LES HUILES
Celles d'Espagne sont plus renommées par leur abondance que par leur qualité; mais cela dépend exclasivement du mode de fabrication, qui se soutient par le goût du pays qai aime le mucilage, et par la cherté des moyens de transport, qui ne permettent pas des dépenses dans l'élaboration qui ne seraient pas remboursés par les prix du commerce. Mais rien n'est plus facile que d'obtenir de bonnes huiles clarifiées, sans goût mucilagineux et empyreumatique. Les olives sont excellentes ; il y en a, desquelles découle, même sans pression, une huile délicieuse. L'Exposition oifre des échantillons de diverses contrées à des prix différents. Nous trouvons celles de Cordoue et de Séville, cotées à 40 réaux, ou plus de 10 fr. l'arrobe. Il y en a un échantillon d'olivier sauvage, coté au même prix. Celle de Malaga, après avoir été filtrée, se vend le double, de même que les huiles fines de Valence.
Cette branche d'industrie a reçu de grandes améliorations dans ces dernières années. La cueillette et le choix des olives se font mieux ; l'introduction des presses hydrauliques permet une élaboration rapide, qui empêche la fermentation des fruits entassés ; les qualités sont classées convenablement. Mais les moyens de transport nous manquent.
Il se fait une grande consommation d'huile en Espagne, comme condiment presque général; dans les fabriques de savon, et pour réclairage particulier et public. Mais nonobstant ces considérables emplois, la production surpasse de beaucoup la consommation, qui demande des débonchés extérieurs pour les huiles convenable-
ment ëlaborées et dëpurëes. Alors les cultivateurs retireraient les avantages dont profitent maintenant les fabricants de Marseille. Mais, nous le répétons, il faut parvenir à faciliter les transports.
On fabrique en Espagne, d'autres huiles, de noix et de lin, pour la consommation intérieure. L'Exposition en offre du premier, de la province d'Oviédo à 4 réaux Tarrobe, et du second, de Murde, élaboré à Lorca, au prix de 56.
L'abondmoe, k bon mardi^ et la fiolité d'amâioier les produits, existent égilement pour les matières premières dn règne animal. En effet, le sol de l'Espagne produit des matières textiles et colorantes, des peaux, de la cire, et des anjmanr pour la nourriture, du gibier, des poissons, des m<dluaques nombreux, des insectes utiles. L'énumâration deriendiait trop longue, et sortirait du cadre rétréci que nous nous sommes tiacé. Nous allons nous arrêter sur ceux de ces produits qui se rattachent plus spécialement à l'industrie manufacturière.
IiAIliBS.
Nos laines ont une renommée incontestable, quoiqu'elle demande à être rivifiée par Tadoption de règles plus rationnelles dans l'éducation des moutons, la séparation, le choix et le croisement de races, le système de parcage et des voyages, etc. L'Espagne possède depuis des siècles la belle race mérinos, qui réclame aujourd'hui un soin spécial, car ces animaux, quoiqu'ils n'aient rien perdu de leur vigueur primitiTC, semblent n'avoir pas gagné quant à la qualité de la laine. Quelques propriétaires zélés, qui désirent porter remède à cette déchéance, ont envoyé à l'Exposition des échantil- Ions de belles laines ; mais la série n'est pas aussi nombreuse, aussi riche que nous pourrions l'oifrir ; sont rares, surtout, les laines longues, plus ou moins bonnes que nous possédons, et appropriées à être peignées. Il y en a cependant d'Egea dans la province de Saragosse,avec laquelle on fait des ceintures et des couvertures dans le pays. Elles sont cotées à 60 réaux, ou 16 fr. l'arrobe d'Arragon. D'autres variétés blanches et noires, de la même province, au prix de 56 à 64 réaux les premières, et de 52 à 60 les secondes. Il y en a aussi des blanches de Huelva, au prix de 34 à 40 réaux l'arrobe, et de plus
fines à 45. Les qualités de SégoTÎe sont renommées ; il y en a de Casla à 80 réaux, et des toisons de mérinos, fines et courtes^ à 100 réaux l'arrobe.
Ces beaux échantillons proviennent des troupeaux de M. Justo Hernandez, qui s'est occupé assidûment de Tamélioration de la race mérinos en Espace. Il est le premier qui ait introduit l'usage d'habiller lés tDOuic^ns depiiiâ lé ihèis dé débeihbre jusqù'atk emnmencement de juin. L'expérience parait avoir été décisive. La laine des animaux, traités de cette manière, est devenue beaucoup plus fine, et la différence se laissait apercevoir dans les parties de l'animal qui h' avaient pas été couvertes par l'enveloppe. M. flérnandez a envoyé fl l'Exposition des ibisonâ de moutons, dont les uns Avaient été exposés à l'action directe des agents atmosphériques, et les autres garantis par des couvertures. Là différence dans la qualité est incontestable.
A côté de ces améliorations, dues au zèle éclairé des particulier^, nous devons citer la réforme complète de notre ancienne législation, qui accordait aux propriétaires de bétail des privilèges monstrueux, contraires aux progrès agricoles et au perfectionnement des races. Les lois de la Mesta sont abolies, et les dispositions fiscales sont favorables à l'introduction des races étrangères, dont les éleveurs espagnols ont besoin, pour les croisements.*
Il est à regretter que la série de laines envoyées d'Espagne, ne scrft pas plus nombreuse, et surtout, qu'une telle série ne soit pas faite en tue de donner une idée précise des qualités de nos laines, série topogr»phique et industrielle à la fbis, qui faciliterait bien d'études compara^ tives avec les belles et remarquables variétés obtenues dans d'autres pays. Il manque aussi des échantillons de poil de chèvres, et partie culièrement de celles du Thibet, qu'on continue à élever et à soigner
* Il est surprenant de voir, nonobstant la publicité donnée aux tarifs espagnols et aux décisions prises par notre gouvernement en faveur du progrès a(^icole de la Péninsule» certains étrangers persévérer dans leur inanie de 8iq)poser TEspagne dans un état extrêmement arriéré. Ainsi» par exemple, nous avons vu avec regret» un journal respectable, le Ilhutrated Londan New», dans le supplément au numéro 484 du 10 courant, admettre des vulgarités ridicules sur la vaine pâture, sur la prohibition d'introduire des races étrangères et sur des préjugés qui n'existent plus ; lorsqu'il aurait suffi de lire les articles 562 et 563 de nos tarifs, pour savoir que rentré des brebis est permis moyennant un petit droit de ]| franc par tête, et que les races ânglûseft et sikoanes né payetït qtie 24 ceiitimes, ou 2f penoe.
dans quelques IdcaMtés* L'Espagne pourra tirer un immense parti des amâibrations qiie réclame Tëtat actuel de ces industries ; mais ees amëiiorations sont liées à toute tine révolution agricole, laquelle dépend aussi en grande partie d'un nouveau sjstème de développe"ment uniforme, sagement combiné et poussé avec une grande énergie et persévérance, dans les travaux publics des voies de communications, boisements et irrigations. Les capitaux étrangers y trou^ veraient des emplois aussi variés que profitables.
L'Espagne pouvait aussi tirer un plus grand parti du poil de lapin et de lièvre, car ces animaux sont extrêmement abondants^ Un seul exposant industriel de Saragosse a envoyé des échantillons de poil, parfaitement rasés par un procédé mécanique.