V.-INDUSTRIES DIVERSES
' Nous aurions beaucoup à dire, si l'exposition espagnole répondait à l'état de l'industrie en Espagne ; mais nous ne nous lasserons pas de répéter, qu'elle est au plus haut degré chétive et incomplète. Nous avons des fabriques de papier à la mécanique, à Alcoy, Burgos, Villarluengo, Valladolid, Kascafria, Saragosse, Gargoles, Catllar, Bordeta, Tolosa, Villagordo, Gerona, etc., et il n'y en a pas un seul échantillon à l'Exposition ; les fabriques de papier à la main, abondent partout, et à peine nous y trouvons quelques rames de Molins del Rey. La Catalogne seulement emploie 16,000 personnes dans cette fabrication, et en produit 700,000 rames par an. Les manufactures du papier peint de Vittoria, Pampelune, Barcelone, Corogne, Madrid, Velez-Malaga, en fournissent déjà à la consommation de l'Espagne, en qualités riches et en qualités extrêmement bon marché, et il n'en est pas venu un seul rouleau à Londres.
Les fabriques d'éventails de Valence et de Malaga, ont eu la bonne idée d'envoyer de leurs produits, obtenus à des prix incroyables. M. Mitjana, fabricant de Malaga, est parvenu à monter une manufacture complète, où toutes les opérations du bois, du dessin, de l'impression, etc.> sont faites par des enfants qu'il a formés lui-même.
Les industries stéariques ont trouvé un zélé et ardent introducteur dans M. Bert, qui a eu des peines immenses à les introduire en Espagne. Il y est parvenu, mais il a été obligé, pour résoudre le problème économique, d'établir aussi la fabrication des acides et celle des savons d'oléine, pour donner une application à cette substance, sans emploi dans le pays. Maintenant les deux fabriques établies par M. Bert sont en complète activité et en bonne réussite ; la première et la plus ancienne, qu'il a eu tant de peines à installer, à Madrid, et la seconde à Jijon, dans les Asturies. Les produits stéariques qu'on voit dans la galerie espagnole, proviennent de Madrid. On en fabrique aussi à Adra, dans les grandes usines de plomb de M. Heredia, qui a envoyé de ses produits variés à la dernière exposition de Madrid, mais non pas à celle de Londres.
Puisque nous parlons de savons» nous ferons observer qu'il n'en pas a été non plus envoyé d'Espagne, excepté du commun marbré, d'une des nombreuses fabriques de Malaga» et un échantillon de savon blanc, fait à froid, et dont la découverte est due à M. Léon et Rico, de Madrid. Il affirme qu'il peut élaborer en vingt-quatre heures telle quantité qu'on lui demande.
L'essence de citron et l'acide citrique, sont deux importantes industries, dont l'établissement à Malaga est dû à M. Canales. Le bon marché du citron, et l'organisation bien calculée de cette fabriquCj, que nous avons examinée, lui permet de donner la livre d'essence à 22 réaux, ce qui fait revenir le kilogramme à 12 fr.
Nous n'avons presque rien à dire des produits chimiques, quoiqu'on les élabore déjà dans diverses cités d'Espagne, particulièrement à Barcelone, où six de ses fabriques ont envoyé de nombreux produits à la dernière exposition de Madrid. Ceux qui sont dans la galerie espagnole, proviennent de Matanzas, ville de l'Ile de Cuba, et ont été fabriqués par M. Ambrosio Sauto, pharmacien. Ils consistent en sels de quinine et de morphine, strichinine, manite, sulfate de cadmium, cyanure de potassium, etc.
Parmi les produits divers envoyés des colonies, nous faisons mention des cigarres de la Havanne, qui n'ont pas besoin de notre recommandation pour être universellement appréciés. Les beaux tabacs que l'Ile de Cuba fournit au commerce, proviennent d*une bande de terrain qui n'est pas trop étendue, voisine de la côte dans la partie occidentale, appelée Yuelta de Abajo. Les terres convenables pour cette culture, qui sont celles des marges des rivières, sont si nombreuses dans la dite partie et dans beaucoup d'autres localités, qu'elles pourraient fournir du tabac excellent au monde entier. Mais des obstacles économiques se sont opposés jusqu'à présent au développement de cette culture, comme nons l'avons exposé très en détail dans le chapitre Agriculture de notre grand ouvrage sur l'Ile de Cuba.
La Société patriotique de Manile a envoyé aussi des feuilles de tabac, des variétés qu'on cultive aux Iles Bisayas, et dont les cigarres commencent à être introduits dans la consommation espagnole.