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des préliminaires de l’opération, et dans ces Cas, cette préparation psychique estune vraie mesure prophylactique.
Il est de règle enfin que l'acte opératoire doit commencer à la période de résolution complète, et
jamais avant.
Du shock traumatique opératoire.
Aujourd'hui les actes chirurgicaux se sont multipliés intensivement sous l'égide de l’antisepsie : la notion du traumatisme opératoire semble s’effacer peu à peu, disparaitre de l'esprit du chirurgien, masquée pour ainsi dire sous celle beaucoup plus puissante, de l'infection. Et cependant, si les microbes sont écartés des plaies par l’asepsie, ou tués par l’antisepsie, il n’en reste pas moins —comme autrefois — le traumatisme des tissus lésés par la main du chirurgien.
«On s’est imaginé, dit Le Dentu, qu'il n’y aurait plus à compter dorénavant qu'avec l'infection. L’antisepsie a fait disparaître un des éléments de la redoutable association (infection et shock), mais le shock est resté... » |
Les facteurs du shock traumatique opératoire sont nombreux : ils comprennent les incisions, les manipulations viscérales, les sections osseuses..…, etc. ; il
n’est pas d’acte chirurgical qui ne puisse -— à Jui
pes | de
seul ou par le concours de circonstances adjuvantes — retentir sur le cœur et la respiration, par la voie reflexe, c'est-à-dire par le mécanisme général du shock nerveux ; ces actes ne sont-ils pas les analogues — du moins pour quelques-unes — des actions traumatiques extérieures accidentelles; celles-ci sont en général caractérisées par leur brutalité soudaine ; mais certaines interventions chirurgicales sont pour ainsi dire calquées sur elles.
L’excitation ou l'irritation est leur point commun ; brusque et intense, en général, dans les traumas accidentels, prolongée dans les traumas chirurgicaux.
En outre ceux-ci s'effectuent sous l’anesthésie... Cette anesthésie — quand elle est bien établie — supprime, grâce à la paralysie plus ou moins complète du pneumogastrique, les formes syncopales du shock nerveux traumatique.
M. Franck (1), en montrant que chez un animal chloralisé ou chloroformé, les excitations les plus douloureuses n'avaient auçun retentissement sur les fonctions du cœur, reconnut que cette indépendance fonctionnelle du cœur était due à Fabolition de l’excitabilité pneumogastrique par le processus anesthésique.
Retenons donc pour les expériences qui vont suivre, que l’anesthésie supprime les réactions psy-
chiques susceptibles d’influencer le cœur, et de com-
1. Effets des excitations des nerfs sensibles sur le cœur, la respiration et la circulation artérielles, 1876.
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pliquer les reflexes issus du traumatisme ; mais l’inexcitabilité des pneumogastriques n’est pas équivalente de leur perte de conduction.
En fait, les irritations produites au champ opératoire, suivant leur intensité, leur nature, leur siége… suivant l’état du cœur, sont parfaitement susceptibles de créer des reflexes cardio-respiratoires plus ou moins intenses; le circuit nerveux, grâce à l’anesthésie, offre beaucoup plus de résistance aux courants réflexes, mais il existe.
M. Franck dit: « Cette inexcitabilité des pneumogastriques pendant l’anesthésie chloroformique,nous semble constituer pour les opérés l’un des plusgrands bienfaits de l’anesthésie ; en effet, le cœur ne peut plus être arrêté.. » C’est exact, mais si la forme de syncope cardiaque n'existe pas, au moins par le processus du shock nerveux, gràce à la parésie du pneumogastrique, la forme de shock existe, c’est-à-dire qu'il peut très bien survenir, sous la seule provocation du traumatisme opératoire des troubles fonctionnels : adynamie cardiaque, abaissement de la pression sanguine,aussi bien, du reste, que des troubles respiratoires. Des deux modalités cliniques du shock nerveux traumatique, syncope et shock traumatiques, il ne subsiste, quand l’anesthésie est profonde, que la forme du shock.
Tarchanoff (1), Jordan ,ont montré que le trauma chirurgical n’était pas un vain mot.