LIN, CHANVRE, ETC
La filature et le tissage du lin sont incomplètement représentes. On voit cependant, une bonne sërie de la nouvelle fabrique établie au Ferrol, sous la dénomination d'Isabel II. Elle produit une grande variété ; du plugastel à 3 et 4 réaux la vare ; des coutils pour pantalon 5^ et pour matelas à 6| et 7 ; des toiles à voile k 5, 6 et 7. Cette manufacture est établie sur la base économique d'un moteur hydraulique équivalant à 60 chevaux de vapeur. Elle promet un bel avenir, et plus encore si les efforts de ses fondateurs parviennent à encourager et à améliorer la culture du lin, qui peut devenir la source d'une grande richesse pour la Galicie.
La fabrique de MM. Escudero et Gonzalez, établie à Cervera del Rio Âlhama, province de Sorie, a envoyé à Londres les produits qu'elle avait présentés, comme la susdite manufacture de Ferrol, à l'exposition de Madrid. Malheureusement ces fabricants n'ont pas indiqué dans le catalogue espagnol les données requises; nous savons seulement, que ses toiles à voile, faites en chanvre à double chaîne, sont tissées dans des métiers à bras. Ils n'en veulent pas des mécaniques, parcequ'ils croient qu'ils ne resserrent jamais aussi bien le tissu. On a soumis ces toiles à des épreuves comparatives, dans les arsenaux de Cadix et de Carthagène, et les résultats ont été à leur avantage.
De Valence aussi, sont venues des toiles à voiles et des cordages de la fabrique de M. Pascual. La toile de la première classe est cotée à 6 réaux la vare ; les cordes en chanvre, à 60 réaux l'arrobe ; le fil à coudre les voiles, à 200 réaux l'arrobe.
M. Calderon expose aussi des chanvres et des toiles à voiles, de Grenade ; mais nous ne trouvons pas les indications de prix.
La belle série de cordes et toiles envoyée de l'arsenal de Carthagène mérite un examen particulier, qui nous l'espérons lui sera accordé par MM. les membres du Jury. Cet établissement a accompagné la collection, de notes intéressantes sur le poids, la résistance, le prix de revient, etc., de ces différents produits.
A côté des manufactures de chanvre, figurent divers objets, très usuels en Espagne, oii ils sont fabriqués avec la même substance. Ils consistent en sandales, sangles pour chevaux, etc.
Les belles toiles des Iles Philippines^ quoique non fabriquées en lin> trouveront place dans cette section, à défaut d'une autre plus spéciale. On indique dans les notes d'envoi que ces étoffes sont fabriquées avec de diverses fibres végétales, qu'on retire de la Pita, qui doit être une Bromelia, du Jussi et du Bejuco, dont nous ignorons la correspondance botanique. Avec les fibres du bejuco, on fabrique ^;alement des chapeaux et d'autres objets, d'une finesse aussi remarquable que leur solidité.
Un autre article envoyé d'Espagne, c'est, comme nous l'avons dit, des chapeaux fabriqués à Valence avec de la paille d'Italie, dont la plante est déjà acclimatée.
Nous regrettons infiniment de ne pouvoir parler en détail des toiles fabriquées dans un grand nombre de nos manufactures, telles que celles de Guipuzcoa, de Bilbao, de Tarragone, de Barcelone, de Madrid, de Valence, de Séville, de Malaga, de Mallorca, etc., dont les produits ont figuré récemment dans l'exposition de Madrid ; mais les propriétaires n'ont pas jugé à propos de les envoyer à Londres. Nous regrettons d'autant plus ce défaut à l'appel cosmopolite de l'Angleterre, que nous perdons une occasion favorable de donner de la publicité à des faits industriels de la Péninsule, généralement peu connus, et que nonobstant ils deviennent indispensables pour juger de l'état et des progrès manufacturiers en Espagne. Nous aurions dit, par exemple, que la grande manufacture établie à Malaga, il y a à peine quatre ans, avec les plus belles machines inventées, emploie 1,500 personnes, et produit, seulement en toiles, près de 4 millions de mètres par année.
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Les draps espagnols sont en petit nombre à l'Exposition ; mais, lorsqu'on les examinera en détail, on rendra justice à la qualité et au bon marché. Les progrès réalisés dans cette branche d'industrie sont incontestables.
Nos draps faits avec la laine de Saxe laissent peu à désirer quant à l'aspect, et rien quant à la solidité des tissus et des couleurs. Il y en a, en laine du pays, à des prix extrêmement modiques, de Murcie, à 21, 23 et 24 râiux la vare, ce qui fait revenir le mètre à 6, 7 et
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Sëgovie a enToyé de ses draps communsi ceux de première qualité à 34 réaux, ceux de la seconde à 22.
La manufacture de Renedo, à Santander, a envoyé quelques échantillons de la belle série présentée à Madrid, et dont nous regrettons l'absence. Elle aurait pu servir pour l'étude comparative de notre industrie drapière.
Des nombreuses fabriques, disséminées dans toute l'Espagne» où l'on tisse les couvertures, les draps communs, les hayetas jaunes et rouges, que les femmes de la campagne emploient à faire des jupons, l'Exposition n*offire rien, excepté une couverture de Lucena, cotée au prix de 20 fr., et une autre de luxe, pour cheval, fabriquée à Morella.
L'industrie chapelière n'est pas non plus représentée. Nous voyons seulement deux chapeaux de Salamanque, pour des gens de la campagne, remarquables par leurs prix modiques.
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Quelques beaux tissus, de la célèbre fabrique de Talavera, ne suffisent pas pour donner une idée exacte de ses produits. M. Orduna, de Valence, a envoyé une série plus complète, consistant en tissus pour rideaux et meubles, au prix de 36 réaux la vare ; gros pour robes, au même prix ; du velours à 60 ; d'autres à carreaux* pour gilets, à 30, etc.
La rubanerie est très modestement représentée par quelques échantillons de Valence, et d'autres qualités pour des livrées, d'une fabrique de Barcelone.
Les blondes ont trouvés de dignes représentants dans M. Margarit et M. Fiter, de Barcelone. Le premier occupe 1550 ouvriers. Les robes, les mantilles, les voiles, les écharpes, de ces tissus délicats, ne laissent rien à désirer. La réputation de ces fabricants est faite ; les produits sont demandés en France, en Angleterre ; il ne manque à leur gloire que l'approbation du jury central.