement agir sur toutes les surfaces de savon également étagées. Ces explications préalables étant données, nous pouvons maintenant passer rapidement en revue nos formules,

SAVONS Savon Napolitain. — (Procédé R. Combret.)

1° R. Huile de palme, suif pur, axonge, huile ce coco, proportions variables. Un bon mélange consiste à prendre simplement moitié palme et moitié suif,

Faites avec Q. S. de lessives de soude caustifiées, un savon dur bien cuit à chaud sur lessives, et soigneusement séparé.

Le savon étant refroidi en tables et ressu yé, on le met en copeaux. Il importe alors de le neutraliser exactement dans notre appareil spécial, à circulation continue de gaz acide carbonique sec et chaud. La même opération doit le rendre complètement sec. Ce savon ainsi purifié peut dès ce moment, en toute sécurité, servir d’excipient pour diverses manipulations pharmaceutiques.

Pour faire du savon napolitain, prenez :

2° Savon préparé comme ci-dessus. 4 parties de 3 20 TV op PR Pr han. Vs, ch

Ces proportions peuvent varier, jusqu’à P.E. au besoin,

mais le dosage au 1/5 nous a semblé remplir suffisamment les principales indications thérapeutiques.

On commence par éteindre le mercure métallique dans une minime partie de savon pulvérisé: l’opération doit être continuée à l’aide de broyeuses appropriées, avec des cylindres de petit diamètre pour éviter l’échauffement de Ja masse et la volatilisation du médicament. {l faut veiller avec soin au réglage des cylindres, qui doivent rouler serrés. Toute la masse doit repasser à la broyeuse un assez grand rombre de fois, jusqu’à ce que le mercure soit tout à fait invisible à l’œil nu et bien uniformément réparti.

On termine en pelotant sous forme de pains, de bâtons cylindriques ou de plaquettes, de la grandeur et du poids que l’on désire, en les réglant défininivement à la presse. Il yaun grand intérêt à se servir d’un mode quelconque de frappage dosimétrique, pour que les subdivisions des morceaux de savon soient indiquées à l’avance, avec l’indication très exacte de la quantité de mercure incorporée.

Ce savon de consistance dure est d’un emploi commode, d'un transport facile, et d’une conservation indéfinie. Cependant, il pourra être utile aussi d’avoir des savons napolitains de consistance moile ou pâteuse, pour abréger le temps des frictions, ou pour la pratique hospitalière par exemple. On pourrait alors se contenter de simples onctions, qu'on étendrait plus ou moins fort et longtemps avec très peau d’eau. Nous nous proposons donc, pour répondre à ces dernières indications, de faire préparer d’une manière analogue un savon napolitain, mou ou en crème, dans lequel la base sodique pour la saponification des graisses, sera remplacée par la potasse. La neutralisation de ce savon mou exigera pour le moins autant de soin que celle du savon dur; il resterait autrement très

irritant. Enfin, on pourra de même adopter un mode quelconque d'empotage ou d'empaquetage dosimétriques.

Savon hydrargyrique d' Anderson.

R. Bichlorure de mercure....... 1 gramme AltedolianSD: vaste ne roy 15 Savon: vert....: :)

DS | 0 Eau distillée. 2. n° {re PE Essence de lavande.......... l —

Pityriasis versicolore. Onctions matin et soir, suivies de lavages, (Il se forme de l’oléo-stéarate de mercure.)

Savon mercuriel (Chaussier).

Onguent mercuriel.......... 7 grammes.

Soude caustique liquide ..,... 6 — Triturez l'onguent en ajoutant peu à peu la soude. Dans les maladies vénériennes, psoriasiques et herpétiques. 4 à 8 grammes en frictions (Cadet de Gassicourt).

Savon mercuriel (Hébert).

Mercure ......

..... See

|'2 125 Feétde daoliquer 522622 Be ve 20 f:".89 269. SRNAMRS.

P. Dissoudre dans matras.

D'autre part, faites fondre au bain-marie dans un vase en porcelaine.

Graisse de veau lavée......... ,... 030 grammes. On retire du feu et on ajoute le dissoluté mercuriel en ayant

soin de remuer jusqu’à ce que le mélange ait pris de la consistance. On prend ensuite :

Pommade ci-dessus. ...... ++. 150 grammes.

Soude caustique à 36°.,....., 60 —

On mêle intimement par porphyrisation ces substances, jusqu'à combinaison exacte ; on obtient ainsi un savon parfaitement soluble.

Il s'emploie comme le précédent.

Savon mercuriel (Dorvault).

On pourrait obtenir un savon unoléo-satérate ou oléo-margarate mereuriel, par double décomposition d’une solution de savon amygdalin par un autre proto nitrate de mercure. Le produit est blanc, solide, insoluble dans l’eau, mais soluble dans les corps gras. Il remplacerait avec avantage les pilules de Sédillot. Un mélange de 10 grammes de cet oléo-stéarate de mercure avec 90 grammes d’axonge, aromatisé avec 25 gouttes d'essence de citron a été indiqué par M. Jeannel pour remplacer l’'onguent gris.

L'emploi qu’on a fait de cette pommade awdispensaire de Bordeaux en a prouvé l'efficacité.

En remplaçant le proto-nitrate de mercure par du sublimé corrosif, on obtient un savon mercuriel à base de bioxyde, et par conséquent plus actif.

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